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ESQUISSES PEINTES, TRAVAUX DÉCOBATIFS

tirs et d'hésitations ne devaient- elles pas passer avant d'arriver sur la toile! Toutes ces rouilles précieuses avaient été soigneusement assemblées et classées par lots dans le catalogue. Il est regrettable qu'à la vente, dans le but trèslouable peut-être de faire de l'argent, on ait morcelé ces lots et détruit l'intérêt qu'ils présentaient ainsi réunis.

Nous donnons sans commentaires tous les prix d'adjudication des peintures et des dessins ; ils serviront aux amateurs à annoter un catalogue précieux à retrouver plus tard.

On lit dans le journal la Presse :

— «Une des clauses du testament d'Eugène Delacroix est textuellement celle-ci :

• Mon tombeau sera au Père-Lachaise, sur la hau- « tour, dans un endroit un peu écarté : Il n'y sera placé « ni emblème, ni buste, ni statue. Mon tombeau sera co- « pié très-exactement sur l'antique, ou Vignole ou Pal- « ladio, avec des saillies très-prononcées, contrairement à « ce qui se fait aujourd'hui eu architecture. »

• Ses amis ont reculé devant la tâche de choisir un monument funéraire parmi les projets qui leur étaieut présentés. Ils ont cru mieux répondre aux vœux de l'illustre mourants en cherchant parmi les monuments de cette antiquité dont Delacroix sentait si profondément la beauté et la .poésie. Ils se sont arrêtés au modèle de ce tombeau, dit de Scipion l'africain, dont notre Ecole des beaux-arts possède un moulage.

« Ce sarcophage, élevé sur un socle de marbre noir, sera copié aussi fidèlement que possible, et portera simplement le nom d'Eugène Delacroix, les dates de 6a naissance et de sa mort. »

Pourquoi Scipiou l'Africain? est-ce pour faire mieux daus le paysage? Le tombeau en question est bien connu de tout le monde; c'est celui de L. C. Scipion Barbalus, antérieur de près d'un siècle au premier Africain qui , mort loin de Rome, fit mettre sur le sien : « Ingrate patrie, tu n'as pas même mes cendres. »

Le journal ta Presse a depuis quelque temps, dans ses nouvelles d art, le privilège de faire rire l'Europe aux dépens de la légèreté française.

Le tombeau dont il s'agit, travail étrusque, à profils effacés, ne nous parait pas heureusement choisi pour remplir les derniers vœux de l'illustre artiste français , qui cherchait la couleur jusque dans les corniches sail- • asile.

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