SAINTE-PÉLAGIE, VINCENNES
Ancienne maison de refuge pour des courtisanes repenties, Sainte- Pélagie, qui doit son nom à une comédienne d'Antioehe, fameuse au quatrième siècle pour ses débordemens, Sainte-Pélagie n'a cessé dès les commencemens de la révolution jusqu'à nos jours d'être en partie une prison politique. Elle a, de plus, été une prison d'état; c'est-à-dire, qu'on y a enfermé sans mandat du juge des citoyens et des étrangers, lesquels en sont sortis également sans jugement.
H semble qu'il soit dans la destinée de Sainte-Pélagie d'être toujours la prison de Paris la plus mélangée; depuis le 10 août 1792 jusqu'au 20 juillet l/OTi, cette maison a reçu des femmes aussi bien que des hommes; des prisonniers d'état, jusqu'en 1817 ; des enfans au dessous de seize ans, jusqu'en 1834 ; des prisonniers pour dette jusqu'à la même époque; aujourd'hui encore elle renferme des prévenus et des condamnés politiques, des prévenus et des condamnés pour délits correctionnels, quelques uns pour crimes, d'autres à de simples peines de police.
Qu'il y ail eu des prisonniers d'état à Sainte-Pélagie antérieurement au 1er avril 1811, c'est ce qui est évident quand on parcourt aux archives de la préfecture et de l'intérieur des dossiers relatifs à l'affaire de la machine infernale et à la première affaire de Mallet; mais ce n'est qu'à partir du Ie1' avril 18! 1 qu'il leur est ouvert un livre spécial d'écrou, étiqueté Registre administra/if.
Du 12 avril 1811, date de la première inscription, jusqu'au 26 mai 1814, date de la dernière, nous avons compté deux cent trente-quatre incarcérés. Le seul nom de quelque importance qu'on y remarque, est celui de M. Franchet, alors commis des droits réunis, et depuis directeur de la police générale. Écroué le 15 janvier 181 1, sur le registre commun, comme prévenu de correspondances attentatoires à la sûreté intérieure de l'état, M. Franchet passa d'abord six mois au secret, et ne sortit de. prison que le 1er avril 1814, avec soixante-huit autres détenus, sur l'ordre de sa majesté l empereur Napoléon. Parmi ceux-ci se trouvaient dix-neuf sous-oflieiers et gardes d'honneur du 3r régiment.
En dépit de la charte octroyée, la police de, Louis XVIII a mis, du 1") avril 181 I au 2'.l janvier 1815, à Sainte-Pélagie, cent trente-cinq individus, presque tous anciens officiers, dont pas un ne parait avoir subi de jugement. Pendant les Cent-Jours, il ne se voit pas trace d'une arrestation politique à Sainte-Pélagie; notez que le Temple et Viucenncs avaient cessé d'être des prisons.
En revanche, la seconde Restauration ne s'en fit pas faute : jusqu'au lrr janvier 1817, époque à laquelle s'arrête la permission à nous accordée de compulser les registres, la seule conspiration de VEpinqk-Noire jeta à Sainte-Pélagie vingt-deux détenus, dont plus de la moitié y resta six et sept mois sans voir la ligure d'un juge (l'instruction. C'est ce qui
arriva entre autres à M. Poulain d'Angers, depuis condamné à morl (luis l'affaire do Berton; il n'a jam lis su pourquoi il avait rie mis a Sainte-Pélagie le 12 mai 1816, et n'avait fait aucune démarche pour en sortir h la lin d'août môme année.
Lasse d'être continue!!! ment suivi par do.-, agens de police >■: di que ses parens et ses amis élaient in [uiétés a cause de lui. M. (.1:1 lion, aujourd'hui ass icié de la maison Lausseur, qui n'avait rien autn à se reprocher que d'avoir été attaché au cahiuet de l'Empereur, écrivit ,111 préfet, au commencement d'août 181ô,que pour en fiuiril se rendait a Sainte-Pélagie ctqu'il s'y mettait à sa disposition II le fit comme il l'avait dit ; on l'y garda doux mois et demi, sans mandat, sans écrou, et un beau matin on lui dit de s'en aller. Il arriva a M. G uillou quelque chose de plus extraordinaire : les contrariétés auxquelles il avait été en Imite l'av. lient rendu malade ; il passa ,. la visite du docteur et obtint uiiecarte de bain ; il la présenta a un guichetier ivre, et celui-ci lui ouvrit bravement la petite porlc qui donnait alors sur la rue du Puits-l'Hermite. Tel était alors, comme aujourd'hui, l'aspect du cette rue que M. Guillon la prit facilement pour un chemin de ronde; il lit quelques pas et ne voyant personne autre a qui s'adresser, il revint vers le factionnaire et le pria de lui indiquer les bains. — Quels bains ? — Ceux de la prison. — Kh bien ! ils sont dans la prison. — Dans la prison ! Et OÙ suis-je donc, moi? — Parbleu! vous êtes dans la rue. — Diable! ça ne fait pas mon compte. M. Guillon frappa à la porte et gronda en riant le guichetier, qui se jeta à ses pieds et le supplia de n'en rien dire a personne. Note/. qu'il y avait alors à Sainte-Pélagie plus de cinquante prisonniers dont quelques uns ont été frappes de peines bien sévères.
Sainte-Pélagie, outre le peu de sûreté que lui donnent les jardins et les rues qui l'entourent, a toujours été une mauvaise prison d'état, .1 cause des deUiers qu'elle renfermait, bien qu'ils n'occupassent ni la même cour ni les mêmes bâtiinens que les prisonniers politiques. Comme les uns et les autres avaient de l'argent, leurs communications étaient pour ainsi dire incessantes. C'était dune par l'entremise bienveillante des deUiers que les prisonniers d'état recevaient, a Sainte-Pélagie, les lettres et les journaux dont ils étaient pm,s au Temple ■ 1 a \ iucennes. (.'est encore par le bâtiment de la dette et avec les permis des visiteurs que quelques uns parvinrent a s'i vader assez facilement. D'ailleurs, jusqu'en 1828, époque ou elle a eu un concierge et un gn ffe s| éciaux, la dette était fort mal tenue. On nous a même assuré que du temps du Directoire, un condamne a la déportation était venu s'y cacher pendant trois mois, convaincu qu'on le chercherait partout ailleurs qu'en ; Et qu'y aurait-il d'étonnant a ce que la chose fit vraie ? N'est-ce pas .1 l'hôtel Galifet, dans les bureaux du ministère des affaires étrangères, que Lavalette passa la première nuit qui suivit son évasion?
Quelques personnes s'étonneront de nous voireon meer l'histoire
du donjon de Vincenno sans parler du duc d'Enghien. Nous avons ici la même raison que pour n'avoir pas parlé de Louis M I ;i propos du
Temple. A l'époqui le duc d'Enghien y fut amené, \ incennes était
une citadelle et non pas une prison d'état; il en a été de même lors du séjour qu'y ont fait les ministres. Wave est-il devenu une prison pour avoir reçu M™ la duchesse de Berri? Et la citadelle de Lille, que nous avons visitée récemment, en est-elle une parce qu'on y a logé 1 al ri r et Balmaseda ?
Nous le [répétons, Vincennes, prison d'état depuis son origine, avait perdu ce caractère en 1790 et ne le recouvra que le 3 juin 1808; seulement d et à de rares intervalles, le donjon avait reçu, nm ■ 1 n squ • I utes les citadelles et places fortes, certains prisonniers de guerre plus influens et plus remuan utres C'est comme en un lieu d rn er rejeton des Coudes, v avait été amené, ( t non comme en une prison. Aussi, dans la relation de ce drame si court et si pénible a la fois, est-il souvent question d verneur du château, jamais du commandant du donjon; deçà] et de sei-ens d'armes, jamais de porte-clefs. 11 n'existe pas d'ecrvu du
duc d'Enghien, mais seulement un reçu de sa personne délivré par le gouverneur.
l.e despotisme, quoi que les llatteurs lui puissent dire, a conscience ■ le, si atiniens qu'il inspire; Bonaparte trouvait le Temple trop au milieu de la populatiou parisienne, et puis cette tour et le souvenir de Louis XVI l'importunaient: ans- i la lit-il abattre avec toutes les autres parties du Temple, avant même qu'il eût examiné aucun des plans des constructions a cliver .1 la place.
1 e remplo, connut toutes 1rs autn s prisons de Pari ■ . n'avait eu qu'un concierge, le donjon de Vincennes cul un commandant, et sous la date du 3 août (808, c'est-à-dire deux mois après la translation des prisonniers du Temple, m us lisons sur le registre la transcription d'un décret rendu au palais impérial de Bordeaux, lequel nomme, en remplacement du sieur Fauconnier, M. Gillet, lieutenant île gendarmerie à Sci mx Celui-ci donne a son prédécesseur reçu et décharge de vingt-cinq prisonniers, l.e -2'.) août 1811, un autre décret, signé de la main de l* Empereur, nomme a la place du sieur Gillet le sieur Lelarge, également officier de gendarmerie.
C'était sans doute une position bien rétribuée, mais à coup sûr peu heureuse que celle de commandant du donjon de \ incennes; le lendemain do son arrivée le nouvel élu transcrit de sa ni nu sur le registre des instructions à lui données par le ducdeRovigo, et dont voici l'article premier :
■■ Art. 1"\ Je Vous préviens. Monsieur, que vous ne devez point passer le pont de votre château sans en avoir obtenu do moi la pu mission. »
l.e reste a l'avenant. Los pouvoirs du commandant n'étaiet t pas moins restreints que sa liberté :
Je vous proviens. Monsieur, que vous ne devez mettre en liberté ml laisser extraire aucun dos prisonniers détenus dans le donjon que vous Commandez que sur un ordre de moi, qui vous sera remis par M. Pâques, inspecteur-général de mon ministère. Dans le cas où un ordre avec ma signature vousserait présenté par une autre personne, quelle que bit sa qualité, vous ne <}v\va pas l'exécuter, vous m'en rendrez compte do suite. Dans le cas où celui qui vous le présenterait ne vous serait pas connu, vous le retiendrez jusqu'à ce que je vous aie fait connaître nies intentions.
- .le vous recommande, Monsieur, la stricte exécution de ces 'i tions.
Signé, le due d'Oi hvmk.
■ Paris, 28 niais 1810. 1
Le tranférement a \ incennes des prisonniers d'état, s'il leur fui avantageux sous le rapport du bon air, leur amena encore des gènes nouvelles. On avait continue de leur allouer une large Solde, mais ils durent renoncer a faire venir leurs alimens du dehors, parce qu'on les mettait
au greffe en hachis pour s'assurer qu'ils ne contenaient ni insti unions : ni ] son, ni lettres. Sur leur propre demande il leur lut d< ne
donne un cuisinier interne, e! le registre fait foi que h- e
vait s'assurer i\w prix et de la qualité dos mets, et veiller généralement au bien-être matériel des détenus. Du :t juin 1808 jusqu'en 181 1. il n est pas une seule fois mention sur ce registre d'aumôniei onde médecin; on n'y siumale qu'un décès naturel, aucun suicide, aucune tentative d'i vasion Nous savons, du reste, qu'avant d'être rendus a la liberté, plusieurs prisonniers, MM. de Polignac notamment, obtinrent leur translation dans une maison de santé.
Les prisonniers d S'inceuncs ne recevaient ni lettres, ni visit journaux: tous ne jouissaient pas même de la promenade sur la plateforme du donjon ; ce plaisir ils ne le prenaient qu'en | du nardien • 1 de deux fai tionnaires; on leur interdisait l'usage des téb scopes et des L'ues-vues; et cependant il suffit de lire les interrogatoin bis par qu Iques uns pour se convaincre qu'ils étaient au courant de but 00 qui s-, cassait en Europe. Le despotisme a beau l'aire, il y a chez
les prisonniers une curiosité instinctive qui se joue de toutes les mesures et de tous les obstacles.
lTn décret impérial du 3 mars 18 10 avait ordonné l'inspection annuelle des prisons d'état; on va voir comment Bonaparte comprenait l'esprit de cette mesure, destinée à donner quelques garanties aux familles.
. Du 15 janvier! 812.
A Monsieur le commandant du donjon de "\ incennes : Messieurs les conseillers d'état Corvetto et Dubois sont chargés de taire la visite des prisons d'état, conformément au décret impérial du 3 mars 1810. Lorsqu'ils se présenteront, vous devez leur donner tous les renseignemens qu'ils désireront sur le régime de la prison, et les laisser interroger les détenus, à l'exception des sieurs Mandosa etLasalba, dont ils pourront constater l'existence dans la prison.
Signé Duc de RoviGO.
En janvier 1813, sur vingt-sept prisonniers, il y en a cinq que les inspecteurs ne pourront interroger, mais dont ils pourront seulement constater l'existence s'ils le jugent convenable.
Parmi les prisonniers de Vincennes , outre ceux dont nous avons donne la liste lors du transférement, nous avons remarqué les généraux espagnols Mina, Zayas, Carlos, Lardizabal et O'Donnel ; le baron de Gtraml), chambellan de l'empereur d'Autriche; le major prussien AVernene de Reder; le conseiller d'état Gérard de Rayneval, Agé de soixantedouze ans; M. Gabriel Ouvrard, ex-munitionnaire général; le baron Dudon, intendant-général; eufin cinq prélats italiens et trois évêques français, à l'occasion des querelles de Bonaparte avec le Saint-Siège.
Le deuxième écrou de M. de Boulogne, l'un d'entre eux, à la date du 25 novembre 1813, est le dernier du registre de A incennes, qui en présente en tout quatre-vingt-cinq. A partir de cette époque, nous n'y voyons plus que des élargissemeus de prisonniers étrangers, Espagnols surtout; le 7 lévrier 1814, il en sort sept; le 8, six; le 'J, dix-neuf; puis le registre est interrompu tout à coup sans être arrêté ni paraphé par personne.
{Gazette des Tribunaux.)
NOUVELX.2& A X.A MAIN I ■
(Extraits.)
il y a deux classes d'hommes que l'on doit regarder comme phénoménales, la classe des tambours-majors et celle des inspecteurs des monumens publics. La condition de sang-froid surhumaine qu'exigent ces deux fonctions m'a toujours fait craindre que bientôt leur race ne s'éteigne, et qu'il faille renoncer à en remplir les cadres.
L'inspection des monumens publics réclame peut-être encore plus d'audace que le tambour-major, car ce dernier a des traditions qui portent avec elles le respect dû à l'usage. Ses membres sont peu novateurs ; ils se baissent eu passant sous la porte Saint-Denis , parce que les précédentes générations de tambours-majors ont fait de même; mais il n'y a pas de controverse à soutenir. Tandis que l'inspecteur des monumens qui arrive en malle-poste prés d'une basilique ou d'un dolmen est là sur le terrain, sous la dent des vieux rats de bibliothèques départementales, en présence des Caleb de l'archéologie, nourris de chroniques el oints de dates.
Un inspecteur des monumens, écrivant sur une ville du midi, disait, a propos de barreaux de fer qu'on trouve dans presque loutesles rues basses de celle \ille :
vu\ barreaux de fer qui protègent on grand nombre des fenêtres des rues basses, j'ai reconnu le caracliri u un' ville espagnole.
1 1, in «nie, rue d'tinghien, if).
u Et moi, dit le modeste et naïf bibliothécaire de Perpignan... moi, j'ai un peu voyagé, et je puis affirmera M. l'inspecteur qu'il n'y arien d'espagnol ni de maure dans ces barreaux... Je les ai trouvés à la même hauteur, et tous de la même forme, dans toutes les villes de France... ou l'on craint les voleurs. »
V On raconte aussi une naïveté en matière d'industrie coloniale, échappée au mandataire des planteurs. Il voyait à Longchamps un chapeau de paille de riz sur la tête d'une femme. Ce produit colonial, dit-il, est la paille d'Italie des créoles; et il racontait que les dames des Antilles s'occupaient a tresser le chalumeau du riz pour se faire des coiffures. Le premier menuisier venu lui aurait dit que le produit qui a reçu dans les modes, on ne sait trop pourquoi, la dénomination de paille de riz, est tout bonnement du bois blanc de France [peuplier ou bouleau) enlevé au rabot et blanchi à l'amidon.
Qu'il le demande plutôt à RI. Capo de Feuillide.
V A l'angle de la rue des Prouvaires et de la rue Saiut-lionoré, l'on voit une vieille maison occupée par un magasin de draps, qui s'annonce par cette simple enseigne, brochée sur un écusson de serge : au lion
D'AHGENT, VEl VE LEGRAS et C°.
Cette maison de commerce est, avec la Croix d'or, qui lui fait face, une des quatre ou cinq plus anciennes maisons de Paris.
Située dans le quartier des Coligny, des Longueville, dans le voisinage ôe tous les grands hôtels qui se groupaient autour du Louvre, la maison Legras avait, tant que le tailleur ne s'interposait pas entre le marchand et l'acheteur de draps, la clientèle de toutes les grandes maisons de Paris.
Par un sentiment de respect des traditions, très rare en France, les successeurs de Legras Ie' ont conservé depuis le règne de Henri III, quelques uns des livres de la maison.
Une reliure en basane protège contre l'action du temps, les pages jaunies de ces livres, ou sont consignés les noms les plus célèbres de trois siècles.
On y retrouve les emplettes faites par messieurs les tapissiers de la chambre du roi Henri III.
Les quantités d'aunes de drap vendues a M. d'Espernon, de Joyeuse, à l'Amiral Coligny.
Puis arrivent les noms des personnages de la cour de Henri IV, de Louis XIII, de Louis XIV. Le nom de Molière y est.
Feuilleter ces vieux cahiers, déchiffrer ces additions, compter ces aunes de draps de couleurs et de noms oubliés, c'est un passe-temps intéressant ; cette relique bourgeoise, inconnue et saus conséquence historique, a le mérite de n'avoir été déflorée par aucune interprétation, par aucun commentaire prétentieux, par aucun élève de l'école des chartes. Et les gens qui vendent aujourd'hui du drap dans cette maison aussi riche qu'elle est noire, n'attachent à ce petit trésor que des idées de vénération, et non de vanité.
A côté de la grande salle de vente du premier étage, est le salon des maîtres. II y a la le plus beau salon, style Louis XIII, qui se puisse voir, Jamais meubles en bois sculpte, n'ont été mieux entretenus, et mieux conservés : les ornemens sont fort riches et intacts. Les Legras du temps de Louis XIII, devaient avoir déjà fait fortune, quand ils se sont donné cet ameublement, qui n'eût pas déparé une habitation royale. Avis iloune à AI. de Balzac, pour le décrire, el a M. Duponchel, pour le peindre
Les Legras subséquens n'ont pas cru devoir le remplacer, et ils oui bien fait : ni les dorures des époques suivantes, ni l'acajou comtemporain n'auraient valu la riche simplicité de ces sculptures sur bois.
t m seule chose dépare ce salon, c'esl une pei dule moderne en bronze doré, représentant une cathédrale gothique, sans proportion, sans goût, comme se fonl aujourd'hui toutes ces horreurs-là. Les 1. curas actuels
"nt cru bien frire, ils ont pensé qu'il j avait fraternité de style i ntn leur meuble et cette cathédrale.
Qu'on m.- Les détrompe pas, et qu'on leur pardonne une erreur archéoen laveur de cette longue Cdélité commerciale qui a perpétué, au même lieu, etsousle mëmeuom,uneboutiquequiason antiquité, sa noblesse et son honneur.
.' Sans avoir passé par toutes les filières diplomatiques, le comte \ntoine Apponyi, et non pas Appony, comme on l'écrit généralement, commença pas être ministre à Florence, vers 1815, puis em en qualiti - ideur; il passa de ce poste àcelui Paris
Il remplaça ici, comme ambassadeur d' Autriche, le général baron de Vincent, vieil officier des anciens Pays-Bas au service d'Autriche, cité pour sa bravoure et l'austérité «le ses mœurs, et qui mourut, il y a une dizaine d'années, après s'être retire dans une terre de la Lorraine, don il était originaire.
M. le comte Apponyi, né en 1782, appartienl à cette arisl hongroise, remuante et fière de ses privilèges, qui se réunit à cheval et en costume national dans des prises d'armes, à la manière des Circassiens, qui pérore dans des assemblées tumultueuses, où l'on finit par frapper la table avec son sabre quand on ne s'est pas mutuellement convaincu au moyen d'un latin employé dans les discussions publiques, et dont frémiraient les Pères de l'Église.
Pour sa part , le comte Antoine n'eut jamais occasion de se mêler à ces actes qui rendent quelquefois inquiétante, mais jamais dangereuse, l'opposition de la noblesse hongroise.
La famille apponyi reçut le titre de baron, en iti.s, et celui de comte en 1739.
L'ambassade d' Autriche esl di venue une des maisons les plus agréables de Paris, grâce aux manières polies et élégantes du comte et de la comtesse qui est née Nogarola. Tous deux parlent bien français, et reçoivent parfaitement. La Révolution de Juillet les trouva naturellement peu disposes a fraterniser avec elle, et l'ambassade d'Autriche s'empressa médiocrement d'en fêter les héi - exploitateurs ; mais le temps
qui est un grand maître et surtout le maître des autrichiens, arrangea lui-même les difficultés de cette situation, et les salons de M. Apponyi ne sont interdits à personne par aucune exclusion politique : on n'y renaît que des distinctions de goût et de société.
M. le comte apponyi est donc bien vu a Paris, aux Tuileries et chez M. de Metternicb, ce qui est le but de ses efforts.
Le côté le plus saillant de son caractère, c'est l'amabilité commi les envoyés de monarchies absolues, il n'a pas le dernier mot de la politique; il ne reçoit que le mot d'ordre.
auprès il'- lui. M. le comte apponyi n'a jamais eu de feseurs, et il a soin de s'entourer de ces gens d'une portée insignifiante, qui ne cherchent pas à nuire pour prix de leurs serv ;
i ne petite lettre parfumée a été trouvée dans un des couloirs du l'alais-de-Justice qui avoisinent le cabinet de MM. les juges d'instruction. ( ette lettre, dont la signature est d'une des jolies actrices de Pat is, se termine ainsi :
Monsieur, je serais bien i qu'on ne donnât pas suite à l'af-
faire i\u jeune homme qui a tiré sur moi un coup de pistolet à boul portant. C'est une étourderie que re, il ne renouvellera plus. D'ailleurs, il i payé la glace que la balle a cassée. Recevez, etc.
•. i abbé Cuyi si< an tire qui, 'in on a passé il j a qui
années, de la i i prêché i tte année le carême à Per-
pignan. Dans conférences, un murmure s'éleva 5 prop
paroles un peu ai • dont l'or, item- avait (lagi monde. L'abbéGu; a l'interruption et reprit sa phrasi I
veau signe de mécontentement l'accueille, le prédicateu rs son
bonnet et s écrie d une *,,ix vibrante Je iii pose les foudres ecclésiastiques, je me fais, pour un moment, comme vous boni n le de la terre, et -, quelqu'un croit avoir une réparation terrestre a me demander, il peut se présenter demain matin à mon hôtel, et comme l'orateur craignait qu'on ne se méprît sur la double signification du mot hôtel, il reprit en latin. Venirepotest addomkilium meum
l.e prône continua, et le lendemain aucun des perturbateurs ne jugea ,i propos de répondre a la provocation latine du missionnaire.
V Cette année. M de Rothschild a fait ses dévotions israéliti une ferveur pins qu accoutumée.
l.e jour de Pâques, on a chante en famille des hymnes religieux, et le baron a tant crié qu'une extinction de voix l'a empêché de paraître le lendemain d. us ses bureaux.
V La princesse russe B.. est aussi bizat mde : elle est allée faire, l'autre soir, une visite a la duchesse de G dois un costume don la répression serait du ressorl de M Delessert.
Une simple robe de mousseline, rien de plus, mm, rien, légèrement
retenue par un ruban a la ceinture, voilà quelle était sa tenue aussi trente que peu .appropriée à la fraîcheur de la sa, son : M di (,.,. a congédié immédiatement ses tilles . fait ouvrir toutes les portes . les fenêtre.- . et ne s'est débarrassée de cette demi-nuilile qu'en I enrhumant.
N'ous ferons remarquer que cette anecdote es! plus gazée que la prin-
Lejeudela paume esl redevenu à la mode, les amateurs et les célèbres paumiers de la rue Mazarine ont transporte leur partie passa-, Cendrier, dans un beau local qui ne désemplit pas. M. Nantcuil de la Norville est toujours le roi de ce royal exen ii
v Nous ne parlerons pas d'un pari engaj nière, par un courageux étranger, qui remportera d'ici trois brevi ts
Il est plus aisé de due que M, le v ieomte J... de M avait parie l'an
passe, avec la duchesse de C..., qu'au I" avril 18-11, nous n'aurions pila -lierre; le prix du pari était une discrétion qui ne pouvait dépasser 1,500 lianes. Al, de M... ayant gagné contre M de C... et contre la politique printannière de M. Thiers, demanda une trousse de voyage; cette trousse arriva. M. de M... voulut faire graver son chiffre sur les pièces principales ; mais le graveur déclara qu'on ne pouvait graver le plaque... l'objet valait soixante francs ce n'eiail pas une magnificence a la Fouquet, mais une ladrerie a la d'AI...
V Dans quelques salons, a la lin du carême, on a donne des soirées de magnétisme.
M G...., magnétiseur, amené avec lui un ou plusieurs sujets somnambules, auxquels d fait jouer des parties de cartes, le- yeux bandés, el lire des livres places sur la partie inférieure de l'estomac.
routes ees expériences réussissent rarement : il v a toujours quelques empêchemens imprévus, ou le sujet n'est pas ce jour-15 dans une grande lucidih . ou il est très susceptible, il ne faut pas le contrarier. I n rhume de M. G.... suitit pourtout faire manquer, et alors, il tient a peu près
il'assemblée Messieurs, je suis très enrhuin , Il tousse en transmettant mon fluide magnétique à moi, ujel ransin
mon rhume... Il tousse de nouveau, et le Sujet aussi. <>r, vous savez. que lorsque l'on esl enrhume, l'on n'a pas les idées lus nettes, et que
surtout la Mie esl ires affaiblie. Je crains dom bien, Messieurs il retient une quinte de toux lies violente. . de ne pouvoir produire ci
H étouffe ' l''-'"- l"""' convaincre les personnes qui refusenl d v croire
i ,, rison de M. G... n'est pas moins attendue me celle de Baroilhi
V i • - de M. lecomte di i ■ >u1 son cm • suivi de deux hommes ■> cheval, i ' ■ " •
.aiilail des p n.des | ubliqUI -
On dirait vraiment que RI. de Castellane n'a d'esprit et de goût que chez k:i.
V Vvant que l'on n'ait dit une loi suri" travail des en/ans dans les Ihidlres, à l'instar de celle sur le travail dans les manufactures, Touyou exploite son immense popularité. Il est allé en soirée chez RI. Guyet-Desfontaincs, députe. On ;i for! apprécié les vagissemens de ce grand homme.
V Les soupers sont très à la mode dans la bonne compagnie.