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QUI SONT DANS LE COMMERCE

Il est souvent utile de connaître la destinée des planches dont on recherche les estampes. Lenr existence signalée servira quelquefois à déterminer le prix qu'on doit attacher aux épreuves des planches qui ont fourni une longue carrière; à mettre en garde les amateurs sur les divers tirages qui peuvent en avoir été Taits , et que Ton reconnaît , soit à la beauté relative des épreuves, soit à la différence des papiers; à indiquer aux artistes, qui souvent tiennent plutôt aux souvenirs de composition que les estampes leur rappellent qu'à leur beauté, celles qu'ils peuvent acquérir à peu de Trais.

Beaucoup de ces planches existent en France, en Angleterre, en Allemagne et dans les Pays-Bas; nous publierons successivement celles qui sont venues à notre connaissance et celles dont on voudra bien nous signaler Texistence, nous attachant aux plus intéressantes.

L'œuvre entier des Hopfer (Jirâme Danid et Lambert), que Marolles appelait les maîtres au chandelier, a été détruit à Berlin, il y a trois ans. Composé de 2S0 pièces^ cet œuvre fut publié au' dix-septième siècle par le marchand d'estampes David Funck, de Nuremberg, qui possédait toutes les planches, sous le titre de Opéra Hopferiana. Oubliées depuis, gAtées par la rouille, car elles étaient en Ter, ces planches sont tombées en 1839 entre les mains de marchands de curiosités , qui les ont coupées ou dénaturées pour en faire de petits cofTres montés en cuivre. Nous

possédons les n» 1 et 2, Adam et Eve; 109, une Descente de Croix.

Outre des copies d'Albert Durer et d'autres maîtres connus , Tœuvre des Hopfer est riche en dessins d'ornennents dans le goût des orfèvreries allemandes du seizième siècle. On recherche les épreuves avant les numéros qui furent mis à chaque planche, lors de l'édition de Funck.

JoNAS SUYDERHOEF. La planche en cuivre du Traité de Munster, de cet artiste, le plus ragoûtant des graveurs au burin, comme disait Gersaint au dix-huitième siècle, existe toujours, et appartient à M. Johann Wirth , à Mayence. Elle n'a pas cessé de Tonctionner, c'est assez dire qu'elle est bien usée. Les épreuves se vendent chez les propriétaires, 1 florin. — 2 fr. 30 c.

Albert Durer. Le Christ au Jardin des Oliviers^ gravure à l'eau-forte, sur fer, et non sur étain comme le dit Bartsch. I^ planche est dans la collection de M. Heller, à Bamberg , qui possède aussi du même maître :

L Algérien et sa Femme , planche originale ;

Les Offres d'Amour, copie en contre-partie;

Le Paysan et sa Femme , copie ;

La Justice , copie.

La planche originale de la Vierge au Singe est à Paris, chez M. Danlos , marchand d*estampes; les épreuves s*en vendent 75 centimes.

Les planches des estampes suivantes d'après le même maître :

Le Chevalier de la Mort , copie ;

La Mélancolie , copie ;

L Enlèvement d*A mymone , copie ; sont à Paris, chez madame Jean, marchande d'estampes; les épreuves se vendent 75 centimes chacune.

Lucas Vorsterman. Le Combat des Amazones, d'après Rubens; celte composition a été gravée deux fois. Celle de Vorsterman , qui a reproduit Rubens avec tant de bonheur, est la plus estimée; elle est de la grandeur du tableau original, qui est à la pinacothèque de Munich. J'ai vu beaucoup d'artistes désirer cptte estampe sans savoir que la planche existe à la calcogrnphie du Musée de Paris, où l'épreuve se vend 12 francs.

1)E LAMATEUR. 87

Le Maître au Monograme SW. Bartsch, tome IH, page 7, cite ce mattre comme ayant copié la passion de Martin Schongauer (n® 9 à 20 de son œuvre) ; il n*en décrit cependant que Testampe dont nous possédons le cuivre, qui était, à ce qu*il paraît, la seule venue à sa connaissance; il est peut-être plus naturel de croire que c'est la seule qui a été gravée.

Cette planche, dont Fépreuve estci-jointe, est presque un basrelief. C*est un curieux spécimen du travail des orfèvres-graveurs du quinzième siècle.

VENTE

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