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DES PORCELAINES FRANÇAISES

it ni kv On ne connaît que deux spécimens des produits de cette manufacture, l'un au musée céramique de Sèvres, l'autre chez M. Pottier; ils sont sans marque.

Il ne nous est rien parvenu qu'on puisse attribuer avec certitude à Chaillot et Passv.

Saint-Cloud, sous la direction des frères Chicanneau , adopta , pour marque de ses pièces, un soleil grossièrement tracé en bleu. Il est probable qu'ils ne firent usage de cet emblème du grand roi qu'après l'obtention du privilège de 1703.

Plus tard, les nouveaux directeurs, Gabriel et Henri Trou , adoptèrent la marque ci-coutre : {Saint-Cloud Trou), tracée aussi en bleu , et, le plus souvent, à la pointe dans la pâte, sous la couverte, avant la cuisson.

Se

Lille. Nous plaçons ici, pour mémoire, la manufacture qui aurait été établie dans cette ville, en 1708, par des ouvriers hollandais, et reprise, en 1722, par les frères Barthélémy et François Doré. Nous pensons mime, d'après les termes du priri lége deux fois renouvelé de la manufacture de Saint-Cloud . qu'il ne peut être question à cette époque, à Lille, que de faïences imitant la porceaus le genre de celles deDelft.

Nous ne connaissons rien non plus des essais de porcelaine tentés dans quelques laboratoires privés, comme ceux, par exemple, du duc de Bourbon, à Chantilly, et du comte de Clrrmont, à Paris, entre 1720 et 1727.

La succursale de Saint-Cloud établie, dans le faubourg Saint-IIonoré, par Marie Moreau, n'a pas non plus de marque particulière.

Les échantillons de la porcelaine de Rèaumur (verre dévitrifié), dont on a tant parlé, ont aussi

Chantilly. La manufacture établie, vers 1735, )us la direction de Ciroux, par les frères Dubois,

ouvriers échappés de Saint-Cloud, prit pour marque un cor de dusse, tracé soit en rouge, soit en bleu. Quelquefois la lettre P est jointe à la marque ordinaire. II.

Mem-cy-Villbboy. Manufacture qui est probablement la même que celle connue sous le nom des Petites-.Ma isons, fondée par y- Barbin, en 1735. Elle a pour M X ^/ marque un D et un V, initiales « du nom de son protecteur, le duc de Villeroy, tracés dans la pâte, sous couverte, avant la cuisson. Les initiales du nom du directeur sont quelquefois ajoutées au pinceau en bleu. Jacques Jullien en devint directeur vers 1775.

Sèvres. Rien dans les marques des manufactures qui précèdent ne peut servir à établir la date de la fabrication de la pièce. Il était réservé à la manufacture de Sèvres d'adopter un système de marque qui permit de classer ses produits, année par année. Nous disons Sèvres ; on sait, de reste, que c'est à Vincennes d'abord que cette manufacture a été établie. Les premiers essais des frères Dubois, avant 1745, ne portent pas de marque. Ce que l'on désigne sous le nom de Vieux-Fin eenuet peut s'entendre et de ces produits sans marque, et de ceux faits pendant que Boileau était caissier, ou pour mieux dire di- ' recteur, de 1745 à 1753. Vers la fin de cette dernière période, la *•

adopta pour marque les deux L ini-

tiales du nom de Louis XV que nous donnons cicontre; aucune lettre ne prend place encore au milieu de ce chiffre, mais bien un ou plusieurs points groupés ensemble, et aussi parfois une fleur de lis.

En 1753, après la mort d'Orry de Fulvv, la société fut reconstituée sur de nouvelles bases; le roi Louis XV y contribua pour un quart du capital, et, pleine d'assurance sur son avenir, la manufacture plaça successivement, chaque année, au milieu des deux L,une des lettres de l'alphabet, en commençant par l'A, comme si elle voulait qu'on pût facilement constater ^^AJb sa marche progressive dans la carrièrequi s'ouvrait devant elle.

A désigne donc l'année 1753, '* B l'année 1754, et ainsi de suite, jusqu'en 1777,

où, les vingt-quatre lettres de l'alphahet épuisées, on recommença en doublant les lettres. AA placés au milieu du chiffre indiquent l'année 1777; BB, 1778, etc. Cette manière de inarquer la porcelaine cessa en 1793.

La translation de la manufacture du château de Vinccunes a Sèvres, en 175G, son rachat par Louis XV, en 1760, n'introduisirent aucune modification dans la marque.

Les marques n«* 4, 5, C et 8 indiquent la période républicaine ; les deux lettres H F sont souvent réunies au mot Sevrer., n° 7. Nous possédons une jolie petite lasse pâle tendre, décorée d'emblèmes révolutionnaires et de la légende NEC PLVS VI.- TRA, où se trouvent réunies les marques n" 5 et 7, portant au-dessous du mot Serres les deux R qui désignent l'année 1793.

La manufacture royale a toujours tracé sa mar-

que en bleu au pinceau. Sous la république, on s'est servi du bleu, du rouge, et, dans quelques occasions, du vert. La marque rouge est ordinairement placée sur la pâte dure; la marque n° 3 est indiquée comme ayant été placée exceptionnellement sur les pièces d'un service fait pour l'impératrice Catherine II.

La fabrication de la porcelaine pâte dure commença à Sèvres eu I7G8: celle de la pâte tendre cessa en 1801.

Les autres marques indiquent assez clairetneut les périodes de notre histoire moderne, sous lesquelles ont été fabriquées les pièces qui les portent, pour qu'il soit nécessaire de nous y

Sceai x-dij-Maine ou Sceaux-Penthievre. Manufacture établie par Jacques Chapelle, eu 1749; employait la marque n° 24. Elle était située w> en race du Petit-Château.

Stiusbourg. Manufacture établie par Jean ou Joseph Hannung, que le privilège de Sèvres lit transporter à Frankentlial. Nous avons vu sa marque 1 H, sur une tasse d'une pâte opaque, à couverte semblable à celle des poteries dites faïences de Perse, qui semblent occuper une place intermédiaire entre la faïence et la porcelaine.

Ohlka.ns. Mauufacture royale établie en 1753 par arrêt du Conseil. » On y fait des plats, des soupières, des assiettes et des tasses à caré, et tout ce qui concerne le service. On y fait aussi des groupes, des figures, des vases pour les surtouts, et des garnitures de cheminées en biscuit et en couverte ; des Heurs de toutes espèces pour les bras de chemiuées et les lustres- Tout ce qui sort de cette manufacture est généralement estimé.

« M. Gerault, directeur et propriétaire dans la rue du Bourdon Blanc. »

( Almanach gén. des Marchands.]

Cette belle manufacture, protégée, dit-on, par le duc d'Urléans, établie sur un excellent pied commercial, a beaucoup produit pendant le XVIII* siècle ; en oàte tendre d'abord, en pâle dure ensuite, elle marquait ses pièces au lambcl d'Orléans.

Toubnav. Manufacture de porcelaine tendre qui a joui longtemps d'une réputation méritée. Elle employait déjà , soixante ouvriers en Jy 1752; plus tard, en «f/sS 1762, ils étaient au S + > nombre de deux cent tV s,, quarante. lorsque la ville de Tourna)- fut détachée de la France, eu 1815, une fabrique Tut établie à Snint-Amand. La marque la plus connue est celle n" 50; l'autre, plus rare, lui appartient

ation méritée.

Le nue d'Orléans, avec l'aide de Le Guay, ouvrier porcelaiuier, et du chimiste Guettard, a fait, après 1750, dans ses laboratoires de Sainte- Geneviève et de Bagnolet, des essais de porcelaine dure avec le kaolin d'Alençon qui n'ont pas été conservés.

Le comte de Lauiuoais fit aussi, eu 1765, des essais de porcelaine dure, en collaboration a>ec Darcet et Le Guay, ancien ouvrier du duc d'Or léans, qui lui avait apporté ce qu'il savait des secrets du prince. Ces échantillons, autour desquels on fit un grand bruit , sont très-rares. Nous avons vu un bas-relief en biscuit, un médaillon, qui portait au revers les initiales du comte: B L {Brancas'f. aura gais) en lettres capitales cursives, tracées à l'ébaucboir. Horace \\ alpole possédait en ce genre une figurine, le Bacchusde Michel- Ange, qui venait, dit-il , de la collection du comte de Cayltis.

LiMor.ES. « Manufacture de porcelaine dure, élevée par M. Grellet, que monseigneur le comte

d'Artois a mise sous sa protection ; chaque pièce de porcelaine est marquée C. D. Le degré de sa perfection procura à l'entrepreneur une exemption des droits à la circulation dans tout le royaume, même à la sortie pour l'éi ranger, par un arrêt du conseil d'État du 15 novembre 1774.

■ Ledit sieur Grellet, encouragé par le ministère, ne s'est pas contenté de faire part aux fabricants du royaume des lumières que ses expériences lui ont procurées; il leur fournit des matières toutes préparées, nommées pâteset couvertes, avec lesquelles tout curieux peut faire de très belle porcelaine. Il a fait construire en conséquence deux moulins à eau qui, chacun avec dix meules tournantes en vingt pilons, écrasent et broient les matières combinées pour la fabrication de la porcelaine; l'économie de la main-d'œuvre proaire ù l'entrepreneur la fourniture de presque toutes les fabriques du royaume, même de plusieurs étrangères. »

{Almanach général du Commerce.)

peu lisible, et aussi en bleu et en toutes lettres : — Valencien.

a m. as. Manufacture de porcelaine tendre établie en 1785, « sous la protection ^ de Messieurs des États, ■ pour ff faire concurrence à celle de Tournay, n'a existé que pendant peu d'années. Marque n« 49.

Lille. Porcelaine dure établie en 1 785 sous la protection du Dauphin. Lepène en avait obtenu le. privilège en considération d'une application nouvelle du charbon de terre au chauffagedesfours. On conserve au musée céramique de Sèvres une tasse portant au revers de la soucoupe : fait a Lille en Plaindre.

CriT au ciiarbon ue terre. 1785; d'autres sont Lille.

Marseille. Honoré Savy, fabricant , marquait ses produits d'un M. Il y avait, dans cette ville, une autre manufacture dirigée par G. Robert.

Nidervilleh . près Sarrebourg. Manufacture de porcelaine dure, établie par le baron de Beyerlé et dirigée plus tard par le comte de Custine. On attribue la marque n°5G à François Lanfray, dernier directeur à la fin du siècle. Les biscuits dits de Nancy étaient probablement cuits dans celte manufacture.

I^s pièces marquées au Dauphin n° 48 sont forti

Étiolles. Manufacture de établie par Monnicr en 1 7GC. On lui attribue la marque nD 25. Cette fabrique ne paraît pas avoir eu une longue existence; ses produits sont

porcelaine tendre

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Bol rc la-Reise, près Paris. « Manufacture de porcelaine et de faïence ; on y fait tout ce qui est relatif au service, des vases, des ligures et des groupes qui ne sont pas sans mérite, t i qui plaisent beaucoup, tC. surtout aux amateurs qui ne jugent pas des ouvrages sur le prix qu'on les vend. Entrepreneur de la manufacture. M. Jacques. »

{Almanach gén. du Comm.)

Établie en 1773; marque n° 26.

Valexcierses. Porcelaine dure, manufacture tir la fin du xvin* siècle. Marque brune

Paris. C'est à Paris, dans ses faubourgs et dans sa banlieue, près du centre du luxe et du commerce, que s'établit le plus grand nombre de manufactures. Elles combattirent vaillamment contre le privilège de Sèvres, qui les empêchait de dorer leurs produits. Condamnées d'abord, elles cherchèrent un refuge dans la protection des membres de la famille royale, et on les vit, sous l'influeuce de la jeune cour, de la reine Marie-Antoinette, du comte de Provence et du comte d'Artois, frères du roi , du duc d'Orléans, et même du jeune duc d'An gouléme, rivaliser d'élégance et de richesses.

Celle que nous devons nommer la premièreest la manufacture de porcelaine dure dite de la Reine, établie rue Thiroux, sous la direction de M. Le Bceuf.On y fabriquait, comme à Sèvres, toutes sortes de vases de service et de décoration, mais on n'y faisait ni groupes, ni figures. Chaque pièce était marquée d'un A couronné; elle avait son dépôt chez Grangez, bijoutier de la reine, quai Conti. Les terres 3S. employées arrivaient toutes préparées de la manufacture royale de Limoges.

Im manufacture de Monsieur, à Clignancourt, avait un entrepôt à Paris, chez son directeur, de Ruelle, rue des Petits-Champs, au coin de la rue Chabannais. Établie en 1771, elle se plaça sous la protection de Monsieur, comte de Provence, en 1 775 ; la marque de ses ouvrages, qui était d'abord une espèce de moulin à vent, n° 27, fut remplacée

par un M couronné, tas pièces ordinaires d'un chiffre entrelacé, peu lisible, u° 29

En 1786, la manufacture de Clignancourt employait quatre-vingt-quatorze ouvriers. Comme la précédente , elle tirait sa pâte et sa couverte de la manufacture de Limoges.

« La manufacture de Monseigneur le comte d'Artois est rue St-Denis, n° 25, dit V.Jlmanach générai du Commerce, qui nous sert de guide ; son entrepôt est sur le quai des Théatins. Ses pièces sont également marquées du chiffre de ce prince. » Un autre écrivaiu, Thiery, ajoute : « Le sieur Hannung, Strasbourgeois, qui a apporté en France le secret de la porcelaine dure, en forma le premier établissement en 1767.

« Cette manufacture, ayant obtenu la protection de monseigneur le comte d'Artois, est sous le nom de ce prince. Elle appartient actuellement (1785) à M. Bourdon des Planches, qui continue la fabrication de la porcelaine dure, et qui fait toutes ses cuites au charbon de terre, soit brut, soit épuré; et c'est encore la seule manufacture de ce genre qui ait fait usage de ce combustible. »

CP

La manufacture du Pont-aux-Choux , fondée par Outrequin et Toulouse , était sous le patro-

nage de Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans. Ses marques diverses n« 42, 43 et 44, sont égalemeut composées du chiffre de ce prince.

Les produits de la manufacture de Dhil et

Guerhard,rue de Bondy, n° 22, connus sous le nom de porcelaine du duc d'Jngoulesme, por-

• Bornés par le terrain, dit Thiery, ces entrepreneurs ne peuvent employer qu'un certain nombre d'ouvriers, qui ont peine à suffire aux demandes du

public. On y trouve des services complets et ! coup d'échantillons. Les magasins y sont bien assortis de marchandises, et l'on peut y compléter promptemeul les commandes. Nous pouvons assurer n'avoir vu nulle part des choses plus flnies et de meilleur goût, tant en modèles, figures, fleurs et vases de formes antique et étrusque. MM. Guerhard et Dhil tirent leur terre brute de Limoges et la font préparer dans leurs ateliers, ce qui les met à portée d'avoir toujours le même blanc. »

Les manufactures les plus importantes sont ensuite celles de M. Locré, dite de la CourtUie, établie en 1 773. La marque qui figurait deux torches prit, peu à peu, la forme de deux flèches, ou plutôt, dans un but qu'il est facile de deviner, celle des deux épées de Saxe.

La manufacture du Gros-Caillou, dirigée, en 1773, par Advenir La mare. Ses produits portent la marque n°31. Elle n «tait probablement que la suite de celle fondée en 1 762 par Broillcl

Ceux de Charles Porter, rue de Croussol {1789), désignés sous le nom de porcelaines du prince de Galles, sont souvent marqués Potteh eu toutes lettres.

Il y a toujours eu au faubourg St- Antoine de nombreux établissements céramiques. Les porce-

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