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du budget de l'Indo-Chine (1) lui permettent de s’équilibrer sans subvention de la métropole, ne pourront être autorisés que par une loi (2). »
Un arriéré considérable s'était ainsi accumulé. La métropole avait dû intervenir à trois reprises différentes pour liquider la situation financière du protectorat. La loi de finances du 26 décembre 1890 lui ouvrit un crédit extraordinaire de 13.100.000 francs et la loi du 20 mars 1892 un crédit de 12 millions.
Enfin, sur les 80 millions de l'emprunt autorisé par la loi du 10 février 1896, 43 étaient destinés à payer des dettes exigibles.
Dépourvu de tout crédit, devenu suspect même aux pouvoirs métropolitains, le protectorat isolé, vivant d’expédients, était dans l'impossibilité de rienentreprendre. En tout cas, il lui était interdit pour longtemps de songer à se doter des organes indispensables à la vie économique.
Ses budgets avaient toujours été déficitaires. L'exercice 1887 laissa un excédent de dépenses de 2.707.139 piastres, en 1890, cet excédent atteignit 10.210.345 piastres. Sans doute, les comptes administratifs desexercices 1892, 1893, 1894 accusent des ex»
1. Le décret du 17 octobre 1887 avait institué un budget commun pour l’Indo-Chine. Ce budget disparut après quelques mois d'existence.
2, C’est encore la règle aujourd’hui pour les emprunts contractés par l’Indo-Chine. Loi du 26 février 1896, art. 4:
Va D 2
‘cédents derecettes s’élevantensemble à 592.768 p. 27. “« Mais, parallèlement aux opérations budgétaires, de nombreuses dépenses étaient engagées et payées au moyen de comptes de trésorerie ; elles étaient préle- ‘vées sur les fonds généraux du protectorat qu’elles absorbaient rapidement, ces fonds généraux consistant alors uniquement en une avance permanente de 10 millions consentie par le Trésor métropolitain en vertu des lois des 26 décembre 1890 et 23 avril 1895. On contractait en outre des engagements importants qui excédaient de beaucoup les ressources normales du pays et qui compromettaient ainsi gravement l'équilibre des budgets à venir (1). »
La liquidation « définitive » de 1896 ne mit pas fin aux déficits annuels du budget. L’exercice 1896 ‘donna un nouveau déficit de 748.293 piastres, et l'exercice 1897 se présentait sous de mauvais auspi-
ces; on prévoyait une baïsse prochaine de lapiastre.
Jl était urgent de remédier à cette situation inquiétante. Dès son arrivée en Indo-Chine, M. Doumer soucieux de mettre un terme aux errements du passé, ‘traçait le programme des réformes qu'il jugeait indispensable d'accomplir. Le rapport qu'il adressait
à ce sujet au ministre des Colonies Le 27 mars 1897,
Le 1. Rapport de M. Douer sur la situation de l’Indo-Chine 1897-1901. "y