‹ Le Brésil tel qu'il estChapitre 6 sur 15 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

livres, malles, meubles, vêtements, etc., etc., etquloût raison de tout en quelques heures.

Ils n'ont rencontré — on y avait mis bon ordre — ni crabes bleus, ni coupilhos dans leur salon, ni fourmis voyageuses dans leur chambre à coucher, ni serpent corail dans leur jardin, et le bruit des exécutions sommaires parmi les noirs, n'est point parvenu jusqu'à eux.

Quelle est la conclusion à tirer de ce qui précède?

La conclusion, la voici :

Plus l'accueil a été charmant et empressé, plus facilement et sans y prendre garde la critique s'est laissée désarmer; tout naturellement aussi hommes et choses, paysages, institutions et mœurs ont perdu, devant elle, leur signification réelle et leurs véritables proportions.

Voilà pour les voyageurs oflBiciels.

D'autres plumes, plus modernes, se sont occupées du Brésil; mais à part quelques esprits sérieux et pratiques — le docteur Heusser entr'autres, — qui se sont mis loyalement, bravement, à la recherche de la vérité,les écrivains dont il s'agit ne présentent qu'imparfaitement les garanties d'impartialité que le public est en droit d'exiger de ceux qui s'adressent à lui.

Quelques explications sont ici nécessaires :

Tous les lecteurs ne sont pas initiés aux efforts tentés par le gouvernement brésilien, chez différentes nations de l'Europe, pour détourner vers les côtes de l'Empire le courant de l'émigration du vieux continent. Ces efforts

Yin PBÉFAGE.

sont provoqués par l'état désastreux où se trouve Tagriculture brésilienne, depuis l'application inexorable du bill Aberdeen. La traite étant radicalement supprimée, les noirs qui meurent ne peuvent plus être remplacés et forcément, fatalement, si l'Empire veut vivre, il faut qu'il substitue le travail libre au travail esclave.

L'appel adressé à l'émigration européenne par le Brésil découle d'un droit incontestable, du droit de légitime défense, bien que cependant— il n'est pas inutile de lé constater, — les souflfrances endurées par ce pays, ne soient que le résultat naturel d'une oppression impie, systématique, séculaire.

Ces souffrances sont grandes, sans doute ; mais, en fin de compte, elles ne représentent que le commencement d'une tardive expiation.

Le Brésil, aux abois, s'est donc adressé à tous les déshérités de l'Europe et leur a fait, pour les attirer vers lui, les promesses les plus séduisantes.

En Allemagne, en France, en Suisse, en Italie, des publications subventionnées ont entrepris une active propagande; bientôt môme les journaux et les revues ont été considérés comme des auxiliaires insuffisants, tant était grande l'impatience d'atteindre le but! Alors des compagnies se sont formées, dont les agents, parcourant les villages et les campagnes, ont exagéré encore les poétiques descriptions des plumes amies et ont présenté le Brésil comme une sorte de paradis où Con serait trop heureux d'obtenir son admission.

Nous avons signalé ces manœuvres, qui.ont nécessité

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