Sazaux : Essai sur l’organisation de l’Indo-Chine
2, Le trafic des marchandises sur cette ligne sera nul ou à peu près. Elles emprunteront de préférence les voies d’eau très nombreuses en cette région. Il semble bien que si elle a été autorisée, c'est uniquement pour dédommager la Cochinchine des sacrifices que le budget général lui impose.
do-Chine à prèter son concours au concessionnaire chargé de la construction et de l’exploitation de la ligne de Lao-Kay à Yunnan-Sen en territoire chinois. La colonie a donné une subvention ferme de 12.500.000 francs, et garantit jusqu’à concurrence de 3 millions par an, pour une durée maxima de soixante-quinze ans, les intérêts de l’empruntcontracté par la Compagnie des Chemins de fer du Yunnan (178.000 obligations de 500 fr., rapportant 15 fr.).
La charge supportée par le budget général du fait des chemins de fer s’élève ainsi à 6,612,972 piastres (chapitres XX, XXI et XXVII). Ce chiffre grossira encore; une convention récente, conclue entre le ministre des Colonies et la Compagnie des Chemins de fer du Yunnan le 15 février 1907, approuvée par une loi du 30 mars, demande au budget général de nouveaux sacrifices (1) pour poursuivre l'exécution du chemin de fer du Yunnan dont les frais ont dépassé
de beaucoup les prévisions.
A côté des chemins de fer, les autres travaux publics ont tenu et tiennent encore une place importante au budget général.
Les dépenses entraînées par la construction des grands ponts métalliques ont été acquittées sur ses
1. C’est en vue de cette éventualité qu’un crédit de 350.000 piastres a été inscrit au budget de 1907. (Article 5 du chap. XX VIT).
fonds ordinaires. Et ces dépenses furent souvent considérables: le pont de Hanoï a coûté 6 millions de francs environ, celui de Hué 800.000 piastres ; celui de Binh-Loï, sur la rivière de Saïgon, 1.200.000 piastres,
Bien que l’ouverture des routes ait été mise à la charge des budgets locaux, « il est entendu que le budget général peut intervenir pour aider à la construction des routes importantes, en prenant à sa charge les travaux des grands ponts métalliques dont l'utilité est reconnue » (1). Ainsi nous trouvons au chapitre XIX du budget de 1907 : une subvention de 26.000 piastres au budget de l’Annam pour entretien de routes, article 2 ; des subventions aux budgets locaux pour construction de routes et ponts sur routes ; 30.000 piastres, article 6.
En ce qui concerne les voies navigables, le budget général assumait dès ‘1899 les dépenses de tous les travaux d'intérêt général.
En Cochinchine, dans le delta du Mékong, où les voies navigables tiennent lieu de chemins de fer, la création et la réfection des canaux et arroyos avaient ce caractère. Il a été dépensé dans ce but :