‹ Le Buffle en BulgarieChapitre 18 sur 28 · DR O · texte numérisé non relu

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GESTATION ET MISE-BAs. — Lie buffle est moins précoce que le bœuf au point de vue reproduction. Pour avoir des bufflons forts, les bufflesses ne doivent être couvertes qu’à 4 ans. I arrive que la bufflesse quitte son troupeau et court.au village voisin se faire couvrir par un taureau d’un autre troupeau. Si la bufflesse n’est pas fécondée, les chaleurs réapparaissent un mois après. Les bufflesses sont très fécondes. Les chaleurs durent 2, 3 et 6 jours et se prolongent jusqu’à 20 ans. La durée de la gestation est de 11 mois. Des jumeaux sont rares. Nous avons vu des jumeaux femelle et mâle. Vaida a écrit que 30 bufflesses fécondées par un buffle blanc ont donné 29 bufflons noirs et 1 bufflon blanc. Ceci prouverait que « la couleur noire » chez le buffle, comme chez la plupart des autres ‘espèces, est un caractère dominant par rapport au caractère « albinos » qui est récessif.

L'accouchement est toujours facile, et on n’a jamais à pratiquer l'extraction artificielle des enveloppes fœtales. Les avortements ont lieu par surmenage, traumatisme, ou sont d’origine infectieuse. Au moment de laccouchement, la bufflesse devient agressive. Les propriétaires ont coutume de faire avec le placenta trois fois le tour du veau pour le protéger des maladies. Les bufflons sont nourris par les mères. La durée de l'allaitement varie suivant que l'on utilise le lait pour la nourriture du bufflon, ou pour la consommation familiale, ou pour la vente à la laiterie. Si on laisse le bufflon téter, c’est la mère qui le repousse elle-même, généralement vers le cinquième mois. Mais si le lait est destiné à la laiterie, on ne

laisse téter le bufflon que trois mois. Dans les prémiers jours, on lui permet de boire le lait en totalité, puis on le sèvre progressivement en prélevant du lait par la traite manuelle.

HYBRIDATION. — LA reproduction entre bufflesses et taureaux ou'entre vaches et buffles n’est pas possible, quoique ces animaux se cherchent pour s’accoupler.

On croit communément que les bœufs noirs qui ressemblent ainsi par le pelage aux buffles, sont nés d’une bufflesse. Mais ce n’est qu’une légende.

NOURRITURE. — Le buffle est un animal peu difficile à nourrir, moins capricieux que le bœuf. Comme il assimile bien, il se contente de nourriture grossière. En été, il va aux pâturages. Ceux-ci, humides, sont souvént infestés de douves, mais le buffle résiste bien à la distomatose.

Si, en été, lé mauvais temps interdit la pâture, on uourrit les buffles avec du trèfle, de la luzerne fraîichement fauchés, pois fourragers, vesces fourragères. Dans ce dernier cas, on ne doit pas en donner plus de 2 kgs, à cause des empoisonnements.. L'hiver, il est nourri essentiellement de foin, tiges de maïs, pulpes de betterave, paille.

Mais si on lui donne une nourriture plus choisie, sa viande est de meilleure qualité et son lait plus abondant. |

D’après Offner, une bonne ration pour l'hiver se compose ainsi par tête et par jour :

8 kgs de foin ; 2 kgs de tiges de maïs ou de paille ;

24 kgs de betteraves ; 30 gr. de sel.

Les taureaux reçoivent en plus 1 kg d'avoine. Pour les jeunes, entre 1 et 2 ans :

6 kgs de foin ; 2 kgs de paille ; 2 kgs de tiges de maïs ; 6 kgs de betteraves ; 20 gr. de sel.

Entre 4 mois et 1 an :

0 kg 300 d'avoine ; 3 kgs de foin ; 6 kg de betteraves ; 15 gr. de sel.

Malgré cela, le buffle peut, dans les années de disette, se contenter de peu et donner encore un fort

rendement par rapport au peu de nourriture qu’il reçoit.

MALADIES. — Le buffle est très résistant aux maladies. Il est avant tout très résistant à la tuberculose. Chez lui, les formes de la fièvre aphteuse sont bénignes. La maladie spécifique du buffle est le barbon, qu’on appelle en bulgare « garliza ». Elle est causée par le bacille bubalo-septique. C’est une maladie septicémique ; l'infection se fait par la peau (blessures) ou par l'intestin. Elle se caractérise par une fièvre élevée, et par le gonflement de la région pharyngienne accompagnés de gêne respiratoire et de salivation. La mort arrive habituellement en 10 ou 24 heures.

Cette maladie touche également le porc.

Rappelons que c’est sur cette maladie que fut découvert et utilisé avec succès le bactériophage d'Hérelle.

La peste bovine fait également des victimes, mais moins en Bulgarie qu’en Russie ou en Afrique.

Le buffle est souvent atteint de congestion ou inflammation intestinale due à la chaleur excessive quand le travail se fait par les jours chauds.

Les indigènes traitent cette affection par l’'introduction de sel dans le rectum.

Les sangsues de mare, très nombreuses, sont peu dangereuses. Elles sont inoffensives par leurs morsures, même répétées. Les hémorragies qu’elles causent sont insuffisantes pour anémier les animaux, sauf exception.

Les buffles maigres et qui toussent, probablement tuberculeux, sont dits « ognitza ». Ils recherchent par-

ticulièrement l’eau.

INTERVENTION DE L'ETAT DANS L’ÉLEVAGE. — Les mesures prises par l'Etat pour l’élevage du buffle sont les suivantes : en 1913, par un décret ministériel N° 471, on a créé une commission qui doit s’occuper de la possibilité d’améliorer l’élevage des buffles bulgares. Cette commission a ensuite décidé d'acquérir de jeunes taureaux qui doivent être élevés dans les haras, près de Choumen, pour les donner ensuite aux communes, mais les résultats espérés n’ont pas été obtenus.

Enfin, en 1922, on a créé une loi qui a été appliquée

le 24 juillet 1925 :

1° L'Etat vend les meilleurs animaux d'élevage et donne des facilités de païement aux communes, aux sociétés d'élevage et aux agriculteurs particuliers ;

2° Chaque commune acquiert des taureaux pour la monte, que l’on prête aux sociétés d'élevage et aux éleveurs ;

3° Création de prix, primes d’encouragement décernés par le Ministère de l'Agriculture ;

4° Dans chaque élevage on établit un registre d’accouplement et d'élevage et les taureaux sont soumis, à des époques déterminées, à la visite du vétérinaire ;

5° Limitation de l’exportation des animaux privés.

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