PRÉFACE. IX
Tintervention de divers gouvernements (celle da gouvernement français entr'autres, à Toccasion de la tentative d*embauchagedes ouvriersdeCberbourg), dans notre article de la Revue Contemporaine du 15 juillet 1858, in* titulé : De V Émigration et de la Colonisation au Brésil,
Mais c'est surtout en France qu'on aurait voulu rendre populaire l'émigration sur les terres brésiliennes.
A Paris, dés négociations ont été entamées avec différents organes de la presse^ dans le but avoué de combattre les impressions fâcheuses répandues par des relations qu'on déclarait calomnieuses au premier chef, et hostiles au Brésil. Un vaste plan avait été conçu, d'après lequel plusieurs journaux quotidiens et un plus grand nombre encore de feuilles à cinq centimes, devaient exalter sur tous les tons et sous toutes les formes que peut revêtir la pensée ; la politique progressive du Brésil, la douceur de son climat, les mœurs hospitalières de ses habitants, les productions variées de son sol fertile, et, sinon les bienfaits, înappréciés en Europe, de l'esclavage, du moins l'état de bonheur parfait que procure aux noirs cette institution éminemment patriarchale. Il fallait enfin solliciter journellement les imaginations enthousiastes et les esprits aventureux, en vue d'un établissement sur le territoire de l'empire.
Cette patriotique combinaison demandait, 11 paraît, un peu plus d'argent qu'on avait à en dépenser; aussi a-t-elle échoué à peu près complètement.
Un seul journal passe aujourd'hui à Paris pour avoir des relations intimes avec le Brésil officiel.
X PUÉFACfi.
Les lecteurs de bonne toi auxquels je m'adresse commencent maintenant à comprendre la valeur exacte du titre de ce livre.
Je ne suis ni un prince ennuyé, à la recherche de distractions lointaines; ni un touriste millionnaire, ayant, au lieu de la passion des danseuses, la passion des voyages ; ni un naturaliste pensionné par son gouvernement pour aller à la chasse des colibris; ni, surtout, un écrivain intéressé, soit à complaire à la diplomatie de l'Empire, soit à ménager les entrepreneurs d'émigration.
Je crois devoir enchâsser dans cette préface une petite anecdote qui n'est pas sans importance au point de vue des mœurs brésiliennes.
En décembre 1861, je me atiis présenté à la légation du Brésil et j'ai fiait remettre ma carte à M. Marquez Lisboa, ministre de S. H. Dom Pedro II.
Le but de ma visite était aussi simple qu'honorable.
Je désirais obtenir quelques renseignements sur certains sujets traités dans mes précédentes publications et dont la physionomie avait pu être modifiée depuis mon retour en Europe.
La Casa Penitendaria est-elle terminée?
A-t-on renoncé à exhausser le sol, à Rio-de-Janeiro, d'après l'étrange procédé employé au Campo d' Acclamaçâof A-t-elle été rendue, enfin, cette loi sur les unions entre protestants et sur les mariages mixtes^ réclamée par le député Octaviano au nom de la famille et de la religion, et promise par le Senhor Yasconcellos, organe autorisé du gouvernement ?