‹ Le buission ardentChapitre 4 sur 31 · L'OFFRANDE · texte numérisé non relu

L'OFFRANDE

Toi qui n'as pas encor passé l'adolescence,

Et qui fais cependant S'élancer dans les airs ta haute arborescence

Par mille bras pendant ;

Toi, suprême douceur dont la saison première

Se couronne et sourit.

Qui vas répandre au loin l'azur et la lumière

Oit le ciel te nourrit;

Toi qui, réjouissant la campagne et l'orée

De tes jeunes odeurs.

Creuses, cher aubépin, une chute dorée

A tes ruisseaux de fleurs,

Et qui, sous un feston de riches bandelettes

Sans cesse renaissant.

Élèves, pour y croître, aux noires violettes

ïln antre verdissant ;

Si quelque dieu captif a choisi ton écorce.

Gardien du bois sacré.

Afin de revêtir la splendeur et la force

D'un feuillage exécré,

Bel arbuste amical, accueille ici l'offrande

De mon humble feslin, "Et, ne fût-ce qu'un soir, souffre qu'elle te rende

Propice à mon destin.

Jlccepte ces gâteaux de miel et de farine.

Qui, rompus par le feu, Imitent le détour d'une conque marine

Ouverte en son milieu.

Je t'apporte de plus ces images d'argile

Où, l'espace d'un jour.

L'artiste a rassemblé la déesse fragile

Qui préside à l'amour.

"Et je veux, suspendus par des tresses de rose

Au nœud de tes rameaux.

Avec tous les présents que ma main te propose,

Tixer mes chalumeaux.

Mais accepte surtout ce tableau qui retrace.

Dans sa prime verdeur.

Peintes d'un trait léger, la jeunesse et la grâce

De ce faune rôdeur

Que je vis une fois, entre l'écart des branches.

Sur ses jambes dressé.

Poindre jusqu'à mi-corps, de tes épines blanches

Le tenant embrassé.

Il avait cette fleur vermeille et ce visage

Qui ne durent qu'un temps, 'Et j'ai senti souffter de sa bouche au passage L'haleine du Printemps.

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