‹ Le Cabinet de l'amateurChapitre 82 sur 151 · V\ IS · texte numérisé non relu

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pastr 14 fr., o l'ordre de VV. l)idot frrrrs, ./ils et f>, à Paris, :.(J, rur Jim,!,. //>• »rH<ro»l ainsi tout rruml dans l'envoi du journal.

Xn»a ferons présenter, nu doint* -tir de nos abonne-; de Paria : ht qui I lance de hur ubuunownt pour lu )iki:mkMK an ii>'e.

N. 15. I.r Vidant t dr I Amateur doit former nu nilnw !<nt* les den t ans; et: n'est qu'à la fin de ht deuxième année que seront publies un titre spécial pour h: volume et la tuf.de dis inaltérés.

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A jiart les chinoiserie-, du Palais d'I tt cl quelques belles estampes anciennes, la saison s'eeuule sans présenter rien de l'ion considérable au\ amateurs; niais depuis longtemps on n'avait vu un hiver aussi complètement stérile en ventes de tableaux tk- quelque mérite. L'alarme est au camp «les amateurs île peinture , la terreur les gagne de proche en proche; rumine des trappistes m.us les arceau* d'un cloître, un les voit errer dans les salles de la rue Drouot , répétant à l'uni^on en se serrant les mains : Il n'y en a pas!. , nous n'en revenons plus

Ouelqurs petites feuilles ail hae, qui vivent dan nonces et de réclames, l'ont lionne contenance cependant. — Au moment ou nous mettons sons presse, s'écrie celle-ci, il nous arrive une bonne nouvelle; la célèbre collection du priuce T. sera livrée au\ enchères le... La semaine prochaine le> amateurs pourront se disputer ceci et cela. — On bien encore une autre dira, toute joyeuse : — Le mouvement des mites, entravé un moment par les folies du carnaval , va bientôt reprendre son cours , — nous laissant finement entendre que, pendant ces jours consacres à Saturne, elle

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nons a tons rencontr, - , amateurs, marchands missaircs priscuis et experts, au\ liais masques de IOp. ra ou du Casino; mais les semaines et les jours passent, et l'on ne voit rien venir.

Les catalogues sont plus imperturbables encore . il en parait huit . il en parait dix chaque semaine, tous remplis de chel's-d'u'iiMe el constelles de noms respectables ijiii donnent à penser. Mais la salle qui renferme ees belles choses n'est pis plutôt ouverte que le rêve

s'ev.'l Mollit.

Ce qui est plaisant, c'c.-t la parfaite quiétude de lY./> l>< 1 1 en faeederaniateordesapiiointc, entre les promesses de son catalogue el la triste realité do son exposition. Il s'en tire à l aide d'un procède toujours le même, quj n'est m complique ni nouveau. Lisez I avant-propos du Catalogue, vous y trouverez invariablement cette déclara (ion : Les uttrilmtiuiis sont relira du propriétaire; ou bien encore , -,'il s'agit d'une collection qui vient du dehors . I.r < atalotjiir a du rire mis sous presse arant l'arrirrr tirs ta'dentt.r. Au moyen de cette restriction, toujours sons-entendue alors même qu'elle n'est pas exprimée , si conscience est en repos On sait, du rc-,1e. qu'il est incapable de rien imposer aux amateurs; ( 'est le côté plaisant du rôle des experts, si toutefois il leur arrive, par le temps qui court, d'avoir un côte sérieux.

Deux ventes laites en lévrier n'ont pas laissé de faire sensation par le contraste extraordinaire qu'il y avait entre les promesses du Catalogue et la pauvreté des tableaux exposés. Nous voulons parler de celles des c et 10 lévrier, Le noyau de la première était forme de quelque» tableaux venus d'Italie, que faisait vendre un banquier de ce pays , qui avait prête une assez forte somme sur ce beau Rage. .Nous ne ferons pas à ces ermites a lazzi l'honneur de les discuter , il nous suffira d'indiquer de quelle manière on recommande au publie éclaire des peinture* de quelques centaines de francs.

DioiRxicn (.uim.amujo t.uradi . Sainte Famille. Ce tableau a été fait pour le couvent de Saint-Marc de Florence.

Tou» JrolU rrwrtév

GAZETTE ET BULLETIN

« Vasari et les auteurs contemporains affirment que ce grand maître peignit en !485 uue Sainte Famille de forme ronde pour le couvent de Saint-Marc de Florence.

« Il y a deuv cents ans, ce tableau fut volé dans l'église même, ainsi qu'il résulte des traditions du couvent.

» L'année dernière, à Florence, se trouvait un tableau sur bois peint grossièrement à l'huile ; une écaille s'étant détachée , laissa voir dessous une première peinture : on soupçonna naturellement qu'elle detait être plus ancienne ; on enleva avec soin la premère couche, et l'on trouva ce tableau, un des plus intacts et des plus beaux assurément de ce grand maître, l'une des gloires de l'école italienne. »

Raphaël. Portrait du jurisconsulte Giovanni délia Cassa {sic).

« M. Quatremère de Quincy , dans son Histoire de la vie et des ouvrages de Raphaël, édit. de Milan, p. 23, citant les portraits peints par ce grand maître qui ornent les galeries de Rome et de Florence , signale entre autres ceux de Laurent et de Jules de Médicis. deBembo, de Léon X, et enfin celui de Giovanni délia Lassa, personnage célèbre et ami de Raphaël.

« Il est donc prouvé que le Sanzio fit le portrait de Giovanni délia Cassa.

•< Aucune galerie connue ne possédant ni ce portrait ni de copie de ce portrait, il y a presque certitude que le tableau dont il s'agit, retrouvé par M. Foscaini, est l'original même , cité par M. Quatremcre de Quincy.

« Sur la demande du duc de Leuchtembcrg, qui voulait se rendre acquéreur de ce tableau s'il était reconnu original, M. Foscaini l'envoya à Rome pour être soumis à l'examen des juges les plus compétents : MM. Verner, Overbcck, Brani et Schnetz , directeur de l'Académie de France ; tous, à l'unanimité , déclarèrent que c'était un original de Raphaël.

- Diverses circonstances empêchèrent la vente de ce tableau. Le grand-duc de Toscane ayant témoigné un vif regret que ce chef-d'œuvre sortit de ses États, le duc renonça à en faire l'acquisition ; le grand-duc était sur le point de s'en rendre possesseur quand éclata la révolution de 1848.

« On remettra à l'acquéreur une relation imprimée qui constate comment le tableau Tut retrouvé par le professeur Foscaini, et la copie d'une lettre de M. Werner à M. Foscaini. -

Tel est l'ingénieux raisonnement du Catalographe ; il n'y manque qu'une chose, c'est le tableau de Raphaël.

M. Qualremère de Quincy ne cite et ne dit rien dans son livre de ce qu'on lui fait dire ici. L'élégant écrivain Giovanni délia Casa, né en 1503, n'avait que dixsept ans lors de la mort de Raphaël , et le portrait dont il est question est celui d'un homme de quarante. Le duc de Leuchtembcrg, lui aussi, est mort depuis longtemps, et le prétendu Giovanni délia Casa, lancé, il y a vingt ans, au moyen d'une savante dissertation imprimée, est un de ces ballons malheureux qui , après avoir été poussés dans toutes les directions, est vuiu échouer dans les salles de l'hôtel Drouot , qui en ont vu bien d'autres.

Ces deux tableaux ont été vivemeut disputes néanmoins par cet acquéreur inconnu , unique , poussant sur luimême et toujours le même, qui semble, je ne sais dans quel but, former plutôt une collection de bordereaux de commissaires-priseurs qu'une galerie de tableaux de maîtres. -

La vente au 10 février consistait en tableaux I et hollandais, pour la plupart, de la belle et riche collection de M. de .long, un Hollandais qui habite Londres. Mais, à côté de six Van Dyck , de quatre Vau Ostade et de trois Hobbema, figuraient aussi trois Yclasquez, deuv Murillo, deux Titien, Corrége, Claude Lorrain, le Dominiquin, etc. Le Catalogue de M. de Jong débutait par un dithyrambe en l'honueur du vrai, du beau, des grands maîtres et des jouissances que leur contemplation fait éprouver. Il ne contenait, disons-le bien vite, que d'honnêtes médiocrités en tous genres.

Je voudrais connaître le rédacteur du Catalogue; c'est un travail remarquable dans son genre, vivement écrit, saupoudré avec art d'anecdotes, de traits et des mots magiques : transparence, — effets lumineux, — hardiesse de touche , — facilité d'exécution , — force et richesse de coloris , — vérité, — noblesse , — couleur argentine ou dorce, etc., un vocabulaire complet du genre. Tout cela pour arriver à faire monter à 1,000 francs une douzaine de toiles ne valant que le tiers de cette somme et à racheter le reste. Succès médiocre, mais qui dépasse encore celui que devraient obtenir de pareilles tentatives.

Puisque nous faisons un bulletin critique, c'est l'occasion de parler de la défaite que vient d'éprouver une nouvelle secte d'amateurs connus sous le nom de faïenciers. L'absence de sujets sérieux donne au grotesque un certain relief. Les adeptes ont une langue a part, on entend voler sur leurs lèvres souriantes des mots mystérieux : Melllonnas, — Weesp, — Hou en au Perroquet,— Morutier, — Marseille et Strasbourg, qui désignent tout un monde nouveau.

Le grand coloriste Piet f 'iscer, Ter Himpelen, sont devenus un sujet de conversation , et on se demande : .tvtz-vous de rorerfoom '/ comme on disait autrefois : .-tuez-vous du Mord/

Les pots à fleurs de nos jardins, les chiens de faïence des portes cochères du temps passé , descendaient peu a peu de leurs piédestaux pour entrer dans quelques rahincts, et nous avons vu un meuble en faïence de Rouen, qu'il est inutile de nommer, usurper la place d'honneur dans un salon. C'est ainsi que nous avons vu , dans ces derniers temps, la recherche des productions les plus vulgaires de la céramique du siècle dernier prendre une certaine importance, nous touruionsà la bergerie, non pas à celle de Florian en rubans roses et en veste de satin vert pomme, mais à la bonne grosse paysannerie réaliste; bref, chez quelques faïenciers fanatiques, le goût avait posé le pied sur le dernier échelon, il ne pouvait plus descendre.

Tout cela a fait naufrage à la dernière vente des faïences de M. Demmin, un des lévites les plus fervents de la nouvelle église. C'était une tentative hardie, un grand coup qu'il s'agissait de porter. Pendant trois jours on vendit du Delft matin et soir ; car M. Demmin tient pour le Delft, — Weesp et Delft forerer; — le terrible Riff présidait à l'exécution, et la douzaine d'assiettes de Delft ne trouvait pas d'acquéreurs à 6 francs. Qu'il n'en soit donc plus question parmi 1rs délicats !

La déroute des faïenciers et de M. Denuuin est un thème plaisant que nous signalons à un amateur-poète qui voudrdit nous donner un pendant à l'ingénieux badinage de Sarrazin : Dulot vaincu, ou la Défaite des bouts-

rirnéi. On ne saurait trop vite tourner en ridicule de semblables manies. — I/C fameux sonnet sur le perroquet et ses quatorze rimes : pot, capot, coquemart, jaquemart, etc., s'y prêtent à merveille.

Une autre vente, qui peut être mise sur la même ligne que celle de M. Demmin, est celle des trente mille médailles composant le cabinet de feu M. Verreaux. I.i vente du tout n'a pas monté, je crois, à la somme de cinq mille francs. Il y avait là cependant des monnaies grecques et consulaires, impériales , royales et seigneuriales; mais quelles monnaies ! Des mercaux, des jetons maçonniques, des bons de soupe, des coins et des poinçons, de grossiers médaillons de plomb des époques révolutionnaires, des décorations et jusqu'à une collection de boutons d'uniformes des armées de la France royale, républicaine et impériale. M. Verreaux était la collection incarnée des monuments de la dernière classe. Mélancolique et studieux , il était peu propre au commerce. Il avait quitté l'ornithologie pour la numismatique. Pour se livrer à ces tristes collections, il s'était séparé de ses frères , hardis chasseurs qui parcouraient l'Afrique centrale pour trouver des oiseaux rares, et qui ont aujourd'hui les plus splendides établissements d'histoire naturelle qui soient en Europe ; ce n'est donc pas le bon exemple qui lui a manqué.

M. le comte de Labédoyère ne doit pas être rangé parmi les collectionneurs qui poussent la numismatique jusqu'aux boutous d'uniformes; mais il avait un faible pour les livres brochés poussé très-loin, et ce n'était pas le seul. C'était un amateur dans le genre de ceux que nous signalions dans notre article sur les livres illustrés. Littérateur à ses heures, il avait traduit et réduit à ce qu'il a de vraiment intéressant le Werther de Goethe; il aimait fort Mérard de Saint-Jusl.

M. de Labédoyère avait vendu, il y a vingt-cinq ans, une belle bibliothèque remplie de délicieuses reliures du xviii* siècle et de livres anciens reliés sur brochure. C'est une précaution excellente lorsqu'on veut faire relier avec soin un ouvrage du siècle dernier que d'en chercher un exemplaire broché; avec un peu de patience cela se rencontre, le relieur moderne peut alors le plier de nouveau et lui donner en le rognaut toute l'élégance que comporte son format. Tandis que , si le livre que l'on veut faire habiller de nouveau a déjà été relié, s'il a été grecqué, ce qui est très- fréquent; la marge du fond devient trop étroite, et celles du dehors risquent le plus souvent de ne pas être proportionnées avec sa juttificatloni le livre manque d'ensemble, s'ouvre mal, ou de nombreux témoins se montrent en rougissant sous la dorure de sa tranche. Le livre relié sur brochure est une délicatesse que les raffines seuls sentent très-bien.

Mais des livres reliés sur brochure M. de Labédoyère t lait passé au goût des livres brochés, non rognés, non coupés ! Cet état était devenu une condition sine qua non pour prendre place sur les rayons de sa bibliothèque; c'était sa manie, et il poussait l'amour pour ces chères barbes jusqu'à encapuchonner avec soin chaque volume pour le préserver de la poussière qui fait volontiers son nid dans le non rogné.

Les médiocres éditions du siècle dernier et les livres modernes formaient donc la grande majorité de

cette collection. I*s livres brochés du xvi« et du xvn' siècle sont beaucoup plus rares. Quoi qu'il en soit, le soin rigoureux que M. de Labédoyère avait la réputation d'apporter au choix de ses livres, examinés page par page, a donné à toutes ces brochures un prix souvent exceptionnel. Nous souhaitons que des volumes si bien choisis reçoivent leur caractère définitif par cet excellent ouvrier, Trautz-Bauzonnet , que l'on ne louera jamais assez. lTn volume broché peut à la rigueur être une curiosité; mais ce n'est point, a proprement parler, un livre.

Entraîné par son goût ;i recruter ses livres parmi les productions d'une époque inférieure, M. le comte de Labédoyère s'était attaché à les orner de son mieux. Portraits, dessins originaux, épreuves à l'eau forte et avant la lettre, quelquefois deux ou trois suites plutôt qu'une, étaient venus se joindre aux exemplaires qu'il avait faits, c'est-à-dire choisis feuille par feuille, et les livres aiusi composés, quoi qu'on en puisse penser, sont trèsrecherchés aujourd'hui.

Mais la perle de la collection était un manuscrit sur vélin du Poïme d'.idonis de la Fontaine, écrit par Nicolas Jarry en 1658 pour le surintendant Fouquet Nous laisserons un maître dans l'art de bien dire, qui est aussi un bibliophile délicat, nous raconier cette mémorable enchère qui terminait la vente Labédoyère; nous reviendrons sur le reste dans notre prochaiu bulletin :

«... Enfin, après tant de péripéties, tant de palpitations de tous ces cœurs de bibliophiles, voués à l'hyperthrophic, est arrivé le solennel numéro 1023; je voudrais être un homme éloquent autant que Rerrycr, un poêle comme Lamartine ou Théophile Gautier, un prosateur de la force de M. Villcmaiu, pour décrire ici l'intérêt, la curiosité, l'attention et la passion de tous ces hommes, atteints de cette monomanie ardente. Ils étaient là, les cheveux hérissés, le feu dans les yeux, bouche béante et silencieux (tout beau, leurs cœurs!). Le monde, en ce moment, pouvait crouler... Sur les ruines du monde, ils auraient salué de leurs derniers regards le fameux numéro 1023! Il s'agissait de \' Adonis, manuscrit de Jarry, en lettres bâtardes, composé de 20 feuillets encadrés en or. Ce curieux livre appartint au surintendant Fouquet, dont il porte les armes et l'écureuil. Il avait été vendu à Paris, en 1825, 2,000 fr. par les héritiers du prince Galitzin; il était relié par Le Gascon, c'est assez dire. Eh bien, je me souviendrai jusqu'à mon dernier jour de l'heure, éclatante entre toutes, où \\4donls fut apporté sur la table des ventes par un de nos plus savants bibliophiles, qui le tenait dans ses deux mains tremblantes d'une indicible émotion. Deux acolytes, dignes assesseurs d'un pareil grand prêtre, portaient de chaque côté les deux pans de son habit. A l'aspect du litre, l'assemblée entière se leva et battit des mains dans un choc électrique. Il ne fallut guère moins de quatre ou cinq minutes pour remettre au repos ces Ames surexcitées. A la Du le combat commença. Ce furent d'abord des escarmouches assez légères, des combats d'avant-garde : à trois mille, à quatre et cinq mille, à six et sept mille francs ! C'était pour rire, et nous levions les épaules de pitié. Mais, sur les confins de huit mille livres, la chose alors devint sérieuse, et le silence redoubla... Adjugé à neuf mille vingt-cinq francs, s'écria le commissaire-priseur!... Et d'un coup sec de son marteau d'ivoire il mit un terme à tant d'angoisses. ÉRASTE. »

GAZETTK ET BULLETIN DU CA1U.NET DE L'AMATEUR

NOUVELLE SERIE. — 2e ANNÉE.

paris, lx an, 12 m. REVUE MENSUELLE uépart., in an, li

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