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COnRH.SPONDANCF, le Redaclcur,
Permettez-moi d'ajouter quelque- lignes a vus observations sur Udécourcrtr de M. V. Roma;:nési. Ces quelques lignes sont tout simplement lu texte mémo de l .u le de décès de Léonard de Viuci. Je m'empresse de vous les envoyer pour le eas où tous les jugeriez bonnes à tigurer dans le prochain numéro du Cabinet de l\tma leur.
Chapitre royal lie <aint-Ft<>rnttiit, delà rillrd' tm- Loise. Registre A
Fut inhume dans le cloistrede cette Kstlisc M» Lionard du Vincy , noble inillatiui-., premier peinctre et ingénieur et architecte du Roy, neschanisclneri d'eslat , elanehien directeur de peinclure du Hue de Milan.
Ce fut faiet le doue', jour d'aoust 151 il.
Cet acte m'a été communiqué tel que je le transcris par un des employés des archives de l'hûiel de vilte, avec qui mes recherches a IVlatehil m'ont mis en relation. H ou lui vient-il? probablement de quelque l'un leur a qui il aura eu occasion de rendre service. Agréez, etc.
Recevez mes meilleurs compliments.
H.tiiutJi*.
l.e document nouveau fourni par M. Hardtiin est précieux comme tout ce qui touche au souvenir d'un aussi graud artiste. Les titres, ingénieur <-t anhitecte du Hoij , mécanicien dl.tat, qu'il contient, sont nouveaux et en même temps naturels. Il servira peut être a faire retrouver ce registre A, du Chapitre royal de Saint- Horentin, que l'on croyait perdu vers la (Indu siècle der liicr, lorsque le conseiller de Patate fit demander à Ainboise l'acte de deces de I/ouard de Vinci. Sa date préscute une difficulté, l ue lettre du 10 juin i.'.t!), que i écrivait aux frères de Léonard pour leur
ummnecrsa mort, dit en propreslermes : I sxopassùdolla est n te ri/a <i!!i ? di nmggio cm tutti li ordini délia s , ntn miidn C h ic/ta e >.„ » dispos!,,. Hion ne saurait prévaloir contre ce document; nous pouvons cependant oi s r\ir que. dans la minute du testament publié par Carlo Amoretti, Léonard exprime le désir d'être inhumé '!'"<* IV^isc de Saint-Florentin, et qu'il est tres-possible qu'après avoir satisfait momentanément a ce vœu, on ait été obliïé.pardes raisons qui nous sont inconnues, de transporter plu* t ,rd dans le cloître les restes de l'artiste. Le do. uinent nouveau ne serait plus alors que l'arto constatant cette translation, et non l'acte de deces, et, en effet, il ne contient pas la date précise de la mort, qui se trouve d'ordinaire placée à cote de celle de l'inhumation dans ces sortes de documents.
.Nos lecteurs auront facilement suppléé à l'incorrection de notre dernier Hullctin, qui nous fait dire : 2 moi l.'.î!», au lieu de 1519. Remarquons, en attendant la publication de ce fameux original du b statuent de Léonard de Vinci que M. Arsène lloussaye nous fait un peu désirer, que les trois personnages les plus illustres du drame mil triais de la fin du quinzième siècle, Ludovic Sforee. J.-.I. Trivuhe et Léonard de Vinci, moururent en fiance, le premier dans les prisons de Loches, le second a Arpajon, le dernier à Amboise.
Autre corres|iondance. — l u abonne du Cabinet de il moteur nous adresse la lettre suivante :
« Kh bien, monsieur le rédacteur, et les ventes publiques? Vous nie paraissez faire bon marche de celles de la saison dernière. .N'aviez- vous rien autre a nous signaler que les ventes Anatole Deinidoff et Lé.qtoM Double? Non pas que je veuille réclamer de vous de fastidieuses listes de prit, sans aucune utilité réelle le plus souvent. Les prix ue signifient rien par eux-mêmes si l'ident' le <Us objet.» auxquels ils sont attachés ne peut
To«> tUoiu li gnés.
GAZETTE ET BULLETIN
pas être signal** d'une manière absolue; mais, c'est I vous-même qui l'avez dit , les collections émigrcnt, se font et se défont de nos jours avec rapidité. Est-ce un bien? est-ce un mal? A quoi servirait do le rechercher? Cest un fait. Ce qu'il y a de plus court à faire, c'est de dresser un nécrologe de ces éphémères. C'est ce nécrologe que l'on vous demande; nul mieux que vous ne peut le faire court et instructif en même temps. L'actualité n'est même pas absolument requise dans ces notes pour servir à notre petite histoire de la curiosité.
» Dans un de vos articles, qui a fuit plaisir, les / entes publiques d'autrefois, et dans un pamphlet du siècle dernier que vous avez réédité, la Confession du Brocanteur , excellente plaisanterie qui vaut son pesant d'or, vous nous aviez laissé entrevoir un dessous des caries dans les ventes publiques, toujours le même dans celles d'aujourd'hui comme dans celles d'autrefois, cl vous n'avez pas insisté, c'est un tort. L'avidité des vendeurs, l'ignorance de l'expert, la coalition des marchands, le piège tendu ù l'amateur, sont autant d'éléments instructifs que votre Bulletin ne devrait pas négliger. Vous avez dit, comme je ne sais dans q ici opéra : Quel est donc ce mystère? et vous n'avez pas répondu à la question qu« vous vous faisiez à vous-même. Vous avez laissé à M. Henri llochefort, dans un petit livre spirituel où il a fait entrer tout au long votre histoire des ventes publiques d'autrefois, le soin de développer les mystères de l'Hôtel des ventes dont vous aviez ébauché les préliminaires.
« Votre Bulletin, monsieur le rédacteur, est une partie importante de votre publication. Soignez-le ; amusez vos lecteurs, la matière est piquante. Les amateurs euxmêmes, car enOn je ne voudrais pas qu'ils nous fussent plus sacrés que les autres, sont une mine inépuisable. L'hôtel Drouot est une galerie d'originaux où il y a linéiques bons portraits à décrocher. Vous avez pnr exemple. . »
Arrêtons-nous là des avis que veut bien nous donner notre correspondant anonyme. Les amateurs , qu'il lui plaît d'appeler des originaux, sont les bons, nous pourrions même dire les seuls vrais amateurs, sans nous tromperde beaucoup; nousn'avonsdoncpasàcn médire.
ISous avons promis de revenir sur la gra/finade moderne, sur les coalitions de marchands daus les ventes publiques, sorte de vol qui doit disparaître de nos encans, et dont l'honnêteté publique doit avoirraison tôt ou tard. Qu'il prenne patience, ce sont des matières qui ne doivent être touchées qu'avec de grandes précautions et d'une manière générale. M. Henri Rochefort est un charmant écrivain; quoique vaudevilliste, il s'y connaît; il a le don heureux de tout dire; c'est un jeune audacieux que la fortune favorise; on dit son livre agréable, tout est donc pour le mieux. Nous lui reprocherions volontiers de n'avoir pas protégé par des guillemets les quarame pages qu'il a empruntées au Cabinet de l'Amateur sans nous en prévenir; mais à quoi bon? par le temps de propriété littéraire qui court, faut-il y regarder d'aussi près?
Ceci dit en manière de réponse aux demandes indiscrètes de notre correspondant, nous satisfaisons volontiers à sa réclamation en ce qui concerne quelques collections vendues ce dernier printemps. Nous-méme, nous n'étions pas sans quelques remords à ce sujet.
VENTES PUBLIQUES
Nous citions Watelct, dernièrement, à propos de sa vente Léopold Double ; continuons son discours, qui est excellent :
• Depuis que les productions des beaux-arts sont des objets de faste pour une partie de ceux qui les achètent, dit Wateltt, elles ont dû devenir de plus en plus des objets de spéculations et de cbarlataneries mercantiles pour ceux qui en font commerce.
• Les catalogues, les descriptions, les éloges des ouvrages que l'on expose en vente et auxquels on joint , après les ventes, le détail des prix de chaque objet, sont composés In plupart de manière à exciter les désirs, à réveiller l'émulation des amateurs qui ont pour but la gloire de l'emporter les uns sur les autres; et, si ces étalages do descriptions ampoulées qui inondent le public sous le nom de Catalogues n'étaient pas condamnés à un prompt oubli, s'il s'en conservait quelques exemplaires et que les hommes devinssent un jour plus rai* sonnables qu'ils ne sont , on pourrait craindre qu'ils ne jugeassent trop défavorablement de notre siècle...
« Au moins est-il juste d'observer que la plus grande partie des ridicules qu'ils pourraient attribuer à la nation n'est le fait que de quelques hommes désœuvrés, pour qui ces ridicules sont moins fâcheux et moins pénibles à supporter que le vide de leurs facultés et les enuuis de leurs jours oisifs. •
Si AVatrlet jugeait avec autant de sévérité les catalogues et les catatograplies d'autrefois, qui nous paraissent aujourd'hui des modèles de sagesse et de simplicité, que dirait-il de quelques modernes, et parmi les modernes des catalogues rédigés par M. A. Jacquemart, qui nous paraissent excéder la mesure du possible? Déjà M. A. .I iequcmart s'était essayé à propos des chinoiseries de M. d'Aigrement; il vient de perfectionner déGnitivemeut sa manière dans l'inventaire de la collection de .M. Ch. de IVrol , vendue les 17, 18 et 19 mars dernier.
Il est impossible de répandre plus d'ennui sur de plus aimables frivolités.
M. Jacquemart a horreur du langage ordinaire.
Les vases, pour lui, sont : conoidts, figuratifs, turbines ou turbini formes , bi for mes , fusi formes , daliiformes ou doiifotmes.
Les bols : subhêmisphériques et plus qu'hémispliériques, surélevés, surbaissé* et Irts-surbaisscs.
La coupe est libatoire; la bouteille s'appelle lagïne ; le brille-parfum est un tiug.
L'assiette n'a plus de bords, mais un marly et une chute ; les plats sont dodécagones; les tasses ont la forme de Y hibiscus.
Les dessins sont chatironnés; le décor hiératique ; la mosaïque clathrée, ce qui veut dire qu'elle ressemble à un champignon à chapeau à jour ; le bleuest cèlanodolde.
Ici la porcelaine de la Chine et du Japon prend des dénominations nouvelles et multipliées comme à plaisir à l'usage des raffinés. Elle est, tour à tour, artistique, vitreuse, d'échantillon, archaïque Japonolde, chrysanthémo-p:ronienne, et beaucoup d'autres choses encore. Nous voilà bien loin de la famille rer/eetde la famille rose, qui elles-mêmes viennent d'obtenir des sous-divisions parmi lesquelles on remarque des époques de transition qu'il est très-important de ne pas méconnaître.
Non content de cette nomenclature qui lui appartient, M. A. Jacquemart a encore appelé à son secours toute la terminologie de l'histoire naturelle. Il lui est arrivé, je crois, de faire un Manuel de botanique ù l'usage des jeunes personnes, et il nbuse de la botanique dans ses descriptions. Sur ses iagènes cylindriques, chrysanthémopxoniennes , serpentent et s'épanouissent les matricairtt, les fleurs de soublaki, là grande hépatique, et le platane à feuilles tricolores, abritant sous son ombre des mantes hideuses.
Est-ce du colf optero, du squille ou du crustacé arlhroréphale à œil mobile que M. Jacquemart a voulu parler, je l'ignore.
Quant au parasol du Céleste Empire, il est définitivement remplacé par le talapat ou cache-soleil.
Comme on le voit, le précieux est dépassé. Le catalogue de M. Jacquemart est complètement chinois, c'est a ce titre que nous le recommandons aux curieux. Où s'arrélera-t-on dans ces aimables folies? M. Ch.de Férol lui-même parait avoir été effrayé de ce I»agage burlescoscientifique qui lui semblait devoir écraser ses assiettes légères, ses pi-tong et ses bols, et il s'est empressé de 1rs rendre en bloc, sans affronter la vente publique, à un spéculateur qui, jugeant bien plus sainement que lui de la fiivolité publique tres-exeitée en ce moment pour les chinoiseries, y a fait, dit-on, un très-beau bénéfice.
Collection de la Combe. — Tableaux lithographies et dessins modernes. — On a fait beaucoup de bruit, jene sais pourquoi, de cette collection médiocre en somme, et dont Charlet était le héros. On doit au colonel de la la Combe un volume intitulé : Charlet , sa vie, se* lettres, suivies d'une description de son neutre lithographique. Bien des pages d'un goût douteux, reproduites dans ce livre, n'indiquaient pas chez le biographe une grande délicatesse d'esprit, et sa collection s'en ressentait. La lithographie est un genre mort aujourd'hui; le nombre de celles recherchées par les amateurs diminue tous les jours.
Nous citerons parmi les tableaux de Charlet , de la collection la Combe:
Les Vieux Souvenirs, 40 cent, sur 38 i ,210 fr.
Marche de Cuirassiers, 51 cent, sur 21 . . . 780 fr.
Le Retour du Prisonnier, 40 cent, sur 33. #20 fr. Et parmi les aquare'les :
La Mort du Cuirassier, sig. Charlet, 1820. 520 fr.
Le Dragon d'élite.— Charlet, 1822 f ,105 fr.
La Voiture du Cantiuier 550 fr.
Les Deux Convalescents 410 fr.
La Maîtresse d'école 300 fr.
Le Cinq Mai! Charlet, 1823 410 fr.
LeCuirassierà pied, graodetenue. Charlet. 400 fr.
La Belle Françoise 340 fr.
Donneur d'eau bénite
Une Portière
Les Amis en goguette
L'œuvre lithographique de Charlet, complet autant qu'il avait été possible à son biographe et à son ami de le recueillir, a été
acheté par M. La Faulotte
Bonigton, Géricaultet Eugène Delacroix sont les seuls artistes dont les lithographies soient bien recherchées aujourd'hui. Quatorze pièces de Bonington ont produit ôoo francs.
215 fr.
210 fr.
310 fr.
ô,3O0 fr.
Collection Viaidot. Tableaux anciens. — M.Viar* dot a appelé la vente de sa collection sa bataille de Waterloo, et, en vérité, l'issue n'en pouvait être ni plus malheureuse ni plus décevante à tous les points de vue. M. Yiardot passait pour un connaisseur; il n'était jamais sorti de chez lui que des admirateurs. Tout avait été prévu pour assurer un succès : exposition privée chez l'amateur , exposition publique et particulière a l'Hôtel des ventes, large publicité dans les grands journaux, et enfin, que pouvait-on désirer de plus? le catalogue était précédé d'une belle préface de M. Charles Blanc!
C'était bien le cas de dire à M. Yiardot comme Ruy Blas à dou Sallusle :
Tant de précautions avaient-elles eiïrayé les amateurs? Je ne le crois pas. Le choix des tableaux de M. Viardot laissait beaucoup à désirer : les maîtres secs y dominaient; très-attaché à la partie technique, il avait un peu nrgligé le choix des sujets, ce quelque chose indispensable dans les oeuvres d'art , la grâce de la composition, dans n'importe quel genre.
Nous ne trouvons guère à citer qu'un joli portrait d'Infjnte de Vclazquez, acheté par M. Lacaze, 5,000 francs, et un paysage de Ruysdaël, Après Forage, vendu C,550 fr«mcs.
Le tableau d'Ostade, le Concert dans la ferme, acheté 13,000 fr. par M. Viardot, il y a deux ans, à la vente Vau den Schricck de Louvain, u'a été vendu que 7,750 ff.
Collection Evans-Louiie. — La mort prématurée de cet amateur anglais, qui habitait Paris depuis longtemps déjà, a fait repasser sous nos yeux beaucoup d'objets précieux qui avaient fait partie des collections célèbres vendues depuis dix ans. M. Evans- Lombe possédait de tout un peu : des antiquités, des objets d'art du moyen âge et de la renaissance, de beaux meubles, des tableaux, des dessins et des estampes. Dans les ventes publiques, lorsqu'il poussait un objet il ne le lâchait jamais; dans ses acquisitions à l'amiable, il avait souvent été trompé; sa collection lui coûtait cher. Il était difficile de ravoir les prix qu'il avait payés; nous croyons que les héritiers, mal conseillés, ont racheté le plus grand nombre des pièces importantes.
Nous ne citerons, de cette vente, que les estampes suivantes très-bien et très-certainement vendues :
Marc- Antoine Haimondi. La Bacchanale, d'après un bas- relief antique (B. 248). — Épreuve de la plus grande beauté, provenant des collections Verstolk de Soclen et Van den Zande fr. 2,751
Rembrandt. Im Pièce de cent florins (B. 74. CL. 78).
— Belle épreuve du premier état de Bartsh, tirée sur papier du Japon, provenant de la coll. Dubois, fr. 1,050
Dit même. Le portrait du bourgmestre Six (B.385. CL. 282). — Superbe épreuve du deuxième état, tirée sur papier du J;ipon fr. 5,400
Du même. Portrait deJeanLutma (B. 276. CL. 273).
— Epreuve du premier état, d'une très-grande rareté, provenant de la coll. de M. Ch. de Férol vendue en 1859 fr. 1,751
Collection de M. Pallu de Poitiers. Tableaux anciens. — M. Pallu avait apporté à Paris dix-huit ta-
GAZETTE ET Ul LLETIN D U CAIIINET DE L'AMATEUK.
bleaux charmants tous do IYco|e française, de la On du siècle dernier et des premières années du siècle présent. Ils ont été mis en vente et; rachetés, tous par leur propriétaire, à l'exception de deux jolies peintures de Lépicié, adjugées à M. Boitelle fr. 1,305
Verte Meffkk. — On ne saurait donner le nom de collection à la réunion de tableaux vendus par M. Mcffre, vieux fonds de commerce de cet habile marchand, très-avantageusement connu à Paris. Il paraissait bien malade et bien cassé le jour de sa vente, marchant appuyé sur une canne à béquille, la téte enveloppée d'un triple cache-nez, et les yeux radiés derrière d'énormes lunettes vertes. On disait que, malade, devenu vieux, il se retirait 'du commerce. Depuis, après la vente, il s'est ravisé, et nous avons eu la satisfaction d'apprendre qu'il se portait à merveille aujourd'hui.
. Tous les tableaux de M. Mettre étaient signet et luisants comme des miroirs. On lui reproche généralement de les nettoyer, à fond, un peu trop.
Collection Kvabmtk Foubet. Tableaux anciens. — Quel spectacle douloureux pour un amateur que la vente, faite à la hâte et comme choses viles, des tableaux de M. Fourrt ! Amateur passionné, il avait beaucoup voyagé en Espagne et en Italie. Son coup d'œil, très-souvent juste, ne s'arrêtait jamais sur une œuvre indifférente. Les nombreux tableaux qu'il avait réunis n'étaient nécessairement pas des chefs- d'esuvre ; mais il y en avjit d'excellents, et tous avaient un caractère bien accusé, une certaiue bravoure d'exécution, et une certaine saveur particulière.
M.Fouret habitait tantôt le Mans et tantôt Paris, où il est mort. Les tableaux exposés le tl ont été vendus le 12 et 1 3 juin dernier, en vertu d'une ordonnance du président du tribunal civil, rendue le 2 du même mois. Ainsi huit jours ont sufO pour inventorier, d'une façon sommaire, 300 à 400 tableaux, pour faire imprimer le catalogue et le distribuer. Les deux vacations ont produit -10,903 fr. La plupart des amateur* n'ont reçu le catalogue qu'après la vente.
lAt petit tableau du Franria, acheté pour le musée du Louvre 2,050 fr., cité dans notre dernier Bulletin, se
trouvait panni les peintures non cataloguées de la collection Fouret; un autre, vendu 1,200 fr., était aussi sans numéro. Deux tableaux de Ghirlandajo, vendus 2,000 et 1,430 fr., étaient placés sous le nom de Gentil Bellin. Nous laissons à penser du reste. Un buste de jeune fille, qui touchait de bien près à Léonard de Vinci, acheté ô.ooo fr. à la vente Vallordi, il y a trois ans, ne s'est revendu que 1,010 fr.
Quelles raisons assez impérieuses commandaient de faire cette vente à une époque avancée de l'été, et dans des conditions de publicité aussi désastreuses? C'est ce que nous ignorons.
NOUVELLES DIVERSES
Le musée de Boulogne- sur- Mer vient de s'enrichir d'une collection extrêmement intéressante d'antiquités du cinquième et sixième siècle. I-es nombreux objets qu'elle comprend appartiennent à l'armement des guerriers et à la toilette des femmes. Ce sont, entre autres, les couteaux de combat dont se servaient les Francs de Clovis et de ses successeurs; leurs boucliers ornés d'umbo en fer, leurs longues et lourdes épées. Les vases en verre et en terre cuite, très-variés de formes, donnent une idée de la céramique de cette époque, encore toute inspirée de l'art romain, dont les profils élégants sont plus ou moins modifiés. Une seille ou petit seau en bois garni de cercles en bronze, offre un spécimen de la barillerie du temps. Les bijoux consistent en pendants d'oreilles; eu brodies en or, eu argent et en bronze, décorées de cabochons ou verroteries, de paillettes et de petites boules de verre imitant des pierres précieuses. Citons encore des épingles de cou , dont les tètes sont disposées en bouquets de fleurs, des colliers de grains d'ambre et de perles de verres entaillées de vives couleurs; des agrafes, des attaches pour l'ornement des baudriers, des ceintures, des courroies qui servaient à l'ornement des guerriers de l'époque. A cette collection l'on a joint la plus grande partie des objets trouvés en 18't7 et I8.î8 dans le cimetière mérovingien de Pincthuo, commune d'Kehingen, et d'autres objets non moins curieux acquis depuis lors par l'administration du musée de Boulogue-sur-Mer.
paris, in an, 12 fK. BEVUE MENSUELLE départ., in a>, 14 n.
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