‹ Le cabinet de lectureChapitre 183 sur 249 · COMPLAINTE DE RICHARD II · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE RICHARD II

En compulsant d'anciens manuscrits, nous avons trouve une complainte dont Richard II est le héros. C'est le récit d'une royale infortune, d'une catastrophe soudaine.

Richard II, fils du prince Noir, monta sur le trône d' Angleterre à la mort d'Edouard III, son grand-père, le 27 juin 1377. Ce prince fut occupé pendant tout son règne à combattre L'ambition de ses oncles et les révoltes qu'ils fomentèrent contre son pouvoir royal. Quoique 1res brave de sa personne, il était lâche et fourbe dans sa politique : aussi s'aliéna-t-il bientôt l'affection de ses sujets. Neuf a l'âge de vingt-sept ans, (l'Anne de Luxembourg, sœur de l'empereur Wencesl as, qu'il avait épousée en 1 o .s I . il lit demander à Charles \ I. roi de France, la main de sa fille Isabelle ;i396 et L'obtint.

Taudis qu'il réprimait une insurrection des Irlandais, les mécontens d'Angleterre appelèrent le duc de lierford, fils du duc de Lancastre, exile par Richard. Le duc de Lierford quitta la France, se lit déclarer roi, par le Parlement, sous le nom de Henri IV, et fit enfermer Richard dans le château de Pont-Fract, situe dans l'Yorksire. Quelques partisans île Richard tonnèrent le projet de l'arracher à sa captivité. Pour exe le peuple, ils mirent en avant un Dominé Magdalen, eh; Ri-

chard, dont la ressi ait frappai

courut aux. armes et se porta à Windsor pour surprendre Henri l\. Ce dernier, qui venait de s'évader, envoya sur-le-champ un chevalier. Thomas Pierce Derton, avec huit hommes, pour assassiner Richard dans sa [iris m.

Nous empruntons aune chronique aussi remarquable par 1 exactitude historique que par la simplicité du style, Le récit de la mort de Richard. Cette chronique est manuscrite et n'a jamais été imprimée. Vous ne conservons pas la vieille orthographe, car la lecture de ce morceau offrirait trop de difficultés :

« Il est vérité que le jour des Rois, quand le roi Henri l'ut aux champs dehors Londres, à tous ses uens, lesquels à l'avanl pour combattre les seigneurs qui étaient armés pour aider au roi Richard, et ledit >•■ ' commanda uu chevalier qu'on nommait sire Pierce D rton, qu'u allât droit à l'heure délivrer de ce monde Jehan de Londres, lequel fut nommé roi Richard: car il convient que le jugement du Parlement soit accompli. El quand le chevalier eut congé du roi Henri, il chevaucha au castel où se trouva le roi Richard tenant prison, lequel Eut assis à table et cuidait qu'il eût dîné: et sire Pierce Derton appela l'écuyer tranchant du roi Richard et lui défendit de par le roi Henri qu'il ne lut si hardi défaire essais [goûter les mets devant le roi, mais qu'il le laissât manger à pari lui, s'il lui plaisait, car d ne mangerait plus.

- L'écuyer retourna en la chambre ou le roi Richard était toul seul à table, lequel ne voulait n, iree qu'il était seul et que son écuyer

ne voulait faire essai devant lui ainsi comme il avait accoutume à I i El le roi Richard lui demanda. — Quelles nouvelles? — L'écuyer répondit — Je n'en sais nulle autre, fors que sire Pierce Derton est venu. je ne sais quelles il apporte. A donc pria le roi Richard a l'écuyer qu'il lui tailla a manger et qu'il fit l'essai à son office. A donc l'écuyer se mit à genoux devant la table et cria merci au mi Richard qu'il lui voulut pardonner, car on lui avait défendu de par le roi Henri A donc le roi Richard se courrouça et prit uu des couteaux de la table et en féril l'écuyer en la télé, disant : — Haudil SOÎI Henri de l.ancaslrc et toi aussi.

\ cette parole vint sire Pierce Derton, lui huitième en la chambre du roi Richard, ou il saisit a chacun me' lame eu leur main. Il est virile quand le roi Richard vil venir mit Pierce Derton en sa chambre lui huitième, tous aruu s; adonc conta le roi la table arrière de lui et saillit

au milieu d'eux huit. 11 ôta une dos. haches de i ■un d'un d'eux, qui

étaient la venus pour le meurtrir et se mit le rui Richard durement et

âprement en défense ci. eu li défendant, il en tua quatre des huit; ci sire Pierce Derton monta ou le roi fut accoutumé de seoir a table au dîner el au souper endemenliers pendant qu'il avait tenu prison, el la se jeta sire Pierce Derton Secrètement sa hache en sa in, un, tant que le roi alla en soi reculant en combattant et en défei quatre meurtriers. Le roi se défendit si bien qui était grand merveille comment il pouvait si longuement durer contn c ils étaient

lirions armés, el se détendit le roi Richard m ■■: ourei comme bon ci lovai chevalier devait faire, se recala tant en soi combattant et défendant droitemenl devant le siège o,, était sire Pierce Derton, lequel donna au roi Richard le coup de la mort; car il lui donna tellement de la hache eu la tête que le bon roi Richard tomba arrière.

Alloue, cria le roi, merci a Dieu : et lui donna encore un autre coup eu la tête.

\insi nioiirui i.' nul. le roi Richard sans confession laquelle chose l'ut 1res grande pitié, et qui en dit autrement n'en dit pas bien,

Item l'an mil CCCC, le xii jour du mois de mai, fui amené en l'église de Saint-Pol de Londres en él il de gentilhomme, le corps de a ibli roi Richard, et il est vérité que h' chariot fut tout couver! d'un drap quatre bannières dessus, de quoi les deux furenl h Gi et les autres deux des armes de saint Edouard ; c'i

u une croix d'or et inailles d'or, et y avait cent hommes velus tOUl de noir, et portail un chacun une torche et ceux de Londres envoyèrent trente torches ci trente hommes qui étaient vêtus tout de blanc, qui allèrent à enconti du corps du noble roi Ricliard et fut ■ aint-Pol,la maîtresse église de Londres ; là fut-il deuxjours sur la terre pour le montrer a ceux de Londres, afin que eussent pour certain qu'il fut mort.

Je prie Dieu qu'il lui fai mi ci et à tous Les trépassé . im C'est ainsi que le cliron queur finit.

Voici la complainte populaire qui fui composée lors de la captivité de

Ri"! .',. que li pari ■ ■ prince infortuné, chantaienl

en préparai)! leurs armes el - ius la fenêtre du roi desmis pour I

a coura e et bonne espérance. I fait parler le prisonnier :

ce dernier raconte son avènement au trône d'Angleterre, son m la perfidie de ses ennemis dont il doit se plaindre a Dieu an ment ; mais le souvenir de sa femme Isabelle, La tendresse, la beauté de cette princesse lui l'uni oublier ses royales infortunes: s'il pouva comme un oiselet, il irail pris d'elle: il termine en demand \ ngeance di traîtres qui le retiennent dans les ;

La c plainte du roy il ■ tiomé Richard quy lin d

L'an nul cccxix

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