‹ Le budget [microforme]Chapitre 2 sur 5 · RER PRO 2 SON DETTES · texte numérisé non relu

RER PRO 2 SON DETTES

prix des produits agricoles. Les temps sont

quand ils disséqueront ses données statis- |meilleurs aujourd'hui qu'en 1896 ; mais esttiques, je ne doute point que la Chambre et | ce le gouvernement qui a créé cette prospéle pays ne trouvent ample matière La rité?

tissement, à voir s'écrouler si facilement ein tout cet échafaudage de chiffres fantaisis- | M: HEYD: Certainement. tes. L'habileté dont fait preuve le député| M. BERGERON: Pas du tout. Je le dede Brant en maniant les millions me remet | mande à mon honorable ami : en quoi l'aden mémoire le fait de ce jongleur qui se van-| ministration de ces messieurs a-t-elle pu intait de pouvoir tout faire avec les chiffres. |fluer sur la prospérité qui règne actuelle- Comme je n’envie nullement à l'honorable | ment aux Etats-Unis? En rien, et ainsi en député son habileté dans le maniement des | sst-jl de tous les autres pays. Ce qu'il y a millions, et que je ne veux pas abuser de | j'étonnant, c'est de voir qu'au sein de cette la patience de la Chambre, je m'abstiendral | #rande prospérité, notre dette publique et le d'en dire davantage sur ces questions de | Budget de nos dépenses annuelles ont pris de statistique dont l'électeur n'a cure, nouvelles proportions, et que, malgré cela, la

I1 est un fait incontestable : c'est que la | ;jtuation des consommateurs s’est empirée, dette publique est plus élevée aujourd’hui | y lieu de s'améliorer, depuis 1896. Le saqu’elle ne l'était en 1896. Supposons Un |jajre des ouvriers, actuellement, est-il plus instant que le député de Brant, montant À | &levé qu'il ne l'était À cette époque? la tribune populaire, répète dans une asselnblée publique la magnifique harangue qu'il| Quelques VOIX : Oui. vient de prononcer ici aujourd’hui : que ré- M. BERGERON : Pas le moins du monde. pondrait-il à l'électeur qui lui poserait cette | 4j ‘les galaires ont augmenté, comme le question-ci: “M. Heyd, la dette publique | Lrétendent ces messieurs, comment explis’est-elle accrue depuis 18962” “ Sans doute, | Ouer ces grèves qui éclatent à chaque lui répondrait-il, “ notre dette publique s'est | {tant dans les centres industriels, sur accrue de $8,000,000.” “ Assez,” ferait l'éleC-| {us les points du pays ? Il y a un mois teur ; “cela me suffit; ne vous fatiguez PAS |} bejine une grève éclatait dans mon propre davantage; faites trève À vos discours ; | ,çmt6, et des milliers d'ouvriers étaient rétous vos éclaircissements seraient impuis- duits à chômer, parce qu’on refusait d’élesants à vous justifier: avant votre avène- ver leurs salaires qu'on avait rognés. La ment au pouvoir, vous aviez promis de ne même chose se répète d'un bout à l’autre du

pas augmenter la dette publique; VOUS | rs Voilà des faits que je livre à la médin'avez pas tenu parole.” Et le budget des |{{6n de ceux qui prétendent que la prospédépenses annuelles s'est-il grevé davantage? | its règne au pays et que tout va pour le Voilà encore une question que poserait | Hicux dans le meilleur des mondes pos-

l'électeur ; et la réponse serait aussi dans sibles. l'afirmative: les dépense ee Pis que leg | Le richesse natlondle s'estelle accrue dement a ;

électeurs comprennent parfaitement. Et les puis 1896?

cbjets de consommation—je le demande au| Des VOIX : Oui.

istre des Douanes—se sont-ils dégrevés Te Cor

Fe 1896, au bénéfice du consommateur?| M. BERGERON : Ces messieurs le pensent Le pétrole, lui, coûte-il moins cher aujour- ainsi, AL use parce que la dette publique

, alors? re- |a augmenté.

D US nelleur RARE | J'ai un mot à dire au ministre des Finances et les outils dont se servent le menuisier, le | au sujet de la comptabilité publique. Ces charpentier, le forgeron, se palent-ils moins jours-ci, je lisais dans un journal libéral très ar aujourd'hui qu'à cette époque? Au |important, une fort sévère critique de la contraire, le prix des objets de consomma- comptabilité de mon honorable ami, relativetion est plus élevé aujourd’hui que dans ce | ment aux dépenses Imputables sur le capital, temps-là. Au moins, le cultivateur obtient- ainsi qu'au budget des dépenses anuelles : il un prix plus rémunérateur pour ses pro- Comme le fait observer ce journal, il est cuau Non rieux de voir jusqu’à quel point les gouver- : : nements qui Se succèdent, réussissent à se Quelques VOIX: Oui tromper mutuellement. Dans son excellent M. BERGERON: Il est possible que | exposé budgétaire, que si M. Fielding M. : sible que les | nous annonce, pour l'exercice courant, un récoltes aient été meilleures depuis 1896 ; | excédent de $5,500.000 et il prévoit, ue le mais, pour le coup, on ne prétendra pas que | prochain exercice, un excédent de $7.000,000. de ads dar ae Jah du Ne de Lu honorable ami cu fait partie de cette ver . a se pose es 1ambre il uelques années, lorsque celle-ci: les cultivateurs reçoivent-ils pour | l'ex-ministre pie Date. sous le sébiine Meet Non Le souvermement sans | one denade enennee du 0néBle tar À

? ; ñ | cait » en ée des rédents,

doute, est impuissant à augmenter le rende- | aurait entendu le ministre du Commerce (sir ment des terres ; mais il peut fort bien ex- | Richard Cartwright) tonner contre l’adminis-

ercer son influence sur le relèvement des |tration, critiquer ces excédents et s’écrier

que €" judice tre des tion, a budgét blique car, el teurs 4 c'est 8 dépens soit su des dé tionner Je prie n'ont p fois, de leurs consign délibér': de ten budgét:

désinvo Mais, j sont bi voie de sous le était ds d’inscri jourd’'h:

jambée:

d'hui q cédents une gri monde est r'ass Le m qu'a er Caine. .

ti? Nos proment me dem sou de conférer partagés ment re près les d'espoir qu’il en propre « n'en ser il faudr pris par bien ga) fallu pa prohibit:

moyen « prohibit] ment pa min de f une dép que ne d vateur.

du comt $1.600,00 peuple l’ outre le:

pont Vic période

mms te à €: .

que c'était tout simplement un vol, au préjudice des pauvres contribuables, Le ministre des Finances, ajoute le journal en question, au lieu de se vanter de ses excédents budgétaires, devrait avouer que la dette publique s'est grossie de plus de $8,000,000 ; car, en dernière analyse, ce sont les électeurs qui paient cette dette nationale: et c'est sur eux que retombe le fardeau des dépenses budgétaires annuelles, imputées soit sur le compte du capital soit sur celui des dépenses courantes, Je viens de mentionner le nom du ministre du Commerce.

Je prierais ceux d'entre mes collègues qui n'ont point entendu ses philippiques d'autrefois, de consacrer une ou deux journées de leurs vacances à les parcourir : elles sont consignées au compte rendu officiel de nos délibérations, surtout de 1882 à 1890, période de temps remarquable par ses excédents budgétaires élevés. Ils y verront avec quelle désinvolture le ministre peut changer d'avis. Mais, je l’entends s'écrier : “Oh! les temps sont bien changés ; nous sommes en pleine voie de progrès et de prospérité aujourd'hui ; sous le régime conservateur, où le commerce était dans le marasme, il n'y avait pas lieu d'inscrire d’excédents au budget : mais aujourd'hui que nous marchons à grandes en- Jambées dans la voie du progrès, aujourd’hui que la prospérité bat son plein, les excédents constituent au pays un avantage et une grande recommandation. Bref, tout le monde est satisfait’ Parce que le ministre est rassasié, il croit tout le monde heureux.

Le ministre n’a pas soufflé mot des frais qu'a entraînés la conférence anglo-améri- Caine. A quoi cette conférence a-t-elle abouti? Nos ministres ont dépensé $35,000 à se promener de Québec à Washington, et je me demande si jamais le pays en retirera un sou de profit. Quant aux résultats de la conférence, les avis de ces messieurs sont partagés ; d’après les uns, elle est définitivement renvoyée aux calendes grecques ; d’après les autres, il y a encore une faible lueur d'espoir qu'elle se réünisse de nouveau, et qu’il en résulte quelque bien, Pour mon propre compte, je suis bien convaincu qu’il n'en sera jamais plus question, sauf quand il faudra payer les frais de ceux qui y ont pris part, Les députés de la droite se sont bien gardés de parler des $200,000 qu’il a fallu payer pour le plébiscite relatif à la prohibition et où ils avaient cru trouver un moyen de jeter de la poudre aux yeux des prohibitionnistes sincères. Ils ont également passé sous silence la question du chemin de fer du Nid-de-Corbeau qui a entraîné une dépense de près de $2,000.000 de plus que ne devait payer le gouvernement conservateur. Il en a été ainsi du chemin de fer du comté de Drummond où ils ont englouti $1.600,000 d'une manière indue, créant au Peuple l'obligation de payer au Grand Tronc outre les $300,000 de réparations faits au pont Victoria, $140,000 par an pendant une période de quatre-vingt-dix-neuf ans. Ce

point, on l'a déjà discuté et on le discutern encore ; quant à l'honorable ministre, il a toujours fort bien su combien il était impossible de faire passer l'Intercolonial par pire voie que celle-là pour le rendre jusqu'à Montréal,

Les députés de la droite ne parlent pas non plus de l'argent qu'ils ont gaspillé à Côteau : $16,000, une somme minime sans doute, mais tout de même dépensée en pure perte et sans autre objet que de favoriser des parents ou amis de certains ministres,

Le ministre des Finances semble éprouver beaucoup de plaisir à parler des grandes améliorations que le gouvernement a apportées au tarif; mais, que pense-t-il donc du coton? Voilà un article au sujet duquel on n’a pas diminué les droits. Bien loin de là, on les a élevés. Pourquoi? Je ne le saurais dire.

Le ministre du Commerce (sir Richard Cartwright) a bien souvent changé d'opinion ; les députés qui siègent ici depuis quelques années se rappellent surtout ses déclarations si particulièrement catégoriques, relativement aux droits sur le fer. Loc:squ'il arriva au gouvernement précédent de créer un droit de deux dollars par tonne relativement à ce minerai, l'honorable ministre s'y est Opposé avec toute la véhémence et l'ironie dont il a le secret ; mais depuis, il a cru devoir approuver de toute la force de son influence l'imposition d'un droit de $3 par tonne jusqu'en 1907.

Quant à mon honorable ami, le directeur général des Postes, qui brillait d'un si vif éclat dans l'opposition, il y a dix ans, il n’est plus reconnaissable. C’est lui, oui, lut. même qui a réduit le port des lettres à 2e.

Une VOIX: Il a bien fait.

M. BERGERON : Qui, aux yeux de ceux qui écrivent beauc:1:. Les hommes d’affaires bénéficieront de cette réduction, mais non pas les cultivateurs, qui écrivent très peu, sans compter qu'il leur faudra solder ce déficit d'environ $500,000 que va représenter la réduction des frais de port, de sorte que ceux qui n'écrivent pas auront à payer pour ceux qui écrivent. Voilà un des grands bienfaits du directeur général des Postes envers le peuple : il n’aura d’égal que celui qu'il s’est plu à nous faire admirer l’autre jour en présentant une résolution d’après laquelle le gouvernement devra forcer ses entrepreneurs à payer à leurs ouvriers les gages qui se paient d'ordinaire dans la localité où se feront les travaux.

Prié de faire de cette résolution une loi, l'honorable ministre ne l’a pas voulu. Pourquoi? Parce qu'il voulait tout simplement faire croire à la classe ouvrière qu’il avait dans les députés de la droite des amis dévoués à ses intérêts. On se le rappelle, c'est ainsi que lorsqu'il était dans l'opposition, honorable ministre présenta un jour une mesure ayant pour objet de défendre aux membres de la Chambre d'accepter aucun

RE RE ME | RATES au LA dam 12 ES A

emploi de la part du gouvernement, Comme il trouvait odieux dans ce temps-là qu'un député cherchât à concilier son mandat avec l'exercice d'un emploi de ce genre! Mais à peine est-il devenu ministre que tous ses serupules s'évanouissent ; c'est ce qui explique comment il se fait que le gouyernement actuel ait décrété en si peu de Æemps un plus grand nombre de ces nomi ons condamnables que jamais n'en avait: dgfes durant dix-huit ans celui qui l'a prédêdé.

11 ne faut donc pas s'étonner que le peuple canadien retire tous les jours un peu de la confiance qu'il avait mise en ces messieurs.

Il paraît aussi que les dépenses du service

postal au Yukon sont attribuées non pas | au département des Postes, mais à © lui de |

la Milice parce que ce service s'effecthe par l'entremise de la police à cheval, Byisque le directeur des Postes évite par là tant de frais à son département, il est done naturel qu’il puisse se vanter de n'avoir presque pas de déficit, même après avoir réduit les frais de port à deux sous,

Pour mon honorable ami, le ministre de l'Agriculture, je n'ai que des compliments à lui faire. A mes yeux, il s'est montré si bon ministre qu'il a achevé l’œuvre si bien

commencée par ses prédécesseurs. Il n'a |

qu'un tort, il s'attribue :a création des entrepôts frigorifiques, lorsqu'il devrait se rappeler qu'elle est due aux conservateurs. J'aime à croire, cependant, qu'il a ajouté certaines améliorations à ces moyens de protéger nos produits. En cela, il a bien agi, et j'en suis heureux.

11 serait trop déplorable, en vérité, qu'il ne se trouvât pas dans le gouvernement actuel un seul ministre qui eût fait du bien. De fait, c'est au gouvernement conservateur de la province de Québec que revient le mérite d'avoir inauguré ce système de protection de nos produits; c'est ce qui lui a valu les moqueries des libéraux de cette province. Ce n'était qu'un gouvernement au beurre et au fromage, disaient-ils, avec des airs de pitié. Qui eût dit en ce temps-là que cette politique

des conservateurs serait précisément celle |

dont mon honorable ami se réclamerait 1e plus aujourd'hui !

Il est un autre sujet qui a surtout provoqué les clameurs de mon honorable ami le ministre des Douanes (M. Paterson), je veux parler des subventions aux chemins de fer. Cette iniquité, personne plus que lui ne l'a blñmée, Lui, dont la voix porte si loin, il fallait l'entendre tonner contre l'odieux de ces dépenses-là. D'après lui cet argent s'en allait tout simplement grossir les fonds destinés aux élections. Cependant, une fois arrivé au pouvoir, le parti libéral s'est-il abstenu de voter des subventions aux chemins de fer! Non pas. Bien loin de là,

amener mt

droite soient plus divisés que sur la question du tarif, Le ministre des Travaux publics (M. Larie)—je regrette qu'il ne soit pas ici-— Inclinait fortement pour la protection. En 11897 il réanissait autour de sa table une | trentaine de cultivateurs de mon comté et leur assurait, comme les journaux l'ont reproduit, que les fabricants n'avaient pas à redouter de changements au sujet du tarif protecteur. Il n'en a rien été non plus durant quelque temps mais voici que l'honorable ministre des Travaux publics semble avoir perdu de l'empire qu'il exerçait sur ses co lègues, car il devient de plus en plus | évident que nous nous acheminons vers le libre-échange, excepté en ce qui concerne le coton, ce qui expliquerait que :e ministre des Travaux publics tient à la promesse par lui faite aux fabricants de coton de Valleyfield et comportant que le tarif ne subirait pas de modification.

M. MONET : Pourtant il y a une grève | dans cet endroit-là.

M. BERGERON : C'est qu'on y a abaissé les prix. Le tarif de préférence a fait descendre le niveau du tarif normal à tel point que ce dernier ne se trouve pas absolument avantageux aux fabricants, ce qu'il aurait été si on ne l'avait pas remanié.

Un mot maintenant au ministre sans portefeuille (M. Dobell). On a beaucoup parlé de la création d’une ligne rapide entre le Canada et l'Angleterre, ce qui serait aujourd’hui du domaine des faits accomplis si l’ancien gouvernement fût resté au pouvoir. En l'absence du chef de l'opposition, l'honorable ministre a même déclaré l’autre jour à ma grande surprise, que ce dernier, ainsi que l'honorable ex-ministre des Finances (M. Foster) avait, en deux ou trois occasions déclaré que son gouvernement s'était définitivement eutendu en 1896 avec la Compagnie Allan au sujet de l'établissement de cette ligne rapide, et avait fait à cette fin un contrat avec cette compagnie-là.

Ce qui est vrai, c’est que le chef de l’opposition (sir Charles Tupper), se mettant au-lessus de tout amour propre, a été trouver le premier ministre et lui a dit: “Si vous voulez faire sanctionner ce contrat par le Gouverneur général, vu l'importance qui s’y attache au point de vue de l'intérêt public, vous aurez mon appui et celui de tout mon parti à la Chambre.” Le premier ministre, on le sait, n’a pas daigné prêter l’oreille à cette demande qui, d’après ce que nous a dit l’autre jour le député de Québecouest (M. Dobell) ne s'est jamais faite. Ses déclarations mises en ligne de compte avec les cinq ou six voyages qu'il a faits en Europe depuis son entrée en fonctions sont de nature à nous faire croire qu’il a traversé

il en a doublé le montant; il a accordé | l'océan non pas en vue de l'établissement 86,400 au lieu de $3,200 par mille. Si ce der- | d'une ligne rapide, mais à seule fin de dé-

nier octroi signifiait corruption chez les conservateurs, que doit donc signifier celui de $6,400 chez le gouvernement actuel ?

11 n'est rien sur qnoi les députés de la

lcouvrir s’il était vrai qu'on eût signé ce

a dit que le bureau de la ‘trésorerie et certains ministres du gouyérnement impérial

contrat dont je viens de parler. Il nous:

auprè:

rir lui Ces p une r4 tion 1:

ja le

mince

sont à presq' On a prises gratifi beauci ment à fair étaient cours, de l'ot quelle des Ti soin d bords vis à ] des T les pa descen de sol les tra ne l’ét jours de Bea gation jours.

tant qi a fait Can foiàs Chemi!

avait t pas aj cette r Il n':

canal 1 conser\ peuple Inontatr équiva chargés Stewar consery preneu pas pli quer tt droite.

le dépu mais, à:

le gou:

quillem cune cr tendre | Il a pré rant, e!

auprès de qui il avait cherché à s'en enquétir lui avaient répondu n'en rien connaître, Ces paroles sont trop puériles pour mériter une réponse, Comment ! le chef de l'opposition nous à dit, et le premier ministre ne l'a pas nié, que la mise à exécution de ce contrat tout préparé nous aurait assuré dé- Ja le service de quatre steamers de vingt nœuds à l'heure, ce qui n'eñt pas été de mince importance pour le Canada.

Le député de Québec-ouest nous a vanté tous les bienfaits de son gouvernement en ce qui concerne la construction des canaux de navigation, Hélas ! quand les libéraux sont arrivés au pouvoir ces travaux-!'à étaient presqiie tous finis. Qu'a-t-on fait de neuf ? On a enlevé aux conservateurs les entre.

prises dont ils étaient déjà chargés, pour en gratifier les libéraux, ce qui n'était pus beaucoup de nature à hâter le parachèvement des travaux. Bien plus, on a cherché à faire croire âu peuple que ces travaux étaient terminés, et pour cela on eu recours, l'automne dernier, à l'inauguration de l'ouverture du canal de Soulunges, avec quelle mise en scène de la part du ministre des Travaux publics les journaux ont pris Soin de nous le dire. Ceux qui habitent les bords du canal n'ont pu manquer d'être ruvis à l’aspect du fameux yacht du ministre des Travaux publics où l'on avait arboré les pavillons de toutes les nations et qui descendait le canal avec un air particulier de solennité, Mais bien qu'on ait déclaré les travaux terminés, ce qui prouve qu'ils ne l'étaient pas, c’est que, trois ou quatre jours après, une certaine partie du canal de Beauharnois s'est défaite et que la navigation y a été interrompue durant cinq jours. Que le député de Québec-ouest dise tant qu’il voudra que le gouvernement actuel a fait beaucoup pour la construction ües Canaux, il n'y à pas lieu d'ajouter trop de foi à ses paroles depuis que le ministre des Chemins de fer (M. Blair) lui a dit qu'il avait tout à fait tort, et cert:… te n’entends pas ajouter à l’humiliation 1: comportait cette remarque. >

I n'a rien dit de la cause Stewart, Lo canal n'aura pas été fini plus vite que si les

vernement dont il prend la défense en disant que sa politique tend au libre-échange, mais d'une façon fort modérée,

Me voici arrivé à la seconde partie du discours de l'honorable préopinant où à la question du tarif de préférence, On nous parle de ce tarif, on nous parle de fédération impériale, on nous parle de toutes sortes de choses, mais à lire les différents journaux du pays on voit qu'ils ne savent pas précisément de quoi nous nous occupons, Y a-t-il une nouvelle politique en question, et quelle «est-elle ? Aurons-nous le libre-Cchange entre les différentes parties de l'empire comme l'a dit mon honorable ami de Brant-sud (M, Heyd) ou seulement un tarif plus élevé pour les autres pays, et moins élevé pour l'Angleterre ?

Cela nous vaudrait-il en définitive le libreéchange avec cette dernière ou, enfin, que doit-il advenir et comment se fuit-il que nous nous trouvions dans une pareille situation ?

À tout Gvénement, pour peu qu'il se reporte à quelques années passées, le ministre des Douanes (M. Paterson) admettra que le parti libéral n'a jamais eu de politique définie, qu'il a prêché successivement l'union com:

meérciale, 16 libre-échange continental, la réciprocité illimitée, le libre-échange tel qu'il existe en Angleterre et enfin tous les systèmes autres que celui qu'il adopte aujourd'hui,

M. WOOD: Toutefois, cela ne l'empêche pas de faire régner la prospérité,

M. BERGERON : Je veux signaler certain discours prononcé par le premier ministre en 1891, et que mon honorable ami d'Hamilton (M. Wood) semble n'avoir jamais lu.

Jette année-là, le premier ministre, alors chef de l'opposition, fit un discours sur l'adresse en réponse au discours du trône. Lui et son parti venaient de sortir d'une élection générale où ils avaient prêché la réciprocité illimitée, un système qui devait nous mettre à la merci des Américains, un système tellement anti-canadien qu'il détermina la défection de l'honorable M. Blake, un de leurs principaux chefs, Ils étaient revenus battus, mais non découragés., disaient-ils.

couservateurs fussent restés au pouvoir et le peuple aura à payer à M. Stewart un fort montant de dommages en sus d’un montant équivalant qu'il a à payer aux entrepreneurs chargés de finir les travaux que Jui, M.

Stewart, avait commencés. Ce dernier est Conservateur, tandis que les nouveaux entrepreneurs sont des libéraux. Il n’en faut pas plus pour nous mettre à môme d'expli- Quer toute la politique des membres de la droite. Il nous faut le libre-échange, a dit le député de Québec-ouest, d'un ton paternel, mais, a-t-il ajouté, en terminant son discours, le gouvernement entend s'acheminer tranquillement vers ce but afin de n’inspirer aucune crainte aux fabricants, Qui croirait entendre là un conservateur élu ie 23 juin 1896? Il a prêché la protection dix-huit années durant, et le voici maintenant dans un gou-

U'est alors que le chef de l’opposition fit un de ses beaux discours dont il a le secret, car quel que soit le sujet qu’il a à traiter, il parle toujours bien. Or, ce discours se termine par les paroles suivantes que je tiens à faire consigner dans les Débats afin qu'on puisse plus facilement les comparer à cetrtaines déclarations qu’il a faites depuis.

Si nous avons agité et agitons encore cette question de la réciprocité absolue, c'est que nous croyons ce système favorable aux meilleurs intérêts du Canada, et non par indifférence à l'égard de l'Angleterre, mais par attachement particulier au Canada. Pour moi, je l'ai déclaré à maintes et maintes reprises, je tiens autant que tout anglais de naissance, aux institutions anglaises, mais, je n'ai pas hésité à le dire et je le répète encore, quelie que soit la valeur de ce sentiment, que j'aie tort ou raison, tant qu'il me restera un souffle de vie, j'aurai toujours les

yeux fixés sur cette seule devise : Le Canada d'abord, le Canada enfin et toujours.

Quelques VOIX : Ecoutez! écoutez!

M, BERGERON : Voilà de bien beaux sentiments, mais comment se fait-il qu'il ait pu être sl passionné pour le salut éternel des intérêts du Canada et en même temps si peu soucieux de ceux de l'Angleterre auxquels uu traité de réciprocité Hllmitée avec les Etats-Unis devait porter une aussi grave atteinte ? Jn vérité, la politique qu'il prônuit en 1891, ne valait pas grand'chose, Cependant, les libéraux s'y sont cramponnés quatre années durant, c'est-à-dire, jusqu'à ce qu'ils eussent aperçu à l'horizon, sous les espèces ou apparences de la question dex écoles une planche de salut qu'ils n'avaient pas rêvée, Mais avant les élections, alors prochaines, survint un événement que je désire signaler à l'attention de la Chambre.

En 1896, le chef actuel de l'opposition qui était Haut-commissaire en Angleterre, revint au Canada et fut invité pas ia chambre di commerce de Montréal, à faire un discours sur le tarif de préférence entre l'Angleterre et ses colonies, cette question attirait déjà l'attention de plus d'un homme d'Etat en Angleterre comme c'est encore le cas actuel) lement, bien que dans une proportion moindre depuis que notre premier ministre a virtuellement fait avorter ce projet, Sir Charles Tupper se rendit aux désirs de la chambre de commerce, Comme il était devenu se crétaire d'Etat dâns l'intervalle, il s'agissait de savoir s'il parlerait en cette qualité ou bien comme Haut-commissaire du Canada, A tout événement, selon sat promesse, il alla exposer devant la chambre de commerce toute la question du tarif de préférence entre l'An gleterre et ses coloniés à l'exclusion du reste du monde et se déclara favorable à cette politique, Son discours créa dans le public une émotion telle, que les amis du chef de l'opposition, le premier ministre actuel, Jui demandèrent d'alier dans Ontario exprimer lui aussi son opinion par rapport à ce même sujet. C'est pourquoi il fit à London un discours où se trouvent les paroles suivantes :

“L'autre jour, devant les membres de la chambre de commerce de Montréal, sir Charles Tupper, s'est déclaré favorable à l'établissement d'un tarif de préférence entre la mère patrie et ses colonies, Cette opinion, c’est aussi la mienne.” Puis il s’appliqua à dire pourquoi. Ses auditeurs, de même que les lecteurs des journaux en arrivèrent à la conclusion qu'il serait fait quelque chose

pour l'avènement de ce tarif considéré | comme très important pour tout l'empire,

que ce fût M. Laurier ou sir Charles Tupper qui eût en mains l'exercice du pouvoir.

Quelques jours avant l'élection, en répétant à Québec son discours de London, le très honorable ministre a été encore plus loin, il a dit à son auditoire qu'il serait beaucoup plus en état que sir Charles Tupper de faire réussir le projet auprès de M. Chamberlain, pour la raison que l’honorable baronnet

tenait pour la protection, tandis que lui s’attachait de préférence au tarif de revenu seulement, Or, cette après-midi, en entendant certains amis du premier ministre lire certains discours de M, Chamberlain et des extraits d'autres discours prononcés au parlement impérial ou ailleurs par des hommes d'Etat éminents d'Angleterre, je me suis demandé si le premier ministre était bien sûr d'avoir exprimé à London et à Québec l'opiuion de M, Chambherlain, Dans l'uafhrmative, la grosse moitié du discours prononcé cette après-midi par le député de Brantsud ne signifierait vien: dans ln négative, Îl se trouve lui-même avoir trompé sciemment les gens de London et de Québec en parlant corne Ï l'a fait,

Enfin le très honorable ministre est monté au pouvoir, mails y a-t-il fait monter sa politique avec lui ? Nous savons tous que non; il n'a atteint les hauteurs dn pouvoir en 1896 que grâce à la sympathie du bon peuple de la province de Québec, et pas du tout à cause du mérite de son attitude sur la question du tarif,

M, WOOD : Oui-dà !

M, BERGERON : Mon honorable ami, qui n'était pas à: Québec, a été fort surpris du vote qui s'y est donné,

Inutile de répéter le premier discours prononcé sur le budget par l'honorable ministre des Finances (M. Fielding) ; il en ressort que le tarif est resté le même,

Puis le très honorable ministre est allé participer à la célébration du jubilé en Angleterre, c'est ce qui coïncide avec le commencement de l'histoire qu'on n'a cessé de nous chanter depuis deux ans, Son voyage explique bien des choses, Lui qui n'avait jamais vu l'Europe, à l'aspect des grands quais de Tiverpool, il a simplement perdu Ja tôte, et dès lors il est devenu impuissant à dominer la situation. Dès avant d’avoir rencontré M, Chamberlain ou qui que ce fût parmi les hommes d'Etat considérés ici comme favorables à la réunion d’une conférence ayant pour objet la discussion du tarif de faveur, il! s'est déclaré hostile à cette idée de conférence et s'est empressé de dire combien le Canada serait heureux de faire bénéficier les marchandises anglaises des avantages de ce tarif sans espoir cle retour, Il a été si loin dans cette voie que M. Chamberlain a cru pouvoir dire: “Le discours et l'attitude du premier ministre du Canada m'enlèvent absolument toute raison de toucher à cette question.”

On ne paraît pas bien s'entendre au sujet de ce qu'a dit le duc de Devonshire dans cette circonstance, mals ce qui est certain c'est que dans une certaine lettre il a for- | mellement dit ce qui suit : “Je ne prétends |pas que l'Angleterre doive renoncer immé- | diatement au libre-échange, mais j'ose dire | que ce système n'a pas réalisé les espéran-

| ces de ceux qui ont aboli les lois sur le blé en 1845.” Ce qui est encore certain, c’est

que le le pre aux ?:

124 À tat qi chez |] dresse donné veur !

ni au Lorsq le dép l'établ Angle:

Pinan chiffre titude comm dit, ct vigueu des F tagne,

Le ] après.) moyen

M. E vable 1:

pais ?

Le \ rable d'Ang] j'ai ré]

M. E démon

Le A est im]

M. B voir, m'étais sais. A comme en 189 avons i en 189!

tablisse 141,737 core, p 828,746 une m portati(

Le M semblai ne,

ami, le beau d moi.

En 15 $29,412,

Le M] son) : S

M. B] honoraï veau ta

qui du

pl'ostre que

allé An- ONde age vait nds au ja it à l'en= fût nféarif ette dire aire des our, ams et ada tou-

suans tain fornds médire 'aNn-

blé est

que le très honorable ministre a si bien mis le projet à néant, que la faveur accordée aux marchandises anglaises s'est élevée de 124 À 25 p.c. mais sans aucun autre résultat que de provoquer chez le marchand ou chez le fabricant anglais un sourire à l'a dresse de tout Canadien qu'il peut lui être donné de rencontrer, Non, ce tarif de fuveur n’a encore fait aucun bien au Canada.

ni au fabricant ni au commerçant anglais, Lorsq'e, cette après-midi, fai interrompu le député de Brant en lui disant que depuis l'établissement de ce tarif l'importation en Angleterre avait diminué, le ministre des Finances à nié, Eh bien ! je vais lui citer des chiffres dont, je l'espère, {1 admettra l'exuc Utude car je les ai tirés du rapport du commerce pour l'année 1899, Ce que jui dit, c'est que, en moyenne, depuis la miscen vigueur de ce tarif nous avons importé plus des Htats-Unis et moins de la Grande-Brotagne, qu'auparavant, et je vais le prouver.

Le MINISTRE DES FINANCES: Cette après-midi, il n'a pus été question de moyenne,

M. BERGERON : Qu'a voulu dire l'honotable ministre en déclarant que je ie trompais ?

Le MINISTRE DES FINANCES : L'hono able député ayant dit que l'importation d'Angleterre 6tait moindre qu'auparavant, J'ai répondu qu'il faisait erreur, c'est tout,

M. BERGERON : Œh bien! je vais vous démontrer que j'avais raison.

Le MINISTRE DES FINANCES : Il vous est impossible ay réussir,

M. BERGERON: C'est ce que nous ailons Voir, Je n'aurais pis parlé de la sorte si je m'étais su incapable de prouver ce que je disais. À Ja page 5, 1ère partie des rapports du commerce et de la navigation je trouve que, en 1897, sous le régime conservateur, nous avons importé d'Angleterre pour $38,717,267 ; en 1895, sous le même régime, et avant l'établissement du tarif de faveur, pour $31.- 141,787 ; en 1896, sous le même régime encore, pour $32,979,742, soit un total de $102.- 828,746, ce qui, divisé par trois, représente une moyenne annuelle de $34,276,249 d'importations sous le règne des conservateurs.

Le MINISTRE DES FINANCES : Il me semblait que vous ne parliez pas de moyenne,

M. BERGERON : Lorsque mon honorable ami, le ministre des Finances, a fait son beau discours, je ne l'ai pas interrompu, moi.

En 1897, il s’est importé d'Angleterre pour $29,412,188 de marchandises.

Le MINISTRE DES DOUANES (M. Pater. |

son) : Sous l'empire de l’ancien tarif.

M. BERGERON : Comme le voudra mon honorable ami. Mais sous l'empire dn nouveau tarif, il s’en est imporié en 1898, pour

mm mm.

$42,500,009 ; en 1800, pour #27,000.12%, soit un total de ON,072,411, ce qui, divisé par trois, représente une moyenne annuelle d'importations qui se chiffre à $#42,990,770 et équivaut À une diminution de 8,90 p.e, Ces chiffres-là, j'espère bien que le ministre des Finances ne viendra pas les contredire, c'est dans ses propres livres que je les ai pris,

Le MINISTRE DES FINANCES: Vous Vous t'ompez du tout au tout,

M. BERGERON : Pour achever l'exposé de toute In cause je veux maintenant faire voir quelle situation mous nous sommes créée par rapport aux Etats-Unis À qui nous n'avons pas accordé de préférence, On dit que nous avons élevé une barrière entre nos volsins et notre pays, et mon honorable ami, le ministre des Douanes, de sourire chaque fois qu'il a l'occasion de parler à un Anglais de In préférence qu'il lui a accordée,

En 1894, nous avons importé des Etats- Unis pour $#53,03%4,100 de marchandises :

en 1895, pour KS54,434,521 : on 1805. pour 58,574,024 ; soit un total de $166,242,615, ce qui représente une moyenne annuelle de S99,414,219%, Voilà à quoi se sont chiffrées nos importations des Etats-Unis sous le régime conservateur, Voyons maintenant ce qui en est depuis que les libéraux sont au pouvoir et se vantent de vouloir faire tant de bien à l'Angleterre, En 1897, nous avons importé des Etats-Unis, pour $61.649,041 de marchandises ; en 1898, pour $78,703.590, et en 1899, pour $98,007,166, soit un total de $299,861,797 ou une moyenne de $77.TS7.206 ou 40 pe, de plus sous le règne des libéraux, que sous celui des conservateurs, Cela dé- Inontre que nous sommes À uhe époque de développement, mais le Canada n'en retire aucun bien et l'Angleterre fort peu,

M. FOSTER : Nous n'achetons que là où nous vendons.

M. BERGERON : Je voudrais bien savoir à quoi vont enfin aboutir les membres de la droite avec leur tarif de préférence ?

Ce tarif, n'a-t-il que le sentiment pour base ? Il serait malheurenx qu'il en fût ainsi car il ne doit reposer que sur la question d'affaires, Comme l'ont dit mon honorable ami (M. Heyd) il y a un instant, et beaucoup d'autres avant lui, les affaires sont les affaires. L'anglo-Saxon, homme d'iffaires avant tout, se moque de quiconque lui donne tout sans rien demander en échange. Il nous faut commencer de cette manière, et ne pas nous attendre à ce que l'Angleterre impose un droit sur les marchandises étrangères et paye nos produits plus cher: le temps nous obtiendra ce à quoi nous aspirons, a dit le ministre des Finances. Toutefois, le député de Brant-sud est venu décla- | rer hautement, par la suite, que nous devons renoncer à l'espérance d'un tarif qui nous | favorise spécialement, et pour illustrer sa [pue il a cité des discours de Lord Rose.

| bery.

ma

Dr

Une VOIX : M. Rosebery.

M, BERGERON : Oui, M. Rosebery, et il a cité aussi des discours de M. Chamberlain, Il y à à Ottawa un fort bon journal, le Free Press qui, lui non plus, je vous l’assure, ne parle pas d'une manière bien encourageante à ce sujet, Voici ce qu'il dit des critiques faites par les députés de la gauche et par les journaux conservateurs du pays :

Que le premier ministre demande ou non la mise en vigueur d'un pareil tarif, cela importe | peu.

Que le premier ministre demande ou non la réciprocité, cela importe peu.

Qu'il l’ait demandé ou non, il s'est rendu cou- | pable d’une grave indiscrétion car, lors de sa visite en Angletsrre à l’occasion du jubilé de la | reine, il n'ignorait pas que le sens commercial du peupie anglais n'admettrait jamais l'application d’une pareille politique.

Puis l’article dont je viens de citer un ex- | trait continue à parler de lord Rosebery. Je voudrais bien savoir si, lors de sa visite en Augleterre, le très honorable min'stre (sir Wilfrid Laurier) entendait faire tout simple- | ment un présent aux marchands et aux fabricants de ce pays en ne demandant rien en échange pour le Canada ? Dans l'affirmiative, il a trahi les intérêts du peuple canadien, il a oublié ses discour< de London et de Québec, il a trompé les habitants de ces deux villes, et, en général, tous les électeurs qui ont lu ce qu'il avait dit. Je vais plus loin, je veux savoir où va nous mener cette politique. On dit qu'elle doit aboutir au!

libre-échange. Si c'est là le but que se proposent le très honorable ministre et ses collègues—et il n'y a pas de division dans le ministère—pourquoi n'ont-ils pas le courage de nous gratifier tout de suite du libreéchange ? Pourquoi tous ces faux-fuyants et qu'en espèrent-ils donc ? A mon avis lors-| que se sera ralenti le développement auque!

nous assistons, les fabricants du Canada ne seront pas en état de supporter la concui:rence de ceux d'Angleterre, au moins par | ranport à certains genres d'industries, S'ils | se voient obligés de fermer leurs portes ou de réduire les gages il s'ensuivra une importation considérable de marchandises tant anglaises qu’amécicaines dont le marché du Canada se trouvera encombré comme il est arrivé en 1878 lorsque le parti libéral a été | chassé du pouvoir ; et ainsi nous assisterons | à la ruine de nos industries. Les membres de la droite voudraient faire croire au peuple qu'ils sont Anglais jusqu'aux moelles, ils veulent simplement favoriser de leur pol'tique tout ce qui est américain, dans l'espérance que le peuple ne s’en apercevra pas, La jolie mpetie ‘histoire de mon honorable ami de Brant-sud, au sujet de l’habit fali aux Etats-Uuis ou en Angleterre n'a pas suffi à établir ce qu'il voulait, comme le fera voir mon honorable ami d'Halton (M. Henderson) qui a une ré- | ponse toute prête. Voici un homme expéri-

menté dans le commerce, il expliquera beaucoup plus ciairement que je ne le saurais faire, combien toute cette histoire, en définitive, tourne au seul profit du fabricant américain,

En s'adressant au parti conservateur, cette après-midi, certains députés de la droite se sont écriés : ‘Oserez-vous bien prétendre que si vous arrivez au pouvoir, vous mettrez à néant ce tarif différentiel de 334 pour 100 que nous aurons accordé à l'Angleterre ? ‘* Le député de Brant (M. Heyd) est venu nous

| dire que ce tarif était déjà du domaine des {faits accomplis et l'éjaculation de cette pa- |role en français a failli lui briser la mû- |choire, Or, à cette question, il est une ré-

ponse bien claire, et c'est celle-ci: Si l'on

{veut favoriser spécialement les marchan-

dises anglaises, qu’on élève le tarif ordinaire à l'égard des autres pays, et que, en ce qui concerne le Canada et l'Angleterre, l'un par

{rapport à l'autre, qu'on le laisse assez élevé

pour la protection du fabricant canadien :

de cette facon on favorisera spécialement les marchandises anglaises sans nuire à nos fabriques.

Le MINISTRE DE LA MARINE ET DES PECHERIES : Est-là votre politique ?

M. BERGERON : Ce n’est qu'une réponse à la question faite aux députés de la gauche cette après-midi,

Le MINISTRE DE LA MARINE ET DES PÉCHEKNTES : Est-ce que ce doit être là votre politique ?

M. BERGERON : Je ne parle pas au nom

| de l'opposition, mais quant à moi, j'ai pour

principe de faire tout le possible pour la protection des fabriques, des classes ou-

| vrières et agricoles de ce pays et m'est avis

que le parti conservateur ne pense pas beaucour autrement.

M. COCHRANE : Lorsque nous vous aurons chassés du pouvoir ce sera le moment

pour nous de vous dire quelle est notre politique.

M. BERGERON : Qu'on veuille bien me permettre de faire en quelques mots l'historique de ce tarif de faveur. Lors de sa visite en Angleterre, le premier ministre l'a offert au peuple anglais sans rien demander

| en échange, et sans doute, on l'a trouvé bien

généreux, on a dû l'admirer même, Mais il a fait plus : son étonnement, excité par l’aspect des quais de Liverpool, s’est accru daus une énorme proportion lorsqu'il s’est trouvé sous le dôme de la cathédrale de Saint-Paul, et sous l'empire de cette impression extraordinaire, dans un mouvement d’éloquence à Londres, il s’est mis à offrir n'importe quoi. Voici ce qu’il a dit, à un dîner auquel l'avait convié lord Lansdowne :

Comme vient de le dire lord Lansdowne, il peut se faire qu’un jour l'empire soit en danger. De tout temps, l’Angleterrre a prouvé qu'elle pouvait se défendre elle-même, mais si jamais elle se sentait menacée du moindre danger,

qu'ell qu'ell s'emp possit

Le mon

glai avoir

Le pas 1!

rable je st faire soit, lait ] gnie qu'il

Le PEC!

établ nisti4 en sa oil l't Ang!

Au diens, Il m':

à vot rons | crois que & l'emp troup mère alors proce:

Mo ce la

offrir en 6c sa dé ce q disco certa vue octo En

la m moin offer fié de si di TAPp.

trouy Durh diens Voici

beauurais éfiniamé-

cette te se ndre ttrez r 100 re ?" nous e des e pa-

mû- Le r'é-

l'on chanmaire e qui n par élevé dien ; ment À nos

Page 1