francs
Après une courte discussion portant surtout sur la dépense, une Commission est nommée pour rechercher « les moyens de faire la dépense sans trop grever d'une seule fois le budget de la Ville, en s’entendant par exemple avec les hospices; ils avanceront la somme nécessaire qui leur sera remboursée par annuités ».
Une étuve locomobile à désinfection, acquise par le département, est installée à l'asile de Bellevaux.
EE A Le 7 février 1893, un vœu de la Société de Médecine de Besançon est transmis au Conseil municipal; elle demande à l'autorité préfectorale de donner une publicité suflisante au nouveau service de désinfection par l'étuve, en même temps qu'à celui de désinfection à domicile organisé par le Bureau d'hygiène — de réglementer le fonctionnement de ce service, pour que les désinfections aient lieu à jour fixe, sans qu'il soit nécessaire de mettre l’étuve sous pression pour chaque opération, ce qui allonge celle-ci et en élève le prix de revient — d'accorder une diminution du prix de 7 fr. 5o par mètre cube d'objets ou d'effets à désinfecter, tandis que dans les autres villes pourvues d'étuves semblables, ce prix revient à 4 ou 5 francs. La Société de Médecine exprime enfin le vœu que la ville fasse l'acquisition d’une étuve fixe, à vapeur sous pression, l'installation de l’étuve locomobile « ne constituant pas pour la ville une solution complète el définitive de la question ». Ces conclusions sont adoptées et l’organisation d’une étuve est subordonnée à la contribution de l'hôpital à la dépense encourue.
Nous voyons par ce rapide exposé historique, que les efforts des pouvoirs compétents, de là Société de Médecine en particulier, tendent à substituer à l’état de choses antérieur une organisation durable et sur tout parfaitement réglementée. Les procédés employés pour la désinfection sont encore bien imparfaits, et 1l faut surtout rendre plus facilement transportables les appareils à ce destinés. La question de la dépense soulève aussi de justes observations, qui amèneront par la suite une tarification appropriée.
IV. Alimentation de la ville en eau potable. — Lutte contre les maladies infectieuses et typhiques.
L'étude de l'alimentation en eau potable de la ville de Besançon est la partie la plus importante de l’œuvre de l’ancien Bureau d'hygiène. Elle fut l’objet de nombreuses discussions à la Société de Médecine de Besançon, au Conseil supérieur d'hygiène publique et de la part des pouvoirs publics. Elle inspira les dispositions spéciales dont fut tirée ultérieurement la répartition du département en circonscriptions sanitaires, suivant la loi de 1902 !. Aussi, lui consacrerons-nous un développement assez considérable.
Besançon a, de tout temps, été considérée comme une ville à fièvre typhoïde, et l’on peut dire qu'à l’époque où fleurissait la doctrine des « constitutions médicales », cette ville était caractérisée par la « constitution typhoïde ».
Dans une première période qui s'étend de 1832 à 1854, la fièvre typhoïde existe à l’état endémique ; la ville s’alimente presque exclusivement en eau de puits. Il n'existe qu'une source qui amène à lrois ou quatre bornes-fontaines à peine trois à quatre litres
d'eau. Pas d'égoûts; les matières usées sont Jetées au
!{ Dans sa séance du 20 août 1902, le Conseil général du Doubs divisait le département en quatre circonscriptions sanitaires : Besançon, Baume-les-Dames, Montbéliard et Pontarlier.
Le 14 octobre 1903, par arrêté préfectoral, le département allait comprendre huil circonscriptions ayant leur siège à Besançon : Ornans, Baume-les-Dames, Vercel, Montbéliard, Saint-Hippolyte, Pontarlier et Morteau. |
ruisseau, à la rue, dans des puisards proches des puits d'alimentation en eau potable, peu où pas protégés.
En 1854, le captage, l’amenée et la distribution des eaux d’Arcier transforme cet état de choses: une source très abondante, habituellement pure, réparut une quantité très considérable d’eau, et l’on voit la mortahité, de 36 pour 1.000 par an, tomber à 26 pour 1.000. Et pourtant la fièvre typhoïde continue ses ravages. Elle devient épidémique. Les décès sont nombreux. Nous relevons les chiffres suivants : De 1856 à 1857, 261 décès; de 1861 à 1862, 160 décès. — 1871, plusieurs centaines de décès. — 1873, 144 décès; 1875 el 1880, 75 et 76 décès; 1886, 116 décès. Les cas se répartissent très exactement sous le rayon de distribution de l’eau d’Arcier. Le docteur Gauderon — aujourd’hui médecin en chef de l'hôpital Saint-Jacques à Besançon — eut le premier l'idée de la contamination possible de cette source par le ruisseau de Nancray, qui l’alimente. Guidé par cette supposition, M. Jeannot établit par une expérience très personnelle la communication entre ces deux éléments. Voici cette expérience ! : « Le 29 septembre 1886, à neuf heures et demie du matin, nous jetions dans un gouffre mille kilogrammes de sel marin dénaturé. À cinq heures un quart, nous constalions qu'il y avait communication entre le ruisseau de Nancray et la source d’Arcier. » Cette expérience fut mise en doute par nombre d'incrédules. Ingénieurs hydrographes et géologues se refusaient à admettre l'existence d’une pareille situa-
l Rapport de M. Jeannot au Conseil municipal, séance du »9 novembre 1901.
or
] üon !. QIl fallait, disaient-1ils, incriminer l’abaissement brusque de la température, les miasmes émanés des remaniements du sol opérés dans le voisinage des casernes Saint-Paul, Saint-Pierre, de la Visitation. Le 10 décembre, même année, une nouvelle discussion aboutit aux mêmes conclusions. L'épidémie était due aux mauvaises odeurs dégagées par les quartiers Sant- Paul et Saint-Pierre. En 1893, nouvelle épidémie de fièvre typhoïde. M. Jeannot en fit une relation saisissante, dans un rapport communiqué le 8 novembre 1893 au Conseil central d'hygiène et de salubrité. Il constituait à la fois l'histoire très exacte de l'épidémie et la preuve que son auteur avait bien aperçu les causes du fléau. Un mois plus tard, l'analyse des échantillons d’eau d'Arcier démontrait leur souillure par les matières fécales. Le 23 avril, l'expérience, conduite une première fois en 188G par M. Jeannot, fut reprise par lui-même et M. le docteur Thoinot, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Paris, délégué du Conseil supérieur d'hygiène publique, pour déterminer le pourquoi de cette épidémie, en utilisant le pouvoir colorant de la fluorescéine. Klle établit formellement la communication du ruisseau de Nancray avec la source d'Arcier. Voici d’ailleurs le texte du rapport de M. Jeannot, auquel nous faisons allusion supra : « Le 31 octobre, nous avons été informés que deux cas de fièvre typhoïde s'étaient déclarés en ville : l’un au lycée, l’autre à l’hôtel de Paris. La désinfection fut
1 Conseil central d'hygiène publique et de salubrité, séance du 21 Mai 1887.
faite aussitôt. Le surlendemain, 2 novembre, M. le docteur Aaron, médecin major du 5° régiment d’arüllerie, nous signalait d’une façon officielle que, le 39 octobre, cinq cas de fièvre typhoïde s'étaient déelarés à la caserne Saint-Paul et trois cas à celles d'Arènes et de la Manutention. Il nous indiquait en même temps des cas dans les rues Billon, de la Préfecture, du Lycée et des Chambrettes. Tous les cas connus jusqu'alors élaient bien renfermés dans l’intérieur de la ville, alimentée par les eaux d’Arcier. Il restait donc à savoir s1 la banlieue était atteinte sur un point quelconque, afin de bien se rendre compte si les eaux d’Arcier devaient être accusées. Nous avons aussitôt consulté les docteurs du quartier des Chaprais ; M. le docteur Cornet avait deux cas dans sa clientèle, l’un dans la rue de la Mouillère et l’autre dans la rue de la Cassotte. La rue de la Mouillère est alimentée par l’eau d’Arcier. Quant à la rue de la Cassotte, elle est desservie par l’eau de Brégille, mais la personne atteinte suivait, en qualité d’'externe, les cours du lycée. Au vu de ces résultats, tout portait à croire que l’eau d’Arcier était contaminée.
« Nous rappelant une expérience décisive que nous avons faite en 1886, à la suite d'une épidémie de fièvre typhoïde, indiquant que les eaux du ruisseau de Nancray communiquaient avec la source d’Arcier, nous nous sommes rendus ce matin dans celte localité afin de procéder à une enquête.
« Le village de Nancray (population, 550 habitants) est situé à environ 15 kilomètres de la ville à une altitude voisine de la cote 420. Il a la forme d’un fer
ss]
à cheval. La ligne de plus grande pente est dirigée dans tous les sens du côté du centre dudit fer à cheval.
« La partie haute du village est desservie par quatre
Forrbanne a
Mado “crin CS
ancras y XBorclans
‘ kt 5 Font?de ChSaine * (reux vwoue-Roche des réseaux souterrains : du Plateau : Dern.tion entre /'Auden et Le Doubs : very la Loue.
(Cleren) Légende
© ÆEntonnoirs x Gorffre AN Resurgence te Cours d eazz . raperficicls
——— SOULTT AÈNS
Cette carte est extraite de l'ouvrage « Spelunca » Bulletin et Mémoires de la Société de Spéléologie.
La source d'Arcier et l'alimentation de la ville de Besançon en eau potable, par E. Fournier, professeur de géologie et de minéralogie à la Faculté des Sciences de Besançon.
fontaines alimentées par l'eau de la source dite « La Fonteny dans le bois de Faule ». Celle source se trouve dans un bois à 1.900 mètres du village ; elle a sensiblement la même origine que celle qui alimente la commune de (Gennes.
tt
« La partie aval du village est également desservie par quatre fontaines auxquelles aboutit une autre source dite « La Roche ».
« Après avoir questionné M. le Maire, M. le docteur Picard médecin traitant, et un grand nombre d’habilants, 1l faut retenir qu'il existe dans la commune 13 cas de fièvre typhoïde et deux douteux.
« Les personnes atteintes habitent toute la parte haute du village desservie par la source de Fonteny., quand, au contraire celles de la partie aval du village sont indeimnes.
« Cependant, aujourd'hui même, deux personnes doni les immeubles sont desservis par l'eau de la Roche paraissent éprouver les symptômes de la maladie infectieuse.
« Les deux premiers cas s'étaient déclarés à Nancray le 2 septembre dernier. On peut supposer que, pour les deux personnes atteintes dans le bas du village, il y a eu contagion, car, dans ce pays, on se croit obligé de faire visite à tous les malades.
« Ainsi donc, la fièvre (yphoïde est parfaitement constatée dans la localité.
« Il est à peu près certain que presque la totalité des déjections des malades, malgré défense formelle du médecin traitant, sont jetées sur le fumier ou sur la voie publique, et l’eau de pluie entraîne toutes les immondices dans le point bas du village, puis dans le ruisseau qui disparaît à environ 1.800 mètres dans plusieurs entonnoirs, eux-mêmes en communication avec les sources de Corcelles, du Grand-Vaire et d’Arcier. Les eaux du ruisseau de Nancray apparaissent à Arcier
j neuf heures et quart après leur disparition dans les gouffres et entonnoirs.
« Indépendamment de ces souillures, il en existe d'autres non moins redoutables. Toutes les fontaines et lavoirs publics — et ils sont nombreux — se déversent également dans le ruisseau, et, de là, dans nos sources.
« Le ruisseau lui-même est, sur plus de la moitié de sa longueur, dans un état repoussant; on nous a certifié qu’en juillet dernier un mouton y séjourna fort longtemps.
« Enfin, 800 mètres avant le village, existe sur un petit monticule un charnier qui reçoit chaque année environ trente têtes de bétail ; en 1886, comme aujourd'hui, on constate que les animaux ne sont pas enfouis à une grande profondeur (o m. 15 à peine
recouvrent les ossements). Les chiens et les renards
mettent tout à découvert. On constate la présence de milliers de vers. Ainsi que nous l’avons dit en 1886, en cas de pluies prolongées, l’eau tombant sur ce charnier doit s'écouler dans le ruisseau situé à 800 mètres et, de là, dans le gouffre.
« En résumé il faut prendre des mesures énergiques : 1° le jet des matières fécales sur les fumiers et sur la voie publique de la commune de Nancray doit être formellement défendu ; elle devront être enfouies loin des habitations ; 2° le ruisseau sera curé dans le plus bref délai ; 3° le lavage du linge aux lavoirs publics doit être interdit pendant un certain temps ; 4° le
Ko
charnier sera désinfecté et changé de places
: un
règlement sévère sera pris pour empêcher les souillures
tant dans le village que dans le ruisseau ; 6° les eaux suivantes devront être analysées : 4) eau de la source de Fonteny ; b) eaux arrivant au réservoir de Nancray: c) eau prise à une fontaine en amont du village : d) eau prise à l'aval du ruisseau et à l’entrée des entonnoirs : e) eau prise à une fontaine de la ville. »
Ce n'était pas le seul rapport. Celui du docteur Boiteux, médecin des épidémies de l'arrondissement de Baume-les-Dames aboutissait aux mêmes conclusions, notamment à la possibilité de la contamination des eaux d’Arcier par le ruisseau de Nancray. Le Conseil décida : 1° l'analyse des eaux incriminées : 2° l'envoi d’une commission au village de Nancray. La commission désignée dans ce but fit le voyage le jeudi 9 novembre ; après visite du charnier, du ruisseau et de plusieurs malades encore en traitement dans le pays, elle se réunit, le lendemain 10, àla mairie de Besancon, et décida l'adresse au préfet du rapport suivant. Ce rapport fut encore l’œuvre du docteur Baudin, résumé des travaux de la commission déléguée par ie Conseil central d'hygiène et de salubrité du département, à l'effet de rechercher sur place, à Nancray, les causes et le mode de contamination des eaux d'Arcier, cause de l'épidémie typhoïde actuelle à Besançon. Nous en rapportons l'analyse et les conclusions : « La commission s’est transportée, le jeudi gnovembre, à neufheures et demie du matin, au village de Nancray (canton de Roulans). Elle était composée de MM. Féron, médecin en chef des salles de l’hospice mixte de Besançon : Wittmer, ingénieur en chef des ponts et chaussées : Magnin, professeur à la Faculté des Sciences et à
= He l'Ecole de Médecine : docteur Gounand, secrétaire du Comité départemental d'hygiène et de salubrité ; Jeannot, Directeur des eaux de la ville de Besancon, et du docteur Baudin, médecin du Bureau d'hygiène.
« Depuis le 1 octobre jusqu'au 7 novembre (soit sous une période de quinze jours environ), mais plus parüculhèrement du 26 octobre au 3 novembre, soixantehuit cas de fièvre typhoïde bien avérés avaient été signalés au Bureau d'hygiène tant dans la garnison que parmi la population civile. La répartition des soixante-huit cas sur tous les points du réseau de distribution des eaux d’Arcier et seulement sur ces points, à l'exclusion de ceux alimentés par les eaux d’Aglans et de Bregille, confirmait celte hypothèse de l’origine hydrique de l'épidémie et la précisait. Des expériences instituées en 1886 par M. Jeannot, il résultait que le plateau de Nancray, situé directement à 135 mètres au-dessus des sources d’Arcier, pouvait être principalement, par l'intermédiaire du ruisseau de Nancray et des gouffres dans lesquels disparaît ce ruisseau, l'une des principales sources de contagion des eaux d’Arcier. La commission vérifia les constatations du rapport Jeannot et proposa les «voies et moyens suivants à employer pour atténuer et faire disparaître le mal et en prévenir le retour ». a) Moyens à appliquer tout de suite: institution à Nancray d'une hygiène publique mieux entendue et surtoutrigoureusementsurveillée. Le maire de la commune devait régler cette hygiène au moyen d'arrêtés portant sur les points principaux énumérés plus loin ; c’est à lui qu'il appartiendrait d'assurer par une surveillance incessante l'exécution de ses arrêtés,
En cas d'insuffisance ou de négligence avérée de l'autorité locale, et vu la gravité de la situation, le pouvoir central se trouverait muni par la loi d'armes suffisantes pour sauvegarder les intérêts de la santé publique. Interdiction aux habitants de jeter sur les fumiers aussi bien que sur la voie publique aucune déjection ou ordure ménagère quelconque. Obligation imposée aux habitations de posséder des latrines et fosses d’aisances étanches et éloignées au moins de > mètres de Loute voie de communication. Lesfumiers ne devraient pas être entourés de mares stagnantesde purin: ils devraient tous reposer sur un fond en cuvette, autour duquel serait aménagé un fossé avec fosse spéciale à purin, de telle sorte qu’en aucun cas, même par les plus grandes pluies, les eaux de ruissellement ne pussent se déverser sur les chemins ou sur les terrains avoisinants. Les déjections des malades typhiques devraient être enterrées à une certaine distance des habilalions, loin de toute fontaine, de tout puits, de tout lavoir, de toute voie de communication, et à une profondeur de 50 à 6o centimètres au moins. Les viscères et les débris d'animaux provenant de tueries particulières seraient enterrés dans les mêmes conditions et non pas jetés sur les fumiers. Il serait distribué par les soins du maire des exemplaires de l'instruction du Comité consultatif d'hygiène de France, relative à la fièvre typhoïde. Le linge des malades devrait être lavé séparément, soumis à l’ébullition et désinfecté au moyen d’une solution de lessive de cendres. Il faudrait tenir fermée au cadenas la porte du réservoir de la source de Fonteny. Le charnier serait arrosé avec une
ee —
lessive de chaux. On étudierait son installation en un point convenable. b) Les moyens définitifs consisteraient à détourner le ruisseau de Nancray vers l'est dans la direction de Champlive (même canton de Roulans).
Ces prescriptions bien nettes et qui pouvaient recevoir une prompte et facile exécution ne furent cependant pas observées. La preuve en est dans une nouvelle démarche entreprise six ans plus tard par le Conseil départemental d'hygiène. Le 9 décembre 1899, une Commission composée de MM. Henry, Jeannot, Baudin et du docteur Gounand se rendit à Nancray pour vérifier si les avis donnés autrefois avaient été suivis. Rien n'avait été fait. D'où nouveau rapport du docteur Baudin. Auparavant, le 23 novembre 1899, le Conseil départemental d'hygiène prenait connaissancedela réponse faite parle sous-préfetde Baume-les-Dames et le maire de la commune aux indications sanitaires qui lui avaient été fournies en 1893. En 1901, de nouvelles instructions furent données au maire de Nancray. À la même époque, M. Jeannot donna lecture au Conseil d’un travail relatif à la communication des eaux de Saône avec les eaux d’Arcier. Il conclut que les eaux de Saône et du Marais se rendaient en grande partie à la source d’Arcier!. « Ce n’est malheureusement pas tout; 1l existe certainement d’autres points contaminés qui nous envoient leurs eaux ; une étude approfondie du bassin d'alimentation doit donc être
! L'expérience qui a été faite est relatée dans la Revue pratique d'Hygiène municipale urbaine et rurale, janvier 1907, p. 6. Paris, Berger-Levrault.
poursuivie sérieusement. » Ces prédictions devaient être confirmées. En 1901, lors d’une nouvelle épidémie (qui causa 18 décès seulement), une nouvelle source de contamination fut découverte. Aucun cas de fièvre typhoïde n'avait été constaté depuis deux ans dans la région (rennes-Nancray. En novembre, on en signalait au village de Saône. Le 10 de ce mois, la communicaton entre le Grand-Saône et Arcier fut établie par le même procédé que précédemment, et le docteur Baudin, dans un rapport sur cette épidémie, ajoutait: « Iln'est pas douteux que des recherches ultérieures puissent mettre à jour sur quelque autre point, d’autres causes ignorées de souillures!. »
Le 25 novembre, le docteur Baudin adressait au Conseil municipal un rapport très détaillé sur l'épidémie de fièvre typhoïde ; les résultats des expériences prérappelées lui inspiraient les mesures suivantes qu'il soumettait à l'agrément de la municipalité: 1° exploration méticuleuse du territoire d'alimentation d'Arcier, territoire très étendu de 35 à 40 kilomètres carrés ; diverses expériences pourraient être entreprises par le directeur du Bureau d'hygiène et son directeur-adjoint, guidés par M. Fournier, professeur de géologie à la Faculté des sciences de Besançon. Un crédit de 250
francs suffirait à ces expériences”; 2° analyses bacté-
1! D' Baudin, Epidémie typhoïde à Besançon, août-octobre 1got (Annales d'Hygiène publique el de Médecine légale, mai 190»).
2 Le 25 octobre 1901. Le Ministre de l'Instruction publique priait, de la part du Ministre de la Guerre, le Préfet de solliciter une enquête de la Municipalité de Besançon à propos de l'épidémie de 1901, qui avait sévi sur la population militaire, occasionnant quatre décès et soixante el onze cas de fièvre typhoïde, « On sait, ajoute
riologiques de chaque grande chute d’eau sur le plateau ; 3° exercice, avec le concours rétribué des médecins de la région, d’une surveillance effective des points menacés : Saône, Gennes en particulier «afin que chaque cas typhique y développé fût aussitôt signalé et que la désinfection des selles du malade, de son linge, de ses effets de literie fût assurée d’urgence». Organisation à cet effet des dépôts de désinfectants dans les villages précités. Le Conseil municipal adopta ultérieurement ces proposilions et décida : « 1° Le vole d'un crédit de 250 francs pour l’achat de matières colorantes destinées à poursuivre et compléter, sous la direction de M. le professeur Fournier, délégué de M. le Ministre, les expériences entreprises; 1l désigna par acclamations M. Fournier comme membre de la Commission municipale d'hygiène ; 2° le vote d’un crédit de 400 francs pour des analyses bactériologiques lors de chaque grande crue d’eau sur le plateau Gennes- Nancray et un autre crédit de 1.000 francs pour l’organisation de dépôts de désinfectants dans les villages de Nancray, Saône et Gennes, tout en sollicitant le con-
le général André, que l’eau d’Arcier est contaminée à cerlains moments, parliculièrement à la suile des grandes pluies, par les infiltrations du plateau de Nancray. Or, quelque temps avant l’épidémie de Besançon, on a constaté des cas de fièvre typhoïde à Saône, village situé sur le plateau et sous l'influence des pluies tombées à la fin de juillet, au commencement d'août, l’eau d'Arcier distribuée à Besancon est devenue très trouble. Peut-être serail-il possible de supprimer, dans une certaine mesure, les infiltrations du plateau de Nancray ou tout au moins d'empêcher qu'elles soient nuisibles. J'ai l’honneur de vous prier de vouloir bien donner des ordres pour que celte étude soit faite en ce qui concerne les mesures à prendre pour assurer la protection des eaux d’Arcier... »
DST es
cours du département dans l’acquit de ces dépenses ; le crédit de 1.650 francs seraitinscritaux chapitres additionnels de l’exercice courant : 3° l'étude de branchements de la canalisation d’Aglans pour assurer à tous les quartiers de la ville une bouche d’eau d'Aglans pendant les périodes de contamination de l’eau d’Arcier ; 4° l'avertissement donné au publie par voie d'insertions dans les journaux, quand, par suite d’une erue microbienne, l’eau d’Arcier devait être tenue pour suspecte : 9° l’Assemblée émeltait le vœu que M. le Préfet voulût bien pourvoir à la nomination à Nancray d'un agent de surveillance pour veiller à la stricte exécution des mesures prescrites par l'arrêté préfectoral relatif à l'hygiène publique et à la voirie ; 6° elle émettait aussi et finalement un vœu en faveur du vote urgent et défimtf du projet de loi sur la santé publique, actuellement à l'étude.
Arrivons au rôle du Bureau d'hygiène de 1890 en
ce qui touche l'hygiène scolaire.