‹ Le buission ardentChapitre 11 sur 31 · LES CYPRES DE SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

LES CYPRES DE SAINT-JEAN

à Louis Galibert

"Entre ces noirs cyprès qui montrent un feuillage

Toujours durable et beau, "Et que ni l'âpre hiver ne dévaste, ni l'âge,

Dressez-moi le tombeau.

Sous un marbre privé ma cendre héréditaire. J'aime à penser qu'un jour

En argile elle ira se confondre, et défaire Son terrestre contour.

Mais ici je voudrais, à ce qui, de mon âme.

Subsiste d'immortel, Assisté par cet arbre aigu comme la flamme.

Qu'on élève un autel.

7/ marquerait la place intime et lumineuse,

Tait de simple gazon.

Où j'ai vu se lever sur la prairie heureuse,

"En ma jeune saison,

Par V amour et la grâce entre elles accordées Dans un nombre vivant.

Le cortège divin des sereines idées Et leur ordre émouvant.

Et, sans que rien d'amer vous presse et vous élance,

0 vous que j'ai nommés Les convives élus de mon adolescence

Et que j'ai tant aimés,

JVe semez point, selon la coutume ordinaire Jlux communes douleurs.

Le tertre où s'étendra ma dalle funéraire, De palmes ni de pleurs.

Mais venez, et, foulant cette herbe élyséenne,

Qu'à la face du ciel.

Ma mémoire entre vous, comme une coupe pleine

D'un vin spirituel,

Passe, et verse à ta ronde un tucicte génie

Sous vos fronts abrité, "El y dans mon souvenir composé d'harmonie

"Et de pure clarté,

Goûtez un feu paisible et subtil qui circule,

A vos lèvres errant, Comme il flotte, exhalé des fleurs au crépuscule.

Un esprit odorant.

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