‹ Le bureau du commissaireChapitre 24 sur 104 · LES DIGESTIONS DE MONSIEUR PIEDEVEAU /J · texte numérisé non relu

LES DIGESTIONS DE MONSIEUR PIEDEVEAU /J

un gamin chez lui; » mais le lendemain, le surlendemain, les jours suivants, et toujours aux heures des repas, le roulement, la retraite, le rappel ; il n'y avait plus moyen d'y tenir.

Nous nous plaignons au concierge; ce brave homme monte chez M. Piédeveau et redescend en nous disant que ce Monsieur l'a envoyé coucher et fichu à la porte ; recourir au propriétaire, impossible, il était en voyage et on ne savait où lui écrire.

Enfin, nous décidons d'aller à trois, chez M. Piédeveau. Il nous reçoit comme un porc-épic, nous dit de lui fiche la paix. « Mais, Monsieur, lui disons-nous, c'est à vous de nous la fiche, la paix. » Voyant qu'au lieu de nous donner des raisons, il nous invectivait et nous disait qu'il tambourinerait àsa volonté, je prends un couteau sui' la table et je crève la peau d'âne du tambour, et les autres éclatent de rire à se tordre.

Monsieur! à cette vue, M. Piédeveau est saisi d'un véritable accès de fureur, il nous flanque à la tète les assiettes, son verre, la bouteille, la carafe; j'ai eu, pour mon compte, une estafilade à la joue, qui se voit.

Le Conimissab^e: C'est bien. Monsieur. (A l'Inculpé). Comment, vous croyez avoir le droit d'incommoder vos voisins et quand ils réclament, vous exercez de pareilles violences!

M . Piédeveau: Si ces messieurs étaient venus paisiblement, au lieu de...

Le Commissaire: Le concierge, lui, s'était présenté paisiblement.

M. Piédeveau: D'abord, non, ensuite ces Messieurs ne sont pas des concierges; s'ils étaient venus me demander poliment des explications, je leur en aurais

donné, mais ils crient dès l'antichambre, bousculant ma bonne et demandent si ce boucan-là ne va pas cesser... Et ils me crèvent mon tambour!

Le Commissaire: Mais, Monsieur, on ne tambourine pas chez soi, on peut avoir des voisins malades...

M. Piédeveau: Permettez-moi de vous expliquer, Monsieur le commissaire de police : ayant les diges-

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