DEUXIÈME PARTIE Période du Moyen Age
Le Moyen Age chrétien, comme on l'entend ici, comprend près de dix siècles (590-1538), pendant lesquels : 1) nous allons voir se développer l'office romain, d'abord sous l'influence de saint Grégoire le Grand dont le nom fait époque dans l'histoire de la Liturgie ; cet office, durant les siècles qui suivront jusau*à Charlemagne, se répandra dans les divers pays de 1 Occident, grâce aux moines missionnaires, tout en prenant dans ses diverses parties un développement qui en fera l'office tel que nous l'avons aujourd'hui. 2) De Charlemagne jusqu'à la fin du xiv« siècle, l'intervention carolingienne introduit quelques changements dans le Responsorial, l'agencement des leçons ; on voit de nouvelles fêtes insentes au calendrier. Saint Grégoire VII voulant protéger le rite romain contre les excès de rinfluence germanique, contribue pour sa part à la restauration de Tancien office romain. Un peu plus tard, la chapelle du pape ou curie, qui suit le Pontife dans ses séjours plus ou moins forcés loin de Rome, prépare insensiblement l'action prépondérante qu'elle exercera bientôt sur la modification des heures canoniales. Pour se rendre compte de cette influence, il ne faut pas perdre de vue qu'à cette époque c'est exclusivement dans les églises, au chœur, que se récite l'office. Mis dans la nécessité de le dire en particulier, à cause des œuvres auxquelles ils s'appliquent, les religieux franciscains adoptent les abréviations introduites par la curie romaine o.u chapelle papale, et c'est
là ce qui explique la fortune du Bréviaire de la curie au XIII® et au xiv'' siècle : alors on abrège considérablement les leçons, on multiplie les fêtes au détriment de l'office férial, etc. 3) Lorsqu'au xiv« siècle le grand schisme d'Occident fut venu mettre le comble à cette désorganisation de Tancien office, on en arriva à ne plus bien savoir où était la vraie règle pour la récitation des heures, et les années qui précédèrent le saint Concile de Trente furent marquées par des tentatives de réforme dont la plus remarquable et la plus remarquée fut celle du cardinal Quignonez : c'est sur cette confusion que se termine la deuxième période. EUe renferme trois chapitres.