‹ Le Budget Général de L'Indo-ChineChapitre 64 sur 66 · Quinzaine coloniale du 25 avril · texte numérisé non relu

Quinzaine coloniale du 25 avril

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Les recettes des Régies en effet ont suivi une proagression vertigineuse. De 5.162.000 piastres en 189%, leur produit passait en 1900 à 10.097.623 piastres pour doubler cinq ans après; elles atteignaient 19.530.000 piastres en 1905.

En 1906, on a relevé le tarif de nombreuses taxes de consommation (arrètés du 19 avril 1906). Ce rehaussement des tarifs, arrivant au milieu d'une période de gène pour les contribuables, constituait une erreur regrettable, que ne saurait justifier le désir de combler les vides du budget.

Quant aux modes de perception et à la façon d'agir de l’administration des douanes, nous les avons déjà appréciés. Ils ont fait l’objet de plaintes et de réclamations incessantes.

Avee les taxes directes qu’on propose en remplacement des taxes indirectes, limpôt étant une fois payé, les transactions s’accompliraïient sans entraves : le contribuable aurait moins de contact avec le fise, moins de sujets de trouble et de raneunes.

L'idée paraît séduisante au premier abord, mais nous en croyons la réalisation impraticable. Le premier résultat serait d'imposer du jour au lendemain aux populations indigènes « un énorme surcroît de charges visibles, puisqu'il ne s'agirait rien moins que de tripler d’un seul coup, le montant des feuilles de contribution de villages » (Q. coloniale).

Quel accueil serait réservé à cette subite transfor-

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mation ? L’Annamite comprendra difficilement qu’il ne paie pas plus après qu'avant si on lui réclame aujourd’hui trois fois autant qu'hier. Tenter une pareille expérience nous semble bien hasardeux.

De plus, cette transformation tarirait la source des plus-values futures. L’impôt direct suit lentement les progrès de la richesse publique dont la répercussion est au contraire immédiate sur les taxes indirectes. Le budget général n'aurait ainsi à sa disposition que des ressources stationnaires, tandis qu'il a à faire face à des besoins de plus en plus nombreux et étendus. Ce serait rendre impossible pour l’avenir le développement économique de la colonie.

Remarquons d’ailleurs que dans notre colonie, le rendement des impôts directs eux-mêmes n’est pas aussi stable que dans la métropole. Les budgets locaux ont souffert de la crise de 1905 et 1906 par suite des dégrèvements et des secours qu’ils ont dû accorder après les calamités naturelles. Il est probable que si le budget général demandait ses ressources aux impôts directs, les moins-values qu’il aurait à subir dans les années de crise ne seraient guère

inférieures à celles qu’il a supportées en 1905.

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