BÉ> VOIL
SCIENCES
In i vus su; i ' vr. —
Ce tremblement de terre, qui a cl ; eud'instans l'aspect du pays,
commença le i ' juillet 1840 le 20 juin du vieux style . à six heures quarante-cinq minutée environ de l'après-midi, Des secous
bien qu'intermittentes, qui semblaient partir du mont Ararat, imprimèrent a la terre un mouvement semblable a celui des vagues, ip" continua pendant a peu près deux minutes; les quatre premières secousses les plus fortes, qu'accompagnait un bruit souterrain, et dont la direction était est-nord-est, laissèrent sur les sommets des montagnes et au fond des vallées qu'elles avaient agitées, des traces que l'œil de l'observateur pourra retrouver même lorsque des siècles se si roni écoules. En même temps on observa sur les rm- de i \r.i\e et du Karasson,
ies seines de ce dernier jusqu'au lieu ou I' irpatchaï se jette «Lins
1' \raxe, sur t"iis les points ou les bords de ces rivières ont | eu d'élévation, d'innombrables fentes parallèles au cm\i-> de ces eaux, ci qui sillonnaient la terre jusqu'à la distance d'une verste de leurs lits « es fentes s'ouvraient et se refermaient selon le mouvemenl que les secousses souterraines imprimaient a chaque instant & la surface du sol lai outre, un grand nombre d'explosions subites \ eurent lieu, et du fond des petits i tères ouverts de la sorte, ainsi que des fentes donl nous venons de parler, jaillirent, comme des fontaini s colossales, des torrens d'eau fraîche, Limant en l'air une grande masse de gravier ci de cailloux. Les eaux de l'Araxe furent si violemment agitées, qu'elles s'élevèrent des deux côtes vers le rivage, qui en lut même eu partie inondé, tandis qu'elles baissèrent au centre du Meuve . qui présentait une surine
concave.
De tous côtes la terreur et :,. désolation, pendant ces terribles instans, se sont répandues .111 loin dans tout le pays voisin de I' vrniat I .a ville persane de Makou el Baïazeth chef-lieu d'un pachalih turc ont également souffert du tremblement de terre : - [ui se sont succédé sans interruption, ont ébranle la terre jusqu'à Sehouseba et Tabris d'un côté, et jusqu'à Tiflis de l'autre. L'antique monastère de Saint-Jacques ci le village d'Acorhi, avec ses deux cents maisons sur mille habitais au pied du grand \raral , ont été entièrement détruits, tant par les masses immenses de roches que par les glaçons d'une grandeur colossale qui, pendanl une suite incalculable d,- siècles, avaient brille dans la région de, nei.es éternelles, et que ces relies avaient entraînes dans leur chute.
Dans les canions d'Erivan, de Scharour, île IXakbitchévan et d'< irdonbat, la plupart des maisons oui eie ou entièrement détruites ou du moins fort endommagé* s. Dans la seule ville de Nakhitchévan, deux églises arméniennes, cinq mosquées, sepl ci ni soixante-dix-neuf maisons el vil cinq boutiques oui été ruinées
L'influence du tremblement de terre sur toutes les sources qui jaillissent du sein de la terre, dans les districts d'I'.rivan el de \nlJiitclic\an, a été remarquable. Dans le dernier de ces districts on en a observé jusqu'à trente qui ont tari pour quelque temps, quelques unes n'eut produit que des eaux blanchâtres et troubles, même plusieurs JOUH
lacata trophe; d'autres sont devenues plus ab I n'avaient
[)YironS de quelques unes de ces dernières ..n cil a vu
paraître de nouvelles. C'est ainsi que le volume des sources de Karasson
el du Tchapan, près du village di Sardarak, a plus que doublé, et un
,,. u d'eau, qui s'est ouvert à l'époque du tremblement de terre,
v jaillit en outre d'uni Djindil.
Les hal.iians de Karagasanlon villagi situi au point où PArpalehaï
... jette dans l'Araxe), é| vantes par une premièt u ■ "' ■'
peine levé les veux vers les cimes di i Lrarat, pour suivre da
chutei baient, qu'une sec le secousse ren
vcrsa ; le. Le village entier d
ussière; en même temps la terr dit autour d'eux ; de
colonnes d'eau, lanci d quivenaiei rir, jetèrent sur les cham] ; et les cailloux
qU'( 1 . di lai bés des pi - 'ir. 5. Les babitans
quittèrent en fuyant les lieux qui les avaient vus naître. ; s dont l'éti
idée. I.esln -sis lie n I
Les m iges éternelles, détaches par la premi re seeowsw de la cime du
grand Ararat et des hauteurs de ses contre-forts, ont été lancés d'uuseul jet d'une hauteur de six mille pieds jusqu'au fond de cette vallée, qu'ils ont couverte sur une étendue de sept verstes.
D'abord l'on n'aperçut pas les moindres restes ni du monastère, ni du village; niais peu à peu les neiges et les glaçons avant commencé à fondre, toute cette masse de débris cessa d'avoir aucune consistance et s'écroula; une partie en fut de nouveau emportée en aval par la vallée jusqu'aux rives de Karassou, avec une telle rapidité que les glaçons qui s'étaient conservés entiers et d'immenses rochers furent transportés, en peu de minutes, jusqu'à une distance de vingt verstes (1), du point où ils étaient d'abord tombés.
Ce fut le G juillet (24 juin du vieux Style), à neuf heures du matin. Des torrens d'une fange argileuse, de couleur blanchâtre, jaillirent en même temps des flancs de la masse de débris qui resta immobile, inondant et dévastant les champs et les prairies, depuis ce point jusqu'aux rives du Karassou; le volume de ce torrent était tel, qu'entre les montagnes qui resserrent la vallée d'Acorhi et les bords de la rivière, le terrain inondé ainsi était recouvert jusqu'à une étendue de douze verstes de largeur.
La formation subite de ces torrens de fange et la rapidité de leur mouvement présentent un phénomène bien extraordinaire, t'n de ces torrens fangeux se jetant dans le Karassou même, a forcé cette rivière de changer son cours; tous y ont apporté une si grande quantité de cadavres mutilés que les eaux du Karassou ont cessé pendant long-temps d'être potables. Deux semaines à peu près plus tard, ces torrens ont même entièrement disparu, La vallée d' \corhi est devenue plus large dans sa partie supérieure, parce que le sol en est désormais plus élevé, et la limite inférieure des neiges éternelles de l'Ararat est descendue plus bas. Deux sources que l'on remarquait autrefois non loin du monastère indiquent l'endroit oii s'élevait autrefois ce vénérable édifice. On devine de même la position d'une petite prairie sur les lianes de la mon. tagne, vis-à-vis du monastère, habitée au moment de la catastrophe par une tribu nomade de trente familles qui y a péri tout entière. Cette prairie est aujourd'hui recouverte d'une masse d'argile. Entre le monastère et le village d'Acorhi, sur un terrain divisé autrefois en champs cultivés et eu jardins, s'élève à présent un labyrinthe de tertres de forme conique, composés de fragmeus de roche et cachant des glaçons qui, moins exposés à l'action de l'atmosphère, ne sont pas encore fondus. Ces tertres sont sillonnés par un grand nombre de fentes et de cavités remplies d'eau contenant du vitriol, et probablement ils disparaîtront lorsque les glaçons qu'ils renferment seront fondus.
Après le tremblement de terre, dont les effets ont été si funestes, des secousses assez sensibles ont été remarquées à intervalles jusqu'au 9 août (28 juillet du vieux style,; devenues moins fortes par la suite, elles n'ont cependant cessé entièrement dans le district de Scbarour que le 1er (13) septembre, et quelque faibles qu'elles fussent vers la fin de cette époque, elles n'en étaient pas moins accompagnées d'un léger bruit souterrain.
Les secousses, qui se sont suivies depuis le 2 jusqu'au 9 juillet (21-28 juin du vieux style), ont renversé, dans le district de Nakbitchévan, les édifices qu'avait ébranlés le premier tremblement de terre; les plus fortes de celles qui se sont fait sentir plus tard ont été remarquées le 14 (26) juillet, à trois heures du matin, à la quarantaine d'Igdir, et onze jours plus tard, à trois et à dix heures du matin, ainsi qu'à cinq heures du soir, dans le canton de Sourmalinsk. N. K.
(Echo du Monde savant.)
Analyse de l'eau du puits artésien deGuenelle. — M. Payen vient d'exécuter sur cette eau une nouvelle analyse qui confirme les heureux résultats déjà obtenus.
(1) Sept verstes équivalent à environ un mille d'Allemagne.
L'eau débarrassée par le filtre des corps en suspension, contient, sur 100 parties :
Carbonate de chaux 0,80
Carbonate de magnésie 1,42
Bi-carhonate de potasse 2,90
Sulfate de potasse 1,20
Chlorure de potassium 1,09
Silice 0,02
Substance jaune 0,02
Matières organiques azotées 0,24
Total 13,75
La nature des substances tenues en dissolution est digne d'intérêt sous plusieurs rapports. Sa composition, comparée avec celle de l'eau de la Seine, montre qu'elle contient moitié moins de sels calcaires, et qu'elle ne renferme pas de sulfate de chaux, composé le plus nuisible dans les usages industriels de l'eau. Ainsi , cette eau formerait moins d'incrustations dans les bouilleurs; elle prend mieux le savon , ne se trouble pas par l'ébullition, et donne des précipités moins volumineux par les divers réactifs. La présence des composés de potasse, et notamment du carbonate, est digne de l'attention des géologues, et elle explique d'ailleurs l'absence du sulfate de chaux.
Sur 100 litres, l'eau renfermée au moment de son apparition contient 1 litre 80 de gaz qui se composent de 0,15 d'acide carbonique et de 1,05 d'air dans lequel l'azote et l'oxigène sont dans le rapport de 78 à 22.
La composition de l'eau de Grenelle a peu varié depuis les premiers jours de sa sortie du sol. Analysée à plusieurs intervalles, elle a donné un peu moins de bi-carbonate de potasse. La réduction a été de 4 à 2,90 pour 100 parties ou d'environ uu quart. Le volume de gaz a aussi diminué un peu et dans le rapport de 1,022 à 0,010, sans doute en raison de l'accroissement graduel des parois du tube. D'ailleurs l'absorption de l'air extérieur et de l'oxigène en plus forte proportion est très rapide.
Nxds de talégales. — L'espèce des talégales avait été jusqu'ici fort rare en Europe, puisqu'un seul individu existait en France, au Muséum de Paris, où il a été rapporté de la Nouvelle-Guinée par les voyageurs de la Coquille. M. Gould les a étudiés dans la Nouvelle-Hollande ; il a reconnu que ces oiseaux étaient de vrais gallinacés , mais que , d'après leurs formes générales, la nudité du cou et le plumage duveteux et épais du dos, c'était du groupe des Guans ou Yacous d'Amérique qu'ils se rapprochaient le plus. Il raconte une particularité des plus remarquables sur leur genre de nidification.
Cette espèce, avant de pondre, réunit sur le sol une si grande quantité de branches vertes avec leurs feuilles qu'elle en forme uu monceau de cinq ou six pieds, ou même plus de hauteur, disposé en manière de cône; elle pratique au sommet un petit enfoncement étroit et assez profond , et c'est là qu'elle pond deux ou trois oeufs seulement, qu'elle soin de relever ensuite et de placer perpendiculairement, avec son bec, les uns auprès des autres, par conséquent ayant un bout eu l'air et l'autre en bas, ce qui se conçoit d'après la petite dimension qu'elle donne à cet enfoncement; ensuite elle laisse au soleil et à la chaleur produite par la fermentation de cette masse de végétaux, le soin d'échauffer et de faire éclore sa nichée.
Conservation des mandes.. — M. Gannal, dont le procédé pour la conservation des cadavres est aujourd'hui si connu, a soumis à l'Académie les résultats de ses recherches sur la conservation des viandes alimentaires. Dans ses précédens travaux, l'auteur a essayé de distinguer dans la gélatine trois substances, la géline, la gelée et la gélatine ou colle forte. Suivant M. Gannal, la géline jouit de propriétés chimiques et physiques spéciales; la gelée résulte de la décomposition de la géline par l'action simultanée de la chaleur et de l'air; enfin la gélatine résulte de même de l'action de l'air chaud sur la gelée. La géline et l'albumine soûl les seules matières animales qui contractent spontanément la fer-
jnentalion putride, et celte fermentation est d'autant plus rapide que ces deux démens sont plus abondans.
En examinant le procédé de salaison employé pour la conservation des viandes, l'auteur arrive à ce résultat que le sel agit par dessiccation, et que celte action médiate et secondaire est d'ailleurs nécessairement imparfaite, qu'elle exige un travail pénible et entraine des frais considérables. Quant au procédé de M. Appert, lequel consiste à absorber tout l'oxigène contenu dans les vases qui renferment les substances préparées, M. Gannal reconnaît que cette méthode est rationnelle mais qu'elle présente quelques difficultés pratiques, et que la condition nécessaire de tenir les vases hermétiquement clos s'oppose à toute application économique sur une grande échelle.
M. (.annal s'est propose de modifier la gélatine ou l'albumine de telle sorte que ces deu\ substances ne puissent plus contracter la fermentation putride, et il a imaginé d'employer pour cela un sel d'alun introduit par injection. C'est le chlorure d'aluminium qu'il a choisi pour cet usage ; il s'est assuré que un ou deux kilog. >\i'<^ sel suffisent pour la conservation d'un bœuf, tt il | résente des morceaux de viande ainsi préparés depuis deux ans, qui n'ont contracte , dit-il, aucun goût particulier et n'ont perdu aucune des propriétés de la viande fraîche.
TRIBUNAUX
POLICE MUNICIPALE DE PARIS
SÉANCE DU 1" àVKIL.
Bruit et tapage nocturne dans une maison, voilà le délit qui amène a la barre du tribunal de simple police M. Césarien, peintre d'un grand avenir.
L'huissier, appelant. — M. Césarien.
I ne vieille femme. — C'est moi ! Hilarité.)
L'huissier, appelant, — M"' Cathard.
Césarien. — Alors, c'est moi !
Mm« Cathard. — Du tout, c'est moi.
Césarien. — Ah cal vous n'avez pas la prétention d'être tout le monde; restez, M"" Cathard! au fait, rentrons chacun dans notre individu respectif.
M Cathard. — Respectif vous-même, dites donc.
Césarien. — Amen.
Le président. — silence!... Voyons, M" Cathard, vous ave/ adressé une plainte au commissaire de police de votre quartier ; qu'aviez-vous à reprocher à ce monsieur ?
\l Cathard. — Des horreurs, .M. le président ; depuis (pie ce monsieur-là demeure dans la maison, pi rsonne n'v peut plus dormir.
Césarien. — Je le crois bien, Madame et moi nous avons emménagé le même jour ; Madame est sev nuse on ni ; elle a toujours cinq ou si\ enfans au maillot chez clic sans compter ceux qui courent sur les escaliers,... on marche dessus, c'est très gênant pour descendre...
M™ Cathard. — C'est hou: mais ils ne vont que le jour, tandis (pie vous ave/ lionne le secret de la porte a un tas de grands brigands qui viennent vous voir jusqu'à des deux heures du malin.
i lien. — Allons donc, de ln.ns garçons qui viennent m'aider a passer la nuit, puisque vos moutards m'empêchent de dormir. Dites donc, vous ne leur apprenez pas la musique à ce qu'il parait... tout ce qu'ils chantent est joliment faux. Hilarité.]
M'"" Cathard. — c'est faux? Est-ce que vous croyez que je leur apprends à mentir?... Jugez ça, M le président... Ils sont l.,, au dessus de moi, quelquefois une quinzaine, avec des grandi s l' n bes et des grandes pipes qui chantent des choses a faire rougir mes cheveux hiatus
1 (longue hilarité); est-ce (pie vous croyez que c'est agréable quand on a douze ou quinze innocens... des pauvres petits chérubins ?
Césarien. — Ils s'en privent déchanter, eux.
M""É Cathard — l'as des horreurs, toujours.
Césarien.— Vous n'en savez rien, vous ne comprenez pas ce qu'ils veulent dire. Hilarité.
M" Cathard. — Quand ils crient, ces pauvres petits, c'est pas leur faute, c'est qu'ils ont soif.
Césarien. — Eh bien, ca se ressemble, quand les miens chantent c'est qu'ils ont trop lui ' Hilarité
l.e président. — Cette discussion ist déplacée; venons en a la plainte \ nus avez surtout, M '" Cathard, signalé la unit du 22 mai s
M"1" Cathard. — Vous ne me croirez pas. M. le président; ils ont lire (les coups de pistolets jusqu'au jour.
Césarien. — Des pétards!
M11"' Cathard. — Mes enfans sont là pour le dire.
Le président. — Ceci est plus grave, Monsieur; vous n'avez pas le droit pour votre plaisir de troubler le sommeil de tous les habitans d'une maison.
Césarien. — C'était nia fête, M. le président.
Mme Cathard. — Ah! c'est différent, c'est une raison ça; mais cependant vous aviez assez de tout le jour pour la célébrer.
Césarien. — Mais ma brave M Cathard , ca ne se pouvait pas : ma
fête à moi tombe la nuit.
M ' Cathard. — Ah! fallait donc me le dire. (Hilarité prolongée
Césarien. — C'est un oubli du calendrier. .On rit.) Figurez-VOUS, M le président, que mes amis m'ont appelé le roi des artistes... vous savez, qu'aux fêtes du roi il v a des feux d'artifice, ils ont voulu célébrer la mienne connue ça avec des pétards,
l.e président. — La cause est entendue.
Le tribunal condamne M, Césarien à une amende de onze francs.
M1'" Cathard. —C'est un peu dur, car enfin ce n'est pas sa faute, c'est Falmanach qui a oublié .. I ne autre fois, faudra me prévenir.
(L'Audience.)
GARDE NATIONALE DE PARIS