‹ Le bureau du commissaireChapitre 49 sur 104 · LE MATELAS DE LA VEUVE CARON · texte numérisé non relu

LE MATELAS DE LA VEUVE CARON

loi

Le Commissaire (au témoin) ; On a fait une perquisition dans la chambre de cette femme et on a trouvé, sur son lit, deux matelas et un lit de plume.

L'Inculpée : Je les avais en entrant dans la maison.

La Concierge: Non, Madame, vous n'aviez qu'un matelas et une paillasse.

/,'7ncM//j(?e (indignée) : Oh! vous osez dire...

La Concierge : Se le dis, parce que c'est vrai.

L'Inculpée : Parce que vous aviez bu ce jour-là. comme c'est votre usage journalier, et tout le monde sait que quand on est en ribotle...

Le Commissab'e: On voit double; mais c'est le contraire qu'elle a vu.

La Concierge :\\. y a même autre chose, à preuve qui est la bonne du sixième que sa chambre est en face de celle de Madame, dont elle l'a vue faire un matelas.

L'Inculpée : Ah! quelque chose de propre, que cette fille-là; que vous buvez avec elle les liqueurs de ses maîtres, et une vie qu'elle fait !

La bonne est appelée et confirme le fait.

L'Inculpée : Vous avez le toupet...?

La Bonne : Oui, Madame, je vous ai vue faire un matelas, pendant au moins trois quarts d'heure.

L'Inculpée : J'en ai vu plus de trois chez vous, moi, des cardeurs. Dieu merci, tous ceux de la maison... Enfin!... oh!

Le reste regarde le Tribunal.

Morale : Se méfier des femmes de ménage qui viennent à leur travail avec un grand panier.

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