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IL. — Le bubon chancrelleux

Il est plus fréquente que le bubon tuberculeux. Dans sa forme habituelle inflammatoire, aiguë, douloureuse, contemporaine du chancre mou, le bubon chancrelleux ne risque pas d’être confondu avec l’adénopathie tuberculeuse. °

Ce sont les formes chroniques, fibreuses, fistulisées où le chancre est guéri ou est passé inaperçu qui peuvent prêter à confusion.

La recherche du bacille de Ducrey dans le pus du bubon se montre souvent infructueuse. Iei encore ce sont les épreuves biologiques qui s’avèrent

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les plus utiles : auto-inoculation et surtout intradermo réaction au Dmelcos. Cette réaction semble être nettement spécifique, mais il faut savoir qu’elle peut rester longtemps positive après la guérison de la chancrelle. Dans certaines formes particulièrement chroniques, seule l’inoculation au cobaye peut trancher le diagnostic.

L’inefficacité du vaccin anti-chancrelleux enfin est un gros argument pour éliminer le bubon chancrelleux.

IT. — La maladie de Nicolas-Favre.

La poradénite inguinale reste le gros diagnostic.

Cliniquement il y a peu de différence entre les deux affections. L’adénopathie iliaque profonde, considérée comme spécifique de la poradénite inguinale, se rencontre aussi fréquemment dans la tuberculose inguinale. Déjà Verneuil signalait son existence dans le bubon tuberculeux; Nicolas et Favre, ensuite, montrèrent le peu de valeur de ce symptôme. L’existence d’un rétrécissement rectal concomitant n’est pas non plus un signe de certitude : P.-E. Weil et Ménétrier l’ont rencontré dans la tuberculose.

Au point de vue histologique les différences sont également peu importantes, et ce que Marion et

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Gandy décrivirent comme appartenant à la tuberculose, Nicolas et Favre le rattachèrent ensuite à la poradénite inguinale. Le test le plus précis reste l’intradermo-réaction à l’antigène de Frei; mais cette réaction ne semble pas être absolument spécifique. Clément Simon signale 6 % d’erreurs. Chevallier a rapporté des cas de poradénites inguinales certaines s’accompagnant de réactions de Frei négatives. Nicolas, Lebeuf et Rougier ont signalé une réaction de Frei positive à plusieurs reprises dans un bubon tuberculeux (observation n° 6). La réaction de Frei demande à être pratiquée avec toutes les précautions possibles : répéter l’intradermo-réaction, utiliser des antigènes différents, nettement éprouvés; lecture de l’intradermo-réaction au bout de trois jours; nécessité d’une réaction papuleuse, perceptible au doigt, et persistant sept à huit jours. Enfin il faut connaître la persistance de l’allergie cutanée longtemps après la guérison de la poradénite inguinale : trente ans dans un cas de Hellerstrœm.

La possibilité de formes associées rend le diagnostic plus difficile encore. Et, devant cette ressemblance frappante que présentent souvent ces deux affections, l’on comprend qu’il est impossible parfois d’arriver au diagnostic certain sans avoir

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auparavant pratiquer la recherche du bacille de Koch et l’inoculation au cobaye.

Toutes les observations que nous avons données plus haut soulignent la difficulté de ce diagnostic. D’autres auteurs encore ont éprouvé cette même

difficulté :

—— Ainsi Feldman et Gontine ont décrit deux cas d’adénite tuberculeuse inguinale simulant la maladie de Nicolas Favre.

— Sézary, Horowitz et Lémant ont rapporté l’observation d’une jeune femme de 25 ans, atteinte de Mal de Pott et de péritonite caséeuse fistulisée, et chez laquelle est apparue à côté d’une adénopathie inguinale, un éléphantiasis vulvaire bacillaire, réalisant un véritable esthéomène tuberculeux de la vulve.

Nous croyons utile de donner ici deux autres observations soulignant l’analogie clinique des deux affections :

Observation N° 8. —- Rétrécissement du rectum avec ulcérations vulvaires et adénopathies suppurées, d’origine tuberculeuse, simulant la Maladie de

Nicolas-Favre. Résumé par MM. PE. Weil et

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