‹ Le Budget Général de L'Indo-ChineChapitre 31 sur 66 · Rapport de M, Gervais · texte numérisé non relu

Rapport de M, Gervais

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L'imposition des tabacs souleva de violentes eritiques. La Quinzaine coloniale du 25 décembre 1899 voyait là une innovation impolitique et vexatoire au premier chef. Elle s'élevait particulièrement contre le mode de perception : système de la Régie avec ses formalités tracassières et inquisitoriales. Elle constatait que tous les membres non fonctionnaires du Conseil supérieur avaient voté contre.

Le directeur des douanes et régies estimait au contraire quele tabac étant une denréetout à faitinutile à l'existence, devait être imposé; il allait plus loin et disait : « Peut-être même la taxe de circulation aura-t-elle'servi à attirer l’attention sur un produit trop délaissé par les colons (1). »

Sans vouloir prétendre que cette opinion a reçu la confirmation des faits, il est juste de constater que la culture du tabac a pris un développement considérable dans ces dernières années. Les colons sont arrivés à produire des tabacs de qualité supérieure ; mais ils contestaient l’assimilation avec les tabacs étrangers pour éviter la taxe qui frappe les qualités supérieures. Des difficultés avaient surgi à la suite de ces prétentions entre l'administration des douanes et les industriels. Aussi un arrêté du 19 avril

1906 créa-t-il une nouvelle catégorie « le tabac chi-

1. Note de l'administration des douanes dans le rapport de M. Doumer, |

nois »,intermédiaire par son origine et sa qualité entre les tabacs indigènes et les tabacs supérieurs.

La progression des produits de la taxe sur les tabacs est des plus remarquables.

De 71.527 p. 44,en 1899, ils passaient à 561.398 p. 30 en 1902.

Ils sont prévus au budget de 1907 pour 1.300.000 p.

Cette taxe est une de celles dont la perception a soulevé les plus vives critiques; il faut reconnaître d’ailleurs qu’elles sont justifiées. L'indigène qui transporte du tabac « se voit arrêté pendant de longues heures à chaque poste de douane; il doit chaque fois décharger son tabac, le peser sous les yeux de l’agent, puis le rembarquer dans son sampan. Il est certain que, après cinq ou six manipulations de ce genre, les tablettes de tabac fendues ou brisées ont perdu une grande partie de leur valeur marchande (1). »

La taxe sur la noix d’arec établie en même temps que celle sur le tabac suscita les mèmes critiques. Sans doute l’administration recommande aux agents d'observer une certaine tolérance, maïs cela n’a d’autre effet que de troubler davantage encore l'esprit des indigènes. « On laisse passer certains jours, sans

difficulté, un individu porteur d’une charge de noix

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