‹ Le Budget Général de L'Indo-ChineChapitre 33 sur 66 · C. Berxarp: l’Indo-Chine · texte numérisé non relu

C. Berxarp: l’Indo-Chine

2, Elle avait rapporté 109.697, p. 58 en 1905.

LR dans le pays ; et qui est fixé à 0 p. 01 par dix boîtes si elles sont importées (1).

Recettes prévues pour 1907 : 315,000 piastres.

S 3. — Régie de l’opium. — Le régime de l'opium est contenu dans l’arrêté du 7 février 1899. Aux termes de l'article 1* : « L'achat, la fabrication et la vente de l’opium constituent un monopole dont l’exploitation est confiée à l’administration des douanes et régies de l’Indo-Chine. » Article 2: « Le monopole d'achat et de fabrication est absolu et ne peut être exploité qu’en régie directe. Le monopole de la vente pourra être exercé soit en régie directe, soit par des tiers autorisés, fermiers ou régisseurs intéressés…

L'administration achète à Calcutta ou au Yunnan l’opium brut qu’elle prépare dans ses bouilleries. Les entrepôts d'opium sonttenus par la régie elle-mème ; l'institution des débitants généraux présentait des inconvénients. Les débitants s’engageaient à écouler un minimum d’opium et jamais ils ne le dépassaient. La plupart étant Chinois profitaient de leurs relations commerciales avec le Yunnan ou le Quang-Si pour organiser la fraude, etil étaitimpossible à l’administra-

1. Longtemps on crut voir dans cette taxe les éléments d’un droit différentiel, Des procès furent intentés à l’administration, Un arrêt de la Cour de cassation du 12 novembre 1901donna droit à la régie.

10 2 tion de connaîtrele chiffre exact de la consommation. Les prix de vente de l'opium sont fixés par des arrêtés du gouverneur, Il y a un tarif spécial pour la Cochinchine et pour chacun des protectorats. L'opium fumé laisse un résidu appelé « dross » qui est très riche en morphine et peut servir par conséquent à fabriquer de l’opium. Pour obvier à la fraude dans la mesure du possible, l'administration a imaginé d'obliger tout acheteur d’opium à verser à titre de garantie de rapport du dross une somme égale au tiers du prix net de l’opium acheté. Cette provision lui est remboursée si dans le mois il rapporte de dross 40 0/0 du poids d’opium acheté.

L'opium fournit au budget un contingent important de ressources. Il a rapporté :

en 1899 5.708.820 p. 41 > 1901 6.326.310 p. 64 » 1903 7.660.260 p. 67 »> 1905 7.000.819 p. 65 Prévisions pour 1907: 7.035.000 p.

Le monopole de l’opium rencontra des adversaires acharnés dans la métropole. Ils flétrissaient avec indignation l'attitude du gouvernement général de l’Indo-Chine qui non seulement tolérait l'usage de ce poison dans notre colonie, mais encore s’en était fait marchand ; rôle bien peu digne des représen-

tants d’une nation civilisée et colonisatrice.

es

Les critiques étaient devenues plus aiguës depuis que la Chine (suivant en cela l'exemple du Japon), dans un éditimpérial de septembre 1966 avait manifesté l'intention de supprimer dans un délai de dix ans toutes les fumeries d’opium, alléguant que sa consommation était une cause « de la pauvreté du peuple et de la faiblesse de la nation ».

N'étions-nous pas dès lors moralement obligés de suivre le mouvement prohibitionniste ?

Le ministre des Colonies, ému par la campagne engagée dans une partie de la presse métropolitaine, consulta le gouverneur général de l’Indo-Chine sur l'opportunité d’une interdiction absolue et immédiate de l’opium. Malgré les dangers que devait susciter une mesure aussi radicale, le ministre manifesta le désir de la voir réaliser, En conséquence, un arrêté du gouverneur général, paru au Journal Officiel français du 27 août 1907 porte :

« Article premier. — L'ouverture des fumeries d'opium est interdite sur toute l’étendue du territoire de l'Annam et du Tonkin.

« Art.2. — Aucune installation de nouvelles fame-

ries en Cochinchine et au Cambodge ne sera autori-

sée. »

Cet arrêté enlève du coup 7 millions de piastres au budget général, au moment où celui-ci, sortant

d'une crise très grave, n'avait pas trop de toutes ses ressources,

or

Est-ce par une augmentation des autres contributions qu’on espère combler le déficit? IL faudra alors surcharger les denrées de première nécessité, tandis qu'il était si facile de conserver un impôt portant sur une consommation de luxe, que les contribuables acquittaient volontairement. Mais parviendrat-on à retrouver 7 millions de piasires ? |

La prohibition de l’opium nous semble donc nettement dangereuse au point de vue financier.De plus, nous ne voyons pas ce que le monopole avait de contraire aux sentiments d'humanité. Un journal cochinchinois affirmait récemment que les Chinois étaient à peu près les seuls à consommer de l’opium en Indo-Chine. La proportion des fumeurs de race annamite ne dépasserait pas 3 0/0 dans les villes et 2 0/0 dans l’intérieur. L’Annamite se contente du tabac et de la chique de bétel. D'ailleurs, ses ressources ne lui permettent pas l’usage d’un produit aussi cher que l’opium, et le peu d’aciivité de sa vie intellectuelle le dispense de sentir le besoin d’excitants.

Remarquons enfin l’étrange contradiction qu'il y a à voir une nation colonisatrice chez qui l'alcool cause des ravages si terribles, réserver les rigueurs de sa vertu pour ses colonies.

S 4. — Régie des sels. — Le droit de consommation sur le sel a été établi par l’arrèlé du 20 octobre 1899. Ce texte subordonne à une autorisation de.

l'administration l'exploitation des marais salants et

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