‹ Le Cabinet de l'amateur (volume 2)Chapitre 34 sur 54 · DES PORCELAINES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

DES PORCELAINES FRANÇAISES

RoUEM. On ne connaît que deux spécimens des produits de celte manufacture, l'un au musée céramique de .Sèvres, l'autre che/ Pottier ; ils sonl sans marque.

1! ne nous est rien parvenu qu'on puisse atlri- Lucr avec certitude à Chaillot et Passv.

Saint-Cloud, sous la direction des frères Cliicanneau, adopta , pour marque de ses pièces, un soleil grossièrement tracé en bleu. Il est probable qu'ils ne firent usage de cet emblème du grand roi qu'après l'obtention du privilège de 1702.

Plus tard, les nouveaux directeurs, Gabriel et Henri Trou , adoptèrent la marque ci-contre : {.Saint-Cloud Trou), tracée aussi en bleu, et, le plus souvent, à la pointe dans la pâte, sous la couverte, avant la cuisson.

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Lille. Nous plaçons ici, pour mémoire, la manufacture qui aurait été établie dans cette ville, en 1708, par des ouvriers hollandais, et reprise, en 1722, par les frères Bartbèlemy et François Doré. Nous pensons même, d'après les termes du privi lége dctix fois renouvelé de la manufacture de Saint-Cloud , qu'il ne peut être question à cotte époque, à Lille, que de faïences imitant la porcelaine, dans le genre de celles deDeIft.

l'Jl

Nous ne connaissons vien non plus des essais de porcelaine tentés dans quelques laboratoires privés, comme ceux, par exemple, du duc de Bourbon, à Chantilly, et du comle de Clermont, à Paris, entre 1720 et 1727.

La succursale de Saint-Cloud établie, dans le faubourg Saint-Honoré, pnr Marie Moreau, n'a pas non plus de marque particulière.

Les échantillons de la porcelaine de Réaumur {verre dévitrilié), dont on a tant parlé, ont aussi complètement disparu.

CH4NTLLLY. La manufacture établie, vers 1735, sous la direction de Ciroux, par les frères Dubois ,

ouvriers échappés de Saint-Cloud, prit pour marque un cor de chasse, tracé soit en rouge, soit en bleu. Quelquefois la lettre P est jointe à la marque ordinaire. 22.

MepïEcy-Villeeov. SLinufacture <jui est probablement la même que celle connue sous le nom des Petites-Maisons, îouAé.Qfur m ^ ^ Barbin, en 1735. Elle a pour P J; XX marque un D et un V, initiales 23.

du nom de son protecteur, le duc de Villeroy, tracés dans la pâte, sous couverte, avant lacuisson. Les initiales du nom du direeleur sont quelquefois ajoutées au pinceau en bleu. .lacques Jullien eu devint directeur vers 1775.

^ M. N'». M. Impl^

HT. iJx^.cr ry^yreJ Sèvres. de Sèvres.

SÈVBES. Rien dans les marques des manufactures qui précèdent ne peut servir à établir la date de la fabrication de la pièce. Il était réservé à la manufacture de Sèvres d'adopter un système de inarque qui permît de classer ses produits, aimée par année. Nous disons .Sèvres ; on sait, de reste, que c'est à Vincennes d'abord que cette manufacture a été établie. Les premiers essais des frères Dubois, avant 1745, ne portent pas démarque. Ce que l'on désigne sous le nom de Vieux-Fincennes peut s'entendre et de ces produits sans marque, et de ceux faits pendant que Boileau était caissier, ou pour mieux dire di- * recteur, de 1745 à 1753. Vers la fin de cette dernière période, la manufacture adopta pour marque les deux L ini-

tiales du nom de Louis XV que nous donnons cicontre; aucune lettre ne prend place encore au milieu de ce chiffre, mais bien un ou plusieurs points groupés ensemble, et aussi parfois une fleiade lis.

En 1753, après la mort d'Orry de Fulvy, la société fut reconstituée sur de nouvelles bases ; le roi Louis XV y contribua pour un quart du capital, et, pleine d'assurance sur son avenir, la manufacture plaça successivement, chaque année, au milieu des deux L, une des lettres de l'alphabet, en commenèant par l'A, comme si elle voulait qu'on pût facilement constater t^^^A.j\, sa marche progressive dans la carrièrequi s'ouvrait devant elle.

A désigne donc l'année 1753, B l'année 1754, et ainsi de suite, jusqu'en 1777,

où, les vingt-quatre IcHres de l'alphabet épuisées, on recommença en doublant les lettres. AA placés au milieu du chiffre indiquent l'année 1777; BB, 1778, etc. Cette manière de marquer la porcelaine cessa en 1793.

La translation de la manufacture du chûteau de Vincennes à Sèvres, en 175G, son rachat par Louis XV, en 1760, n'introduisirent aucune modification dans la marque.

Les marques n" 4, 5, 6 et 8 indiquent la période républicaine; les deux lettres RF sont souvent réunies au mot Sèvres, n» 7. Kous possédons une jolie petite tasse j)âle tendi s, décorée d'emblèmes révolutionnaires et de la légende KEC PLVS A L- TRA, où se trouvent réunies les marques n" .5 et 7, perlant au-dessous du mot Sèvres les deux R qui désignent l'année 1793.

La manufacture royale a tonjours tracé sa mar-

que en bleu au pinceau. Sous la république, on s'est servi du bleu, du rouge, et, dans quelques occasions, du vert. La marque ronge est ordinairement placée sur la pâte dure; la marque n" 3 est indiquée comme avant été placée exceptionnellement sur les pièces d'un service fait pour therine IL

La fabrication de la porcelaine pâte dure commenra à Sèvres en I7G8: celle de la pâte tendre cessa en 1804.

Les autres marques indiquent assez clairement les périodes de notre histoire moderne, sous lesquelles ont élé fabriquées les pièces qui les portent, pour qu'il soit nécessaire de nous y arrêter.

l'impératrice Ca-

Sceaux-du-Maine ou Sccaux-Penthiè\re. Manufacture établie par Jacques Chapelle, en 1749; employait la marque n° 24. Elle était située ' eu face du Petit-Château.

Stbasi!OUI\g. Manufacture établie par Jean ou Joseph llannung, que le privilège de Sèvres lit transporter à Frankenthal. Nous a\'ons ^ai sa marque 1 n, sur une tasse d'une pâte opaque, à couverte semblable à celle des poteries dites faïences (le Perse, qui semblent occuper irae place intermédiaire entre la faïence et la porcelaine.

OiiLÉANS. Manufacture royale établie en 1753 par arrêt du Conseil. " On y fait des plats, des soupières, des assiettes et des tasses à café, et tout ce qui concerne le service. On y fait aussi des groupes, des figures, des vases pour les surtouts, et des garnitures do cheminées en biscuit et eu couverte ; des flein-s de toutes espèces pour les bras de cheminées et les lustres. Tout ce qui sort de cette manufacture est généralement estimé.

« M. Gcrault, directeur et propriétaire dans la rue du Bourdon-Blanc. »

{Ahnanach (jén. des Marchands.)

Cette belle nianufactiu'e, protégée, dit-on, par le duc d'Orléans, établie sur un excellent pied commercial, a beaucoup produit pendant le xviii' siècle ; en nâte tendre d'abord, en pâte dure ensuite, elle marquait ses pièces au /nmftf/ d'Orléans.

TouBKAV. Manufacture de porcelaine tendre qui a joui longtemps d'une réputation méritée. Klle employait déjà soixante ouvriers en 1752; plus tard, en 1762, ils étaient au

nombre de deux cent i<>. s,, quarante. Lorsque la ville de Tournay fut détachée de la France, en 1815, une fabrique fut élablie à Saint-Aniand. La marque la plus connue est celle n- 50; l'autre, plus rare, lui appartient également.

Le duc d'Orléans, avec l'aide de Le Guay, ouvrier porcelainier, et du chimiste Guettard, a fait, après 1750, dans ses laboratoires de .Sainte- Geneviève et de Bagnolet, des essais de porcelaine dure avec le Isaolin d'Alençon qui n'ont pas été conservés.

Le comte de Laubacais fit aussi, eu 1765, des essais de porcelaine dure, en collaboration avec Darcet et Le Guay, ancien ouvrier du duc d'Orléans, qui lui avait apporté ce qu'il savait des secrets du prince. Ces échantillons, autour desquels on lit un grand bruit, sont très-rares. Nous avons vu un bas-relief en biscuit, un médaillon, qui portait au revers les initiales du comte; B L [Brancas-Lauraguis) en letires capitales cursives, tracées à l'ébauclioir. Horace Walpole possédait eu ce genre une figurine, leBacchusde Blichel-Angc, qui venait, dit-il, de la collection du conile de Caylus.

Limoges. « Manufacture de porcelaine dure, élevée par M. Grellet, que monseigneur le comte

d'Artois a mise sous sa protection ; choque pièce de porcelaine est marquée C. D. Le degré de sa perfection procura à l'entrepreneur une exemption des droils à la circulation dans tout le royaume, même à la sortie pour l'élranger, par un arrêt du conseil d'État du 15 novembre 1774.

c( Ledit sieur Grellet, encouragé par le ministère, ne s'est pas contenté de faire part aux fabricants du royaume des lumières que ses expériences lui ont procurées; il leur fournit des matières toutes préparées, nommées pâtes et couvertes, avec lesquelles tout curieux peut faire de très belle pcrcelaine. Il a fait construire en conséquence deux moulins à eau qui, chacun avec dix meules tournantes en vingt pilons, écrasent et broient les matières combinées pour la fabrication de la porcelaine; l'économie de la main-d'œuvre procure à l'entrepreneur la fourniture de presque toutes les fabriques du royaimie, même de plusieurs étrangères. »

{.'llmanach fféiwral dit commerce.)

AIabseille. Honoré Savy, fabricant, marquait ses produits d'un il. Il y avait, dons cette ville, une autre manufacture dirigée par G Robert.

NiDEHViLLEE , près Sarrcbourg. Jlanufacture de porcelaine dure, (tablie par le baron de Beyerié et dirigée plus tard par le comte de Custine. On attribue la marque n" 5G à François Lanfray, dernier directeur à la fin du siècle. Lesbiscuils dits de Kancy étaient probablement cuits dans cette manufacture.

Etiolles. Manufacture de porcelaine tendre établie par MonnierenI 766. On lui attribue la marque n" 25. Cette %

fabrique ne parait pas avoir eu une longue existsnce; ses produits sont rares.

BouBG la-Reine, près Paris. « Manufacture de porcelaine et de fa'iencc; ou y fait tout ce qui est relatif ou service, des vases, des fi- -rj -r) gures et des groupes qui ne sont pas Jj i\> sans mérite, et qui plaisent beaucoup, 2^surtout aux amateurs qui ne jugent pas des ouvroges sur le prix qu'on les vend. Entrepreneur de la monufacture, M. Jacques. »

i.-llmaïuick gén. du Comm.)

Étabbe en 1773; marque n° 20.

Valenciennes. Porceloinc dure , manufocture établie sur la lin du xviir siècle. Marque brune

peu lisible, et aussi en bleu et en toutes lettres :

— ■VALE^'CIEN.

Areas. Manufocture de porcelaine tendre établie en 1782, « sous la protection de Messieurs des États, » pour faire concurrence à celle de Tour- jfg nay, n'a existé que pendant peu d'années. Marque n» 49.

Lille. Porcelaine dure établie en 1785 sous la protection du Dauphin. Lepèue en avait obtenu le privilège en considération d'une application nouvelle du charbon de terre oucbauffagedesfours.On conserve au musée céramique de Sèvres une tasse portant au revers de la soucoupe : FAIT A Lille en Flasdiie.

CciT AU CHAEBON DE TEEEE. 1785; d'aulrcs sont signées : Lille.

Les pièces marquées au Dauphin n" 48 sont fort rares.

Paeis. C'est à Paris, dans ses faubourgs et dans sa banlieue, près du centre du luxe et du commerce, que s'établit le plus grand nombre de manufactures. Elles combatlirent vaillamment contre le privilège de Sèvres, qui les empêchait de dorer leurs produits. Condamnées d'abord, elles cherchèrent un refuge dans la protection des membres de la famille royale, et on les vit, sous l'inlluence de la jeune cour, de la reine Marie-Antoinette, du comte de Provence et du comte d'Artois, frères du roi , du duc d'Orléans, et même du jeune duc d'An goulênie, rivaliser d'élégance et de richesses.

Celle que nousdevons nommer la preniièrecst la manufacture de purce/ainediire dite de la Heine, établie rue Thiroux, sous la direction de M. Le Rœuf.On y fabriquait, comme à Sèvres, toutes sortes de vases de service et de décoration, mais on n'y faisaitni groupes, ni figures. Chaquepièce était marquée d'un A couronné; elle avait son dépôt chez Crangez, bijoutier de la reine, quai Conti. Les terres employées arrivaient toutes préparées de la manufacture royale de Limoges.

La maiiufactvre de Monsieur, à Clignancourt, avait un entrepôt à Paris, chez son directeur, de Ruelle, rue des Petits-Champs, ou coin de la rue Chabannais. Établie en 1771, elle se plaça sous la protection de Monsieur, comte de Provence en 1775; la marque de sus ouvrages, qui était d'abord une espèce de moulin à vent, n» 27, fut remplacée

alors par un M couronné. Les pièces ordinaires sont marquées d'un chiffre entrelacé, peu lisible, n" 2!)

En 1785, la manufacture de Clignancourt employait i]uatre-vingt-c|uatorzc ouvriers. Comme la précédente , elle tirait sa pâte et sa couverte de la manufacture de Limoges.

« La manufacture de Monseigneur te comte d'/Irtois est rue St-Denis, n" 25, dit VJlmaiiach général du Covimerce^ qui nous sert de guide ; sou entrepôt est sur le quai des ^ ^ Tliéatins. Ses pièces sont égale- v'Vr ment marquées du cliiffre de ce prince. » Un autre écrivain, Tliiery, ajoute : « Le sieur Ilannuug, Stras- iibourgeois, qui a apporté en France le secret de la porcelaine dure, en forma le premier établissement en 1767.

« Cette manufacture, ayant obtenu la protection de monseigneur le comte d'Artois, est sous le nom de ce prince. Elle appartient actuellemcnt(I785) à M. Bourdon des Planches, qui conliuue la fabrication de la porcelaine dure, et qui fait toutes ses cuites au charbon de terre, soit brut, soit épuré; et c'est encore la seule manufacture de ce genre qui ait lait usage de ce combustible. »

La manufacture du Pont-aux-Choux , fondée par Outrequiu et Toulouse, était sous le patro-

nage de Louis-Pbilipp . -.loseph, duc d'Orléans. Ses marques diverses n"» 42, 43 et 44, sont également composées du chiffre de ce prince.

Les produits de la manufacture de Dhil et Guerhard, rue de Bondy, n° 22, counus sous le nom de porcefqine dic duc d' Àngoulesme, portentles marques n"MOet

« Bornés par le terrain, dit Thiery, ces entrepro ■ neurs ne peuvent employer qu'un cerlaiu nombre d'ouvriers, qui ont peine à suffire aux demandes du

public. On y trouve des services complels et beaucoup d'échantillons. Les magasins y sont bien assortis de marchandi cs , et l'on peut y compléter promptement les commandes. Nous pouvons assurer n'avoir vu nulle part des choses plus linies et de meilleur goût, taut en modèles, figures, fleurs et vases de formes antique et étrusque. i\hM. Guerhard et Dhil tirent leur terre brute de Limoges et la font préparer dans leurs ateliers, oc qui les met à portée d'avoir toujours le même blanc. »

Les manufactures les plus importantes sont ensuite celles de M. Locré , dite de ta Courtille, établie en 1773. La marque qui figurait deux torches prit, peu à peu, la forme de deux llèclies, ou plutôt, dans un but qu'il est faeih de deviner, celle des deux épées de Saxe.

La manufacture du Gros-Cailluii, dirigée, 1 7 73, par Advenir Lamare. Ses produits portent la marque n°3L Elle n'était probablement que la suite de celle fondée en 1 762 par Broillet. Si.

Ceux de Charles Potter, rue de Croussol (1789), désignés sous le nom de porcelaines du prince de Gattes, sont souvent marqués Potter en toutes lettres.

Il y a toujours eu au faubourg St Antoine de nombreux établissements céramiques. Les porce-

iS.

lainiers y installèrent leurs fours en 1 773 ; nous citerons, par ordre de date, les fabriques suivantes;

1773. iMorelle, marque n° 33.

Id. Souroux, marque n° 34.

1774. J.-B. Lassia, marques n™ 35 et 36. 1784. Henri - Florentin Chanou , marques

n™ 37 et 38.

Nous oublions sans doute quelques manufactures à Paris et dans les provinces, niais l'intérêt de curiosité qui s'attache à la connaissance des marques diverses de leurs produits est récent; ce n'est que graduellement qu'il sera complètement satisfait. Nous y reviendrons avec l'aide des amateurs qui ont fait nue étude plus particulière de ces sortes de recherches.

Privilège accordé à la veuve de Pierre Chicanneau et à ses enfam, pour rétahlissenwul d'une manufacture de porcelaine à Saint-Cloud.

Louis par i,a chace de Dieu, roi de Franco et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, SALUT : les grâces et privilèges que nous avons accordés en faveur de différentes manufactures, pour en procurer l'établissement dans notre royaume, ayant excité nos sujets à faire des recherches et à parvenir, par leur application , à la connoissance des arts les plus cachés, les nommes Barbe Coudray, veuve de Pierre Chicanneau, Jean, Jean -Baptiste , Pierre et Geneviève Chicanneau, entrepreneurs de la manufacture de fjïence el porcelaine établie à Saint-Cloud, nous auroient trèshumblement remontré que le dit Pierre Chicanneau père, s'ètant appliqué plusieurs années à la fabrique de la faïence , et étant à un point de perfection dans cette fabrique, il auroit voulu pousser ses connoissances plus loin et jusqu'à trouver le secret de faire de la vraie porcelaine; il auroit pour cela fait plusieurs c\périences de différentes matières et essayé différeus apprêts, qui auroient produit des ouvrages |)resque aussi parfaits que les porcelaines de la Chine et des Indes; ses eiifans, qu'il avoit élevés au travail de la fabrique, et auxquels il avoit enseigné tout ce qu'il avoit trouvé , ont, depuis sa mort, continué la même application et sont enfm parvenus, dès avant l'année I6I)G, au point de pouvoir faire de la véritable porcelaine de la même qualité, plus belle et aussi parfaite, et propre aux mèoies usages que la porcelaine de la Chine et des Indes , suivant le témoignage des personnes les plus capables d'eu juger, et qu'ils étoient en état de donner à cette fabriqvu', dont le commerce seroit très-avantageux au Royaume, toute l'étendue qu'elle peut avoir, s'il uoi:s plaisoit de leur accorder les grâces et pi iviléges nécessaires pour retirer de l'établissement de cette manufacture, qu'ils feront à leurs frai>, tout le profit qu'ils eu peuvent espérer, et se dédommager des grandes dépenses qu'ils ont été obligés de taire pour acquérir la connoissance de la fabrique de la porcelaine, et pour se met.rc en état d'en faire l'entreprise et d'y réussir. Que cette manufacture nous auroit déjà autrefois paru si avantageuse à notre rvoyaunie (jue nous aurions accordé des lettres patentes contenant plusieurs privilèges en faveur du nomuié Saint- l-'stienue, pour eu faire l'établissement à Ilouen et dans Ii s autres lieux de notre obéissance que bon lui eilt semblé, avec défenses à toute personne défaire des étahlisseniens de cette

manufacture : que pour ce, ledit Saiut-Estieniie n'a fait au plus qu'a|iprocbcr de ce secret , et ne l'a jamais porté au point de perfection ni d'exécution où les exposans l'ont mis et ne faisoit consister son travail que dans la niaimfacture de faïence, et que, depuis son décès, arrivé il y a plusieurs années, ni sa femme qui a toujours continué à faire de la faïence , ni personne de sa part n'a rien fait en porcelaine, et qu'ainsi nous pouri-ions sans faire tort au dit Saiat-Estienne. et à ses ayans cause accorder aux exposans les mêmes firiviléges et la même exclusion générale pour la fabrique de la porcelaine seuleuunt, étant certain que personne qu'eux n'en fuit dans tout le Iloj aume et n'en a jamais exécuté le secret comme ils fout. \ ces causes et autres à ce nous mouvant, étant bien informé de la bonne qualité, de la beauté et de la perfection de la porcelaine fabriquée par les dits Cliicauneau, et leur capacité et habileté pour l'art d'eu fabriquer, et des grandes dépenses qui oui été laites pour acquérir la couuoissauee de cet art au point qu'ils le possèdent et que l'établissement de cette mamil'acture pouvoit êire très-avantageux au lioyaume, et désirant favorablement traiter les dits exposans; de l'avis do notre Conseil et de notre certaine science, pleine puissance et autorité roya!e, nous avons par ces présentes, signées de noire main, pern is et accordé, peinicttons et accordons auxdits Barbe Coudray, veuve de Pierre Chicanneau, Jean, .T eau-Baptiste, Pierre et Geneviève Cl icanueau, tant conjointement que séparément, leurs hoiis, et ayans cause, de faire dans le bourg de Saint-Cloud et dans cette ville et aulre lieu de notre Piojaunie que bon leur semblera, excepte néanmoins la ville et faubourg de llouen, un ou plusieurs élablissemens de la manufacture de la porcelaine line de toutes couleurs, espèce, façon et grandeur, permettons égalcnieut aux dits Coudray, etc., etc.

Donné à Versailles, le seizième jour dèmay, l'an de grâce mil sept cent deux et de notre règne le soixante.

Signé Loris.

Par le lloy, Phelippeaux.

Vu au Conseil.

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