‹ Le Bureau d'Hygiène de BesançonChapitre 29 sur 37 · LE · texte numérisé non relu

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galvanisé (maintenus en très bon état de propreté. tant intérieurement qu'extérieurement). Il était interdit d’y déposer les terres, graviers, débris de toute nature, provenant du jardinage, des résidus industriels, les cendres et scories des ateliers de construction, usines, manufactures. Il était également interdit aux chiffonniers de répandre sur la voie publique les ordures eontenues dans ces récipients.) — Tenue de la maison : affichage par placards peints, en lieux apparents, des principaux articles de règlement d'hygiène et de voirie touchant aux mesures applicables à l'intérieur des immeubles. Le règlement municipal ajoute in fine : « Les dispositions qui précèdent ne feront pas obstacle à l'étude de toutes les réclamations dont l’administraüon municipale viendrait à être saisie, et dont l'instruction sera poursuivie conformément aux moyens en Cours. »

Nous avons eu l'occasion de signaler que, le 25 novembre 1901, le Conseil municipal de Besançon avait émis le vœu en faveur du vote urgent et définitif du projet de loi sur la santé publique. Trois mois plus tard cette loi était votée. Klle allait prêter le sérieux appui de sanctions efficaces à l'exécution du programme mis à l'étude en 1go1, dont les termes essentiels étaient : 4) la détermination du périmètre exact du bassin d'alimentation de la source d’Arcier : b) la « surveillance et la défense médicale » de cette zone d'alimentation.

6° Surveillance des eaux el défense de la zone d'ali-

mentation de la ville. — Des expériences. analogues

— TI18 — à celles déjà relatées établirent que les villages de la Vèze, de Gonsans, de Naisey envoyaient leurs eaux à cette source. Il est actuellement démontré que le périmètre d'alimentation s'étend sur une surface d'au moins 109 kilomètres', occupée par des villages où l'hygiène la plus élémentaire est négligée : « L'hygiène du paysan est sur le plateau d'alimentation ce qu'elle est à peu près dans toute la France, c'est-à-dire déplorable ; la propreté brille par son absence, « partout, dans les villages, les purins dévalent sur les routes et Jusqu'alentour des réservoirs des eaux d’alimentaton; nulle part, où presque nulle part, des fosses d aisances ; on vidange au fumier, à la rue, aux ruisseaux, véritables égouts qui marchent”. Sur neuf communes, Cinq au moins sogt alimentées par des eaux, les unes médiocres, les autres dangereuses; donc la fièvre typhoïde est fréquente ».

La source d’'Arcier a un débit journalier de 20.000 à 29.000 mètres cubes et le remède le plus efficace eût consisté à chercher ailleurs une source plus pure. Toutes les recherches entreprises dans ce sens furent vaines. Au reste l’eut-on trouvée qu elle eût à coup sûr présenté les mêmes inconvénients. La purification d'une telle masse entre la source el ses réservoirs de distribution eüt entrainé la ville à des dépenses énormes pour des résultats toujours discutables. Il fallait conserver et utiliser la source d’Arcier et en éviter la pollution dans la mesure du possible. Ce fut

l Revue pratique d'Hygiène publique, janvier 1907, p. ». ? 1" Baudin, Gomment une grande ville défend ses eaux de source,

janvier 1907, p. d.

Le l'œuvre «de la surveillance et de la défense médicale de la zone d'alimentation ».

Une sérieuse épidémie éclata dans les villages de Nancray, Saône et Gennes, et dura de novembre 1905 à février 1904. Elle atteignit Besançon, etle Bureau d'hygiène dut organiser cette surveillance et cette défense médicale de la façon suivante : trois médecins exercent sur le territoire du bassin d'alimentation ; dès qu'un cas suspect est signalé, le médecin compétent adresse au Bureau d’hygiène le bulletin suivant

dûment rempli 1, Fièvre typhoïde

Commune Hameau ou lieudit Ferme isolée 1° Nom, sexe, âge du malade 2° Date du début de la maladie 3° Le cas est-1l importé ?

4° De quelle eau était-il fait usage ?

5° Cette eau est-elle suspecte à un titre quelconque ? 6° Y a-t-1l eu contagion de malade à malade ? 7° Etait-il fait usage de lait ou de petit-lait provenant de la fruitière-fromagerie ?

8° Le malade était-il employé dans une laiterie ou dans une fromagerie ?

9° Le domicile du malade est-il proche ou éloigné des ruisseaux, véhicules habituels de la contamination de la

source ?

10° La famille du malade dispose-t-elle, en personnel et

! Revue d'Hygiène, janvier 1907, p. 14.

en matériel, des ressources nécessaires pour assurer l'isolement et la désinfection ?

Les municipalités intéressées sont averties par le Bureau d'hygiène des mesures à prendre : fermeture temporaire de telle ou telle fontaine, de tel ou tel puits, de tel ou tel lavoir, abreuvoir. Dans deux ou trois des villages les plus importants, il existe un dépôt de désinfectants mis gratuitement à la disposition des malades typhiques et utilisés sous la surveillance du médecin traitant ; le malade pourra, s’il y consent, être transporté à l'hôpital de Besançon. S'agit-1l d’un indigent sans famille et sans aucune ressource ? Une infirmière payée par la ville est mise à sa disposition et lui prodigue les soins nécessaires, assure les moyens de désinfeclion et d'isolement prescrits par le médecin. Une « notice concernant l'isolement et la désinfection dans la fièvre typhoïde est remise à la famille du malade. L'exécution de toutes les prescriptions qu'elle renferme est contrôlée par un agent surveillant assermenté payé par la ville de Besançon. Le Bureau d'hygiène fit publier ce règlement dans les communes intéressées, rappelant à leurs habitants que «la souillure de toute citerne, puits, eau de source, ruisseau, etc., qu'elle soit le fait de l'imprudence ou de la malveillance, exposait le délinquant aux peines graves punies de ce chef par la loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé publique, dans ses articles 10 N 1 et 28. Etait interdit, sous ces mêmes peines, l'abandon de cadavres d'animaux, de débris de boucherie, fumiers, matières fécales, et, en général, de résidus animaux putrescibles

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dans les failles, gouffres, excavations de toute nature autres que les fosses nécessaires au fonctionnement d'établissements classés.

Cette longue campagne, poursuivie par le Bureau d'hygiène de Besançon avec une inlassable énergie, porta ses fruits : la mortalité bisontine pour fièvre typhoïde, qui était de 1,24 par an et par 1000 habitants pendant la période 1871-1878, tombait à 0,76 de 1876 à 1886 ; à 0,43 de 1887 à 1894'; à 0,25 pendant la période 1899 à 1902 ; en 1909 à 0,20, en 1906 à 0,10 par 1000 habitants. S'il est assurément, encore aujourd'hui, du domaine de l'utopie de prétendre à la dispariüon complète et définitive de la fièvre typhoïde à Besançon, il serait injuste de méconnaître l'importance de ces résultats qui « empécheront les germes typhiques d'être véhiculés jusqu'aux pertes, aux entonnoirs, et, de là, aux eaux de la source” ».

Parallèlement à ces mesures, une propagande active était faite dans les campagnes en faveur de l'hygiène individuelle. « Il n'est malheureusement pas facile, écrivait encore en 1907 le docteur Baudin, d'obtenir de chacun et de tous l'observation des principes d’hygiène individuelle *, celle-ci n'étant pas seulement une science. mais une vertu. Et 1l n’est malheureusement guère plus aisé d'obtenir — même après la loi sanitaire de 1902 — l'application des mesures les plus

! La mortalité par fièvre typhoïde des grandes villes de France, de 30.000 à 100.000 habitants, élant. durant cette période de 0,45 à 0,48 pour 100.

2? Dr Baudin, Loc. cut.

ÿ Jbid., janvier 190%, p. 12.

tie simples d'hygiène publique et de police sanitaire ; contre toute idée de progrès, tout essai de réforme, on voit se dresser, coalisés, l'ignorance, les vieux préjugés, la routine, l’apathie ; en même temps et inévitablement se pose « la terrible question d'argent ». N’importe, 1l n'ya pas à hésiter, la lutte doit être entreprise el poursuivie par tous les moyens possibles, petits et grands ! Il n’y a pas de petits gains enhygiène, et année, par année, en profilant des craintes et des bonnes volontés suscitées à chaque menace d’épidémie…. inilium sapientiæ timor... on arrive à additionner des améliorations successives dont le total finit par réaliser un gros progrès: »

Ajoutons, pour être complet, qu’un arrêté ministériel du 18 juillet 1901 a créé à Besançon un laboratoire d'analyses bactériologiques agricoles et médicales « œuvre à laquelle participent l'Université etla Faculté des Sciences par leur organisation financière et scientifique, l'Ecole de Médecine par son personnel ». Il se met à la disposition des municipalités, des conseils généraux des départements de la région, des établissements agricoles, des docteurs en médecine, des divers praticiens, pour opérer toutes les recherches qui pourraient leur être utiles !. En ce qu' touche plus spécialement Besançon, un service régulier d'analyses d'eaux fonctionne activement et des avis affichés par les soins du Bureau d’hygiène avertissent la population des précautions à

{ Ces renseignements nous ont été fournis par M. le D' Maréchal, chef du laboratoire de bactériologie.

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