SERVICES GÉNÉRAUX
nouveaux qui seront proposés pour renseignement des mêmes écoles, n
Le Conseil de l'Université avait donc une double attribution à regard des livres :
1 ^ Parmi les anciens ouvrages, il arrêtait la liste de ceux que tous les élèves d'une même classe devaient avoir, qui servaient pour la récitation et l'explication , qui étaient les livres classiques du lycée ou du collège dans le sens propre du mot ;
V En dehors de cette liste , il faisait un choix des meilleurs ouvrages anciens et nouveaux , et il en autorisait l'usage, ou même il les recommandait aux maîtres comme aux élèves , sinon pour servir de base i l'enseignement, du moins comme pouvant être utilement cités , lus ou consultés.
La liste des livres classiques était dressée au commencement de chaque année ; elle ne présentait pas de difficultés sérieuses, et le Conseil suffisait aisément au travail.
L'examen des ouvrages proposés à l'approbation de rUniversité avait lieu à mesure qu'ils étaient présentés; mais la tâche était trop lourde pour qu'elle pût être remplie par les seuls membres du Conseil. En effet, les ouvrages à examiner étaient en grand nombre, quelquefois d'une lecture très-difficile; nous citerons par exemple les dictionnaires. Ajoutez la nécessité de faire des rapports le plus souvent écrits, sans lesquels la conscience du Conseil appelé à prononcer n'aurait pas été éclairée. On prit donc le parti d'adjoindre aux conseillers de rUniversité une commission spéciale d'examinateurs qui étaient chargés de lire les ouvrages pr^ sentes et d'en faire l'objet d'un rapport préalable qui
était soumis au Conseil , et sur les conclusions duquel l'approbation était accordée ou refuséd
Il n*y eut y jusqu'en 1832, qu'une seule conunission ; mais , à partir de cette époque , les développements qui furent donnés à l'instruction primaire engagèrent à constituer une commission spéciale chaînée de Texamen des ouvrages pour l'enseignement élémentaire, l'ancienne commission devant borner son travail aux ouvrages pour renseignement secondaire et l'enseignement supérieur \
Le crédit annuellement porté au budget était d'abord de 10000 fr. que la dépense absorbait, hormis une somme insignifiante. En 1 840, il fut élevé à 1 8 000 fr., la dépense varia de 17 946 fr., son chiffre le plus élevé, à 13 892. fr.
Cependant les mesures si bien combinées en apparence pour garantir la parfaite équité des décisions du Conseil n*avaient pas été à l'abri de tout reproche. H se disait que certains ouvrages avaient été admis, qui, loin de mériter cet honneur , compromettaient l'Université ; que d'autres avaient été repoussés, qui étaient excellents. L'opinion publique s'émut à ce point qu'en 1 846 M. de Salvandy , alors ministre de l'instruction publique , crut devoir soumettre à un examen approfondi, confié aux personnages les plus éminents de l'Université , toutes les questions relatives aux livres à l'usage des établissements universitaires , soit quant au mode de procéder à l'examen de ces livres , soit
1. Rapport au Roi et décision portant qu*il sera établi à Paris une commission chargée d'examiner et de reviser les ouvrages destinés à renseignement primaire, 12 août 1831. BuU^tin untversUaire^ t. II, p. 330 et suiv.
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quant aux formes à donner à rautorisation ministérielle*. Deux ans après, le 18 février 1848, parut un arrdté qui instituait une commission générale d'examen des livres classiques pour renseignement supérieur et renseignement secondaire sous la présidence d'un inspecteur général *.
Mais le président de la commission était à peine désigné que la révolution de Février éclata. L'arrêté du ministre ne reçut même pas un commencement d'exécution , et il n'eut d'autre effet que de fournir des arguments aux auteurs et aux éditeurs qui repoussaient l'ancien mode d'examen comme vicieux et fécond en abus. Ces plaintes réitérées engagèrent le comité des finances de l'Assemblée constituante à proposer la suppression de la somme de 1 8 000 fr. qui était portée au budget du ministère de l'instruction publique pour frais d'examen. Sur les observations du ministre de rinstruction publique, la réduction ne fut que de 8000 fr. pour l'exercice 1848; mais la question se présenta de nouveau avec plus de vivacité en 1 849. « Sans doute , disait M. Corne , rapporteur du budget de rinstruction publique , sans doute il importe qud les livres placés entre les mains de la jeunesse aient été contrôlés au nom de l'État; mais ce contrôle n'est-il pas dans les attributions naturelles , dans le devoir du Conseil de l'Université, des inspecteurs généraux et d'Académie? Ainsi conçu et pratiqué, l'examen des livres classiques ne donnera plus lieu aux critiques fâcheuses
1 . Arrêté du 3 1 j anvier 1 846. Bulletin universitaire^ t. XV, p. 1 9.