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JUSTICE DE PAIX. — 4" AHRONDISSEMENT

(Présidence de M. Bernard).

Athénaïs est une grande et robuste cuisinière qui vient réclamer à la famille Bolivar les huit jours que l'on doit à toute domestique congé*; diée...

M. Bolivar. — J'offre à mademoiselle de lui payer ses huit jours; mademoiselle refuse obstinément

tthénaïs. — Un peu. Tiens! si je préfère les consommer chez vous! N'est-ce pas Zidore?

Zidore dans L'auditoire . — Parbleur! t'es libre, t'es venu me consulter; moi, je t'ai dit : Plutôt que de palper les trois livres tournois... je resterais elle/, mes vieux bourgeois. . . pendant les huit jouis pour chiquera mort et nv engraisser...

L'huissier. — Silence!

Le juge .à Bolivar). — Puisque vous renvoyez cette lille , vous n'êtes donc pas s.i Li>t".nt de sou service.'

M. Bolivar. — Si fait. M. le président '.elle est d'une célérité et d'une propreté rare...

Le juge. — Elle n'a pas abusé de votre confiance, n'est-ce pas?

M. Bolivar. — Oh! du tout, du tout, c'est la fidélité même.

Le juge. — Eh bien, alors qu'avez-vous à lui reprocher!

M. Bolivar. — Moi, rien, c'est ma le le seulement qui ne veut pas

La garder... se tournant du côté de sa femme dis donc, marne BoKvar, explique dune cela a M. le président

M Bolivar. — Voyez-vous, mon juge, v'Ià ce que c'est... Figurezvous que nou» aimions beaucoup Athénaïs, mon mari surtout; parce que Athcnais. c'est un vrai cheval pour l'ouvrage; mais elle a de par le monde un certain parent; un mauvais sujet...

Zidore dans l'auditoire;. — Dites donc, dites donc, lie! Là bas, marne l'ti/iphar!...

I huissier. — Silence !

Le juge. — Continuez, madame.

M Bolivar. — Je ne sais quelle est la société qu'il fait fréquenter a sa cousine; mais quand Athénaïs sort le dimanche, elle rapporte des expressions... incroyables... et d'un idiome qui nous était jusqu'alors inconnu.

Le juge. — Que voulez-vous dire?

M Bolivar. — Par exemple, je mariais ma lille unique et alors j'avais chez moi, lundi dernier, un grand dîner de cérémonie; brefjje trait as M Bolivar entre dans le salon . il était en grande tenue : habit noir, cravate blanche, etc. , etc. Mhénaïs l'aperçoit et s'écrit devant tout le moud. / i/. Bolivar, qui i chouette!

M. Bolivar. — Effectivement; elle m'a traité de chouette.:, je vous ide un peu si je ressemble à une chouette et ce que veut dire ce mot?...

Zidore. — ParUtur I c'est pas une injure, ça; qui dit : chouette dit failart, chii/uarl , chiquentUrrt, eochiquenttaTt, déocichiquendart.

M. BeUvar reste stupéfait, puis il ajout.' : — Quelques jours avant, elle m'avait déjà appt Rire géni

M Bolivar. —Jusqu'alors nous avions pris ces mots pour du basbreton, vu que c'est sa pal m Lorsque, le jour de mon dîner, elle apporta du vin vieux, elle dit en Le posant sut la table ïlèst unpeusui/Jé

va un peu se culotter. Enfin mille autres expressions qu'elle tient de son parent, et qu'une personne présente nous a dit être de L'argot.

Le juge. -- 11 suffit, madame, et vous avez raison de renvoyer votre cuisinière \ Lthénaïs] ; \ous, vous accepterez l'argent qui vous est offert... Tâcher par la suite, de veiller davai votre rftatiière de vous exprimer. Semblables expressions n'appartiennent qu'aux voleurs et aux gens qui Unissent toujours mal. Liiez, et que ceci soit pour vous un hou avertissement.

Zidore [se retirant,.— Parbleur'. on va se pousser de L'air; c'< on n'a pas consulté la i c'est la loi , j'aurais bien voulu

voir , v ,p„. dit lâchait.' sur les huit jours des eu.- 1 a attendant,

je œ lui conseille pas de me marcher sur le pied, a e. u.ux chose de Putinbiir, ou alors je change sou nez eu horne fontaine pu je lui fais ob-

tenir de moi un o il de la grosseur d'un œuf d'autruche. C'est pour le coup que ce sera un œil cltouctlt !

L'Audience.)

THEATRES

lui. UHF. FBANÇAIS. — Quoique aucune nouveauté n'ait paru ace théâtre depuis la représentation du Verre d'Eao, dont la vogue n'est pas encore épuisée, les recettes v sont toujours productives. Il est vrai que la prochaine retraite de M"" Mars n'a pas été étrangère a ce résultai. Chacun a voulu revoir, avant sa disparition . cette inimitable actrice qui a soutenu avec un talent si parfait et pendant si long-temps des rôles dont un grarfd nombre , sans elle, aurait certainement disparu de la scène. Nous avons suivi jour par jour M"1 Mars dans ses dernières représi nta Bons; nous l'avons retrouvée délicieusement coquette dans Célimène du Misanthrope; pleine de charme et de sensibilité dans Lonise de Lignerol-

les; charmante de grâce et de linesse dans la ('.aucun' imprévue, et dans Tartuffe, la plus spirituelle Klmire qu'ait jamais rêvée Molière Vussi le public l'a-l-il applaudie avec enthousiasme, et c'est une consolation pour l'art qui la perd de la voir clore par de nouveaux triomphes une des plus longues et des plus brillantes carrières que jamais artiste ait parcourues.

MlleBachel a contribue à entretenir la comédie française dans cet I Fat de prospérité; et quoiqu'elle nous ail semble dans Marie Stuart inférieure ;i sa propre réputation et ;. M11- IHichesnois, qui apportait dans cette tragédienne puissance d'émotion à laquelle M"« Rachel n'atteindra uni, us peut-être, elle a eu de remarquables inspirations dans Moi une de Mithridate, et n'a pas cesse, dans ses autres rôles, de justifier l'empressement delà foule I .es clauses de son nomel engagement ne sont point encore arrêtées; le comité ne Consentant avec raison, qu'à'maint nir, pour la nouvelle année, les conditions actuellement existantes, et qui consistent, comi n lésait, en 60,000 fr. cl trois mois de Congé; c'est deux

fois plusque la comédie française ne donnait a l'ai ma et à M Mars dans leurs plus beaux jours. ( les propositions, quelque brillantes qu'elles si ient, ne suffisent point a l'avidité de M Félix, et les prétentions qu'il met en avant font craindre que cette jeune actrice n'abandonne bientôt le théâtre de ses succès et qu'on ne ferme ainsi les issues d'un avenir si riche de promesses et d'espérances.

Quoi qu'il eu soit, on doit féliciter le comité d'administration d ses heureux efforts et de l'intelligente activité qu'il déploie Sons aurons incessamment a rendre i qitc d'une nouvelle puce de M. Casimir Dela-

vigne, des Gladiateurs, deM loSoumet, d'un Mariage d'aulrefi

M, Alexandre Dumas qui, dit-on, csl revenu tout exprès de I loreiice

pour y faire des modifications'; enfin d'une comédie, de M. B, Scribe.

Bl Ml. h I G VI I 1 i

\ m. n m s.— Les Bombés, folie-vaudeville en un acte de mm lin mil et \ v M.i. i.m eu. u. — l.a famille des Bombés est tout simplement une famille de bossus qui se résume [oui entière dans Levassor, le divertissant acteur que vous connaissez. — M Gobinier bossu et greffier du

Commissaire de police île \ aUgrrard, veut épouser une jeune et jolie héritière de la banlieue. M11' Hortensia Bavinel Mais I amant Sacrifié de

M11'- Hortensia saura bien empêcher cette union outrageante, et pour cela, le matin même du mariage, au moment où M 6oMnier t'habille, il lui d. te la t.uiuie îles Bombés qui vient ton I tour eomplr-

meiii.r te radieux greffier de l'avantage qu'il a d'ttrtbottu, et en m. me temps réclamer la protection immédiate de M le commissaire de | nlice de \ augirard ou de son remplaçant

i d'abord un ouvrier bossu, grand tapageur, qui ftfl un i LnrriMe, bouscule tout le monde, et qui amené devant llionor.'il.le gfef-

Qer, le traite de confrère, le ridiculise de son mieux d lui lait uji lurt

notable dans l'esprit de son beau-père et de sa prétendue. Puis c'est un élégant, un dandy, un lion, bossu aussi, toujours de la famille des Bombés, qui vient à son tour faire enrager le pauvre greffier et l'appeler Votre Eminenee : enfin c'est une vieille femme également bossue, qui feint de prendre la future belle-mère du greffier pour sa maîtresse, et lui fait bonté d'oser donner le bras , en pleine rue Vaugirard, à un homme aussi mal bâti. Bref, la famille Bombé en dit et en fait tant,que la famille Bavinet se dégoûte entièrement du malencontreux bossu, et Mlle Hortensia faisant un juste retour vers le passé, épouse son ancien amant à la grande satisfaction du parterre et à l'ombre protectrice de la bosse de M. Gobinier qui, de futur époux, devient simple témoin.

Levassor, qui remplit le triple rôle de l'ouvrier bossu, du lion bossu, de la vieille bossue, déploie beaucoup de verve et de gaité et est fort amusant dans cette folie de carnaval.

TABLETTES DES CINQ JOURS

Faits divers.

5 mars. — Une commission, présidée par M. le lieutenant-général Gourgaud, s'est occupée, le 26 février, d'une découverte faite par M. Charles Boyer. Cette découverte a pour but de garantir les magasins de poudre de toute explosion, sans toucher aux propriétés physiques et chimiques de la poudre.

Il a été décidé qu'un magasin serait construit d'après le plan qu'il en a donné pour vérifier ses expériences en grand.

— Malgré les efforts des résidens anglais dans les diverses contrées de l'Indostan pour empêcher les veuves de se brûler sur le corps de leurs maris, un horrible sacrifice de ce genre a été consommé dernièrement dans le midi de la Péninsule de l'Inde. Le rajah de Moisadol étant mort le jour d'une fête solennelle, son cadavre a été apporté à Mulesch, près de Serampore, et brûlé pendant la nuit. Sa veuve, âgée de 10 ans, s'est obstinée à mourir sur le. même bûcher. Les parens de cette infortunée ont porté plainte au magistrat contre ceux qu'ils accusent de l'avoir excitée à cet acte de fanatisme. L'information commencée par le magistrat n'eut aucun résultat, suivant un des journaux anglais de Calcutta, l'Ami de l'Inde (Friend oflndia). Les naturels, convaincus que cette abominable coutume est agréable à leurs dieux et salutaire dans l'autre monde pour les veuves qui s'y soumettent, refusent toujours de déposer comme témoins sur de pareilles enquêtes.

(j. — iSous rapportons le fait suivant dans sa noble simplicité :

« Par acte passé le 27 février 1841, devant M« Bordarier, notaire à Nîmes, M. le maréchal-de-camp baron de Feucbères, commandant les départemens du Gard et de l'Ardèche, a fait donation entre-vifs, dans les proportions suivantes, d'une somme de deux cent quatorze mille francs dont il était créancier envers la succession de la dame son épouse, et qui formait l'intégralité d'un don réciproque de survie stipulé dans leur contrat de mariage: à l'Hôtel-Dieu de Paris, 74,000 fr.; à l'hospice des Ménages de Paris, 20,000 fr.; aux hospices de Nîmes, 50,000 fr.; aux inondés du Gard, 50,000 fr.; aux inondés de l'Ardèche, 20,000 fr. ■■

7. — Vers le milieu du 13e siècle, saint Louis, roi de France, acheta plusieurs reliques de l'empereur de Coustantinople, notamment la sainte couronne d'épines qui fut placée sur la tête du Sauveur, clouée sur sa croix, et des morceaux de cette croix ; tous ces objets furent apportés à Paris.

C'est pour les loger d'une manière convenable, que le saint roi fit bâtir la Sainte-Chapelle dans la cour du Palais-de-Justice, par le plus célèbre architecte de l'époque, Pierre de Montreuil ou de Montereau. Elle fut commencée en 1242, achevée en 1248 et consacrée l'année suivante: saint Louis dépensa, disent les historiens, au moins 0 millions de francs de notre monnaie, à construire et décorer ce monument. Un incendie qu'on attribua à la négligence des plombiers consuma, en

1630, le clocher et la toiture de ce bel édifice; mais, par le hasard le plus heureux, la verrière n'éprouva aucun dommage ; et, telle qu'elle est aujourd'hui, elle est la plus complète et la plus belle qui soit à Paris. La Sainte-Chapelle est aussi longue qu'elle est haute : elle a 36 mètres (1 10 pieds) sous ces deux dimensions, et 9 mètres (27 pieds) de largeur.

On comprend très bien que les cinq siècles, l'incendie de 1630 et la terrible révolution de 1789, qui sont passés sur ce joli monument, ont dû y laisser leurs traces. En effet, la Sainte-Chapelle est en beaucoup d'endroits considérablement dégradée; mais heureusement pour elle et pour les artistes, l'instant de la restauration complète est arrivé ; déjà, depuis trois jours, les ouvriers sont à l'œuvre. — On lit dans le Sémaphore de Marseille, du 1er mars: « Le quartier rural de Saint-Louis-lez-Marseille, a été, il y a une semaine, le théâtre d'un événement extrêmement déplorable. Une jeune fille, que l'admiration de ses voisins a surnommée le Belle- Jardinière, recevait depuis quelque temps les assiduités d'un jeune soldat en congé; celui-ci eut beau s'entourer de quelque mystère, la pénétration ordinaire des femmes du quartier ne se trouva pas en défaut, et le frère de la Belle- Jardinière, militaire comme le poursuivant de sa sœur, ne tarda pas à recueillir certains bruits, certaines conversations malveillantes qu'il voulut arrêter par une démarche énergique auprès de son dimarade. Mais celui-ci ne parut pas décidé à donner promptement à sa passion l'honnête dénoûment du mariage; aussi, lui fallut-il accepter un duel où les deux adversaires firent un si cruel usage de leurs sabres, que l'amant de la Belle-Jardinière reçut, en échange d'un coup peu dangereux qu'il porta à son camarade, des blessures de la nature la plus grave. Cette affaire eut sur-le-champ un tel retentissement, que la police, munie des ordres du ministère public, s'empara des témoins et fit transporter à l'hôpital les deux blessés, qui, plus tard, auront à rendre compte de leur duel à la justice. Mais voici le plus funeste résultat de cette déplorable affaire: la mère du jeune homme, dont on ne blâmera pas l'honorable susceptibilité, apprend coup sur coup tout ce qu'elle avait ignoré jusqu'alors : le duel de son enfant et la cause qui l'avait amené; dans le désespoir qui s'empare d'elle, cette malheureuse femme vase précipiter dans un bassin profond,et sa fille fut la première qui aperçut son cadavre sans vie dansl'eau. »

8. — M. W. Coley Jones, chimiste de Londres, est en ce moment ,s Bruxelles, où il fait des expériences qui semblent démontrer la possibi-. lité de l'emploi du gaz acide carbonique comme substitut de la vapeur, comme puissance motrice, applicable aux chemins de fer, etc.

9. — Ce matin, ainsi qu'on l'avait annoncé, M. Mulot a fait subir à sa sonde une nouvelle et dernière épreuve. Il est encore parvenu à la faire descendre de deux mètres à travers la couche de sables verts dans laquelle se meut la nappe d'eau. Cette opération s'est faite en très peu de. temps et sans aucun accident; aussitôt qu'elle a été terminée, on s'est mis à l'œuvre pour retirer la sonde. A midi on était déjà parvenu à retirer vingtet-une tiges, formant une longueur de cent mètres.

Il résulte déjà de cette diminution de la sonde que le volume d'eau a augmenté de trois cents litres par minute. Qu'on juge alors quel torrent il jaillira de ce puits lorsque la sonde sera entièrement retirée. D'un autre côté, à mesure que l'on retirait la sonde, l'eau apportait avec elle un sable mêlé de matières végétales pétrifiées, que des naturalistes ont recueilli avec un grand soin pour en faire l'analyse.

LE ROI DEi FKÈ* ELLE*

Par Antony Thouret,

Deux volumes in-8°. — Prix : 15 francs.

Chez Charles Gosselin, éditeur, rue Saint-Germain-des-Prés, n. 9.

Le Gérant, TAQUABD.

Paris. — Imprimerie et lithographie de M AULDE et KEiNOll, rue liailloul, y et 11, pris du Louvre.

12e Année. N° 15.

Lundi '15 Mars 1841.

littérature.

SCIENCES, BEAUX-ARTS, MŒURS

JlÉSlOIRI S ET VOYAC .

HISTOIRES ET \«>l VELLES.

>. DESSIM PAU

n\ s'aboxxe a Paris, rue du Dasard-Richelicr, g ns les dépai ti mens, chez les Directeurs di - Postes, les Libraires, i auii bureaux des 11

y aies, et des Messageries LafDlte cl Caillard

On uc reçoit que les lettres afTrancIlles.

■ftctMCÔ t>C» &C1UIC6.

JOURNAUX, LIVRES, THEATRES

i UÉI IKC1 -.

CHRONIQUE DES leil.l \'.; \.

EXTRAITS d'oUVH ICI I «

,1.1 I hum i ni l.i ■ • : I -, ... 10 . 15, 20 . ÎS ii S ' de < I'iik :

13 fr. pour trois mois , âï fr. pom ni i ■ lr.

nnec. Pour l'étranger, u lï. en .--.i- :

\uuiuice» sur H colonne- : 73 cenl

ET LE CERCLE RÉUNIS

GAZETTE DES FAMILLES

SOMMAIRE

Une affaire d'honneur, par M. Ed. M — Un Français dans l'Inde,

M <: Cunai i ne somnambule, par M. Vlphonse Teste.

Voyage dans la Turquie d'Europe. — Combat du roi François I '

' un sanglier. — Théâtres : académie royale de musique; i

' Bouché dans Robert le Diable; de M Uizard dans la Favo-

Opéra-Comique; les Diamansde la Couronne, par MM. Scribe

unt-Geobges, musique de M. Iubeb — liais. — Modes. —

Tablettes des cinq jours; Faits divers.

Au présent ouméro est jointe une gravure de Modi

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