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LE MIROIE DES PLUS BELLES COURTISANNES DE CE TEMPS

(Fiffwreft attrlbaéeA à Tirlspln 4e P •§§€.)

Il s'agit d'un volume fort rare; peu d'amateurs ont eu Toccasion de le voir ; il manque dans les cabinets les plus riches , mais il figurait parmi les volumes qu'avait réunis, avec tant de soin et de goût, M. Charles Nodier, et c'est à la vente de cette collection d'élite, vente qui laissera de longs souvenirs dans les fastes de ia biblionranie (1), que nous sommes devenus propriétaires, moyennant la somme de 103 fr., du Miroir des plus belles courlisannes de ce temps ^ très mince volume in-Zi*' oblong de 2ti feuillets, daté de 1635. L'exemplaire de M. Nodier, modestement* relié en veau, avait fait partie de la piquante bibliothèque de Méon, et il

(i) Choisis de manière à contenter Tjiinateur le plus difficile pour le fond comme pour la forme, et revêtus presque tous de reliures parfaites, les livres de M. Nodier ont en général atteint des prix bien supérieurs à ceux qu'obtiennent d'ordinaire les plus beaux exemplaires de ces vieilz et anticqMS volumes. BornonsHious à trois ou quatre exemples : Montaigne^ i58o, armes de de Tbou« 527 fr.; OEutres de Louise iMbé, i556, 34i fr.; CEschole de Salerne^ en vers burlesques, i65i, 2i6 fr.; les Songes drolatiques de Pnntaffruely i565, An fr.

DE i/amatel'u. 311

s'était payé 23 fr. lorsque cette collection fut livrée, en janvier 180/!i, à la chance d*ane enchère bien moins favorable quelle ne Peut été quarante ans plus tard.

Un joli frontispice sert de vestibule à la galerie dans laquelle le lecteur nous suivra, si tel est son bon plaisir. Un jeune cavalier, coiffé d'un feutre arrondi, les moustaches relevées, à la pose hardie, à Toeil animé, est assis devant une vaste cheminée où pétille un feu réjouissant ; la main droite tient une pipe ; son bras gauche repose sur une table, et il tourne la tête pour regarder un miroir que lui présente une femme placée derrière lui : dans ce miroir se montrent les traits assez mignards d'une jeune personne dont une large fraise bien empesée emprisonne le cou ; plus loin, un autre cavalier botté, éperonné, la rapière an côté, montre du doigt à une autre femme une rangée de six portraits assez peu gracieux suspendus à la muraille ; sur la table, une chandelle allumée, un verre, des assiettes ; un chien dort sur le parqueL Sur la nappe de la lable, ie titre du livre est répété en français, en hollandais et en anglais. Peu familier avec cette dernière langue, Tartiste Pécrit fort incorrectement: The doocking-glasSj au lieu de The loohing-glass.

Vient ensuite une triple préface en français, en flamand et en allemand. Nous transcrivons, dans toute son incorrection naïve, la préface française ; les deux autres n'en sont qu'une traduction assez fidèle :

« Messieurs et Dames,

a S'il se rencontre dans quelque lieu des honnestes quelque Femmes de joye qui s'attribue des tiltres empruntés de personne de condition je vous supplie ne m'en attribuer point blasme et croiez que jestime trop la Vertu pour la Calomnier, mon intention n'estant autre que de respresenter les divers changemens des habits et Modes. C'est ponrquoy jay fait ce petit espitre pour satisfaire a la prière de mes amis, plustost que par dessein prémédité ; considérant bien, que ce discours ne sera pas receu de toutte sortes despritz, à cause de nayves représentations de vices, hui s'y voyent comme dans un miroir. Ce n'est pas que jaye dessein d'attirer quelque personne à la desbauche, mais seulement pour achever le dessein de mon livre, qui n'a esté faict qu'a bonne fin et pour servir à des Personnes de nostre art, et à ceux qui veullent voir le Monde sans partir de leur Chambre.

« Faict à Adrianople pour l'Auteur. »

Mi I.F CABINET

L'on trouve, après ce prologue, quarante portraits en bustes, deux par page ; au dessous de chacun, un distique flamand ; sur la page en regard, et pour chaque figure, un quatrain en trois langues. Les vers flamands valent les vers allemands; ceux-ci ne le cèdent en rien aux vers flrançais, et ces derniers sont détestables. Us sont dus sans doute à la plume d'un de ces Germains qui allaient alors à Utrecht ou à Nimègue, afin d'apprendre la langue de Malherbe et de Corneille. Quel qu'il soit, ce poète a gardé l'anonyme ; le graveur a de même caché son nom ; mais le faire, le genre de Grispin de Passe ne peuvent se méconnaître.

Le premier portrait est celui d^un homme ; c'est le seul qui ait été reçu dans ce cercle de mœurs peu sévère ; il est vêtu en berger, il joue de la flûte, il se nomme Goridon. Void les quatre vers qui le concernent :

le suis le Prince du trouppeau.

remmeine TAmoureuse bande, Et pour faire leur douce oifrandc le les conduy soubs mon hameau.

Les trente-neuf autres portraits représentent trente-neuf femmes, dont nous allons reproduire textuellement les noms :

M" Mary C. P.

Mylady of Oxm.

Die schoone Mulmeuyspier (i).

Vrav Anna L.

Die Wijwodin von Dansick.

Karue A. D.

Signiora Isabella.

Schoon Maijken von Brussel.

Schoon Maritgien.

Madame de Vil.

Schoon EIsgien.

Schoon Hester.

Schoon IlTken von Purmerendt.

BeliJ Janss von Wurmer.

Schon Anna Maria von Strasburg

DieHetzgers Katerin von Praeg.

Die Biereis Ket von Francfort

Anna Rosinna von Marpnrg.

La belle Janne d*Aras.

La belle Marotte de Nancy.

Silvia.

Margo la Macreile.

La Belle Dans.

La Paudrlere Macreile.

Madamoiselle F. C. K. Court.

Madamonoselle des E. S. R.

La Bassonpiere ou R. F.

ÎJi belle Barberien.

La belle Anglolse.

Margo la belle Gantière.

Anna la Bavoielte.

La belle Toscanese in Fiorensa.

lû.

La Donna lulliana.

La belle Zauonnare Cour.

lO.

Anna la Vetze.

Madamme de D Y. E.

Madamoiselle de D V. N. V. E.,

âge de 20 annes.

IQ.

M. Margery of Ricbmonde.

Dority her chambermaide.

fto.

(1) Schoone; ail. schàne^ belle.

DE l'amateuk. 313

Doanons quelques échantillons des vers qui accompagnent les portraits de ces belles trop faciles, ei qui donnent parfois de courts détails sur leur biographie :

N* fi.

Assez cauteleuse Je suis; Par mon nom Margot Je m'apelle ; Au m*estier de n'estre pucelle C'est moy qui emporte le prix.

L'on me chérit pour m'a beauté Un prince a saucy de me plaire :

Il m'a donné pour mon salaire Un bien que je n'ay mirité.

Un grand prince a titre du Nord, Des doux Jeux de la belle Anglotsc; Auioiirdhuy que ce Prince est Mort, Bile est vestu a la Françoise.

Mon Père est oit un Portuer d'eau.

Ma Mère cstoit une Fruiilere, Mon nom est la belle Gantière, Mon Courtisan feut un Manceau.

Deutrease en beauté parfalct Natur fit onque un tel lourage.

Par les atralts de son visage.

Trois Princes leur furent sublect.

Je suis belle et de teint vermeil, Mon nom est la belle Chambrière ; En mon mestier Jestott sifiere Qu'on me tenoit pour un soleil.

Je sottlois Porter grand esut, A Dansick d'où est m'a naissance Un Waywod eut sur moy puissance, Mais depuis il me sent ingrat.

Si tu conquestes de mon nom UOn me Cognoist fort a Bruxellc, le huis Seignora l'Isabelle Qu'on a desbauche par un Don.

Cestoit un Jeune homme mardiant.

Qui par un amour déguisée De mon honneur m*a privée; Ainsi me atrappa ce galant.

le servois à un grand logis, Aiosy qu'une Jeune novice.

On Advocat me fit nourrice.

Or a tout le monde je suis.

le suis Fiilie d'un Barbier, Dont mon Perc en mon jeune âge, M'empescheant le doux mariage, le suis venue a cest uiesticr.

le suis la Femme d'un Marchand Bien fort chcry en mon jeusne aage.

Mais un Jeune Amoureux volage De moy gaignia le cœur pourtant.

La rareté de Touvrage dont il est question servira d'excuse à ces cilatioDs, trop étendues peut-être.

La plupart des demoiselles dont Grispin de Passe a buriné les traits ont des figures assez agréables ; elles sont mises avec recherche ; les unes ont la tète couverte d'un petit chapeau coquettement posé, ou bien eUes laissent flotter sur leurs épaules les trésors de leur chevelure ; celles-ci montrent à nu l'ivoire de leur gorge ; celles-là dérobent sous d'amples « colez à fraise goderonnez à dernière mode », l'aspect de tout ce qui se Uronve an dessous du menton. Trois portraits de mères utiles^ placés dans celte galerie, présentent des visages vieux, ridés, d'une expression avide, rusée. L'artiste a fort bien rendu ce type, dont il fait ressortir l'ignoble, sans tomber dans la caricature.

11 resterait à s'enquérir de la portée esthétique de cette œuvre; mats ce point de vue, qui préoccupe fort notre siècle, était bien négligé il y a deux siècles. Nous croyons que le graveur a tout simplement songé à uue spê-

DE l'amateur. Mil

calation dODt la réussite n'est pas douteuse à nos yeux; elle était l)asée sur le scandale, et le scandale est toujours un grand bien. Ces portraits sont'ils de fantaisie ? Sont-ils Timage ûdèle des traits des plus célébrés impures de Paris et du nord de l'Europe en 1635 ? Sous les noms obscurs de quelques prêtresses de Vénus, Tartiste n'aurait-il pas cherché à flétrir la conduite plus que légère de certaines dames du plus haut parage ? Y aurait-il moyen de ressaisir le fil de ces allusions satiriques? Pourrait-on découvrir le nom du bel esprit auquel on a eu recours pour joindre aux images de ces odalisques celte poésie dont nous avons donné des spécimens plus que suffisants ? Ce sont là questions ardues et importantes, problèmes épineux dont nous abandonnons,. p<Hir le moment du moins, la solution aux amateurs parfaitement au fait de la chronique scandaleuse de l'Europe à la fin du règne de Louis XllI, et assez maîtres de leur temps pour pouvoir passer des heures entières devant le Miroir des plus belles Courtisannes.

CL a

VENTES PUBLIQUES

Italie.

Nous eussions bien voulu dire quelque chose de la vente des tableaux du cardinal Fesch, mats tout est singulier, mystérieux et secret dans cette opération. Quelques personnes qui ont fait le voyage de Rome pour assister à la vente que nous avons annoncée dans le temps , sont revenues fort désappointées. Ici on annonçait un catalogue que Ton demandait en vain là bas, les tableaux étaient tous d'un ordre secondaire à trois ou quatre exceptions près, Tépoque assignée d'abord pour la vente a été reculée sans avertissements préalables; bref, tout est obscur et douteux dans la manière dont cette opération est conduite, et il en court les bruits les plus étranges. Maintenant, vu rimpossibilité bien constatée de vendre avantageusement à Rome les parties les plus importantes de cette inunense collection, il parait décidé que des ventes partielles auront lieu en France et en Angleterre. Il est bien certain que les tableaux de Técole de Bologne, par exemple, ne peuvent se vendre nulle part avec plus d'avantages qii*à Londres où ils paraissent jouir d'une faveur marquée.

Quelques marchands revenus les mains vides ne laissent pas de foire croire à de nombreux achats. Nous aurons donc cet hiver des ventes de tableaux « provenants de la célèbre collection du cardinal Fesch » ; nous n'avons pas besoin d'avertir les amateurs de se tenir sur leurs gardes, ces ruses grossières ne s'adressent qu'au public, et rien malheureusement ne saurait l'en préserver.

Il nous est pourtant revenu quelque chose de Rome cette année, quelque

DK l'amateur. 347

choee Gomme quarante mille estampes de toutes les écoles, réanies également inr le cardinal Fesch ; mais il ne faut pas trop rêver là dessus. Les trois cents portefeuilles, je crois, qui contenaient cette collection ; embarrassaient singulièrement les exécuteurs testamentaires du cardinal qui n*en savaient que faire, ils proposèrent d'abord à l'expert chargé de rédiger le catalogue des tableaux, M. George, de les lui abandonner comme rénumération de sa peine , mais M. George ne voulut pas en entendre parler. D^autres personnes les virent sans un meilleur résultat. EnGn, un libraire de Gaen qui se trouvait à Rome par aventure, avec cette heureuse hardiesse que donne souvent Tignorance du danger, après avoir toisé la partie, calculé ce qu'il serait possible d*en retirer au poids,et s'être dit qu'après tout les quarante mille estampes devaient bien valoir au moins vingt-cinq centimes la pièce, acheta le tout pour onze mille francs. Maintenant notre homme, revenu en France, couve son trésor avec amour, cherche partout des catalogues de ventes avecprix^ et sans savoir en rien en quoi consiste la beauté d'une épreuve, il rêve sur son acquisition une fortune magnifique.

Cette collection^ bien connue de quelques marchands anglais qui s'étaient rendus à Rome pour la voir, ramassée, sans soins, comme l'immense quantité d'objets d'art que possédait l'illustre amateur , plutôt au point de vue des peintres qu'à celui des graveurs, ne contient rien de remarquable, nous a-t-on dit, sur les trois cents et quelques volumes dont elle se compose, un seul est précieux, celui qui renferme quelques estampes des vieux maîtres Italiens. Il est difficile à penser cependant que cette immense collection, formée il y a cinquante ans, dans les circonstances les plus favorables, ne contienne absolument rien de remarquable.

En exécution de l'une des clauses du testament du célèbre cai'dinal Ercole Gonsalvi, mort en 1824, on va procéder à Rome à la vente publique de la collection des tabatières que ce prélat , pendant sa longue carrière diplomatique, a re<;ues en présent des souverains de l'Europe. Cette vente occupera probablement beaucoup plus la haute société de Rome que celle des tableaux du cardinal Fesch. Qui ne serait jaloux, parmi la ibule d'ambassadeurs qui habitent la capitale du monde chrétien, de posséder un de ces gages précieux de l'habileté que déploya le célèbre négociateur au conclave de Venise, à Paris, à Londres et à Vienne. Ceci est certainement de la haute curiosité.

Ces tabatières sont au nombre de vingt-sept, et parmi elles se trouve celle que Napoléon Bonaparte, alors ["consul, donna au cardinal Consalvi, en 1801, lors de l'échange des ratifications du concordat que ce prélat avait négocié et signé comme représentant du pape Pie Vil. Les diamants seuls dont cette tabatière est garnie sont estimés plus de 30,000 fr.

:H8 le cabinet

Le produit de cette vente a été destiné, par le testateur, à la restauration des façades des plus anciennes églises de Aome. Cette disposition est certainement un fait nouveau dans les fastes de Thumilité et du détachement des princes de PEglise romaine au dix-neuvième siècle.

L^été, d'ordinaire assez nul ches nous sous le rapport des ventes d'objets d^art, n'a pas laissé de fiioniir son petit scandale qui servira parfaitemesl d'introduction aux ventes de cet hiver. C'est encore de M. Gh. Paillet qu'il s'agit. M. Paillet fatigue la critique â le suivre. Espérons cependant qu'il n'en sera plus question désormais, et que mieux renseigné sur son étrange aptitude , il ne lui sera plus permis de jeter au vent, sous le titre spécieux d'expert honoraire des musées royaux^ ce qui ne signifie absolument rien, soit les deniers d'une commune comme dans l'affaire des tableaux de Montpellier, soit ceax d'héritiers souvent nécessiteux comme dans la vente des Batignolles dont nous allons parler. En racontant simplement des faits qui parlent eux-mêmes, nous éviterons tous commentaires: ils seraient trop fâcheux.

Dans le courant de juillet dernier, M. de Claussin, un amateur célèbre depuis long-temps, mourut à Batignolles où il vivait complètement inconnu. Les. apparences misérables de son Intérieur n'éveillèrent en rien l'attention dn greffier de la justice de paix qui apposa les scellés. Cependant lorsqu'il s'agit, un dimanche matin, de vendre aux enchères le modeste mobilier, comme il y avait quelques cartons remplis d'estampes et de dessins , cet officier public crut devoir prévenir et se faire assister par un ami du défunt, M. Ch. Paillet, qui seul était venu le visiter quelques jours avant sa morL M. Paillet le confirma dans le peu de valeur de ce qu'il y avait à mettre en vente, et conseilla même de supprimer le nom de M. de Claussin, sur l'annonce qui devait être faite dans le petit journal le Gratis. comme entièrement inutile. Heureusement que cet avis ne fut pas écouté, et l'annonce de cette vente, qui seule apprit à quelques personnes la mort du propriétaire, éveilla l'attention de deux marchands, MM. Defer et Guichardotqui, bien que la vente se fît un dimanche et dans un endroit assez éloigné, ne laissèrent pas de s'y rendre. Voici ce qui eut lieu.

Après la vente des effets mobiliers , M. Ch. Paillet, expert honoraire des musées royaux^ mit sur table un premier lot de paperasses et de

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dessins qui fat adjugé à M. I)efer pour 100 fr. Il contenait une estampe de Rembrandt, n. 363 du catal. de Bartsch, qui avait été acquise par M. de Claussin, en 1836, an prix de 560 fr. (22 livres 10 schel. vente Rob. Dumesnil) ; un assez grand nombre de dessins de Greuze, Huet, Boucher, etc., des eaux-fortes gravées par M. de Glaussin lui-même et du papier.

Le deuxième lot, aussi adjugé à M. Defer au prix de 157 fr. contenait : La Petite Filie au chien de Porporatl, épreuve avant la lettre (cette estampe vaut 200 fr.) Deux ,études au crayon de N. Berghem, vendues depuis ZiOO fr. par M. Defer, plus un grand nombre de dessins de maîtres français, d^estampes et de paperasses comme dans le lot précédent.

Le local où se faisait la vente était si petit et le nombre des Auvergnats et des revendeurs si grand, que les marchands n'avaient presque pas eu le temps d'examiner ce qu'ils achetaient; cependant quelques pièces du troisième lot le firent examiner plus attentivement. Mis sur table à /iO fr., il monta bientôt à 1,500 fr. , et fut adjugé à 2,000 fr., plus 10 pour cent applicables aux frais, soit 2,200 fr., encore à M. Defer.

Voici ce qu'il contenait :

N. Berghem. Deux grands dessins de ce maître, l'un gravé par Visschet dans la suite dite des Ànesl

J.-J. DE BoissiED. Le Foyer. Dessin capital gravé par de Boissieu.

Du même. Un autre dessin très terminé et une tête d'étude.

S. DE Brat. Un dessin.

G. DusART. Un dessin.

Van Romyn. Étude d'animaux. Dessin capital.

J. LiVENS. Un paysage.

Rembrandt. Un grand dessin maintenant au musée du Louvre, production capitale.

Du même. Étude à la sanguine pour la grande mariée juive.

Du même. Le portrait de la mère de Rembrandt, aussi à la sanguine,

Ad. Van de Velde. Un dessin capital maintenant au musée du Louvre.

Enfin beaucoup de menues gravures, et environ une centaine de feuilles de papier blanc. — Ge lot, mis sur table à UO fr., et vendu 2,200 fr., ne laissa pas de produire un certain effet; M. Paillet, confus, déclara qu'il n'avait pas ouvert le carton , le supposant tout-à-fait insignifiant. Au moment de l'adjudication, un spectateur ramassa à terre un papier : c'était une quittance de 900 fr. payés à M, de Boissieu pour le dessin jotilulé le Foyer, Le commissaire-priseur voulait suspendre la vente; après quelques observations, elle continua.

Environ guatre-vingls études H dessins terminés de J.-J. de Fîoissîeu

3tO LE CABINET

forent vendus en quatre lots, tons adjugés à M. Guichardot« qui produisirent 800 fr.

Le huitième lot, encore composé de dessins et d^estampes, adjugé 300 fr. à M. Defer, contenait entre autres pièces un dessin à la plume et lavé par Adrien Van de Yelde, qui est maintenant ao musée du Louvre ; ce dessin, qui avait été vendu 850 florins (environ 1,800 fr.) à la vente de M. de Bosch, en 1816, est gravé dans la collection des fac-similés de Ploos Van • Amstel, publiée par Josi.

Enfin, un dernier lot, sur lequel nous n'avons aucuns renseignements, a été adjugé pour 100 francs à M. Paille t.

Avant la vente des dessins et des estampes, les chaudronniers s'étaient partagé déjà la suite des planches gravées par M. de daussin, d'après les estampes de Rembrandt, Potter, Boissieu et autres, au nombre de plus de cent ; — les planches originales d'une suite de paysages gravés par de Boissieu, et une autre planche, également originale, le Vacher^ par Paul Potter.

On pense les colloques que dut soulever cette opération, car la collection de dessins précieux que possédait M. de Glaussin était loin d'avoir passé sous les yeux des marchands qui se les rappelaient les uns après les autres, le greffier intéressé s'enquit de ce qu'ils pouvaient être devenns et M. Paillet s'empressa de déclarer qu'il y avait encore un portefeuille de dessins qui lui avait été donné par son ami avant sa mort, qu'il les croyait de peu de valeur, mais que si cette donation n'était pas raliiiée par la famille, il le remettrait immédiatement à sa disposition.

C'est ce carton, contenant quatre-vingts dessins qui se vendent au moment où nous écrivons ces lignes, qui nous donnera l'occasion de nous étendre un peu plus sur M. de Glaussin sans nous occuper davantage de M. Ch. Paillet, car que nous importe Vexperl et sa grossière ignorance lorsque les dessins nous reviennent, bien et dimient catalogués, annoncés comme ils le méritent, se livrer publiquement aux enchères des précieux amateurs qui les couvrent d'or.

Nemo.

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