DE FAIBLESSE POUR LE BUDGET GÉNÉRAL
Il est malheureusement trop certain que chaque
année ramènera avec elle son cortège de fléaux natu-
rels'; on peut seulement espérer qu'ils se reproduiront rarement avec autant d'intensité et de généralité que dans ces dernières années.
Or, ces événements ont des conséquences d'autant plus graves pour l’Indo-Chine que celle-ci est encore sous le régime de la monoculture. Quand le riz, source à peu près unique de larichesse et base principale des transactions, vient à manquer, rien ne va plus. Les indigènes sont obligés de restreindre leurs consommations ; il en résulte une moins-value considérable sur le produit des taxes indirectes qui alimentent le budget général. C’est ce qui est arrivé en 1905 où les moins-values on atteint la somme considérabie de 3.616.442 p. 44.
Il ne faut pas dissimuler que le régime des impôts indirects dont le rendement est sujet à de telles variations, constitue une cause de faiblesse très grave pour le budget général. Aussi, la crise qu'il vient de traverser a-t-elle servi de prétexte à ses adversaires pour critiquer sérieusement l’organisation financière établie en 1898. « Elle ne répond plus, dit-on, aux besoins actuels et devrait être revisée ; le budget général dont les charges sont en quelque sorte immuables puisqu’ellesrésultent de l’exécution de grands travaux pour lesquels sont passés des marchés à long terme, n’a ni fixité ni sécurité; ses ressources n'étant constituées que par des taxes indirectes établies sur
les consommations ou les transactions et dont la pro-
ductivité dépend d’un acte volontaire du contribuable qui proportionne ses consommations ou ses échanges à ses disponibilités (1)... »
Une variété plus grande des cultures permettrait dans une certaine mesure à la colonie de souffrir un peu moins des perturbations atmosphériques ; les risques des intempéries et aussi ceux du marché sont moins graves quand ils se répartissent sur un plus grand nombre de produits, ceux qui ne sont pas atteints jouant alors le rôle de réserve.
Dès à présent, la caisse de réserve remédie dans une large mesure aux inconvénients de cette situation en faisant bénéficier les mauvaises années des excédents recueillis dans les années d’abondance.
C’est grâce à elle que l’Indo-Chine a pu traverser sans trop de difficultés la cerise récente.
D'après le discours de M. Beau au Conseil supérieur (session extraordinaire de 1907), les fonds de la caisse seront plus que suffisants pour combler le déficit des exercices 1905 et 1906. Les déclarations du gouverneur général font justice des appréhensions exagérées manifestées par quelques-uns au sujet d’une crise passagère, et remettent les choses au point.
« Quelle est donc, messieurs, la situation actuelle du budget général de l’Indo-Chine ?