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SITUATION

Avant d'étudier en détail toutes les parties qui composent un ouvrage fortifié, on doit dire quelques mots des emplacements qu'on regardait au moyen âge comme les plus favorables à la défense.

(i) La plupart des villes ayant en de bonne heure, soit des enceintes romaines, soit des remparts construits sous Tinfluence des arts de Rome , ne s'entourèrent pas de ces fortifications barl)ares, qui furent principalement à Tusagc des seif^eurs ou chefs militaires vivant à la campagne.

En pays de montagnes, on recherchait de préférence une espèce de cap ou de plateau étroit, s' avançant au dessus d'une vallée, surtout si des escarpements naturels le rendaient inaccessible de presque tous les côtés.

Fig. II.

Rarement on bâtissait les châtei^ux sur des cimes élevées ; on préférait les construire à mi-côte, soit pour la facilité des approvisionnements, soit pour ne pas se priver des moyens d'avoir de Feau commodément. On bâtissait même des forteresses dans les vallées» mais c'était, en général, quand elles offraient de ces passages naturels dont la possession assure de grands avantages pour préparer ou pour repousser une invasion. D'ailleurs on était assez indifférent sur le voisinage des hauteurs qui dominaient les enceintes fortifiées, pourvu qu'elles fussent hors de la portée, assez faible, des machines en usage alors, pour lancer' des traits.

En plaine, on choisissait les bords des rivières, surtout les îles et les presqu'îles qu'on pouvait facilem^t isoler, et qui commandaient la navigation.

Faute de rivière, on recherchait le voisinage d'un ruisseau qui remplît lès fossés d'eau, ou bien d'une boue profonde, obstacle tout aussi efficace que l'eau ; enfin, une butte isolée, élevée de quelques mètres, était considérée comme une bonne position, que

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Ton s'efforçait d'améliorer encore en augmentant artificiellement la raideur des pentes. D'ordinaire même on élevait une motte,

Fig. III. Plan du Château-Gaillard (xu* siècle).

ou butte factice, pour y placer le donjon ou la principale tour d'un château.

Fig. IV. Tour de Monllhéry.

Quelques unes de ces mottes paraissent avoir été des tumulus antiques. Il faut bien se garder de généraliser ce fait, mais on

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ne doit pas négliger de le fiigiialer à l'attention des correspondants.

Avant de terminer cet article, nous rappellerons qu'en étudiant la situation d'une forteresse, il est nécessaire de tenir compte des motifs particuliers et des intérêts politiques qui , à une époque donnée, ont pu faire choisir tel ou tel emplacement. A cet effet, il importe de bien connsdtre les anciennes limites qui séparaient les états des différents princes indépendants, et mteie les limites des possessions de leurs feudalaires.

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