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III. (8) Anacréon, Od. xvii

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préleur affeciaii de ue pas s'en emparer, il arrachait les anses, les figures, les ornemenls qu'on y avait attachés, ei faisait appliquer ces riches ornements à d'autres vases (1). 11 avait auprès de lui deux artistes grecs, Tun peintre, Tautre statuaire, qui le dirigeaient dans ses choix (2).

Gomment ne pas reconnaître enfin un bienfait du génie des plus grands artistes dans la richesse de ce commerce? Qui donc avait donné U forme de ces vases précieux ; qui en avait dessiné , modelé ou gravé les ornemenls? On sait que les peintres, les graveurs Mentor, Âthénoclés, Gra tes, Stratonicus, Myrmicide, se rendirent célèbres dans ce genre d'ouvrages.

Le statuaire Lysippe modela pour le roi Gassandre une coupe particulière , qui devait servir à boire le vin de Mendès. Â l'exemple de Zeuxis, qui avait représenté Vénus en imitant les beautés de cinq vierges rivales, il rapprocha l'un de Faulre des vases différents, et prenant quelque chose de chacun , il en composa un nouveau, ressemblant à tous et plus beau que chaque modèle (3).

Gitons encore celte coupe d'Hercule dont parle Athénée, sur laquelle était représenté rembrasement de Troie. G'élait le peintre Parrhasius qui l'avait. composée. On y lisait cette inscription : Parrhaiiut a faii l€ iUêêin, My$ l'a gravé: je représente la haute Ilion, que les Grecs rmversèreni (4).

Les Albéniens furent, comme les Floreniins l'ont été cIh*z les modernes, les plus habiles orfèvres de leur temps , parce qu'ils furent les plus habiles peintres et les plus habiles statuaires.

Suivant le témoignage de Pline, ce fut le statuaire Phidias qui dé< couvrit et démontra le premier les principes de l'art de ciseler (5); et ce fui le statuaire Polyclète qui enseigna et perfectionna encore cet art après lui (6). Gette assertion n'est pas exacte : l'art de ciseler existait dès le temps d'Honière; mais ce témoignage prouve du moins que Phidias le perfectionna en perfectionnant Part do dessin; qu'il en fixa la théorie, qu'il en réforma le style, comme il réforma et ennoblit celui de la sculpture.

(1) Gicér. in Verr. c. ▼!, XLix, lu, uv. (t) Cicer. Ihid. c. xxx, xxxi, xxxii. (3) Athaen. 1. xi, c. iv. (4) AlbsBO. I. xi, c. iv. Mys et Parrhasius avaient également exécuté ensemble le bouclier de la Minerve colossale de Phidias, qui était dans la citadelle. Mys avait fait la gravure sur les dessins de Parrhasius. Pausan. 1.1,0 xxyiii. (5) Primusque Phidias artem toreuticam aperuisse atque demonttrasse merit6 judicatur. Plin. I. xxxiv, c. viii. (S) Et toreuti-cen sic erudisse Polycletus, ut Phidias a peniisse judicatur. Plin. ibid.

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Les Statuaires Ariston , Galliades, Stratonicus , Ëuptorion , Gritiaset ses nombreux élèves, furent tous de célèbres ciseleurs (1). Galamis, qui n'avait point d'égal dans Tari de ciseler des chevaux (^) , était aussi habile orfèvre qu'il étaii grand statuaire (3). Le peintre et statuaire Euphanor, qui élevait des colosses, se délassait en écrivant sur son art et en ciselant des vases : Fecii et eolo$so$; et marmara ac seyphoi «cu/psit, et in quocumque génère excellens , ac sibiœqualit (4).

D'autres artistes avaient dirigé, longtemps auparavant, les orfèvres dans un procédé dont l'art de ciseler est un perfectionnement: je veux dire dans Tart d'exécuter des ornements sur le cuivre ou l'argent, et d'y représenter des figures en frappant et repoussant le métal par derrière, art que nous appelons repousser ou relever (5). Les artistes pensaient, dans le temps d'Athénée, que le vase de Nestor, qu'Homère représente orné de clous ou d'étoiles en relief (6) , n'aurait pu être exécuté que de cette manière. Gelte fiction d'Homère, ainsi que les descriptions des armes d*Agamemnon et de celles d'Achille , prouvent assez combien, dans le temps du poêle, l'art du dessin avait fait de progrès et avait eu déjà d'influence sur les arts d'industrie commerciale.

Les savants sont d'opinion différente sur le genre de travail qu'on appelait, du nom de l'inventeur, Vart de Glaueus, Get artiste avait fait une soucoupe qu'Halyatte, roi de Lydie, avait donnée au temple de Delphes. Gette soucoupe était de fer. On y voyait, habilement représentés, des animaux, des insectes et des plantes (7). Elle était si admirable , qu'au temps d'Hérodote , et même au temps d'Atbénée , on la regardait encore comme un des chefs-d'œuvre les plus curieux qui fussent dans le temple (8). Les ornements étaient-ils incrustés? L'art de Glaueus était-il le même que la damasquinure , comme semble le prouver le savant M. Larcher ? (9) Les figures étaient-elles en relief et laites au tour, comme le croyait Gasaubon (10)?Ge point de critique ne doit pas nous occuper. Ge qui nous importe, c'est de faire remarquer combien l'art du dessin , et même la sculpture , avaient eu d'influence sur cet art de Glaueus, qui devint, après cet artiste, une branche considérable d'industrie commerciale (11).

(1) ?lin. 1. XXXIV, c. THi ; Pausan. 1. vi, c. m. (S) Propert. \. m, eleg. 8 ; Plio. I. XXXIV, c. VIII. (3) In argento cœlando celebratus est Galamis. Plin . ). xxxm, c. XII ; 1. xxxvi, c. y. (4) Plin. 1. xxxv, c. xi. (5) Athœn. 1. xi, c. x. (6) n»ail. XI, V. 6S1. (7) Athaen. 1. v, c. xiiï. (8) Herodot. 1. 1, c. xxv. (9) Larcher, Not. sur Hérodot. 1. 1, c. xxv, not. 61; 1. 1, p. Î15, «« édit. (10) Gasaub. Not. ad Alhmn. loeo ciiiUo. (11) D'autres écrivains font remonter la connaissance de la damasquinure au temps d'Homère et d'Hésiode. Ils croient recon-

Les lois, n*en douions pas, ont plus de puissance sur le génie que le climat. Les arts et les sciences ont voyagé sur la terre , du nord au midi et du midi au nord. La Syrie s'est rendue célèbre dans les temps modernes par Part de forger des armes inaltérables. C'étaient auparavant les Grecs qui portaient à Tyr des épées, des chars, des casques, des cuirasses, et les Tyriens répandaient ces armes dans la Syrie et dans le reste de TAsie (1). Les principales fabriques étaient à Athènes. G^était là que Socraie , remontant aux principes éternels du beau , démontrait aux différents artistes, à Farmurier Pistias comme au peintre Parrbasius, comme nu philosophe Aristippe, que la beauté d'une femme accomplie, la beauté d'une coupe, la beauté d'un casque, la beauté d'une cuirasse, étaient une seule et même chose , et que les formes de ces objets différents étaient assujetties à de mêmes lois (3).

L'orateur Lysias avait une manufacture de boucliers qui occupait cent vingt esclaves (3). Démosthènes reçut de son père en héritage une manufacture d'épées où travaillaient trente esclaves, et une manufacture de lits qui en occupait vingt , où Ton employait une grande quantité d'ivoire , de cuivre , de fer et d*ébène (4) .

Combien les maximes de Socrate, combien le goût des peintres et des statuaires, influèrent sur la forme de ces lits, de ces tables, de ces casques, de ces boucliers que nous admirons dans les monuments antiques; combien les peintures du Poecile, combien les trois mille statues qui décoraient les temples et les places publiques d*Athènes répandirent de lumières et excitèrent d'émulation parmi les ouvriers : cela est évident, il est inutile de le dire.

ParJerai-je des sommes immenses que les peintres et les statuaires appelèrent dans leur patrie par leurs propres ouvrages? Et que dirals-je qui ne soit connu de tout le monde?

Hâtons-nous de voir Athènes dans sa vieillesse. Pourquoi faut-il chercher les derniers monuments de sa gloire épars dans des écrits différents? Trop souvent rfaistoire abandonne les peuples dans leur décadence , comme le monde délaisse les malheureux.

Qu'Athènes était grande encore à ces époques successives , prévues par Périclès, où, sa marine étant détruite, la plupart de ses colonies

naître cet art dans la description du bouclier d'Hercule (v. 141 et suiv.). Quoi qu'il en soit, l'art de la damasquinure forma chez les anciens une branche importante d'industrie et de commerce. Il y avait plusieurs manufectures de ce genre dans les Gaules du temps des Romains. (1) Ezech. c. xxvii. (î) Xenoph. Memor. Soerai. 1. m, c. x, xvii, xviii, xix. (8) Lysias, Aâversus Agorai. et Adv$rnu Brastosth. (4) Démosth. Adv. Aphoh.

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(léuichées d'elle, sa domination anéantie, il ne lut restait de ressources que dans le courage, les lumières et l'industrie de ses habitants! Si dans les jours de sa puissance, durant la vigueur de ses lois, elle fit de grandes choses, elle semble dans sa vieillesse , si Ton considère la différence des temps, en faire de plus grandes encore. La première , après la mon d'Alexandre « elle s'arme pour l'indépendance de la Grèce. Olympiodore en chasse les Macédoniens, et y rétablit la liberté; Tarchonle Géphisodore forme contre eux une sainte ligue avec les Ëtoliens toujours libres, avec les Rhodiens et les Cretois. Callipe, autre Léonidas, brise, aux Thermopyles, les efforts des Gaulois qui la menaçaient; Cléodemus la purge des Scythes qu'elle taille en pièces. Sylla met le Pirée en cendres; bientôt elle a réparé celte immense perte. Elle demeure fidèle au sénat et à Pompée ; elle ose résistera César.

C'est au milieu de tant de guerres et de lant de calamités qu'elle uuitliplic d'une manière prodigieuse les chefs-d'œuvre qui l'embellissent. Les artistes qu'elle ne se lasse pas de produire remplissent de monuments admirables les villes de Rome, d'Alexandrie, de Jérusalem, de Pergame, de Conslanlinople; nouvelle source de richesses! Les Hiarbrcs du mont Pentélique ont remplacé les mines d'argent épuisées de Sunium. Les écoles des grammairiens, des philosophes, encore existantes au sixième siècle, où le despotisme timide de Justinien les détruisit, attirent dans son sein tous les amis des lettres et des arts. Cicéron va y puiser les principes de la philosophie et de l'éloquence.

C'est alors que les chefs-d'œuvre de ses maîtres ancien» et ceux même de ses artistes vivants, recherches avec un égal empressement par les grands de Rome et par les rois, s'élèvent à des prix qui nous paraissent aujourd'hui prodigieux. Nicias refuse d'un de ses tableaux soixante talents, ou 324,000 fr., et il en fait présent à la ville d'Athènes (i); César place deux tableaux de Timomaque à l'entrée du temple de Vénus QenUrix, et les paie quatre-vingts talents, ou 432,000 fr. (2); le IKadtttnènedePolyclète est payé cent Ulenu, ou 540,000 fr. (3) ; un tableau d'Aristide se vend au même prix de cent talents, ou de 540,000 fr. (4). Quand la ville de Sicyone fut chargée de dettes que ses revenus ne lui permettaient plus d'acquiiler« elle vendit les tableaux qui appartenaient

(i) Plutarch. tnEptcur., c. Tiii. Plin. 1. xxxv, c. xi. (2) Plin. 1. xxiv. (8) Plin. 1. XXXIV, c. VIII. (4) Ces prix étaient relatifs aux fortunes des grands de Rome. Il faut même remarquer que Ton cite peu d'ouvrages d'artistes vivants qui se fussent vendus aussi cher. Au temps de César, le prix moyen d*une statue en marbre, grande comme nature , faite par un artiste de la seconde classe, était d*enviion 12,000 fr. de notre monnaie.

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au public, et le produit de ces beaux ouvrages lui suffit pour se liliérer enlièrement (1).

Enrichie des dépouilles du inonde entier, Rome penchait déjà vers sa ruine; Athènes, Argus, Thèbes, Gorintbe, pillées, saccagées, mais constamment éclairées par les lumières des artistes, acquéraient, au contraire, de jour enjoUr, à cause .de leurs manufactures, une nouvelle célébrité.

Les ravages d'Âlaric peuvent un instant suspendre la source des richesses des Grecs, mais ils ne la tarissent point. A peine Pessaim des Barbares a quitté Tantique patrie du goût et de la liberté, les arts reprennent leurs travaux, et le prévoyant Alaric, devenu gouverneur de rillyrie, demande lui-même aux manufactures de la Grèce des armes commodes et impénétrables, dont il fait revêtir ses nombreux soldats (2).

La Grèce était destinée à être la dernière province qui demeurerait fidèle aux empereurs romains, et les arts devaient être le dernier soutien des finances épuisées de Tempire.

Les Grecs étaient encore, au dixième siècle, les plus habiles fabricants de l'Europe dans tous les genres de fabrication, de même qu'ils étaient les seuls artistes de ces temps malheureux.

Il y avait, à cette époque, quarante villes dans le Péloponèse qui , par le produit de leurs fabriques, acquittaient d^énormes Impôts.

Les manufactures de casques et de Ijoucliers anciennement établies répandaient encore leurs ouvrages dansTOrient; et, grâce au bon goût que les artistes avaient iïxé, ces instrumeius conservaient à peu près, à cette époque, la- forme do casque et du bouclier de la Minerve de Phidias.

La Grèce, enfin, au douzième siècle, était le seul pays de la chrétienté qui possédât le ver à soie, apporté de la Chine au sixième (3), et des ouvriers instruits dans Tart de fabriquer des étoffes, pour lesquelles le luxe de TEurope avait payé longtemps on immense tribut aux Indiens. Les filles d'Athènes filaient et brodaient encore comme Aracbné. Les ouvriers représenUient dans le tissu des plus riches étoffes, dans des tapisseries, dans d'immenses tapis, des fleurs, des animaux, des figures d'hommes et des sujets historiques. Ils composaient des teintures inaltérables. Ils fabriquaient des toiles d'une telle finesse, qu'une pièce entière pouvait se placer dans le creux d'un roseau (4). Les ouvrages enfin des manufactures grecques se transportaient dans l'Italie, dans les Gaules, dans TEspagne, sur les côtes d'Afrique, où les Grecs, les Rôti) PHn. 1. xxxY, c. XI. («) Gibb. t. VII , c. xxx. (3) Procop. De heUo gothico, l. IV, c. XVII. (4) Gibb. t. XIV, p*. 368.

mains, les Goths et les Vandales eux-mêmes se paraient de longues robes de soie enrichies d'or.

G^est ainsi que les arts du dessin, au dernier degré de leur décadence, soutenaient, consolaient encore par les manufactures qu'ils dirigeaient toujours, après les avoir établies, la patrie qui les avait protégés et dont autrefois ils avaient fait Pornement.

Je voudrais parler du commerce des Éginètes, du commerce et des monuments de Palmyre dans le désert; je voudrais, d'une autre part, arriver aux peuples modernes : encore un mot sur les Rhodiens; encore un mot sur Alexandrie.

Rhodes, ai-je dit, faisait le commerce d'économie ; Rhodes faisait le commercé de fabrication. Les Rhodiens portaient à Alexandrie nonseulement des vins de la Grèce, mais des vases, des outils, des meubles, des bijoux, de Targenterie ; telle fut la cause de leur fidélité pour les Ptolémées. Ils vendaient aussi, et dans Tltalie et dans la Macédoine, li'S marchandises de Tlnde, qu'ils recevaient des Grecs établis en Egypte; de là vint leur attachement équivoque pour les Romains, et leur inclination pour Persée.

Quand Homère dit que les Rhodiens étaient chers à Jupiter, et que ce dieu leur avait accordé de grandes richesses (1), il fait évidemment allusion au commerce d'économie, qui répand et met en équilibre dans toutes les contrées de la terre les productions des différents climats. Quand Pindare, dans des vers harmonieux, dit que le jour où les Rhodiens élevèrent un autel à Minerve, il tomba sur l'île une pluie d'or (2), ce poète fait évidemment allusion aux richesses et à Tantiquité du commerce de fabrication.

L'art de modeler des sutues fut lui-même, chez les Rhodiens, une branche importante de commerce. Les négociants en exportaient chaque année une très-grande quantité. Prométhée, emblème du génie qui anime les statuaires, Prométhée, dit encore Pindare, a excité dans l'âme des Rhodiens une noble émulation ; les statues qu'ils modèlent se répandent dans les cités, semblables à la foule des mortels qui marchent sur la terre (3).

Rhodes, Egine, Gorinthe, sont les villes de la Grèce où les arts furent le plus cultivés dans la vue directe du commerce. 11 semble qu'il y ait une différence à remarquer à ce sujet entre ces villes et celle d'Âlhènes. Athènes ne vit d'abord dans les chefs-d'œuvre de la peinture et de la sculpture que le patriotisme qu'ils pouvaient exciter, que les héros dont ils pouvaient enflammer le courage ; mais elle perfectionna les arts et ils

(1) Iliad. 1. II, vers 75 et seq. (9) Pind. Olymp. vu. (3) Pind. ihid.

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Tenricbirent. Athènes, Rhodes, Égine, Gorinthe et encore Sicyone ont fait voir tout ce que peuvent les arts en faveur de Fesprit public, tout ce qu'ils peuvent pour produire la richesse.

En vain, sous le gouvernement de ses prêtres, TÉgyple eût voulu faire le commerce de Tlnde; ce commerce lui aumitété impossible, à moins que sa politique n'eût changé. Elle n'aurait pu donner aux Indiens que des grainsou des toiles, et les Indiens n'en avaient pas besoin ; il eût fallu donner de ]*or, et PEgypte n*eu avait pas. Le centre naturel du commerce fut des milliers d'années sans commerce.

Une révolution qui soumet cet antique pays au génie de la Grèce, en y rendant aux beaux-arts la liberté , y fait prospérer le commerce , y répand de nouveaux trésors.

Un héros s'élance de la Macédoine : il se montre dans la Perse, elle est vaincue; il aborde en Egypte, l'Egypte est à lui. De là son regard pénètre dans les riches contrées de Tlnde, dont les productions , d*une part, arrivent à Tyr par l'extrémité occidentale du golfe Arabique, et se répandent dans la Syrie, l'Afrique et l'Europe; de l'autre, suivant rindus et rOxus, vont péniblement vers le nord, pour revenir ensuite dans le midi(1). En Europe sont les provinces industrieuses, où l'or cir* cule ; au fond de l'Asie, les pays fertiles où il s'engloutit. La conquête du commerce est digne du guerrier et du politique. Il parle : ses flottes, aussitôt créées que voulues, ont descendu Tlndus et remonté TËuphrate, dont les barrières ont disparu. Une ville immense s'élève vers les bouches du Nil. Les Grecs y accourent avec leurs lumières et leur industrie. Là se fera le commerce de l'univers, car l'aigle a vu qu'il doit se faire là. Un homme aura change la face du monde. Magnanime, impétueux, constant, infatigable , également respecté des peuples ennemis autrefois, dont il fit un seul peuple ; rapide conquérant, profond législateur, il a rempli la ten'e de ses exploits^ les mers se soumettront à son empire; il a vaincu d'innombrables armées, il subjuguera lesélé- ^ments. La nation puissante qu'il conduit à la gloire aura conquis tous les lauriers, ceux de la guerre, ceux des sciences, ceux des lettres, ceux des beaux-arts, et les richesses qui en sont l'heureux produit.

L'établissement d'Alexandrie et la domination des Ptolémées sur l'Egypte , en mettant le commerce de l'Inde dans la main des Grecs, non -seulement changèrent la direction de ce commerce, mais en rendirent la balance moins défavorable aux Européens. De même que les modernes ont accoutumé les Indiens à recevoir, en échange ^de leurs

(1) Strabon. 1. xi, p. 509 (édit. 1620); Plin. I. ti, c. XTii; Montesq. 1. xxi,

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