EXTRAITS DES PREFACES DES ÉDITIONS PRECEDENTES
Septembre 1889.
Le cours de finances, à l’École libre des sciences politiques, comprend deux années d’enseignement, dont le programme répartit les matières entre les trois divisions suivantes : d’abord le budget; ensuite, les impôts; enfin, les ressources extraordinaires.
Sur les trois divisions de ce programme : budgets, impôts et ressources extraordinaires, la première seule, le budget, fera l’objet de ce livre.
Les souvenirs de ma carrière administrative m’ont beaucoup aidé dans un tel travail. Ayant pu voir de près, au sein de l’Inspection générale des finances, au Cabinet du ministre des finances, au Secrétariat général, à l’Administration des contributions indirectes, fonctionner, sous leurs divers aspects, les rouages du mécanisme budgétaire, j’ai pensé faire œuvre utile en appuyant, le plus souvent possible, par des exemples tirés de la pratique, les déductions de la science financière .
En cette matière, d’ailleurs, la voie se trouvait depuis longtemps magistralement tracée. Dès 1871-1872, M. Paul Leroy-Beaulieu entreprit son cours à l’École des sciences politiques, Puis, il composa les deux volumes de son Traité de la science des finances , qui sont dans toutes les mains. Encore aujourd’hui, les élèves ne connaissent pas d’autre auteur financier que leur premier illustre maître. Aussi, celui qui vient, à son tour, professer devant eux, doit-il s’efforcer de renouveler, autant que possible, son enseignement, s’il ne veut pas entendre, tout en parlant, tourner les pages du livre que chacun consulte.
M. Paul Leroy-Beaulieu a occupé la chaire financière à l'École des sciences politiques de 1871-1872 à 1880. Après lui, la liste chronologique des professeurs contient les noms suivants :
M. Alfred de Foville, 1879-1880 à 1883 ;
M. René de Laboulaye, 1883, 1884;
M. Léon Say, 1884 (1).
De tels devanciers m’imposaient une tâche difficile. J’en dois d’autant plus remercier, du fond du cœur, mes élèves attentifs et fidè’es auxquels la sympathie que je leur ai vouée a su, peut-être, se communiquer ; puis leur directeur, notre éminent Directeur, M. Boutmy. Il m’a guidé dès mes débuts et m’a fait accepter avec reconnaissance, chose rare, des conseils dont j’avais grand besoin. L’amour du bien, le désir de voir se continuer le succès de l’œuvre généreuse à laquelle il a donné sa vie l’inspiraient
(1) Le cours professé par M. Léon Say ne pouvait être qu’un événement passager : il se renouvela pendant deux semestres seulement. Les bancs de l’Ecole devinrent alors trop étroits et les élèves coudoyèrent les notabilités accourues de toute part pour applaudir un tel professeur. Ces leçons ont été résumées dans l’article de la Revue des Deux-Mondes du it janvier 1885 que nous aurons souvent l’occasion de citer, et dans les volumes des Solutions démocratiques de la question des impôts.