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Le Chevalier d'honneur

Dans certains Parlements, à l'exemple de celui de Paris où les Pairs de France avaient séance et voix délibérative dans les affaires concernant la pairie, la noblesse était représentéke par des « Chevaliers d'honneur ». Il en fut introduit dans toutes les Cours supérieures, y compris les Bureaux

des Finances, par un édit du mois de juillet 1702. Chaque

Bureau comprendrait désormais un Chevalier d'honneur qui siégerait « tant aux audiences qu'aux Chambres du Con- « seil en habit noir avec le manteau, le collet et l'épée au « côté, sur le bane des Conseillers et avant le Doyen « d'iceux » (2). Il aurait voix délibérative ainsi que tous les privilèges des autres officiers. « Et afin que ces offices « ne puissent être remplis que de sujets qui en soient dignes « tant par leur extraction que par leur mérite » il faudrait, pour en être pourvu « faire preuve de noblesse entre les « mains du S' d'Hozier, juge général des Armes et Blasons « et garde de l’armorial de France » par l'intermédiaire de l'Intendant (arrêt du Conseil du 9 septembre 1702) (3).

Pour le Bureau de Moulins, la finance du nouvel office était fixée à 30.000 1. avec des gages au denier 25 soit 1.200 1.

Le recrutement en fut difficile dans la généralité. Dès le mois d'octobre 1702, d’Armenonville pressait les Trésoriers de « se donner quelque mouvement soit pour en obte-

(@) Mainlevée finale de la saisie-arrêt faite sur les gages des Trésoriers par les traitants pour le paiement de l'office de Conservateur des privilèges du 11 juin 1715.C 184. Ibidem, correspondance avec Delaunay : « directeur du traité ».

(2) Cette préséance fut supprimée peu après,

« nir la réunion, soit pour proposer un sujet » (1). Sur ces instances, ils adressèrent à tous leurs confrères en résidence hors de Moulins une lettre circulaire pour les prier de proposer cette charge « à tous les particuliers de leur ville ou « province en état de la faire, et de les y inviter ‘en leur en « faisant valoir tous les agréments » (2). Malgré leurs efforts aucun acquéreur ne se présentait. « Les gages sont tron « modiques pour une si grosse finance, écrivait la Compagnie au Contrôleur général afin d’excuser son insuccès. « On peut ailleurs employer son argent au denier 25 à de « bien meilleures conditions, on est obligé de remettre ses « titres de noblesse entre les mains de M. l'Intendant, à « quoi l’on a bien de la peine à se soumettre. On a écrit à « des personnes de qualités requises-et qui ont du bien « pour les porter à s’en accomoder, mais il faudrait l'aulo- « rité supérieure de l’Intendant à notre secours » (3).

I1 en était de même, probablement dans tout le royaume, puisqu'une déclaration du 8 décembre 1703 (4), changeant étrangement la nature de l'institution, permettait de se faire recevoir chevalier d'honneur, « à ceux qui auraient vécu « noblement et qui s’en seraient rendus dignes par leurs « services et ceux de leurs ancètres quoiqu'ils ne fussent «pas d'extraction noble » (5).

(1) Lettre dn 9 octobre 1702, C 183.

(2) Minute de cette lettre avec la date du 26 octobre 1702, C 1883.

(3) Brouillon informe sans date, C 183.

(5) La revente de ces offices cependant ne pourrait être faite qu'à des gentilshommes. Cette restriction fut abrogée par une déclaration du 24 mars 1744, parce qu'elle rendait ces charges « très diff- « ciles à vendre, attendu qu'il se présente peu de personnes qui Le anciennement de la noblesse et qui veulent les acquérir »,

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« Un avantage aussi considérable, écrit d'Armenonville « au Bureau, en l’avisant de cette disposition, doit bientôt « faire trouver des acquéreurs. (4) ». Les Trésoriers en effet trouvèrent enfin « un sujet », et le 26 septembre 1704, « Claude Martin » était installé au Bureau en qualité de Chevalier d'honneur (2).

Deux gentilshommes se succédèrent ensuite dans cette charge, le quatrième titulaire, un $° Vialet, qui n'était pas noble, éprouva en 1745 quelques difficultés pour se faire recevoir (3).

La présence de ces nouveaux officiers souleva certaines discussions. Malgré plusieurs réclamations leur rang de séance fut fixé immédiatement après le président (4). L'un d'eux, Vialet, demanda une part des épices en différentes occasions, elle lui fut toujours refusée (5).

Quant à leurs gages, par suite sans doute d'une diminution du prix originairement fixé à leur charge, ils ne se montèrent qu’à 1.000 1. (6).

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