COURONNEMENT, CRÉNEAUX, ETC
Les créneaux sont des espèces de boucliers en maçonnerie élevés sur un parapet et espacés les uns des autres de manière à (îouvrir les hommes qui bordent le rempart, et à leur permettre de se servir de leurs armes dans les intervalles qui séparent ces boucliers.
L'usage des créneaux est fort ancien, et dès le temps d'Homère on leur donnait différents noms qui semblent indiquer des variétés de forme et de destination (1 ).
servir du bélier. En effet, contre l'angle saillant, le bélier ne pouvait guère faire brèche, et, sMl était dirigé à droite ou à gauche de cet angle, les hommes qui le manœuvTaicnt prêtaient le flanc aux traits des assiégés.
(i) Kp6<T*ia; (lèv wjpyur^ epwv, xai Ifeiirov êTrdcXÇeiç. (FI, XII, a58.)
Fig. XLY. Pu) te romaine Urée (ruiic luusaïque aiUique du musée d'Avignon.
En général , ils sont rectangulaires , assez élevés au dessus du parapet pour couvrir un homme, et espacés suivant la nature des armes employées à l'époque où ils furent construits. D'ordinaire, le vide entre deux créneaux est moindre que la largeur de Tun d'eux.
Fig. XLVI. Créneaux d'Avignon.
A des époques même assez anciennes , on a donné aux cré-
Fig. XLVir.
neaux des fomies variées. On en voit dont l'amortissement est en
Ogive, ou décrit par une courbe quelconque ;
Fig. XLVIII.
d'autres, et surtout dans les pays où l'influence arabe s'est fait sentir, sont dentelés ou découpés de différentes manières.
Fig. XLIX.
Fig. L.
On en voit aussi qui sont couronnés par une espèce de pyraroidion ,
Fig. M.
DE l'amateur. 329
ou qui portent un rebord saillant ou une sorte de corniche.
Fig. LU. Créneaux du palais de Justice à Paris.
Vers le commencement du quatorzième siècle, et peut-être avant cette époque, on perça des meurtrières dans les créneaux, sans cesser pourtant de les espacer.
Fig. LUI. (Créneaux du château de Beaucaire.
MOUCHARABYS, MACHICOULIS.
Les portes et les fenêtres placées à une hauteur où l'escalade était possible, furent défendues de bonne heure par des balcons munis d'un parapet élevé et à jour dans la partie inférieure.
LK CABINKT
Fig. LIV. Moucharaby (le rcnceliuc d'Algues-Moites.
Fig. LV. Porte Iniéricure de Tliôlel de Sens, à Paris.
Fig. LVI. Mouclinraby de Thôlcl de Sens.
DE l'amateuk. 331
De là on pouvait lancer à couvert des projectiles sur les ennemis qui tentaient de pénétrer par ces ouvertures. Nous avons donné déjà le nom de vwucharaby à ces balcons , qui paraissent empruntés à TOrient. Bientôt on imagina de les multiplier et iVeu garnir tout le haut d'une muraille. On les appelle machecmlis ou mâchicoulis lorsqu'ils forment ainsi un système de défense continu. L'emploi n'en devint général qu'au quatorzième siècle. On en trouve cependant des exemples un peu plus anciens.
La plupart consistent en un parapet, souvent crénelé, et porté sur une suite de ('orl)eaux (»u de consoles, mt'^lioc rement espacés^
Fig. LVII. Coupe d'une mâchicoulis A Rempart.
B D Console.
C Créneaux.
Ailleurs, une espèce d'arcade jeté(> entre les contrevforls extérieurs d'un rempart supporte le parapet, et tout l'espace vide compris entre deux contre-forts pouvait servir à jeter des projec-
Fig. LVIII. Mâchicoulis (ic la BustilU*.
A Mâchicoulis.
B Créneaux.
tiles considérables, tels que de grandes pièces de bois. On voit au château des papes à Avignon, et dans le bâtiment de Tévéché au Puy, des mâchicoulis disposés de la sorte.
Fig. MX. Maclilcoulis du cliâteau des papes à Avignon.
DE i/amaïeuk. 333
La fonne des arcs qui unissent quelquefois les consoles ou les contre-forts et qui forment l'ouverture verticale des mâchicoulis, ou, à leur défaut, romementation qui rappelle ces arcs, peut, dans beaucoup de cas, indiquer avec quelque précision Vépoque à laquelle ils appartiennent. D'abord ces arcs sont en plein cintre,
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Fig. LX. Mâchicoulis <lc l'encciAteJd'Avignon.
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Fig. LXI.
puis en ogive en tiers-point,
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Fig. LXII.
ensuitt.' n\ ogive à fîoiitre-courbe,
Fig. ÏAHI.
rnfin ils reviennent au plein cintiv.
FIg. LXIV. Mâchicoulis du cliâlcau de Mehuii.
Souvent les mâchicoulis reçoivent des moulures et des sculptures, et deviennent dans les constructions civiles un simple motif d'ornementation.
•^1.1 \h\ m 1 1 1 viii'ii I II \m mw mm\ mmnm mm u o i|r:' If ri? Fig. LXV. Mâchicoulis de la rue Saint-Sauveur, à Paris.
DE LAMVTEin
Fig. LXVI. Mâchicoulis de la porte de Joigiiy. HOIRDS.
En cas de siège, pour augmenter la liauteur des tours ou pour suppléer à Tinsuffisance de leurs couronnements, on élevait des échafauds en bois sur lesquels se tenaient les hommes d'armes. Dans beaucoup de forteresses anciennes, des trous ou des corbeaux, disposés dans la maçonnerie de distance en distance, paraissent avoir servi à soutenir ces échafauds, (|ue l'on plaçait aussi, comme il semble, k l'extérieur des murailles qui n'avaient point de mâchicoulis. C'est peut-être à ces charpentes improvisées que les mâchicoulis en pierre ont dû leur orFgine. Le nom de ces échafauds était howd, hnrdel, en latin hwdîcium (I). Le verbe hurdare exprime l'action d'employer ce moyen de défense.
(i) Du Gange traduit à tort, ce nous seinl)Ie, le mot llwdicium \^d^vCratisUgnea qua obducebantur mœnia, ne ab arietibus lœderenlur. Les citations suivantes peuvent indiquer plus exactement le sens de ce mot.
Hurdari turres et propugnacula , muros
Sulitus fulciri facit (Phil.)
Les mots propugnacula cl tuires indiquent des échafauds placés au sommet des remparts, très différents des dispositions de défense de la partie liasse dos murailles, ^fay^ff en dessous,
« Attornati sunt t^ hominos ad unum quemque quarnellum custodiendum et • hurdandum, * (Charte citée par Du Gange, voyez le mot Uurdicium.)
Par trois fols fut évidement nionstréc (la sainte N'éroniquo) A tout le peuple en moult granl révérence. Par un évesquc sus un hourl à l'entrée De Saint-Pierre.
(Salnt-Gelais. V. Du Cangr : Uurdicium.)
hourds,
de fortificatiST
{montré un ex^nple de ces ^nter également ce système J)lissait en temps de siège.
Fig. LXVII. Enceinte de la ville de Moulins.