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POUSSE

PROMENADE MARtTIMt.

A M. le docteur Dubois de Sainl-Sigismond.

0 vous hommes blasés, vous que l'ennui dévore Bans vos vastes hôtels qu'un vain luxe décore,

Vous qui ne connaissez ni peines, ni plaisirs ; O vous pour qui 1.1 vie est un sommeil sans rêves, Voulez-vous exister..? sur de lointaines grèves, Venez chercher des souvenirs.

Venez, abandonnez de la cité fangeuse, L'immense carrefour, l'atmosphère brumeuse; Venez ouïr des Ilots les sons harmonieux , Venez voir les dimals où se lève l'aurore, Tasser un p?u du temps que Dieu vous laisse encore, Sous un snleil plus radieux.

Venez à bord d'un brick, glissant a pleines voiles Sur l'océan miroir t'e; brillantes étoiles, Hélier le trépas, apprendre a tout braver! Venez, ainsi que moi, dans celle vie errante Goûter le vrai bonheur, si votre anic est ardente, Et si vous aimez à rêver.

Venez, et l'univers déployant ses merveilles, lie Malaga, d'abord, vous montrera les treilles. Et les vieux bourgs fondés par les Phéniciens ! Ve-iez voir d'un coup d'oeil, et l'Europe et l'Afrique;

Dépassez le détroit, saluez l'Atlantique Qui fut le pôle des anciens.

Alors sur l'océan, immense et solitaire, Sur ce vaste réseau, donl Dieu ceignit la terre; Sur la voie où Gama, comme un soleil a lui ! Poursuivez vers le Cap, votre infaillible route, Du Colomb porlugaisjvous n'aurez pas le doute: La mer est connue aujourd'hui.

Venez rêver du Tasse, aux iles fortunées, Sous de hauts pics, neigeux comme les Pyrénées, Venez voir le séjour de la fécondité. Non, un peuple Espagnol, que la misère oppresse, Y meurt en maudissant les champs que sa paresssc A frappés de stérilité.

Plus loin par un beau temps, par une fraîche brise., Tar un de ces matins où l'orient s'irise, Cherchez à l'horizon les îles du Cap- Vert, Et vous x errez de loin d"s bosquets de verduie. Comme ces oas:s que sema la nature Dans l'immensité du désert.

Puis entre l'équalcur et le dernier tropique, Vc.;cz voir Sainlc-Ui 1 ne, autie loche classique, Venez, pauvres humains, inéditer en ce lieu ! Un homme mourût là, prions pour lui : silence I Ambitions, vertus, tout va dans la balance Que tient la justice de Dieu.

Ainsi comme le flot que la tempête anime, Qu'elle abat, dès qu'aux cieux il veut porter sa cime, Le sort qui l'éleva, l'abattit aussitôt; Le destin le poussant de conquête en conquête , Des grandeurs d'ici-bas, le lança jusqu'au faite Pour le voir tomber de plus haut.

Son voyage est fini... le notre recommence, Amis, rembarquons-nous, et dans l'espace immense, Allons rouvrir notre ame à nos illusions : Venez, je vous promets des combats et des fêles, l'es dangers a courir, du calme, des tempêtes, D'indicibles émotions.

Sur ce bord du Macassc erre encor la peuplade ; Ici le Camoèns chantait sa Lusiade ; Là le corsaire noir chassait les négriers ; Enfin, voici le Cap! allons, boni c espérance. Oh ! venez voir Bourbon et noue ile de France Dormir à l'ombre des palmiers.

Venez voir de William les créoles si belles ! Visiter Poit-Louis, le mont des Trois-Mamellcs ; Biais ces lieux, comme moi, vous les connaissez tous.. 0 douce liction ! o Paul et Virginie, Non, l'histoire d'un roi ne vaut pas l'harmonie De vos récits tt uchans et doux.

Salut ! terre par Dieu de bienfaits inondée ! maintenant vers le nord, prenez votre bordée, L'orient, à vos yeux, bientôt viendra s'offrir, Beaux cicux, brises, moussons, parfums et poésie Ne vous quitteront pas des monts de Salazie Aux bords riants du Bandemir.

Mais laissez un moment ces plage; odorantes: A eoez du pôle sud, voir les glaces lloltanles; Venez, si le péril a pour vous des attraits, Venez penseurs profonds que la science enivre, Venez et vous saurez que pour se sentir vivre L'homme doit voir la mort de près.

Quand vous aurez rêvé d'Albuquerquc à Mélinde, De Cugg à Batavia, de Wellington, dans l'Inde; Lorsque vous aurez vu les temples de lïrahma : Oh! vous aurez alors, comne l'orail; antique, Des réponses pour tout, un tableau synoptique Du plus vaste panorama.

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