‹ Le Budget Général de L'Indo-ChineChapitre 22 sur 66 · SAC · texte numérisé non relu

SAC

empreintes d’un particularisme trop étroit. Le développementéconomique del’Annam-Tonkinetdu Laos, l’affermissement de notre domination dans ces con-. trées, devaient profiter indirectement à la Cochinchine. L'ouverture de voies de communication ne devait-elle pas élargir le débouché que les protectorats constituent pour les riz de la Cochinchine, et faciliter à celle-ci l’approvisionnement des produits qu'elle ne peut tirer de son sol ?

Quant aux dépenses militaires faites dans l’intérèt de l’Annam-Tonkin, elles présentent aussi un intérêt considérable pour la Cochinchine. Si, pour envisager l’hypothèse pire, nous étions obligés d’abandonner l’Annam-Tonkin, nous pourrions penser à quitter la Cochinchine. Sa situation en tout cas deviendrait singulièrement précaire en face d’un voisin qui ne manquerait pas de lui opposer des barrières douanières, et bien décidé à l’annexer à la première

occasion.

En dépit des critiques soulevées par le projet, le budget général fut institué par le décret du 31 juillet 1898. L'article 1 porte que : « Les dépenses d'intérêt commun à l’Indo-Chine sont inscrites à un budget général. arrèté en Conseil supérieur de l’Indo-Chine par le gouverneur général et approuvé par décret rendu en Conseil des ministres, sur la proposition du ministre des Colonies, »

ro

On retrouve, résumées dans le rapport qui précède le décret, les idées qui avaient amené à la réforme : « L’Indo-Chine française, y est-il dit, constitue une unité géographique et politique qu’on rencontre rarement ailleurs au même degré et qu’on ne saurait méconnaître sans nuire à sa force et à sa prospérité. Les importantes questions qui se rattachent à la mise en exploitatton de son vaste territoire, fertile entre tous, à la production et à la circulation des richesses, à l’accès des produits de l’industrie métropolitaine dans nos possessions et dans les contrées voisines, doivent être étudiées et résolues, non avec des vues étroites et particularistes, mais avec le souci constant de l'intérêt commun de

la colonie, qui est l’intérèt de la France elle-même. »

jt

Page 1