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LETTRE VII

Trèsr-savant, docte, sage, versé dans plusieurs langues, sensé, expérimenté contre le mensonge, prompt k reconnafjlre la vérité, honoré et très-recommandable M. Wilibald Pirkheimer, votre très-dévoué servi-» teur Albrecht Durer vous souhaite toutes sortes de gloires eu Diawulo

(4) Eucharius Karl, prieur des au^usUns.

520 LE CABINKT

lofilo f>eUa ixansa chi tent gare jo vole denegiare cor wosler qae vous pensiez que je suis un orateur; il faut qu'une chambre ait plus de quatre coins pour y mettre les idoles de la mémoire. Je ne veux pas impaxza avec mon capo, et je vous le recommanda^ car je crois qu*il n'y a pas assez de efaambrettes dans la tète pour que vous en reteniez dans chacune quelque chose. Le margrave ne donnera pas une audience si longue, cent articles, chaque article de cent mots, il faudra neuf jours, sept heures et cinquante-deux minutes, sans compter les sotpiri , vous ne pourrez pas les lui débiter d'un seul coup. Item^ j'ai fait mon possible pour les tapis, je n*ai pu en trouver de larges ; ils sont tous étroits et longs. Je cherche encore tous les jours ainsi qu'Antoni Kolb. item, j'ai salué pour vous Bemhard Hirsfogel qui est dans une grande aiDiction, son fils est mort ; je n'avais jamais vu un plus charmant enfant. Ilem, je ne peux pas avoir les plumes de fou que vous demandez. Oh ! si vous étiez ici, vous verriez de beaux lansquenets velches. Je pense souvent à vous, plût à Dieu que vous puissiez venir les voir ; ils ont des runcani avec deux cent dix-huit pointes ; de quelque cAté qu'on en touche un lansquenet, il est mort, car elles sont toutes empoisonnées. Les Vénitiens réunissent beaucoup de soldats, le pape et le roi de France aussi ; je ne sais pas ce qui en résultera; on se moque beaucoup de notre roi. Item, bien du bonheur à Etienne Baumgartner. Je ne m'étonne pas qu'il ail pris une femme. Saluez pour moi Borcht, M. Lorentz et votre jolie servante, de même que notre maîtresse de calcul, et remerciez votre fille de chambre de m'avoir salué ; dites-lui qu'elle est une salope.

Hemy apprenez que mon tableau a bien réussi; je donnerais un ducat pour que vous le voyiez, si bon cl de belle couleur comme il est. J'en ai recueilli beaucoup d'honneur, mais peu de profit. J'aurais bien pu gagner pendant le temps 20:> ducats, j'ai refusé de grands travaux pour pouvoir retourner ; j'ai aussi fermé la bouche à tous les peintres, qui disaient : « Il est bon graveur, mais quant à la peinture, il ne sait pas manier les couleurs. » A présent, tout le monde dit qu'ils n'ont jamais vu de plus belles couleurs. Item, mon manteau français et mon habit velche vous saluent. Vous sentez si mauvais à Nuremberg, que je le sens ici à Venise. On m'a dit que, quand vous allez à vos amours, vous dites que vous n'avez pas plus de vingtcinq ans. Oui-da! multipliez-les, et alors je vous croirai. Moucher, il y a tant de Velches ici qui vous ressemblent, que je ne sais pas comment

cela se fait. liem, le doge et le patriarche ont aussi vu mon tableau. Il faut que j'aille me coucher, il soone sept heures de la nuit. J'ai aussi écrit au prieuTdesaugustins,à mon beau-père, à \ailrilliekin et à ma femme, mes feuilles sont pleines, et avec cela j'ai bâté. Lisez celte lettre selon mon sens. Vous vous améliorerez bien en parlant avec les princes. Bonne nnii et bonjour.

Donné à Venise, le jour de la Notre-Dame de septembre.

//rm, vous ne prêterez rien ni à ma femme ni à ma mère, elles ont à présent assez d'argent.

Albrbcht durer.

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