‹ Le Cabinet de l'amateurChapitre 40 sur 151 · VIA.P · texte numérisé non relu

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ti.

nous ci-

lainiers y installèrent leurs fours en 1 ' terons, par ordre de date, les fabriques suivantes:

1773. Morelle, marque n° 33.

Id. Souroux, marque n° 34.

1774. J.-B. Lassia, marques n- 35 et 36. 1784. Henri - Florentin Cbanou , marques

n" 37 et 38.

Nous oublions sans doute quelques manufactures à Paris et dans les provinces, mais l'intérêt de curiosité qui s'attache à la connaissance des marques diverses de leurs produits est récent; ce n'est que graduellement qu'il sera complètement satisfait Nous y reviendrons avec l'aide des qui ont fait une étude plus particulière de ces i tes de recherches.

Privilège accordé à la veuve de Pierre Chicanneau et à ses enfans, pour rétablissement <f une manufacture de porcelaine à Saint-Cloud.

Loris PAn la cbacb de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes verront, salut : les grâces et privilèges que nous avons accordés en faveur de différentes manufactures, pour en procurer rétablissement dans notre royaume, ayant excité nos sujets à faire des recherches et à parvenir, par leur application , à la connoissance des arts les plus cachés, les nommés Barbe Coudray, veuve de Pierre Chicanneau, Jean, Jean -Baptiste, Pierre et Geneviève Chicanneau, entrepreneurs de la manufacture de faïence et porcelaine établie à Saint-Cloud, nous auraient trèshumblement remontré que le dit Pierre Chicanneau père, s'étant appliqué plusieurs années à la fabrique de la faïence, et étant à un point de perfection dans cette fabrique, il aurait voulu pousser ses connoissances plus loin et jusqu'à trouver le secret de faire de la vraie porcelaine; il aurait pour cela fait plusieurs expériences de différentes matières et essayé différens apprêts, qui auraient produit des ouvrages presque aussi parfaits que les porcelaines de la Chine et des Indes; ses enfans, qu'il avoit élevés au travail de la fabrique, et auxquels il avoit enseigné tout ce qu'il avoit trouvé , ont, depuis sa mort, continué la même application et sont enfin parvenus, dès avant l'année 1696, au point de pouvoir faire de la véritable porcelaine de la nVme qualité, plus belle et aussi parfaite, et propre aux mêmes usages que la porcelaine de la Chine et des Indes, suivant le témoignage des personnes les plus capables d'en juger, et qu'ils étoient en état de donner à cette fabrique, dont le commerce serait très-avantageux au Royaume, toute l'étendue qu'elle peut avoir, s'il nous plaisoit de leur accorder les grâces et privilèges nécessaires pour retirer de l'établissement de cette manufacture, qu'ils feront à leurs frais, tout le profit qu'ils en peuvent espérer, et se dédommager des grandes dépenses qu'ils ont été obligés de faire pour acquérir la connoissance de la fabrique de la porcelaine , et pour se mettre en état d'en faire l'entreprise et d'y réussir. Que cette manufacture nous aurait déjà autrefois paru si avantageuse à notre Royaume que nous aurions accordé des lettres patentes contenant plusieurs privilèges en faveur du nommé Saint-Estienne, pour en faire l'établissement à Rouen et dans les autres lieux de notre obéissance que bon lui eût semblé, avec défenses à ! de faire des établissemens de cette

manufacture : que pour ce, ledit Saint-Estienne n'a fait au plus qu'approcher de ce secret, et ne l'a jamais porté au point de perfection ni d'exécution où les exposans l'ont mis et ne faisoit consister son travail que dans la manufacture de faïence , et que , depuis son décès , arrivé il y a plusieurs années, ni sa femme qui a toujours continué à faire de la faïence , ni personne de sa part n'a rien fait en porcelaine, et qu'ainsi nous pourrions sans faire tort au dit Saint-Estienne, et à ses ayans cause, accorder aux exposans les mêmes privilèges et la même exclusion générale pour la fabrique de la porcelaine seulement, étant certain que personne qu'eux n'en fait dans tout le Itoyaomc et n'en a jamais exécuté le secret comme ils font. A ces causes et autres à ce nous mouvant, étant bien informé de la bonne qualité, de la beauté et de la perfection de la porcelaine fabriquée par les dits Chicanneau, et leur capacité et habileté pour l'art d'eu fabriquer, et des grandes dépenses qui ont été faites pour acquérir la connoissance de cet art au point qu'ils le possèdent et que l'établissement de cette manufacture pouvoit être très-avantageux au Royaume, et désirant favorablement traiter les dits exposans; de l'avis de notre Conseil et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, nous avons par ces présentes, signées de notre main, permis et accordé, permettons et accordons auxdits Barbe Coudray, veuve de Pierre Chicanneau, Jean, Jean-Baptiste, Pierre et Geneviève Chicanneau, tant conjointement que séparément, leurs hoirs, et ayans cause, de faire dans le bourg de Saint-Cloud et dans cette ville et autre lieu de notre Royaume que bon leur semblera, excepté néanmoins la ville et faubourg de Rouen , un ou plusieurs établissemens de la manufacture de la porcelaine fine de toutes couleurs, espèce, façon et grandeur, permettons également aux dits Coudray, etc., etc.

Donné à Versailles, le seizième jour demay, l'an de grâce mil sept cent deux et de notre règne le

Signé Louis.

Par le Roy, Phelippbaux.

Vu au Conseil,

Chamillard.

(Enregistré à la cour det aida.)

LE CAIiI.NET DE L'AMATEUR.

Lettres Patentes portant prorogation du Privilège de la Manufacture des porcelaines et fayances à Saint-Cloud, en faveur des sieurs Chicanneau et

Louis, etc., à tous ceux etc., satut. Nos bien aimez Jean et Jean-Baptiste Chicanneau , Marie Morcau, veuve Pierre Chicanneau, Heury et Gabriel Trou, enfants du second lit de Barbe Coudray, à son déceds veuve Pierre Chicanneau, tous entre» preneurs, travail la ns à la manufacture de porcelaine et fayance établie à Saint-Cloud, nous ont fait représenter que le feu roy, nôtre très honoré seigneur et bisayeul , par des lettres pastentes du 16 may 1702, et pour les causes y contenues, leur avoit accordé, pour eux, leurs hoirs et ayans cause, In permission de faire, pendant dix ans, dans ledit bourg de Saint-Cloud , et dans toutes les villes et autres lieux du Royaume, excepté la ville et fauxbourgs de Roùeu, un ou plusieurs établissements, conjointement ou séparément de la manufacture de porcelaine fine de toutes couleurs, façon et grandeur, et de continuer la fabrique de la fayance, tant à Saint-Cloud, que dans toutes les villes et lieux où ils auraient établi la manufacture de porcelaine, d'y vendre et débiter, tant en gros qu'en détail, dans toutes lesdites villes et lieux, la porcelaine et la fayance de leur fabrique, avec deffenses à toutes personnes, de quelque qualité qu'elles soient, excepté le sieur de Saint-Estienne, de faire de la porcelaine, en quelque lieu du Royaume, et sous quelque prétexte que ce fût, et entr'autres sous les autres clauses, deffenses, conditions, privilèges et exemptions, tant pour eux, que pour leurs ouvriers et employés à ladite manufacture, ainsi qu'il est plus au long expliqué par lesdites lettres patteutes; que la satisfaction et l'utilité que le public a receùes decet établissement engagèrent le feu roy, pour qu'il fût porté à sa perfection, d'en proroger le privilège pendant dix autres années par lettres du 15 mars 171 S. Mais, d'autant que pendant ce temps-là ils ont eu à soutenir des procès, et tellement souffert de l'interruption générale du commerce, de la chereté des vivres, et de l'augmentation du prix des ouvriers, qu'ils n'ont pu se soutenir que par des avances considérables, et qu'ils ont fait depuis peu

des avances très-grandes pour rendre utile au public le nouveau secret que nôtre oncle le duc d'Orléans leur a donné pour perfectionner leurs ouvrages, ils nous ont fait suplier de leur accorder nos lettres de confirmation dudit établissement, en y comprenant vingt-cinq à trente arpents de terre qu'ils ont esté obligés d'acquérir pour le service et l'usage de ladite manufacture de Saint-Cloud, et d'en proroger le privilège pour trente années, afin qu'ils puissent laisser à leurs familles quelque fruit de leur industrie; Et voulant traiter favorablement les exposons, tant en faveur de l'avantage que le public retire de leur travail, que de ce qu'ils ont refusé de vendre leur secret aux étrangers;

A ces causes et autres à ce nous mouvant , de l'avis etc., et de notre grâce spéciale, pleine puissauce et autorité royale, nous avons conGrmé, et, par ces présentes signées de notre main, confirmous ledit privilège, et icelui avons prorogé et prorogeons pour vingt années seulement, à compter du premier octobre prochain , pour, par lesdits exposans, leurs hoirs et ayans cause, en jouir et user suivant les clauses et conditions portées aux lettres patientes du 16 may 1702 cy attachées, sous le eonlre-scrl de notre chancellerie , et sans augmentation d'aucune charge publique pour raison de vingt-cinq à trente arpens de terre qu'ils ont été obligés d'acquérir pour l'usage et l'exploitation desdites manufactures, dont en tant que besoiu serait, nous les avons déchargés et déchargeons : Si dosnoms es manobmext à nos amés et féaux conseillers gens tenant notre cour de parlement et cour des aidns à Paris, que ces preseutes ils ayent à faire regismr, et de leur contenu jouir et user lesdits exposans pleinement et paisiblement, nonobstant tous editt, arrêts et reglemens contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons à cet égard seulement. CAR tel etc. en témoins, etc. Donné à Versailles, le «5 septembre de Tan de grâce 1722.

[Secrétariat du rog.-O, 66, f° 318.)

Requête rfe Marie Moreau, F* Pierre Chicanneau, pour obtenir la permission de vendre

sa manufacture.

de vouloir bien lui permettre de vendre et céder sa manufacture et ses secrets qui sont toute sa fortune et d'accorder le même privilège à l'acquéreur. Comme elle ne veut faire aucun traité sans avoir obtenu ladite permission, elle supplie trèshumblement M. le Contrôleur général de vouloir bien la lui accorder.

Octobre nez.

La veuve Chicaneau [tic), propriétaire de la manufacture royale de porcelaine, établie au faubourg Saint-Honoré, à Paris, par lettres patentes des années 1702 et 1722, enregistrées au parlement, a eu l'honneur d'exposer dans un précédent mémoire que ses infirmités ne lui permettant pas de continuer par elle-même l'exploitation de ladite manufacture , elle supplioit Sa Majesté

[Archives du Musée céramique de Sèvres.)

DU

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