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Les statistiques relatives à la consommation moyenne par habitant sont plus saisissantes encore : de 1830 à 1880, c'est-à-dire en 50 ans, elle passe de 1 1. 12 à 2 1. 84; or de 1880 à 1390, elle passe de 2 1. 84 à 41. 32; dans les dix ans qui ont suivi la loi de 188elle a augmenté autant que dans les 50 années précédentes, On voit bien, par ces chiffres, que la consommation de l'alcool est fonction du nombre de cabarets. Nous n'avons jusqu'ici envisagé que d'assez longues périodes de temps pour comparer le nombre des débits, la consommation totale et moyenne de l'alcool ; mais si nous faisions la même comparaison chaque année, la corrélation que nous avons établie ne ressorliraitpas aussi neltement. Léon Say lui-même l’observait dans son rapport de 1887. Illaissait même entrevoir que sa conviction était quelque peu
ébranlée par le désaccord qui se faisait jour sur ce point entre M. Claude (des Vosges) et M. Hartmann. Le pre-
mier affirmait de la façon la plus catégorique la certitude d’une relation directe de cause à effet entre le nombre de débits et la consommation ; tandis que des statistiques fort étudiées permettaient à M. Hartmann de relever un certain nombre d’exceptions à la règle. Mais M. Denomaison, secrétaire du Syndicat central du commerce en gros des liquides du département de la Seine- Inférieure a montré, dans un article paru en décembre 1897 (1), que, toutes les fois que la règle paraît rompue,
(1) Journal des Contributions Indirectes du 22 novembre au 29 décembre 1897.
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une cause incidente vient donner la clé de l'anomalie. Pour le prouver, il examine les diverses exceptions à la règle qui semblent s'être produites de 1850 à 4892. Examinons-les rapidement avec lui et, à cet elfet, dressons un tableau indiquant, à partir de 1850, le nombre des débits avec la consommation d’alcool
correspondante.
Consomma- Consomma- Nombre tion Nombre tion Années des de l’alcool | Années des de l'alcool débits exprimée débits exprimée en hectol.(t) en héctol. (1) 1850 390.424 585.200 | 1881 367.825 4.444.035 1855 291.744 714 813 | 1882 372.587 1.420.344 1865 351.403 873.007 | 1883 377.514 1.484.020 1869 364.875 1.008.750 | 188% 386.855 1.488.685 1872 809.780 755.464 | 1885 399.145 1.444 342 1873 348.599 934.550 | 1886 401.021 1.419.901 1874 342.980 970.450 | 1887 404.832 1267620 1875 342,622 4.019.052 | 1688 408.751 1.468.446 1876 343.139 1.000.182 | 1889 410.069 1.516.827 1877 346.598 1.029.683 | 1890 413.141 1.662.801 1878 350.697 1.100.512 | 1891 416.691 1.669.184 1879 354.852 4.161.649: | 1892 418.000 1725307 1880 356.863 1.813.829
On y remarque cinq exceptions: 1° de 1850 à 1855 le
nombre des débits a diminué de 59,180 unités, alors que
(1) Cette colonne ne comprend que les quantités soumises à l'impôt à l'exclusion de celles produites par les bouilleurs de .cru et non taxées.
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la consommation a augmenté de 129.413 hectolitres. L'abaissement du nombre des débits est le résultat du décret du 29 décembre 1851, tandis que l'essor pris par la consommation tient à l'apparition des alcools d'industrie sur le marché et à la pénurie des récoltes de vins en 1854 et 1855.
20 En 1874, on constate par rapport à 1873 une diminution de 5.181 débits en face d’une augmentation de 36.149 hectolitres dans la consommation. La recrudescence de cette consommation s'explique de la facon suivante : en 14873, la consommation souffrait encore du ralentissement dù à la surtaxe de 1871. En 1874, elle reprend déjà son essor et son développement se trouve favorisé par la réglementation des bouilleurs de cru votée au mois d'août 1872. Quant au nombre de débits, il subissait le contre-coup de la loi de 1873.
3° En comparant l’année 1876 à celle de 1875, on voit qu’à une augmentation du nombre des cabarets, correspond une diminution de la consommation. Celle-ei est due au rétablissement du privilèse des bouilleurs de cru.
4° En 1882, le nombre des débits est en augmentation de 4.762 par rapport à l’année précédente et la consommalion en baisse de 23.711 hectolitres. L'accroissement du nombre des débits résulte de la loi de 1880 qui a pris le contre-pied du décret de 1851 ; le ralentissement de la consommation provient d’une hausse importante
dans le cours des alcools jointe à une activité considé-