‹ Le bureau du commissaireChapitre 40 sur 104 · LES 20 FRANCS DE LA TANTE · texte numérisé non relu

LES 20 FRANCS DE LA TANTE

On ne s'imagine pas de quoi est capable un homme qui comptait sur 20 francs pour faire la noce, et qui les attend avec une impatience nerveuse.

Les excès qu'une pareille attente trop prolongée peut faire commettre sont, du restC;, relatifs ; nous avons le bonheur de posséder nombre de gentilshommes des carrières d'Amérique qui nous assassineraient pour une moindre somme, sachant bien qu'ils ont plus de chances de sauver leur précieuse existence que n'en a de sauver la sienne, le pauvre diable tombé entre leurs pattes; nous en avons d'autres, comme Roussinier, conduit chez le commissaire de police, qui se contentent de soulager leurs nerfs sur des gens bien innocents de ce dont il les accuse.

Disons, d'ailleurs, que Roussinier était aussi convaincu qu'insupportable.

Il a injurié sa concierge, outragé un facteur des postes et aussi des gardiens de la paix.

Un Cim'dien de la paix : Cet individu venait d'être expulsé des bureaux de la poste et il criait : « A bas Gochery ! » l'ayant engagé à se taire, il m'a traité de vache, de sale sergot ; que la poste, les sergents de ville, les fadeurs, les concierges, tout ça s'entendait; que sa

tante lui avait envoyé un mandat de 20 francs, qu'il le voulait. Bref, je l'ai amené ici.

Le Commissaire : Gomment, sur la simple supposition d'un envoi dont vous n'avez pas la preuve...

Roussiniev : Mais, mon commissaire, j'en suis sûr.

l.e concierge de l'homme au mandat est entendu :

Monsieur le commissaire, dit-il,on n'a pas idée de l'enfer que c'était avec M. Roussinier, que le malin, dès la

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