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HABITENT CETTE MAISON

Rez-de-chaussée.

Le citoyen Simon et son épouse, libraire. Premier étage.

Le citoyen Réceixs, membre de la commune, président de

section.

Le citoyen Vula, son fils, employé au district des Jacobins. La citoyenne Cornélie, sa fille.

Deuxième étage.

Les citoyens IUiiiiet cl Bouchard, confectionneurs d'habits.

Troisième étage.

Le citoyen Camille Desmoclins, député à la Convention. La citoyenne Lucile, sa femme; Rose, leur familière.

Quatrième étage.

La citoyenne Manon, servant aux fêtes de la Raison. La citoyenne àspasie, sa fille, id.

Cinquième étage.

Le citoyen Coriolan, peintre d'histoire.

Le jeune peintre menait la vie la plus triste et la plus malheureuse qui fût. Sans moyens de se créer des ressources, car à cette époque, la République absorbée par le soin de sa propre conservation ne trouvait guère le loisir de voter des encouragemensaux beaux-arts, il était obligé, pour vivre, de composer des grotesques et des caricatures pour un marchand, qui, spéculant sur sa pauvreté, les lui payait au plus bas prix possible.

Fatigué de cette lutte chaque jour renaissante contre les difficultés de la vie, l'artiste remontait souvent à sa mansarde le découragement au cœur, et il restait là de longues heures assis sur un grabat, plongeant un regard désespéré dans les profondeurs de son avenir sombre et menaçant comme un abîme ; puis, quand il sortait de ces désolantes contemplations pour se replier sur lui-même, et qu'il se voyait seul au monde, sans famille, sans nom, sans fortune, sans amis, il se prenait à pleurer ainsi qu'un faible enfant, et appelait de tous ses vœux la mort, comme l'unique refuge contre la misère et l'abandon.

Nul dans la maison n'avait soupçonné que cette vie, si jeune et si fraîche encore, renfermât tant de douleurs ; plusieurs même, en le voyant gravir d'un bond ses cinq étages, portaient envie à l'insouciance, qu'on croyait alors, comme à présent, le privilège exclusif de la vie de l'artiste ; une seule personne devina son cœur et les souffrances qu'il recelait : cette personne, c'était Cornélie, la fille de son hôte.

Grâce à la fortune de sou père, Cornélie avait reçu, ainsi que son frère, une éducation solide et complète, et cette éducation n'avait fait que développer le naturel le plus heureux. Aussi, après avoir rendu hommage aux charmes séduisans de son esprit, ou les oubliait encore pour admirer et chérir ce qu'il y avait d'excellent et d'exquis dans son cœur. M. Duval était adoré de ses enfans, mais non pas de la même manière. Cornélie avait fait de son attachement à son père un devoir doux et religieux ; chez son frère, cette affection était poussée jusqu'au fanatisme. Le rôle actif que le citoyen Régulus avait accepté dans l'œuvre révolutionnaire effrayait Cornélie; ces scènes de sang et de terreur l'épouvantaient, et n'avaient pour elle que la grandeur et la magnificence que présente le spectacle d'une tempête. Aux yeux du fils, au contraire, les vertus austères du républicain Régulus en avaient fait un héros.

Il résultait de là que Cornélie n'était point heureuse puisqu'elle éprouvait uu vide dans ses affections et un isolement dans sa vie de famille, par suite des devoirs de citoyen que M. Duval et son fils remplissaient avec uu dévoûment exemplaire, et qui les tenaient souvent des journées entières éloignés de leur maison.

Dans sa solitude. Cornélie avait le temps de réfléchir, de méditer; elle jugeait avec son cœur une politique qu'une raison impitoyable pouvait seule apprécier, et, craignant que Dieu ue punît comme des crimes Us actes d'une révolution qui faisait couler tant de larmes et de sang, elle le priait de pardonner à sou père et à son frère d'y avoir pris une part aussi active.

\n.c une pareille direction d'idées, et poussée par tous les instincts de son cœur, elle n'était pas loin de prendre parti pour ceux qu'on persécutait et que la loi frappait sans pitié, par cela seul qu'ils étaient les vaincus.

Elle s'était imaginé que le jeune peintre pouvait bien être un proscrit, et celte pensée n'avait fait que rendre plus vives encore les sympathies qu'elle ressentait pour lui. L'artiste, de son côté, qui éprouvait une admiration passionnée pour l'exquise beauté de Cornélie, et qui avait rempli tout le vide de son aine de l'ardent amour qu'il ressentait pour elle, avait deviné avec une joie indicible les tendres sentimens dont il était l'objet. Mais, au milieu des douces rêveries que lui causait l'assurance muette et bien éloquente pourtant, de cet amour, le pauvre jeune homme sentait souvent une pensée brûler son front et empourprer ses joues du rouge de la honte. Cette pensée, c'était un doute cruel, la crainte que le sentiment qu'il inspirait a Cornélie ne lut pas autre chose qu'un sentiment de pitié; et cette crainte, naturelle à tous les hommes d'une noble et fière nature qui entrent dans la vie par la porte du malheur, empoisonnait les joies du jeune peintre, jusqu'à ce qu'enfin la conviction d'être aime comme il voulait l'être eût banni de sou esprit toutes ces chimères. Et cette conviction, qu'il eût payée de sa vie, il la dut à la circonstance la plus vulgaire de la vie du pauvre.

Quelque modique que fût le prix du lover des deux pièces qu'il occupait dans le haut de la maison, et dont l'une lui servait de chambre, l'autre d'atelier, dénué, comme nous l'avons dit, des ressources que devait lui assurerson talent, il n'avait pu s'acquittera l'échéance du terme. Plusieurs fois la quittance lui avait clé présentée en vain, et l'intendante de bas étage mettait dans ses réclamations l'instance insolente qui caractérise les gens de cette classe, lorsque le hasard les appelle à remplir de pareils rôles vis-a-vis de ceux dont ils reconnaissent la supériorité. Le citoyen Coriolan se vit dans la pénible nécessite, pour se soustraire aces ignobles persécutions, d'aller trouver son propriétaire pour lui demander quelque délai.

Il se présenta donc chez le citoyen Régulus, et l'embarras que lui causait cette démarche se changea bientôt en cruelle torture lorsque, en priant Cornélie, qui était venue lui ouvrir, de lui permettre «le parler . Sun père pour affaires de location, celle-ci lui eut répondu que le citoyen Kégulus s'était déchargé sur elle du soin de ces aftaires, et qu'il voulût bien lui faire part de l'objet de sa visite.

L'artiste aurait | i mrir mille fois que de faire à la jeune Bile

ses humilians aveux; aussi s'empressa-t-il d'offrir je ne sais quelle excuse banale et malade .parente pour laisser lire ju fond de sa pensée ; puis, tout pâle encore, il salua gauchemei gna précipitamment la porte de la rue pour lui dérober lavui embarras.

Cornélie n'avait pas eu de peine à deviner la i aust de I agitation de Coriolan, et, se faisant déjà, dans le secret de Son co ur, solidaire de l'amour-propre de celui qu'elle aimait sans oser se l'avouer, sa première

e fut de l'affranchir di ■ lantes trac

Elle courut a sa charobrette, fouilla son petit très ir, et, prenant les deux

d'or qui le composaient, les envelop] | ier qu'elle

dans son sein ; puis, la respiration haletante, l'œil troublé, la démarche embarrassée connue si elle eût commis une faute, elle monta a la

chambre de l'artiste, qu'elle savait absent. Arrive là, elle glissa la porte son petit paquet , redescendit en toute hâte, et, après s'être enfermée sans se rendre compte du mobile qui la faisait agir ainsi, elle se mit a fondre en larmes et a prier, à genoux, devant l'image de sa mère.

Quand Coriolan rentra dans sa mansarde, le premier objet qui frappa son regard fut le papier de Cornélie. 11 le ramassa avec défiance, et l'ouvrit lentement, comme s'il se fût attendu a y trouver une sanglante injure.

A la vue des pièees d'or qu'il contenait, et que sa main tremblante laissa tomber a terre, une pâleur subite couvrit sa figure; ELLE! s'eeria-t-il aussitôt, car il parut comprendre quelle main avait glissé cet or dans son pauvre galetas. « ELLE! Voilà comme elle me juge! »

Puis, comme obéissant à un impérieux mouvement de son orgueil irrité, il ramassa les deux pièces d'or, et descendit de nouveau chez le citoyen Régulus.

Cornélie était seule encore, et, a l'aspect du jeune peintre, dont les traits étaient bouleversés, ce fut à son tour de trembler et de rougir.

— Mademoiselle, dit l'artiste d'une voix émue, pardon de vous impor tuner de mes visites; niais j'ai une restitution a vous faire.

— Que voulez-vous dire ? reprit Cornélie, qui n'osait lever les yeux sur celui qui déchirait ainsi à plaisir la blessure qu'elle avait voulu guérir en secret.

— Mademoiselle, dit avec dureté Coriolan, a côté de moi demeure une pauvre vieille domestique recueillie par la charité de votre père ; vous vous serez sans doute trompe de porte, car voici vos pièces d'or que j ai trouvées chez moi.

Cornélie se couvrit la Ggure de Sa main.

— Je vous ai blessée, mademoiselle. Oh ! plaignez-moi, car il m quait que cela pour que mon malheur fut extrême.

— Vous plaindre, le permettez-vous.

— VOUS avez raison, je n'en ai donne le droit .1 personne, et la p

qui tombe sur moi me blesse connue une insulte ; car c'est la pitié commune et froide des cœurs vulgaires qui me jette ce signe de comj comme une aumône.

Cornélie leva sur le jeune homme un regard céleste qui donnait un éclatant démenti a ces paroles de desespoir. Et celui-ci continuant :

— Oui, dit-il, je traverse le monde comme un paria, cherchant partout en vain un regard ami, étendant la main sans espi rer qu 1

dra la presser; mais, bêlas 1 le malheur m'a touché, el je suis comme le lépreux de l'Evangile, je vis et mourrai dans la solitude du tombeau. Respect donc a mon isolement comme à la demeure des morts !

— Oh ! qu'il faut avoir souffert pour parler ainsi !

— Oui, il faut souffrir pour s'envelopper d'un linceul de glace, ; il faut souffrir pour s'étudier chaque jour à sYtreindre le cour afin di étouffer.

— Mon Dieu '. que faudrait-il donc pour le sauver?

— Oh! rien, selon VOUS autres. ,-l huit pour mol : l'i

«pu but dans la tempête, le rayon de soleil qui perce Ii la mort, un mot, pas un mot même, un regard, l'ombre de I d'être aimé un jour, et l'ame du pauvre artiste ressusciterait triomphante?

— Et pourquoi

— Pourquoi? vous le demandez? Mais me di s-vous ■

rer, vous ?

Cornélie ne répondit rien, mai >

1 mplis de larmes, en jetant 1 main bridante dans 1< s troublée, buis il elle-mi me, elle s 1 ufuit.

— Merci : oh ' merci : ange de ma vie ! s'écria li

vola à sa mansarde pour y cachi 1 ti allait jusqu'au di I

Soa co n débordait; il aurait voulu revi ir Cornélie, l'initier à toutts

les pensées qu'il avait jusque-là refoulées dans son sein, à l'espoir secret qu'il avait nourri et qui se réalisait d'une manière si inespérée ; il aurait voulu lui dire sa joie, son ivresse, la remercier, la bénir; il lui écrivit.

Oh! ce fut un long cri d'amour et de bonheur, l'épanchement d'une aine ardente et pure, qui vole au devant de celle que Dieu lui a donnée pour sœur. Il lui raconta minutieusement tous les détads de sa vie passée, lui dit comment , tout enfant , il avait fui la Frauce avec son pire ; comment celui-ci , frappé par la douleur de l'exil , avait été subitement enlevé a la vie, comment, héritier d'un grand nom et d'une grande fortune, il avait été misérablement élevé dans des contrées étrangères par les secours de la charité publique, et enfin comment, lorsque son cœur avait battu dans la poitrine, non plus d'un enfant, mais d'un homme, il avait senti le noble besoin de venir, a travers les échafauds et les listes sanglantes des prescripteurs, revendiquer ses droits au sein de la patrie désolée, où il n'avait rencontré d'abord que la misère et l'abandon . et où il venait de trouver enfin l'amour et le bonheur.

Un mois après la vie de Coriolan était complètement transformée; l'espoir et la confiance étaient rentrés dans l'atelier de l'artiste , et avec eux la puissance du talent. Des travaux lucratifs lui avaient été demandés, des ressources lui avaient été ouvertes, l'amour de Cornélie était l'arc-eu-ciel annonçant la fin des mauvais jours.

Enhardi par le succès, il avait demandé et obtenu son entrée chez son hôte, et, sous le prétexte de leçons de peinture qu'il donnait à Cornélie, il était plus souvent chez le citoyen Régulus que dans son atelier.

Mais ce bonheur était trop grand pour être durable : Cornélie, sans cesse en face de l'artiste, obligée de lutter contre lui, contre elle-même, finit par céder aux charmes doublement puissans de l'amour et du malheur.

Un soir, le citoyen Régulus, qui s'intéressait vivement au sort du jeune peintre, et faisait tous ses efforts pour l'améliorer, lui annonça qu'il avait obtenu pour lui, de la commune, des travaux importans, et que prochainement les commissaires délégués à cet effet viendraient lui faire des propositions. Celle bonne nouvelle fut accueillie avec reconnaissance par l'artiste, mais éveilla le remords dans son cœur et dans celui de Cornélie.

Quelques jours après, les trois délégués de la commune se pn lent en effet à l'atelier du citoyen Coriolan pour lui commander les toiles nationales pour lesquelles la commune avait voté des fonds.

C'étaient de ces hommes d'exécrable mémoire qui semblaient avoir pris à tâche île rendre odieuses et abhorrées les plus belles gloires de la Révolution ; des égorgeurs patentés, créateurs de l'horrible régime immortalisé sous le nom de Terreur, et fondateurs du culte de cette libei té qui avait une hache pour symbole, pour grand-prêtre le bourreau, l'échafaud pour autel.

Et ces hommes venaient demander au pinceau du jeune artiste de retracer les massacres des nobles et des prisonniers, connue des triomphes républicains, et la double immolation royale comme un juste sacrifiée, comme une sainte expiation.

Ci lan ne put retenir sou iudi itanl

et les généreuses inspirations de son cœur, il flétrit les lâches assassins,

qui tremblaient sous se; 'tes paroles, refusa les avantages qu'ils

tt, et leur jeta la honl change de la mort dont ils le me-

Dt.

Les commissaires de la commit ..■ olèreétd'un

reste de peur chez le citoyen Régulus, lui à sa grande stu-

péfaction, que l'artiste qu'il avait si chai mine un

•ligne enfant de la République, était un ari furibond et le plus

ardent de ses ennemis. Ils lui demandaient qu'en vertu de son titre de président de section et de membre de la municipalité, il délivrât un ordre d'arrestation qu'il ne put leur refuser.

Il faut renoncer a peindre le désespoir de I itte fatale nou-

velle, Elle, tomba d'abord anéantie; puis le sentiment du danger de sou

amant la rappelant bientôt à elle-même, elle entraîna son frère à l'écart pour lui dire quel prix elle attachait à la vie du jeune peintre, et pourquoi elle ne pourrait lui survivre.

Cependant, et avant que les soldats fussent venus s'emparer de Coriolan, le citoyen Régulus, qui ne pouvait étouffer les sentimens d'intérêt que lui inspirait ce jeune homme, était monté à son atelier, espérant trouver enfin le mot de cette fatale énigme.

A sa vue, l'artiste, encore en proie aux transports de son indignation, s'écria :

— Tas de reproches ! ce que j'ai fait, j'ai dû le faire; laissez-moi mourir en vous bénissant comme le seul ami que j';ù connu ici-bas.

— Insensé !

— Ne m'appelez point aveugle ni insensé ; car c'est vous, vous seul qui l'êtes.

— Trahir ainsi ma confiance !

— El j'en demande pardon à Dieu et à vous ; mais, au moins, je n'aurai pas été de vos complices.

— Ainsi, ces semblans de patriotisme, mensonge!

— Oui, le patriotisme comme vous l'entendez, vous autres, mensonge !

— Ce nom, mensonge ?

— Oui, mensonge !

— Ces toiles qui rappellent l'époque de la liberté et du triomphe du peuple, mensonge ?

— Oui, mensonge, mensonge comme les idoles qui ont remplacé I i ge du vrai Dieu. A bas, masques trompeurs! à bas, figures maudites ! apparaissez à mes yeux une fois encore, trésors de mes croyances et de mes affections !

Et niellant en pièces les toiles qui tapissaient les murs de l'atelier, il découvrit les souvenirs d'une époque proscrite, les traits des hommes qu'il vénérait comme des martyrs. Tout à coup, au milieu de ces tableaux pressés, confus, surgit un portrait qui sembla fasciner le regard du citoyen Régulus, et le frapper d'un étonnemënt mêlé d'effroi.

— Ce portrait, jeune homme, quel est-il ?

— C'est celui du marquis de Savigny, la victime des premiers coups de votre révolution maudite.

— D'où vous vient ce portrait .'

— Il ne m'a point quitté depuis mon enfance, il retrace les traits du marquis après sa mort.

— Quoi ! vous seriez?..,

— Charles de Savigny, le fils du marquis de Savigny.

— Justice de Dieu! s'écria le citoyen Régulus, en reculant devant le jeune comme à l'apparition d'un spectre. Et il descendit précipitamment chez lui.

Là devait avoir lieu une scène d'une imposante solennité : car le père allait s'humilier devant ses enfans ; il allait dépouiller le charme qui l'avait fait paraître jusque là digne d'estime et de respect ; il allait leur dire que la fortune dont ils jouissaient était une fortune volée, et que l'homme qu'on allait traîner à l'échafaud était le fils de leur maître, de leur bienfaiteur à tous trois. Et il eut le courage sublime d'achsver celle terrible confession, de raconter cette fatale histoire qui avait fait couler tant de larmes, il eut la force de révéler la cause funeste qui lui avait l'ait passer tant de nuits sans sommeil, qui avait creusé ses joues et blanehi si s cheveux.

Au moment où il terminait ces cruels aveux de sa honte, les soldats arrivaient pour s'emparer de l'aristocrate, traînant à leur suite une horde de misérables armés de piques, et de femmes en haillons, qui remplissaient l'air de leurs hurlemens féroces.

Régulus se cacha la ligure dans les mains, et Cornélie sentit ses forces l'abandonner. Son frère alors s'approchant d'elle :

— Bon espoir, ma sœur, dit-il, et vous mon père, ayez courage! Puis, sortant de l'appartement aptes eu avjàTOruJéfclfcsite derrière

lui, il marcha droit aux soldais, qu'il arrêta par ces mots proi avec calme :

— Il est inutile d'aller plus loin ; je suif celui que vous chi

marchons !

Le tumulte qui se lit alors dans la rue força Cornélie à regarder ce qui s'j passait. A la vue du son frère qu'on entraînait elle poussa un cri terrible.

— Mon frère ! il s'est livré pour lui :

— Dévoûment sublime ! s'écria. Régulus; il a voulu épargner un remords de plus a son père et payer a la liberté le tribut sanglant qu'elle réclamait, nue Dieu le sauve !

— Sauvez-le aussi, vous, mon ,

— Oh: mon entant, ne me maudis pas; mais je ne puis rien, cl c'est la mon châtii

rnélie a demi morte s'agenouilla dans un coin de l'apparu et se mil à prier avec ferveur.

Son père sortit eu silence, et remonta chez M. de Savigny, qui tressaillit involontairement ;

— Vos jours ne sont plus menaces, dit-il, monsieur 1

n'est plus pour vous adresser des reproches que je suis venu, mais pour implorer mon pardon.

— Que voulez-vous dire ?

— L'homme qui est devant vous est un des plus anciens sen iteurs de votre père. M. de Savigny en partant pour la terre d'exil, voulut assurer sa fortune à son enfant, et la remit aux mains d'un dépositaire infi-

; celui-ci, empressé de croire à la mort du marquis et de son li!s, s'attribua leurs droits dont il n'était (pie le gardien; et, faisant deux parts de cette fortune, donna l'une à son pays cl l'autre à ses eufans. Cette dernière, du moins, je puis vous la rendre.

— Ah! repartit vivement le peintre, vous m'avez fait bien du mal sans doute, mais je dois d'autant plus vous le pardonner que j'ai ele moi-même bien coupable envers vous. Votre fille...

— Ma Bile!...

— Elle esl séduite.

— Oh: mon Dieu! si mon crime a été grand, l'expiation en est terrible. J'ai voulu le bonheur de mes. eufans, cl a l'une j'ai valu la honte, à l'autre la mort !

— La mort !

—Tenez, s'écria l'ancien intendant en montrant du doigt une charrette qui cheminait au milieu de la foule du peuple, voyez-vous ce chariot qui passe?

— Eli bien ?

— C'est la voiture des condamnes ; mou fds est la qui marche à Péchafaud à votre place.

— Malheur! malheur!

l.n ce moment parut Cornélie qui s'arrêta à la porte de l'atelier, pâle et immobile commajine statue.

— Nous avez perdu votre lils: s'écria Savigny, laissez-moi le remplacer près de vous: que je puisse, eu vous appelant mon père, reparer ma faut .'• bonheur de votre fille.

Cornélie, qui ue pouvait se soutenu - long de la mura

tomba sur ses genoux.

re, recueillant ce qui lui restait de foi

— Eli bien donc! dit-il, unissez-vous dan

la mort dans l(

I ureux et pi moi !

bulletins de 1 du , tue a ileurus en combattant vaill;

| oblique.

PROCÈS Dr FEITCOT , ASSASSIN OU DUC DS BUCBLINGHAM.

tous.

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