UN LOCATAIRE PEU ENDURANT
Les témoins entendus rapportent les injures échangées par ces dames et confirment le fait de la gifle, laquelle, d'ailleurs, n'est pas contestée.
jy"° Uusort : Nous avons notre témoin.
Ce témoin est entendu; c'est un brave homme dont l'air tranquille contraste fort avec l'animation des parties en cause.
Le Commùsaire : Que savez-vous des faits?
Le Témoin: Ah! moi, Monsieur, je n'étais pas là; M"' Busort m'a fait venir.
Le Commissaire : Pour dire quoi?
j/me Qugf^ri . Ce que Monsieur sait de ces gens-là.
Le Témoin : Dame... heu... pas grand'chose.
Le Commissaire : Sont-ce d(^s gens querelleurs?
Le Témoin .-Peulil... querelleurs... ils le sont sans l'être; ce sont des gens... heu... volumineux.
Le Commissaire : Gomment, volumineux?... Ils sont très maigres.
Le Témoin : Ah... certainement... oui, ils sont maigres.
Le Commissaii^e : Vous dites qu'ils sont volumineux.
Le Témoin : Ça ne fait rien, les gens maigres sont volumineux comme d'autres.
Ae Commissaire : Mais qu'entendez-vous par volumineux?
Le Témoin : Eh bien!... heu volumineux... des
gens qui parlent vite et beaucoup... enfin, volumineux, quoi.
Le brave homme veut dire évidemment qu'ils parlent avec volubilité et beaucoup.
Et, après le commissaire^ dont l'action s'arrête ici, on va faire perdre leur temps à des magistrats, parce qu'un monsieur est resté trop longtemps au cabinet, pour cause de dérangement de corps!