CHAPITRE III Le Bréviaire Romain au XIX'^ siècle
Article I. — Sort du Bréviaire Romain et des Bré^ tiaires particulier» après la mort de Benoît XIV.
La réforme du Bréviaire projetée par BenoîtXIVne fut pas réalisée ; pendant qu'on y travaillait à Rome, la France presque entière avait adopté des Bréviaires particuliers, dans lesquels non seulement on ne retrouvait plus le livre de la prière publique, tel que l'avaient constitué Pie V, Clément VIII et Urbain VIII. mais entre lesquels n'existait presque aucun lien : l'unité liturgique avait vécu. — L'Allemagne et l'Autriche étaient entrées plus ou moins dans la voie des innovations, soit sous l'influence des idées françaises, soit par suite du contact avec le protestantisme luthérien. Le Bréviaire de Cologne de 1780 présenta avec le Bréviaire Romain des différences sensibles : on y avait supprimé les prières, initiale ou finale : Aperi et Saerosanetœ, puis la répétition des Antiennes (on ne devait les dire tout entières qu'une fois après les psaumes) ; on y avait modifié ou abrégé des oraisons de l'office férial, changé des strophes entières, dans les hymnes, changé également des leçons au Propre du temps, retranché beaucoup de légendes au Propre des saints, etc. ; les tendances joséphistes et fébroniennes s'y trahissaient par la suppression de passages célébrant l'autorité de saint Pierre et de ses successeur*s, l'office de saint Grégoire VII y manquait totalement. Cet exemple fut suivi à Munster et à Trêves : à Munster, le Bréviaire de 1784 présenta
une transformation radicale du Propre des Saints, par la simplification ou suppression d'un grand nombre de fêtes ; à Trêves aussi, on céda au caprice, bien que dans une moins large mesure.
C'est ainsi que dans ces églises et beaucoup d'autres de l'Allemagne, l'esprit rationaliste, entretenu par le Joséphisme et le Fôbronianisme, perdit toute intelligence du Bréviaire : il fallut ensuite plus d'un siècle pour que s'opérât le retour à l'office romain.
Pendant ce temps, les Papes s'appliquèrent à combattre la conspiration organisée par les jansénistes et rationalistes de tout genre contre le culte du Sauveur Jésus et de sa divine Eucharistie. C'est à Clément XIII (1758-1769) que nous sommes redevables du premier établissement de la fête du Sacré-Cœur, déjà célébrée depuis près d'un siècle ri688) en France, à Coutances, en Normandie. On sait les circonstances dans lesquelles cette fête fut instituée, comment, pour réaliser ce dessein, Notre-Seigneur se servit d'une humble religieuse de la Visitation de Paray-le-Monial, la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque : la fête ne fut adoptée que très lentement, par un petit nombre d'églises d'abord. Enfin, à la demande de quelquessouverains et d'un grand nombre d'évêques polonais, espagnols et italiens, Clément XIII permit, en 1765, un office propre en l'honneur du Sacré-Cœur de Jésus : c'est seulement sous Pie IX, en 1856, que la fête sera rendue universelle. Clément XIII établit aussi les fêtes de saint Camille de Lellis, du rite double, de saint Laurent Justinien, du rite semi-double, de sainte Julienne de Falconieri^ double : ainsi, après une interruption de dix-huit ans sous Benoit XIV, on se remit à introduire de nouvelles fêtes de saints.
Clément XIV (1769-1774), comme franciscain, travailla à la ffloire des saints de son ordre ; il éleva au rite double les fêtes des Stigmates de saint François, de saint Fidèle de Sigmaringen, de saint Joseph de Cupertino, de saint Jérôme Emilien^ de saint Joseph Calasanz et de sainte Jeanne Françoise de Chantai •
Pie VI (1775-1799) fît doMe-majeure la fête de la
Décollation de saint Jean-Baptiste, et doubles, celles de saint Pie V et de saint Jean de Kenty ; il créa les deux fêtes de saint Guillaume et de saint Pascal Baylon.
Le début du xix^ siècle, en France, ne parait guère favorable à la reprise des usages romains. Au lendemain du Concordat de 1801, au milieu de la confusion occa* sionnée par la nouvelle circonscription des diocèses, les évoques songèrent à réaliser un projet de liturgie uniforme pour la France : le moyen le plus simple eût été assurément de reprendre le Bréviaire Romain, on n'y songea même pas. — « Mais Dieu, dit D. Guéranger (1), ne permit pas que cette œuvre anticatholique reçût son accomplissement. Une commission fut nommée pour la rédaction des nouveaux livres de l'Eglise de France ; mais le résultat de ses travaux ne fut même pas rendu public... Le projet avorta, et il n'en resta de mémoire que dans les Articles organiques. »
Mais, Napoléon étant empereur, et empereur sacré par le pape, il devenait nécessaire qu'il y eût une cha-* pelle impériale et que cette chapelle célébrât l'office divin suivant les règles d'une liturgie quelconque. L'ancienne cour observait l'usage romain depuis Henri III ; le nouvel empereur abolit la liturgie romaine et décréta que les livres parisiens seraient les seuls dont on ferait usage en sa présence. Toutefois, pendant toute la durée de l'Empire, on ne voit pas de nouvelle composition liturgique à l'usage d'un diocèse particulier : cette époque ne produisit pas même une nouvelle édition parisienne des livres de Vintimille. — Louis XVIII, cédant à la raison d'étiquette, rétablit dès son arrivée l'usage de la liturgie romaine dans les chapelles royales ; sous la Restauration, de nombreuses opérations liturdques sont accomplies conformément aux principes du xvii" et du xvin® siècle, mais avec quelques indices d'un retour à de meilleures théories. — Sous Louis-Philippe, l'Eglise de Quimper, fidèle au rite romain jusqu'en 1835, est dotée d'un nouveau Bréviaire, dans lequel on introduit un office pour l'anniversaire
(1) Inttitutiofiê liturgiquêê, IL p. &91«
de l'ordination de chaque prêtre : cet office devra être récité, sous le rite semi-double, le premier jour non empêché après la fête de la sainte Trinité. L'esprit presbytérien s*y montre d'une façon que ne trahissaient pas les productions antérieures : dans les leçons particulières qu'on adapte à cet office, il y en a pour les
liturgie universelle pour le fait d'un individu qui même pas assuré d'une place dans le ciel après avoir paru chaque année dans le calendrier (1).
Tant de nouveautés et de diversités finissent par produire une réaction ; le malaise naît du dégoût et de la lassitude ; on comprend dans le clergé qull faut avant tout être en harmonie avec l'Eglise romaine ; tout le monde finit par sentir que «c si la loi de la foi dérive de la loi de la prière, il faut pour cela que cette loi de la prière soit immuable, universelle, promulgée par une autorité infaillible. » (D. Guérançer, loe. cit., p. 613^.
Aussi, dès 1822, la nouvelle édition du Bréviaire de Paris porte rétractation de plusieurs des principes antiliturgiques appliqués jusque-là. De la lettre pastorale de Mgr de Quélen, il résulte que la fête du Sacré-Cœur est établie avec solennité, le culte des Apôtres saint Pierre et saint Paul augmenté, la fête de la Toussaint relevée d'un degré : on va même j usqu'à insérer l'énoncé précis de la doctrine de l'Immaculée Conception dans l'oraison de cette fête. La Compagnie de Saint-Sulpice eut la principale part dans cette réforme telle quelle du Bréviaire de Pans. Le parti janséniste s'en émut, et quoique l'œuvre de Vigier et Mésenguy demeurât encore dans son entier, il y eut des protestations contre la plupart des améliorations accomplies. Ce fut en vain^ l'œuvre de 1736 ne pouvait subsister, en mojns de deux siècles elle avait connu deis changements, des modifications, des améliorations de tout genre. <:< Le Bréviaire de Vintimille, dit Dom Guéranger, a plus subi de changements et de remaniements dans un siècle que le Bré-
(1) V. Dom GuAranqbr» Inst. Uturg,^ tom« II, p. CU-GIS.
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viaire Romain lui-même depuis saint Pie V ; car les additions d'offices faites à ce Bréviaire ne constituent pas de véritables changements, et nous ne comptons pas non plus ces additions entre les variations du Bréviaire parisien. »
Ce fut l'évêque de Langres, Mgr Parisis, qui donna en France le signal du retour aux vieilles traditions : dans une magnifique lettre pastorale du 15 octobre 1839, il prescrit qu'à partir de 1840, la liturgie de Langres sera la liturgie romaine. On y lit à propos du Bréviaire : a Les prêtres qui ont jusqu'ici récité le Bréviaire de Mgr d'Orcet pourront satisfaire à l'obligation de l'office en continuant de le réciter : cependant il serait mieux que tous usassent du Bréviaire Romain, et nous les exhortons à le faire, b La lettre se termine ainsi: « Nous vous supplions donc tous, vous qui êtes nos coopérateurs dans le Seigneur, d'apporter à l'exécution de ce grand œuvre tout le zèle dont vous êtes capables, afin que, de même qu'entre nous il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême (1), il n'y ait aussi dans notre peuple qu'un seul langage (2). »
L'exemple fut suivi, en 1842, par le cardinal Gousset, archevêque de Reims, et bientôt par un grand nombre d'autres évêques qui profitèrent des synodes provinciaux et diocésains pour adopter la même mesure.
En 1853, Pie IX dans une Encyclique aux évêques français pouvait les féliciter du retour de la France à l'unité de la liturgie romaine, alors efTectué pour l'ensemble des diocèses. Les retardataires suivirent le mouvement, Mgr Sibour, archevêque de Paris, en 1856, les autres un peu plus tard : le but fut atteint d'autant plus sûrement que le retour s'était fait lentement, sans contrainte ni brusquerie de la part de Rome. L'unité liturgique entre Rome et la France était un fait accompli lors du Concile du Vatican (1869 -1870) ; les contemporains sont unanimes à en attribuer le principal mérite à D. Guéranger, abbé de Solesmes, et c'est un
(1) Ephes., IV, 5.
(2) Gen., xi, 1,
témoignage que Pie IX lui-môme s'est plu à lui rendre dans le Bref donné en 1875 après la mort de l'abbé.
Le même mouvement de retour s'est opéré en Allemagne ; h Cologne, par les soins de l'archevêque Jean de (jeissel en 1857 et de Mgr Philippe Krementz en 1887 ; à Munster, soit en 1865 où fut édité un propre du diocèse approuvé par Rome, soit en 1880 où la cathédrale adopta le rite romain ; à Trêves, où le Bréviaire Romain est devenu obligatoire pour tout le diocèse, le l*** janvier 1888, etc.
ARTICLE IL — Les projets de réforme au XIX^ siède, notamment au Concile du Vatican.
1. Les Papes du xix^ siècle n'ont pas montré moins de zèle que ceux des siècles nrécédents pour accroître le nombre des intercesseurs ae l'Eglise militante. Pie VII ajoute au calendrier la fête de saint François Caracciolo, du rite double ; il élève au même rite celle des papes saint Clément (23 novembre), saint Calliste (14 octobre), prescrit une seconde fête en l'honneur des Sept Douleurs de la Sainte Vierge pour le troisième dimanche de septembre. Enfin, il institue pour les Etats de l'Eglise la fête de Notre-Dame Auxiliatrice (24 mai) oui a été plus tard étendue à toute la chrétienté. — Sous Léon XII et Pie VIII, saint Pierre Damien est déclaré docteur et sa fête élevée au rite double ; il en est de même pour saint Bernard. — Grégoire XVI introduit au Bréviaire comme double la fête de saint Alphonse de Ligori canonisé par lui ; la fête de saint Louis de Gonzague, celle de saint Antonin de Florence.
2. Ainsi, nonobstant les projets de réforme, élaborés sous Benoit XIV, l'édition d'Urbain VIII, accrue d'un certain nombre de saints, est demeurée en vigueur jusqu'à nos jours. — Un moment, sous le pontificat de Pie VI, on reprit la question d'une réforme, un projet
'Ut pr^nté à la Sacrée Congrégation des Rites, mais l'affaire demeura en suspens. Elle parait être tombée dans l'oubli jusqu'en lo56. Alors Pie IX établit une commission pour examiner la question suivante : La Réforme du Bréviaire semble-t-elle opportune t — *
LE BRÉVIAIRE ROMAtN IBl
D. Guéranger, alors à Rome, fut un des consulteurs; sa correspondance de cette époque donne une idée des sessions tenues chez Mgr Capalti pour Tétude de cette question. Dans une de ces sessions où les points furent précisés, les quatre questions suivantes furent posées :
1) Le Bréviaire Romain a-t-il besoin d'une réforme? —
2) Semble-t-il opportun de l'entreprendre ? — 3J Doitelle s'étendre aux rubriques ? — 4) S'étendra- t-elle aux légendes, homélies et antiennes ? — On répondit affirmativement aux trois premières et négativement à la Quatrième. Selon toute apparence, D. Guéranger ne rut pas complètement de Ta vis de la majorité en ce qui
Trde les légendes.
Le reste de l'Italie et les autres pays de la chrétienté avaient sans doute une manière de voir un peu différente : on le connaît par toute une série de propositions, d'avis et de motions signalés à l'attention du Concile du Vatican et concernant la correction et simplification du Bréviaire. En voici le résumé succinct par ordre de nationalités :
Le projet français demande une réforme pour les leçons qui ne sont pas suffisamment expurgées et dans lesquelles on rencontre trop de récits apocryphes ; pour les nymnes qu'on trouve a'un style obscur et parfois barbare ; pour la distribution des psaumes qui devrait être plus variée ; pour les translations de fêtes qui sont trop fréquentes et renvoyées trop loin ; pour le choix des saints dont beaucoup sont propres à Rome et peu connus en dehors de la Ville éternelle; pour la longueur des offices qui parait excessive, surtout le dimanche.
Le projet allemand trouve qu'à certains endroits le Bréviaire Romain a des détails qui ne sont en harmonie ni avec l'histoire authentique ni avec l'exégèse ; il demande aussi qu'il soit permis à tous les ecclésiastiques ayant charge d'âmes de réciter, toute l'année. Matines et Laudes au lendemain dés deux heures de l'aprèsmidi.
Le projet canadien va plus loin : Son posiulaium réclame aes changements très importants, avec motifs à l'appui ; il s'en rapporte aux usages de la primitive
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Eglise et blâme Tinconvénient qu'il y a à répéter presque constamment les mêmes psaumes, à cause des nombreuses fêtes de saints : ce qu'il dit être préjudiciable à la piété. Il demande donc qu'on assure, autant que possible et ordinairement, la récitation de tout le Psautier chaque semaine, qu'on abrège l'office des jours où les prêtres du ministère ont plus d'occupation, comme par exemple, les veilles de fêtes, les samedis, les dimanches d'Avent et de Carême.
Le projet italien, élaboré par les évêques de l'Italie centrale sollicite la correction, dans le Bréviaire, de quelques passages en désaccord avec la critique nistorique, désire qu'on ajoute, pour quelques fêtes, de meilleurs versets, des homélies mieux adaptées, réclame surtout un règlement qui rende possible la récitation entière du Psautier, au moins quelquefois dans l'année.
Il faut tenir compte des bonnes intentions qui ont inspiré ces projets ; peut-être en certains points s'écartent-ils de la formation et de l'histoire des heures canoniales. C'est le reproche qu'il faut surtout adresser au général des Minimes, Raphaël Ricea, qui osa bien demander au saint Concile un décret obligeant tous les séculiers et réguliers, tenus au Bréviaire dans l'Eglise latine, àréciter chaque jour et en tout lieu un seul et même office, sous prétexte qu'une liturgie unique et uniforme ne peut être obtenue que par ce moyen. Ce projet, dicté plutôt par le zèle que par la science, ne pouvait être accepté ; il n'eût mis qu'une uniformité morte et machinale au détriment de nombreuses traditions liturgiques plusieurs fois séculaires. Plus sage assurément était D. Guéranger, lorsque dans sa lutte contre les Bréviaires gallicans modernes, il demandait cjue l'on conservât ce qui avait dans l'histoire sa raison d'exister, car, disait-il, «c l'Eglise ne veut pas la monotonie ».
Entouscas, le concile du Vatican demeuré inachevé ne put s'occuper des projets que nous venons d'énumérer : c'est tout au plus si la Congrégation du Concile eut le temps de les étudier pour donner son sentiment.
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Article IIL — Les additions et modifications au Bréviaire sous Pie IX et sous Léon XIII,
1. Un étonnant accroissement du calendrier se produit sous ces deux papes. Il faut citer, d'abord sous Pie IX : le Patronage de saint Joseph au troisième dimanche après Pâques ; le Précieux Sanç au premier dimanche de juillet ; la fête de la Visitation (2 juillet) élevée au rang de double de 2« classe ; saint Hilairede Poitiers déclaré docteur de l'Eglise ; l'office créé de saint Tite ; les fêtes de saint Timothée et de saint Ignace d'Antioche élevées au rite double ; les leçons de saint Cal liste pape (14 octobre) et celles de la Dédicace des Basiliques de Saint- Pierre et de Saint-Paul (18 novembre) corrigées ; la fête du Sacré-Cœur rendue obligatoire pour toute l'Eglise avec un office propre ; saint Patrice élevé au rite double ainsi que saint André Avellin ; sainte Angèle de Mérici (31 mai) introduite au Bréviaire ; un nouvel office de l'Immaculée Conception ; la fête de saint Paul de la Croix rendue obligatoire pour toute l'Eglise ; saint Joseph élevé au rang de double de première classe et proclamé patron de l'Eglise universelle, sa commémoraison insérée aux suffrages entre celle de la sainte Vierge et celle des Apôtres samt Pierre et saint Paul ; saint Alphonse de Ligori déclaré docteur, ainsi que saint François de Sales ; enfin la fête de saint Boniface, apôtre de l'Allemagne, étendue à toute l'Eglise.
Sous Léon XIII, pour ne parler que des ordonnances concernant l'Eglise universelle, il y a lieudementionner, les fêtes de saint Joachim et de sainte Anne élevées au rang des fêtes doubles de seconde classe ; l'Immaculée Conception à celui de première classe avec vigile ; la fête des saints Cyrille et Méthode étendue à toute l'Eglise ; de nouvelles leçons composées pour le deuxième nocturne de la fête de saint Thomas d'Aquin ; une homélie spéciale assignée au jour octave de saint Jean- Baptiste. En 1882, ce sont cinq nouvelles fêtes du rite double qui s'ajoutent au Calendrier, savoir celles de saint Justin, saint Cyrille de Jérusalem, saint* Cyrille d'Alexandrie, saint Augustin de Cantorbéry et saint
Josaphat. En 1883, cinq fêtes existant déjà sont élevées au rang de double majeur : les saints Anges Gardiens, la Commémoraison de saint Paul, les saints fondateurs d'ordres : Benoit, Dominique et François d'Assise. — En 1887, la fête du saint Rosaire est élevée au rang de double de seconde classe et, l'année suivante, Léon XIII donne un nouvel office pour cette môme solennité. Suivent bientôt les fêtes des Sept Fondateurs Servites (11 février), de saint Jean Damascène (27 mars), de saint Jean de Capistran (28 mars), de saint Sylvestre (26 novembre) fondateur d'une congrégation particulière de Bénédictins, de saint Antoine Marie Zaccaria, fondateur des Barnabites (sa fête fixée au 5 juillet fait reporter au 7 juillet celle des saints Cvrille et Méthode), du vénérable Bède créé docteur de l'Eglise et inscrit au 27 mai pour toute l'Eglise ; enfin de saint Jean-Baptiste de la Salle (15 mai).
2. Léon XIII comprit néanmoins que tant de nouveaux saints ajoutés à ceux dont l'office avait été rendu obligatoire pour toute l'Eglise, même seulement depuis Benoit XIV, allait encombrer le calendrier, toujours au détriment soit de l'office férial soit des fêtes de saints nationaux ou locaux. Dès 1882, il essaya d'y porter remède par un décret qui fut plus tard inscrit comme correction aux rubriques générales du Bréviaire (tit. X, de translatione festorum) : aux termes de ce décret^ «c les fêtes semi-doubles et doubles-mineures, à l'exception des fêtes des Docteurs, ne sont plus transférées lorsqu'elles tombent un dimanche ou le jour d'une fête d'un rang supérieur. Ce jour-là même, on en fieiit la mémoire aux vêpres et à Laudes, et, si les rubriques ne s'y opposent pas, on en lit la légende (c'est-à-dire les leçons du second nocturne qui retracent sa vie) comme neuvième leçon de Matines. » — Une note ajoutée en 1897^ déclare que <K si les fêtes dont il s'agit doivent être ainsi simplifiées chaque année par suite de leur rencontre avec une fête de rang supérieur, on leur assignera le premier jour libre qui suit comme jour où l'on en devra faire la fête à perpétuité. »
Une conséquence s'ensuivait, et il semble bien qu'elle
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était dans l'intention du Souverain Pontife ; c'est que les prêtres auraient ainsi plus qu'autrefois l'occasion de réciter Toffice férial. Mais beaucoup de membres du clergé prétendirent que la nouvelle mesure leur apportait un surcroît dans le pensum de la prière, que d'ailleurs l'office de la férié avec lequel ils n'étaient guère familiarisés, n'avait point d'utilité pour leurdé votion personnelle : aussi l'année suivante (5 juillet 1883) Léon XIII, par un induit général, permettait à tout prêtre et à toute communauté religieuse, de réciter, sous le rite semi-double, les jours de férié, sauf toutefois les derniers jours de l'Avent et du Carême, un office votif, dans l'ordre suivant pour chaque Jour de la semaine : l'office des saints Anges (lundi), des saints Apôtres (mardi), de saint Joseph (mercredi), du Très-Saint Sacrement (jeudi), de la Passion (venaredi), de l'Imma* culée Conception (samedi).
Enfin le même Souverain Pontife, en 1897, a fait insérer, dans les rubriques générales, le résumé de nombreuses décisions de la Sacrée Congrégation des Rites que l'on trouvait difficilement ailleurs : ces corrections et modifications sont fondues dans le texte même des rubriques ; il n'y a qu'à comparer le texte des anciennes éditions du Bréviaire avec celui des éditions récentes pour s'en rendre compte.