AVERTISSEMENT
« Pour Taire voir que Ton agit cordialement et de « bonne foi, et qu'on n'a point dessein de faire valoir » la vente par aucun artifice ni détour, les héritiers « s'engagent et promettent de payer dix louit à celui • qui fera voir qu'on a poussé de leur part ou acheté « pour leur compte aucun des articles de ce catalogue. •
Os lignes empruntées à un catalogue publié eu 1760, il y ajuste un siècle, sont d'une rédaction excellente, nous en recommandons bien vivement l'usage.
I.a saison des ventes, qui n'annonçait rien de bien extraordinaire à son début, a pris plus tard des proportions tout à fait exceptionnelles. La bibliothèque de M. Solar, les estampes de M. de Arozarena, lestablcauxdc MM. Leroy d'Étiolés, d'Aigremont, Vallardi, Werthembcrg, Joseph Fau, de madame Odier , les bronzes de M. de Monville, les collections Albert, de Montbrou, de Saint- Clou, d'Aigremont, etc., ont offert aux amateurs de nombreuses et belles occasions; celles de madame la c omtesse Lehon, de MM. Decamps, Diaz, Rhône, Dreux, fourniront, au moisd'avril, un contingent superbe. Enfin, les fameuses collections du prince Soltykoff , dont la \entc doit durer tout avril et une partie de mai, ne laisseront pas l'intérêt se ralentir un seul instant. Si les v rôdeurs sont nombreux, les acheteurs sont en plus grand uombre eucore, et rien ne sera donné. Nous venons un peu tard pour rendre compte de toutes ces belles choses; mais nous ferons en sorte de ne rien laisser échapper de digne de mémoire.
— I^i bibliothèque de M. Solar présentait ud assemblage M.iiinrul extraordinaire de livre» rares, beaux ou curieux à différents litres. Réunie avec l'activité fiévreuse d'un boinuie - a voulu jouir vite comme s'il eut pressenti qu'il ne devait pas jouir longtemps, «ainsi que l'explique, très-bien l'introdurtiim mise eu tète du catalogue, elle avait quelques-uns des défauts des choses hâtives. Rien n'avait été épargne pour la former, M. Solar avait des agents qui parcouraient l'Europe, et il ne reculait devant aucun prix. Des collections choisies étaient venues se foudre dans la sienne; mais le temps est le complément itadUjtensahlc de certaines choses: elle n'avait ni l'aspect vénérable , ni la distinction des cabinets formés avec réflexion. A < olé de bijoux sortis des collections Tripier, CamrraU, Lacarellc, ■m de C.linchamp, se trouvaient des reliures disparates ou d'une disposition mal conçue, appliquées sur dis livres exhalant l'o- A, ur du chlore, et qui avaient perdu, dans des lavages récent!., la couleur harmonieuse et la fermeté qui font le charme des vieux litres. Invente Solar a été une de ces affaires vigoureusement soutenues : un .1/. OùrU qui n'était, comme l'ancien, qu'un masque transparent du soleil, mit bien des amateurs hoi»
LE CAbïXET L>E L'AMATEUR ET DE L'AMIIJl AIIŒ
(l" Stlut)
Public m>iu la «IrectuM aie M. Etc. MOT IX42-40. Périt, Didot, 4 volumes grand in-8», figures. PrU : 40 francs.
(4 Ile lolltilion, cfimplele eu 1 vol., u'.i jamais été mise dans le oiiiiinerec, et il n'en rcMe qu'un petit nombre d'exemplaires.
de combat, des les premiers jours, par l'intrépidité de ses enrbercs. Après la vente des manuscrits de celte collection qui est annoncée pour le 16 avril, le libraire Techner uous promet une liste des prix, imprimée, qui nous donnera l'occasion de revenir sur les romans de chevalerie et sur les reliures anciennes qiii faisaient partir de la bibliothèque de M. Félix Solar.
— M. le baron de Monville est un amateur de la vieille roche. Il lui semblait si singulier de vendre lui-même la collection , l'enfant qu'il avait caressé et nourri pendant trente ans, qu'il n'a pu résister à signaler celte particularité en inscrivant sur son catalogue que la vente était faite avant son décès.' t*<omroc il se trompait d'époque ! Aujourd'hui, on ne laisse guère ce soin à ses héritiers : on vend soi-même, et plutôt deux fois qu'une; on veut avoir son jour, et on trouve une jouissance à eu faire soi-même 1rs honneurs.
La collection du baron de Monville était une des plus violées de Paris ; l'art des bronzes italiens du seizième siècle s'y trouvait représenté d'une façon tres-complètc ; le propriétaire, trèsgoûte lui-même, était entouré d'amiliès généreuses qui **> sonl fait une fête de se disputer les choses dont il se séparait. Tout a été, comme on dit, aile sic lie: ajoutons que lont y'était gra riens, élégant, d'un choix irréprochable, et que les objets de ce genre sout fort rares en cet état. Voici quelques-uns des prix de la
vente :
Deux candélabres italiens (n° 1), le soleil et la lune, fr.
figures nues supportant des coupes I.fim
Femme nue assise sur un socle drapé (3 iîn
Vénus accroupie sortant du bain (4) 1 »i»
Vénus sortant du bain le pied gaiirhcsur un rocher (K,. L'enlèvement de Déjanire (7), groupe de petite dimension, fort rare, une merveille de ciselure :',«<• I
Femme nue accroupie tenant un enfant entre ses
jambes (10) ito f
Femme nue debout ( 1 1 ) se retirant une epinc du
pied
Femme uuc assise tressant ses cheveux (tï t.«»l
Femme nue assise les jambes drapées (13)... M" |
Figure drapée à demi couchée, tenant un miroir (17 ). | Deux figurines nues assises et faisant pendant (18), l'une qui se coupe les ongles du pied, l'autre qui cherche à en retirer une épine I.i">
Vénus et l'Amour tenant uu arc (21), petit groupe . MA Vcuus sortant du bain, le pied gauche posé sur un
vase (24) I,0<»
Vénus accroupie (2à), délicieuse petite composition. \,ÎV> Vénus marine (39). l-a déesse est |>oséc sur uu monstre marin; autour d'elle jouent les Amours, tïraud basrelief d'une exécution superbe, nuis d'un style uu peu
indécis et que nous novonsde l'Algardc. S.OÎO
Lampe, tritonideà cheval sur un monstre marin (li'Jk, élégante composition. <^e bronzr, qui venait de la collection d'Horace Walpoul, est gravé dans le premier volume du Cabinet de l'amateur, p. M2 I,W>
Va grand uombre de petits bas-reliefs, lampes, vases, encriers, coffrets, flambeaux, la plupart du quinzième siede H d'un goût excellent , ont été tres-recberchés.
LE CABINET DE L AMATKUB (2* teric) parait tous le mois, à partir de mars 1 8til , par lis raisons de 2 feuilles 1/îin-i*.
On s alwune, à l'aris, ehe* Final* DinoT vnKStKS. Mis n O', SO, rue Jacob; chei tous les directeurs de poste et chex tous les libraires de la France et de l'étranger.
AtsMaetaent i^ééfvrtemtM». . . I»
l'n petit nombre d'exemplaires d'à ma leur» a élé lin- sur grand papier vergé fort. Le prix est de 24 fr. par au.
Tout ce t/tii concerne ta rédaction doit être adresse franc àt port a M. bCG. PiOT, ru* Saint-Fiacre, «» 20, « Paru.
l'.in». - Imprimerie de Ad. H. Laloi et J. Havard, rue Jacob, SO.
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S.-MM v mi: N" 2. AVRIL 1861
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T. 'opinion publique s'était vivement préoccupée i année dernière des travaux de restauration qui on! tic exécutes sur un certain nombre de tableaux du musée du J.omre. la suite des compositions de Kubciis romiiit sOUs lr nom de '.Mli rie Mcdicis. entre autres, cl le S:tui1 Michel de Kaphai I. Pour calmer 1rs inquiétudes du public, qui avaient ( I*' partagées par quelques-uns de nos artiMcs le* plus i IL ur>l rt-s, la direction «cm raie de* musées avait décide qu'a l'avenir aucune ia -tauratmii insérait entreprise sans l'avis préalable d une commission composée de la >cclion «le peinture de I Institut. Nous avons annonce, dans notre dernier numéro, la publication proeliaine <i'un rapport redire sur ce sujet par celle classe de I' Vcaileiaie des Iteanx- Vrts : il parait qu'elle n'aura pas lieu, nous le regrettons, bien sincèrement : i ieu n'eût elc plus important que d'éclairer le publie e! l'administration elle-même p^r un semblable iloetimenl.
Si nous en cruvnus r.irrêle suivant du maréchal mi ni.ilic de la maison de l'Kuqieicur. publie dans le Mvniffur du ••() mars, ces alarmes sont loin d'être calran s. lui donnant une l'orme officielle a la résolution de l'année dernière pour ce qui concerne les tableaux, cet arrête tu ac,(.'rave la pnrlce eu y ajoutant une commission consultative, preciution nouvelle qui semble s'adresser aux autres départements.
\o.ei l'arrête du Munileur :
■■ Au nom de IT.mpereui ,
■i fa? maréchal de l'rauee, ministre de la Maison de ITmpereur.
<i Considérant que ta conservation et l.i restaurai!' m des objets d'art compris dans la dotation de la Cou roiino. et les acquisitions d 'mimvs nouvelles, presentrnl souvent des questions délicate-, pour la solution desquelles la direction penerale des Musées, tout en conservant sa liberté d'action et sa responsabilité, peut utilement consulter des hommes éclaires et spéciaux,
•• Sur la proposition dll directeur genel al des .Musées
<• Arrête :
Ait. 1 •■. Il est crée line commission consultative des Miivcs impériaux.
Ut. Cette coi issîon sera présidée par le directeur général des Musées, qui la réunira toutes les fois qu'il le puera nécessaire pour la consulter sur l'acquisition ou la restauration tics objets d'art, ainsi que les meilleurs procèdes de conservation
■ ut. .!. Sont nommes, membres de cette coinmis-
s|iiu :
MM. Cadeaux, membre de l'Institut:
Mis de ta Salle: