‹ Le Cabinet de l'amateurChapitre 92 sur 151 · BENJAMIN FILLON · texte numérisé non relu

BENJAMIN FILLON

Foulon* (Ve«éit),ldètembrt 1861.

il) U. Imberi, de Tbouara, poisède un plat, venu par l'héritage rte sa famille, dont le système décoraiiret le vernit rappellent les ouvres de ralissjr, et qui semble avoir été rail avec la terre du paya.

(8) Le pavé armorié de la chambra de Marie de h Tour, su château de Tbouars, est sorti sans doute de ces fabriques, ainsi que celui a su- Jet» bleus de l'appartetncni de M- de Monlespan, S Olrw».

61 GAZETTE ET BULLETIN DU C A 11 IN ET DE L'AMATEUR

YK1STKS PUBLIQUES.

L'opinion se préoccupe évidemment de l'Hôtel des Ventes, de ce qu'on y fait, de ce qui s'y passe. Des plumes sérieuses ou badines ont traité de ses abus et de ses mystères; hier c'était le petit journal, demain ce sera le théâtre; mais si Aristophane s'en mêle, qui pendra-t-on7... Je veux dire a qui fera-t-on boire la

Ci:

L'hôtel de la rue Urouot appelle le public à ses ventes de mille manières; elle a les aunonces, elle a les afliches, elle a même un journal officiel. Elle a encore, lorsque le public est réuni, un crieur pour le stimuler, les objurgations de l'expert pour le persuader et le convaincre, des catalogues où le vrai est mêlé au faux sans distinction, où les plus tristes productions, tableaux et dessins, sont accolées aux noms les plus illustres.

Kn voilà certes bien assez pour que la critique ait à dire son mot sur ce qui se passe 'dans les ventes publiques ; mais de quelle gloire ne va-t-cllc pas se couvrir à faire de la police contre quelques experts ignorants ou contre quelques Auverguats coalisé.!

ISous lisions ces jours derniers dans un petit journal : ■ Gavarui assistait dernièrement à une vente aux enchères.

L'aboyeur annonça :

— Scène d'intérieur! \n>r Gavarni!

— Mais pas du tout ! sïcria Gavarni, cela n'a jamais été de moi! qu'est-ce que c'est que cette horreur?

— Taisez-vous, lui dit le commissaire-priscur.

— C'est un peu fort, reprit le célèbre dessinateur, je vous dis que cela n'est pas de moi... Je suis Gavarni, je counais bien mes «nivrcs!

— Peu nous importe que vous soyez Gavarni ou un autre, roi« n'avez pas le droit de troubler la vente! et, si vous élevez encore la voix, je vais vous Taire expulser.

Kt l'aboyeur reprit tranquillement :

— Scène d'intérieur! par Gavarni!

Nous pouvons ajouter que l'orflcicr miuistériel n'avait qu'à tirer une petite sonnette pour faire monter la garde et qu'il avait le droit de faire expulser l'artiste récalcitrant s'il avait persisté dans sa réclamation.

Quand donc le verrons-nous requérir contre le flagrant délit de coalition ou déclarer au public, contre l'opinion du catalogue, que l'objet qu'il met en vente n'est qu'une contrefaçon ?

Nous savons très-bien l'impossibilité qu'il y a pour le (ommissaire-priseur, dans certains cas, de contrôler la véracité des catalogues; ils disent : le public s'y connaît, il ne s'y laisse pas prendre. En général, c'est vrai; mais il y a encore bien des abuses, et dans beaucoup de cas, nous le répétons, il n'aurait qu'un mot à dire.

Nous essayerons de soulever de temps à autre quelques coins du voile, non par goût, on nous rendra ce témoignage que depuis deux ans nous n'avons guère usé de notre droit, mais pour faire une chose utile.

Nous savons, et les amateurs savent comme nous, qu'il y a, mêlées à toutes ces opérations, des personues consciencieuses et honnêtes : celles-là seront les premières à nous applaudir; les autres, on ne leur a pas assez frotté l e

Une vente de dessins de l'expert Blaisot est toujours une chose très-fade, mais au moins son catalogue ne manque pas de gaieté; celui-là, jamais un doute ne l'a tourmenté, il affirme avec le plus candide sang-froid. C'est véritablement un aveugle qui s'établit juge des couleurs. Son dernier catalogue (19 et 20 décembre) est le chef-d'œuvre du geure; après cela, il faut tirer l'échelle : d'où peuvent sortir toutes ces misères ?

Les trente premiers numéros contenaient cent quatorze dessins; ils se sont vendus 68 fr., ce qui fait une moyenne de 59 centimes par dessin. Cependaut il y avait de tout dans ces cent quatorze dessins que niai ire Blaisot attribuait :

à Hans Burgmaire, au Domiuiquin, à Cnrrache :

à Rubens, Yau Dyck, Sueyders;

à Jean Sleen, Van ïïlborg, Metzu;

à De Troy, Coypel, Lancret, Pater, Boucher, Saiut- Aubin, Debucourt;

à IL Bellangé, Roqueplan, Marilhat.

Nous citons :

Mirillo et A. Allf.ori (le Corrêrje). Deux dessins à la plume et au bistre io fr. 50

Mirillo (Estcban). Auges portant une couronne, dessin à la plume et au bistre 4 fr.

Anv SciiKtTF.n. La Tentation de Marguerite, belle esquisse pleine de sentiment (dit Blaisot) 2 fr.

Et cependant ce n'est pas à cette vente que Gavarni a réclamé, et Blaisot lui-même est convaincu que l'esquisse pleine de sentiment qu'il vendait 2 francs est bien d'Ary SchefTer; il l'écrivait hier, il le soutiendrait encore aujourd'hui.

La veute Blaisot a duré deux jours; 150 lots, 7iO dessins, bcaur , très beaux , charmants, jolis et tt rijolis, dit le Catalogue, ont produit une somme de 1,900 francs.

NOUVELLE SÉRIE. — 2e ANNÉE.

I'akis, t.N an, 12 ri». REVUE MENSUELLE i-kpart., in an, 14 m.

On s'abonne à Paris, chez Firmin Didot Frères, Fils et C', 56, rue Jacob, et chez Ions les libraires de la France et de Ptflrangcr.

Tout ce qui concerne la rédaction doit être adressé franco à M. Lug. Piot, rue Saint-Fiacre, to, à Paris.

Tirage fur grand papier vergé , 24 francs par an.

Pari»

de Ad. n. Uipé et i. Il*v*rd, rue dei

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