‹ Le budget du Brésil; ou, Recherches sur les ressources de cet empire dans leurs rapports avec les intérêts européens du commerce et de l'émigrationChapitre 9 sur 26 · III. u · texte numérisé non relu

III. u

t18 LE BUDGET OU BRÉSIL.

« semblée de celte paroisse, je dois lui mander que

• je sois empêché de comparattre , me trouvant mis

• en arrestalioo par deux, agents de police par ordre

• du délégué Antoine Martins Fontes. Celui-ci, tout « animé à emporter les élections, s'est comporté de la ( sorte, et il l'a Tait de même avec d'autres, pour dé-

• tourner les personnes intimidées de se rendre aux

• élections. Telle est la violence employée que j'ai « été arrêté à l'eutrée de la ville du cdté d'Antas, en-

< droit oii se tient le même délégué avec les forces de « police, le major Nabuco , le juge municipal, et le « major Garvalho ; les volants faibles et ignorants étant € arrêtés sont cooduils à la maison du délégué, el

< ils en reçoivent les bulletins par lesquels il compte t obtenir la majorité. [Le 7 novembre 1847.)

a Au juge de patas président de l'assemblée de paroisse

< de Santa lusïa.

« Le 7 du mois de novembre 1847, dans cette ville « de Santa Luzia, province de Sergipe, et à l'église « primaire de la même ville, oii comparut le juge de

• paix José Rodriguèz das Cotias à Theure légale , « celui-ci, après la messe et le sermon d'usage, remar- > qua qu'il y avait des sentinelles à toutes les portes

• ouvertes. Ayant demandé par quel ordre il en était « ainsi, le délégué actuel Antoine Martins Fontes en ( personne lui répondit que c'était par son ordre. Le ( président du bureau lui ayant objecté qu'en vertu

de l'article 1 08 de la loi du 1 9 août 1 846, de la proclamation de S. E. le président de la province du 20 octobre 1847 et de ses offices du 29 octobre de la même année, recommandant toute Timpartialité et toute la régularité dans les opérations électorales, il devait requérir du délégué Téloignement de toute manifestation militaire, le délégué refusa d'ob • tempérer.

c En conséquence le juge de paix, président de rassemblée, ne voulant pas voir enfreindre l'article de la loi ni comprimer le vote du citoyen surpris, déclara qu'il porterait tout ce qui s'était passé à la connaissance de S. E. , et conformément à larticle 60 de la loi électorale, qu'il marquerait un autre jouravec les mêmes formalités dès que l'empêchement aurait cessé. Et pour en faire foi, le même président du bureau fit dresser ce procès-verbal. Et à la suite , au jour, mois et an susdits, dans le lieu désigné, le juge de paix a déclaré suspendues les opérations du bureau, attendu qu il se considérait comme contraint par la présence d'un détachement de police placé aux portes de l'église, dont deux au plus étaient ouvertes, tandis que les autres avaient été fermées et barricadées par le délégué lui-même qui refusa d'obtempérer à l'injonction que lui fit le même juge d'éloigner la force de la police. A cet effet, il lut à haute et intelligible voix la proclamation et les offices de S. E. le président de la province, et les articles de la loi qui règle les élections. Ensuite de quoi

« le même juge se trouva plus résolu encore à ne pas « présider le bureau, ainsi quHl cessait d*étre dans ses « attributions. Et pour en constater, le même juge a « fait dresser cet acte par moi greffier de la justice de c paix. »

Les obstacles qu'une régui ière application du système électoral rencontre au Brésil sont donc nombreux et d une difficulté considérable à surmonter. La violence provoque la violence. Celle qui a servi la cause d Intérêts mauvais en appelle une égale pour assurer des résultats favorables à la cause des principes d'ordre.

Dans cette succession d'alternatives, les lois sont toujours atteintes des mêmes coups; elles baissent dans la confiance de la nation qui s'en détourne pour ne plus s'attacher qu'au fait de sa propre sécurité, quels qu'en deviennent les moyens.

Sans doute, de tels résultats sont des maux bien périlleux dans l'organisation d'un peuple. Toutefois, ils atteignent les institutions plus directement encore que les âmes. S'ils se transforment en cause de l'affaiblissement des lois par la preuve de leur insuffisance, en ce qui concerne l'ordre moral, ils ne viennent qu'en effets secondaires et comme l'accessoire d'autres conséquences de l'absorption du Brésil par l'industrie de la politique.

L'agitation électorale est passagère, ainsi que ses excès. La majorité de la classe qui la fait nattre en profite plutôt indirectement que directement, et en se garantissant de certaines tribulations de la vie des

LES RICHESSES LATENTES. â!21

provinces plus encore qa*en prenant part aux dépouilles de la victoire.

Au contraire, les résultats qui demandent Tattention en ce moment sont permanents dans leur influence. Ils dérivent de la poursuite des profits de la politique qui pèse sans cesse sur la disposition morale ; elle en fait une hostilité continuelle d'appréhensions et d avidité. Tandis que les vices des élections agissent dans les rangs secondaires, les vices qu'il reste à signaler agissent sur Télite de la nation.

Dans l'importance politique et industrielle des emplois, rélection a pris les caractères qui viennent d'être signalés : comme on Ta déjà dit, la destitution systématique des fonctionnaires devait sortir inévitablement des mêmes causes.

C'est ainsi que dès son commencement, par les principes de la charte de l'empire et de la charte des provinces, par la force de la situation industrielle du pays, par les traditions coloniales, par des exigences de sécurité dans les solitudes, le Brésil se fait une condition normale d'un des plus grands périls que la destinée d'imperfection et de lutte des choses humaines ait mis dans les voies du gouvernement représentatif chez d'autres peuples.

Il a fallu près d'un demi-siècle à la mauvaise fortune des Américains du Nord pour les faire arriver au même point.

Les fondateurs de la constitution avaient donné pour base à leur ouvrage les précautions mêmes qui de-

vaîent être les plus efficaces contre ce danger. Les emplois fédéraux n*étaient pas nombreux. Les spécialités de la justice, de la guerre et de la marine se protégeaient contre l'invasion par leurs propres exigences et plus encore par les traditions du respect national qui navait pas cessé d'entourer ces hautes fonctions. La présidence de la république était placée d'un consentement tacite et unanime hors de la portée des ambitions vulgaires.

Les noms glorieux de Tépoquc de laffranchissement, Tascendant qu avaient pris dans les affaires américaines Taustérité antique de la Nouvelle Angleterre et Téclat du patriotisme des colons du sud faisaient commencer l'existence de la confédération par une période d'héroïsme. Le gouvernement suprême occupait une place trop élevée sous le reflet de grands événements et de grands caractères pour ne pas imposer à la multitude.

Bientôt la génération qui s*était élevée sous la protection des fondateui*s de l'indépendance disparut. Avec l'accroissement de sa population l'Union embrassa des contrées étendues oii les traditions primitives n avaient point pénétré. En même temps les emplois fédéraux durent se multiplier par les nécessités du service des douanes, des postes, et des terres publiques. 11 s'ouvrit une nouvelle ère dans l'histoire de la confédération.

Le peuple américain était absorbé par ses travaux do défrichement, d'industrie manufacturière et des

voies de coinmunicalion, el par le commerce. Toute 1 activité nationale s était attachée aux moyens et aux obstacles de lorganisation du bien-être.

En se multipliant, les emplois fédéraux vinrent changer la condition du pouvoir exécutif; ils le firent puissant par son patronage, et une classe de chercheurs de places [ofj^ce Seekers) se forma dans les rangs de la nation. Elle se développa dans les villes; elle enrôla les professions libérales ; elle s'accrut avec une rapidité prodigieuse par le progrès de la population et par la concurrence dans toutes les industries ; elle devint un refuge de T indolence qui reculait devant le labeur et de toutes les victimes des spéculations téméraires ou malheureuses.

Un nouvel élément était entré dans lorganisation sociale et politique des États-Unis ; on vit alors les mêmes causes ajouter un nouveau pouvoir à ceux de ses institutions en altérant le mécanisme de leur mouvement. Ce fut la dictature dans 1 élection du président.

Avec les mêmes instincts chaque parti entreprit d*écarter la nation de la lutte pour la magistrature suprême, sous prétexte de préparer en champ clos devant quelques délégués les chances du combat devant le peuple. Mais avant cette dernière épreuve les résultats du champ clos étaient imposés à la ratification universelle, et le vote du peuple devint une sanction de formalité.

Le moyen de discipliner jusqu^aux extrémités du pays la soumission au choix de Télcction préparatoire

2â4 LE BUDGET DU BRÉSIL.

fut la promesse de tous les emplois pour les adhérents du parti dont 1 union aveugle devait assurer la victoire.

C'est ainsi que chaque président fut amené à soumettre toutes les fonctions publiques au changement qu il personnifiait lui-même en prenant possession de sa charge.

Mais Faction de cet inexorable niveau d'expulsion ne fui pas le seul effet de l'institution du comité dictatorial de l'élection présidentielle.

Pour chaque parti engagé dans la lutte, les dépouilles du budget devaient être insuffisantes à la récompense de tous les efforts, à la satisfoction de tous les besoins.

Les premiers organisateurs de cette application judaïque des institutions américaines s étaient faits les agents d'une impulsion dont ils prévoyaient la force avant qu'elle se senttt elle-même; ils purent s'assurer le monopole des avantages du nouvel ordre de choses à son début. C'était l'instant pendant lequel il est donné quelquefois aux hommes d'élite d*élever la tête au-dessus des courants qui leur entraînent les pieds.

Les multitudes ne tardent jamais à stipuler pour elles-mêmes dans les entreprises fondées sur leurs instincts. Les hommes éminents, qui avaient été longtemps sur la scène des affaires publiques, s y trouvaient liés par un trop grand nombre d'engagements ; ils ne pouvaient pas distribuer les emplois aux ambitions

nouvelles, toujours les plus nombreuses et les plus exigeantes, avec autant de liberté et de sympathie qu'un homme nouveau comme elles-mêmes.

Cest ainsi qu'afin de garantir lassentiment à sa décision, le comité dictatorial de chaque parti fut obligé de trahir ses illustrations et de renier son histoire, pour choisir un président qui personnellement n'avait point la nécessité de récompenser des adhérents dont le budget fédéral connaissait déjà les noms.

Après un cours majestueux et calme des fleuves de rAmérique rencontrent des rochers entre lesquels ils se précipitent en rapides. Les premiers voyageurs dans ces régions s'arrêtèrent sur le bord, en contemplant ce désordre et effrayés des indices du danger. En pénétrant plus avant, leurs successeurs ont reconnu que tantôt les eaux bouleversées se hâtaient vers des abtmes, que tantôt après avoir traversé les écueils, elles reprenaient tranquillement une marche propice.

La démocratie américaine se montre engagée dans des rapides. En suivant son cours, la postérité trouvera l'un ou l'autre des spectacles dont les scènes de la nature offrent Timage aux contemporains.

Il faut toutefois reconnaître qu'au milieu de leurs périls, les États-Unis possèdent des secours bien efficaces.

Le renouvellement de Télection présidentielle à un court intervalle prévient, par les espérances qui en naissent, l'anarchie d'une résistance provoquée par les résultats de la défaite. Les ressources physiques du

pays offrent leurs chances en compensation de la destitution.

D'ailleurs, au milieu du mouvement de la société américaine, les rancunes individuelles restent stériles. Ceux qui succombent dans la poursuite sont des concurrents de moins ; ils disparaissent en victimes d*uD principe que leur propre parti a pour drapeau; les élections s'accomplissent donc avec ordre, et la destitution systématique en paraît une conséquence naturelle. Mais lanarcbie n'est pas le symptôme nécessaire dés périls d'une nation.

Le nouvel élément qui est entré dans Torganisation des États-Unis menace la république de choix vicieux pour la présidence, d'abaissement des caractères et de ruine pour les services publics, par l'impossibilité des vocations spéciales et par Timpulsion donnée à la vénalité comme à la concussion. C'est en suivant au Brésil les mêmes tendances qu*il faut en examiner plus particulièrement les résultats. Diverses circonstances, qu'on a déjà énumérées, doivent y rendre la destitution systématique beaucoup plus dangereuse qu'aux États-Unis.

D'abord au Brésil, le mal dérive des principes de l'organisation politique et des conditions sociales, tandis que, dans l'Union, il est une résistance à l'application vivifiante et traditionnelle de la constitution, ainsi qu aux ressources abondantes du pays et aux entraînements d'une société qui glorifie le travail du plus humble des artisans. Pour les résultats la différence n'est pas moins marquée.

Ainsi, chez les Américains, la perturbation de la position des individus se fait avec régularité, et elle est acceptée avec résignation. C'est une crise qui semble essentiellement temporaire par les chances de l'inévitable retour de Télection. L'emploi devient un court usufruit.

Au Brésil, la destitution est un effet sans terme, et dans les conjonctures du pays elle équivaut à une expropriation de patrimoine. Il n'est donc pas étonnant que la révocation du président d'une province, oii les emplois se sont successivement donnés sous son patronage, y soulève une rébellion, et que le renvoi d'un ministère, annonçant le renvoi de tous ses adhérents, mette lempire en guerre civile.

Pour les deux pays la cause d'agitation universelle est égale ; mais dans l'un elle s interrompt pour recommencer à des époques fixes, dans l'autre, elle est continuelle.

Quand le mobile des emplois domine dans les causes de divisions des partis, les doctrines doivent toujours être entraînées dans la divergence des intérêts ; elles se font également inconciliables et elles doivent refuser toute transaction.

Or, dans une monarchie qui commence sa carrière au milieu des circonstances du Brésil, les luttes de doctrines, quelque consciencieuse qu'en puisse être l'inspiration, seront toujours une origine de périls. Elles touchent de trop près aux désordres de l'anarchie.

Transiger an profit de la sécurité et du travail, telle est la véritable devise du Brésil. Tout obstacle qui tend à slmmobiliser devant les moyens de concessions des partis, doit donc être r^ardé, dans l'état des choses de TempirOi comme la principale entrave mise à Taccomplissement de ses destinées.

Ces maux, qui s'attaquent aux principes d'unité monarchique du Brésil, doivent avoir moins de gravité dans une confédération.

En se combinant, l'attraction du salaire public et le système des destitutions soumettent toute la classe qui fournit le personnel des emplois à des influences dont les réflexions précédentes font apprécier la nature. Le fonctionnaire et ses rapports avec le service public ne peuvent pas s'y soustraire.

Au Brésil, la situation générale pèse avec deux ordres de conséquences sur chaque génération qui s'élève.

D'abord, l'avilissement du travail physique et les traditions du régime colonial se joignent à Texiguité de la moyenne des fortunes et aux appréhensions du service de l'armée, pour forcer la jeunesse à s'échapper par une des issues que lui ouvre le budget. Elle n a pas le choix entre la fonction publique et l'occupation privée. D'un autre côté, toutes les administrations s'encombrent. En sorte que le choix de la carrière manque également de liberté. La concurrence entraîne vers les meilleures chances sans tenir compte de laptitude. Les facilités du passage font le prêtre, le magistrat, le

professeur, l'administrateur, le militaire et le marin.

Vient ensuite l'enrôlement politique, résultat du système de monopole des emplois au profit des vainqueurs de la lutte électorale.

Si la concurrence apporte une espèce de joug aux intelligences qu elle a poussées à laventure vers un emploi quelconque, Tenrôlement politique attaque le caractère des jeunes générations en étouffant leurs bons instincts. Les passions qu'il leur donne sont trop voisines de l'intérêt pour ne pas devenir promptement une atmosphère délétère. On y verra la confiance dans les droits du travail consciencieux et de l'aptitude qu'il aura créée, céder la place aux recherches du patronage et à l'habileté des manœuvres occultes ; et toutes ces infirmités, déjà trop ordinaires dans le cours des choses humaines, multiplieront leurs périls en obtenant de fait la valeur d un système sanctionné.

C'est la pente par laquelle les peuples arrivent à leurs crises de proscriptions. Contre une telle fatalité il n'y a point de garantie suffisante, dès que les besoins physiques et l'avidité pécuniaire réussissent à s'organiser, à envenimer les dissentiments de principes et à devenir prépondérants dans les affaires de la nation.

Lorsque, dans un Etat, la multitude est amenée par quelque catastrophe à disposer du pouvoir et du trésor, elle se divise en factions qui tendent à s'exterminer dans Tanarchie. Les effets sont sanglants comme leurs causes ont été violentes.

Si ce sont les lois et les conditions générales d un

pays qui portent toute raclivilé nationale à fournir à SCS nécessités par le budget, et à s en assurer le moyen par la possession du pouvoir, il faut craindre qu une tendance de démoralisation permanente et universelle ne soit aussi leffet analogue aux causes.

On vient de voir qu'au Brésil, les jeunes générations commencent à être exposées à ces dangers. Si elles n en étaient pas garanties, les conséquences ne tarderaient pas à se manifester, avec une gravité croissante, dans le fonctionnaire et dans les services publics.

Les obstacles que rencontrent les vocations et les droits d'une qualification consciencieuse doivent faire déchoir le personnel des emplois. D'un autre côté, la mobilité politique détruit les traditions en même temps qu'elle enlève toute sécurité à Texercice loyal des fonctions, par la destitution systématique.

Quand la fonction n est point stable et quand le salaire est modique, la concussion et la malversation doivent apparaître. Or, l'abaissement des salaires est une tendance qui natt des nécessités de la concurrence, comme l'instabilité du fonctionnaire résulte à la fois de cette concurrence et de l'application du système électoral. En sorte que l'État souffre par l'imperfection du service et par l'infidélité de remployé.

La fonction publique est recherchée pour son salaire moins que pour ses opportunités de profits indirects. L'occupation politique ayant cessé d'être une mission pour devenir une industrie, chaque emploi s'exploite comme une de ses branches.

Mais tandis que le salaire public incline à diminuer dans son chiffre, il diminue plus encore par l'affaiblissèment de sa relation avec tous les besoins de l'existence. La classe des capitalistes et des commerçants augmente sans cesse son bien-être avec le progrès de sa richesse. Elle donne au luxe une impulsion qui élève le niveau moyen des nécessités de la vie en faisant décroître dans la même proportion la valeur des ressources stationnaires. Cette insuffisance du salaire est une cause permanente de vénalité.

11 n'y a donc point d exagération dans l'exposé qui vient d'être présenté des périls qu'apporte à un État son budget transformé en stimulant des ambitions et en ressources alimentaires qui attirent les classes les plus nombreuses et les plus actives du pays. La mobilité universelle, qui devient l'essence des affaires publiques, affaiblit tous les services, tandis que la résistance dUnertie des abus est une continuelle entrave pour l'action du Gouvernement et l'initiative de la couronne. En effet, le salaire est bien moins le payen^ent d'une fonction soumise à la surveillance, que la récompense d*un adhérent, ou de l'appui des grandes influences. Le contrôle et la discipline cessent par les causes mêmes du désordre qui les rend plus nécessaires.

Lorsque le budget du Brésil a été examiné dans les détails de la dépense de chaque administration, les abus et les vices, dérivant des institutions elles-mêmes ou des hommes , ont été énumérés sans hésitation.

Malgré les ducumenls incontestables dont elle s'est toujours entourée, une telle rigueur a pu paraître dénuée d'équité.

En effet, chez un peuple qui n'est pas en décadence, dont ao contraire les progrès sont maniTesles, les jugements qui atteignent ses imperfeclious restent dans l'opinion publique, tandis que les faits sur lesquels ils se fondent s'affaiblissent et disparaissent. Ce n'est donc jamais avec l'intention de condamner un pays dans de semblables conjonctures que ses affaires doivent être appréciées. La justice inflexible ne doit paraître qu'en éternelle exigence de la moralité dans le monde, saisissant les choses, mais épargnant les hommes.

Lorsqu'on énumérait aussi rigoureusement les maux, du &'ésil, d'autres pensées rassuraient encore à l'^rd de l'équité de l'entreprise. Cest par le tableau de ses nécessités et de ses périls que ce magnifique empiré doit être entraîné à utiliser ses incalculables ressources. Plus les moyens de sa sécurité, de sa richesse et de sa puissance pouvaient paraître inaccessibles ou d'une tentative téméraire , plus il fallait démontrer la nécessité et l'urgence d'en organiser l'emploi.

L'orgueil national était donc excité à se tourner v«9 ses véritables grandeurs, et non à s'humilier dans les infirmités du temps présent.

Ce qu'il y a d'alarmant pour un \}<m éprouvé la ffllii;ue de la morulit l'ont rendu fluris-sant. Mais le r celte décadence. Pur la leiitour dj

de nombreux obstacles que lui font les conjonctures, il se trouve dans une situation imparfaite, oiiTimmobilité serait désastreuse ; mais le Brésil tend vers des ressources infinies.

Quand au contraire un peuple souffre dans le déclin qui est son ouvrage, les périls lui viennent de la difficulté de retrouver les forces dont il a usé et qu'il a livrées à l'abandon. L'affaiblissement qui lui a fait perdre sa richesse l'empâche de la ressaisir.

Devant Tensemble des faits innombrables de la souffrance politique et administrative du Brésil l'attention devait se porter à découvrir des causes à de tels résultats. L'explication qui vient d en être donnée attribue au phénomène une origine suffisante. Théoriquement les principes mènent aux conséquences qui paraissent dans l'état des choses.

Il faut à l'organisation de TEmpire une force nouvelle qui détourne l'activité nationale de lexploitation de la politique comme industrie et des salaires du budget conune dividendes. Dans sa situation présente le pays s épuise au milieu d'une agitation permanente ; tous les services publics souffrent de la confusion des aptitudes et de l'exercice vicié des charges. Le système des institutions représentatives ne se fortifie pas dans la confiance que lui a donnée une partie de la nation, et il ne surmonte pas la défiance ou l'incrédulité dont l'entourent le retard de ses bienfaits et les abus de sa fonction.

A cette ampleur de besoins qui embrassent l'étendue

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