‹ Le Budget Général de L'Indo-ChineChapitre 61 sur 66 · M. Bronr au Conseil supérieur (Session de · texte numérisé non relu

M. Bronr au Conseil supérieur (Session de

«Constatons d’abord queles opérations du budget de 1906 qu'on croyait devoir se solder par un déficit de plus de 2.600.000 piastres, se clôtureront en réalité avec un déficit inférieur cerlainement à 800.000 piastres. Ce dernier chiffre a été déterminépar un travail très consciencieux, qui ne laisse place à aucun mécompte possible (1).

« L’errèur des renseignements fournis précédemment tant au Conseil supérieur qu’au Département tient à ce qu'on aurait omis de grosses recettes qui n'ont été, il est vrai, connues qu’en janvier ; par exemple le change sur lequel ïil a été réalisé 185.000 piastres de recettes au lieu d’une dépense prévue au budget de 280.000 piastres, soit une différence de 465.000 piastres. À

«On avait également négligé de faire état d’une re cette de 630.000 francs au titre de l’indemnité chinoise.

« Enfin, il n’avait pas été tenu compte dans leur intégralité, des économies réalisées sur presque tous

les chapitres du budget par suite du taux élevé de

1. D’après les renseignements parvenus récemment au Ministère des Colonies, le déficit de l’e xercice 1906 serait bien inférieur aux prévisions, Les résultats définitifs seraient les

suivants :

Dépenses payées . . . 27.516.238 piastres Recettes pu 00 97.990 744

Déboite lets nr, SUR Fr 286494 —

la piastre qui, prévu à 2 fr. 35, s’est constamment tenu entre 2 fr. 75 et 2 fr. 90.

« Le passif du budget général est composé exactement et exclusivement des éléments suivants :

« Le déficit de l'exercice 1905, soit : 522.825,66

« Le solde dela subvention de l’Indo- Chine dans les dépenses de construcion du chemin de fer du Yunnan, BOL PARU Pr ERA RE PR A TA DEA

Ensemble. . . . 3.520.394,13

«Si nous y ajoutons la dette, non encore acquise et susceptible de réductions, résultant du déficit probable de l’exercice 1906, soit . . . . . 800.000 »

« Nous obtenons un total de . . . 4.320.394%,13

« Pour couvrir ce passif, la caisse de réserve du budget général possède trois titres de rente 3 0/0 français d’une valeur au cours actuel de 12.142.633 franes, figurant dans les écritures du trésorier général pour une somme de 5.423.380 p. 14, soit, en faveur de l’actif, un reliquat de 1.103.436 p. 11. »

D'ailleurs, les derniers renseignements qui nous sont parvenus d’Indo-Chine donnent à espérer que la période des moins-values a fait place à celle des plus-values. La récolte du riz a été exceptionnellement abondante. Du 1‘ janvier au 22 août 1907, ila

élé exporté de Saïgon 945.779 tonnes de riz, au lieu

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de 454.624 dans la période correspondante de 1906.

Les recettes réalisées pendant les huit premiers mois de l'exercice 1907 s'élèvent à 19.075.000 piastres, en excédent de 1.400.000 piastres sur les prévisions budgétaires, et de 3.650.000 piastres sur les recettes correspondantes de l’année 1906.

Si l’on tient compte des bénéfices du change, qui ne laisseront pas d’être appréciables, puisque les prévisions budgétaires pour 1907 ont été établies au taux de 2 fr. 50, et que depuis le commencement de l’année la piastre s’est constamment tenue aux environs de 2 fr. 75 ; on voit que l'exercice 1907 est dès maintenant à l’abri de la menace du déficit.

Ainsi, il semble qu’on assiste actuellement à la naissance d’une nouvelle période de prospérité. Cela n’est pas pour nous surprendre ; les fléaux naturels qui s’abattent sur l’Indo-Chine sont éphémères ; ils peuvent bien anéantir les récoltes d’une année, ils ne détruisent pas la vitalité et les éléments de richesse de la colonie, sa fertilité et sa population.

Dès lors, la principale critique adressée au budget général, basée sur les aléas que présentent les recettes indirectes, n’a pas autant de valeur qu’on est tenté de le supposer au premier abord. Les mauvaises campagnes, en effet, sont l'exception, et le déficit qu’elles creusent dans les finances est largement compensé par les excédents des bonnes

années, de sorte qu'une administration prévoyante,

disposant d’une caisse de réserve, peut assez facilement éluder les dangers qui résultent de l'instabilité

des ressources.

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