Le Triomphç des Dames, poème d'Ollivicr de la Marche
de Sourdis, Gabrielle d'Estrées parut, vêtue d'une robe de satin noir, - tant chargée deperles et de parures qu'elle ne pouvait se soutenir. >• l'eu après, dit-il encore, on me lit voir un mouchoir destine pour cette même Gabrielle, qui en avait arrêté le prix a nulle neuf cents .vus qu'elle devait paver comptant.
SOUS Louis Mil, on cessa de porter de larges vertUgadiuS, mais la robe de dessus était relevée en arrière et sur o '.les pour laisser voir celle de dessous.
Les manches étaient a bouffans tout le long du bras, ou pendantes et retenues par un nœud de perles Les collets montés se portaient rabattus sur la robe ou relevés.
Ce n'est que sens Louis \i\ qu'on apprit à tailler les diamans en
hrillans; ils furent alors plus recherches encore.
Sous Louis \\ on commença a remplacer les loups par une grande quantités de mouches qu'on plaçait sur le visage : chacune d'elle avait un nom. Placée au coin de i'u'il, la mouche s'appelait paSsionnée;<M nulieu du front, majestueuse; sur le pli que forme la bouche en riant, enjouée; au milieu de la joue, galante; au coin de la bouche, baiseusc; sur le nez, effrontée; sur les lèvres, coquette; sur un bouton, receleuse, etc.. etc.
On portait aussi a cette époque des paniers d'une forme ovale Les dames ainsi vêtues était obligées de tourner en avant un des cotes do panier pour pouvoir marcher dans la foule ou traverser un passagi cl roi I.
Alors toutes les femmes, même les ouvrières, portaient des paniers;
les actrices et les danseuses lorsqu'elles voulaient représenter des Crées, des Romains ou des Scythes, paraissaient toujours sur la scène en perruque et eu paniers.
Les dames de la cour de Louis \\ et de Louis \\ I portèrent aussi des cannes pour les aider à se soutenir, tant leur marche était rendue difficile par le poids des véteniens et la hauteur de leurs talons.
Sous la République et sous l'Empire, les modes grecques fui
honneur, mais on chercha a les accommoder au climat. Celui alors qu'on voulut forcer la nature et placer la taille immédiatement sous les mois et les aisselles. Heureusement cette mode disgracieuse a disparu au fourd'bui, et la toilette des dames n'a plus rien qui puisse nuire à la suite, lorsqu'elles il" se serrent pas la taille d'une manière ridicule.
autrefois le calendrier était le régulateur des modes d'habillement. Tel mois, tel jour, a telle heure, on endossait l'habit d'hiver, de prhl temps, d'été ou d'automne; on prenait le manchon, la canne, la lame, le drap, le velours ou la soie. Le calendrier bravait tout, il fallait l'habit de saison, dùt-on s.' morfondre de froid ou étouffer de chaleur.
Maintenant on s'habille selon la température ou selon son goût.
Les femmes laissèrent d'abord pendre tous leurs cheveux ; mais le
goût qu'elles ont naturellement pour la toilette les leur fit tri Ii
différentes manières, rendant fort lo on ne se couvrait la
tête qu'avec un voile, et seulement hors de elle/ sol. Les cheveUX des
Grecques el des Romaines étaient retenus avec des aiguilles d'or et d'argent, ou noués avec des chaînes d'or, ou entoures de I delettes blanches ou rouges I Iles se les poudraient aussi avec de la poudre d or. Les cheveux blonds et rouges étaient tellement recherchés que les brunes qui n'avaient pas réussi a donner a leurs cheveux une teinte rOUgeâtre . se les coupaient et portaient une perruque, v Rome, dans les derniers
temps de la république, cet usage était devenu j irai, el les poètes du
temps ont chante les perruques rouges ou blondes de leurs mi 's
! i coquettes à Rome en changeaient plusieurs fois par jour ; il) en avait pour le matin, pour la journée , i pour les grandes ci rémonies.
Cet o i i t continué ; et en 692, un concile de Constantinople excommunia tous ceux qui portaient perruque. Pierre Lombard, dans le
\IL siècle, dirait que c'était un déguisement affreux, i impudicitc
damnable. Plus lard. Alexandre de Bail et Bernardin de Vienne décidèrent que c'était un péché mortel,
Les femmes, eu France surtout, avaient abandonné peu à peu cette mode, et la plupart portaient à cette époque un grand voile qui descendait de la tète sur les épaules et cachait presque tous les cheveux ; les reines et les princesses le surmontaient d'un diadème. Les veuves portaient un bandeau qui couvrait le front, tournait autour du visage et cachait le cou et la gorge. Les filles avaient le cou, la figure, les cheveux plus dégagés, et portaient quelquefois des espèces de claque-oreilles très larges, chargés de perles et de pierres précieuses.
Sous Philippe-le-Bel et ses successeurs , les dames adoptèrent une coiffure en pain de sucre d'une hauteur prodigieuse , de laquelle pendait un voile de gaze : les cheveux étaient alors un peu plus découverts. C'était à peu près comme la coiffure de nos Cauchoises.
Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, porta des bonnets à deux cornes très élevées, desquelles pendaient jusqu'à la ceinture de longs crêpes à franges. Jean Juvénal cite parmi les causes qui la firent enfermer à Tours, l'obstination que, malgré les malheurs de la guerre, elle mit à porter des cornes hautes et deux grandes oreilles de chaque côté au lieu de boucles.
En 1-130, les bonnets n'avaient plus qu'une seule pointe, mais ils furent renforces de bourrelets monstrueux. Sous Charles A III, les coiffures baissèrent beaucoup. Sous Louis XII, tout l'édifice disparut; les femmes n'avaient plus qu'un chaperon ou capuchon orné de perles et de pierreries, dont les deux côtes descendaient sur les épaules; sous ce capuchon on portail, une coiffe en toile fine. Cette coiffure ressemblait à celle des Soeurs de la Miséricorde.
Sous François Ier, les dames commencèrent à se friser et portèrent une petite toque à l'espagnole.
Sous Henri II, la frisure lit des progrès; les cheveux furent arrangés en petites boucles des deux côtés de la tête, ou relevés en toupet bouclé d'une oreille à l'autre; on portait encore des toques élégantes.
Sour Charles IX, on entremêla les boucles avec des perles et des pierreries.
Sous Henri III, on adopta de petits bonnets inclinés sur l'oreille gauche et surmontés d'une aigrette ou de plumes.
Sous Henri IV, on commença à faire usage de la poudre blanche. Les. toile raconte comme une chose extraordinaire qu'il a vu à Paris , en 1593, des religieuses se promener frisées et poudrées avec de la poudre blanche. Ou porta aussi alors des coiffures à la Gabrielle.
A partir du règne de Louis XIV, les coiffures varièrent beaucoup ; une d'elles, la coiffure à la Foutauges, eut une singulière origine. M"« de Fontanges, dans une partie de chasse à Vincennes eut sa coiffure dérangée par un coup de vent; pour la soutenir, elle prit une de ses jarretièreset la noua autour de son front, Louis XIV la trouva si jolie ainsi, qu'il la pria de garder cette coiffure toute la journée. Le lendemain toutes les dames de la cour parurent avec un ruban qui prit le nom de Fontanges.
En 1784, les aouvelles idées politiques fermentaient déjà, les daines s en mêlèrent et portèrent des chapeaux à la caisse d'escompte, sans fond comme elle,
Sous la République et sous l'Empire, les cheveux reproduisirent toutes les modes grecques, et la tête était couverte d'un chapeau d'étoffe, le même que l'on porte maintenant, sauf les variations de forme et de dimension que lit • fait subir la niode à chaque saison.
Les coiffures à la giraffe ont un iustant envahi et déparé la tète des dames; maintenant les cheveux sont noués en arriéré, et chacune adopte la coiffure qui lui convient.
II est probable que les dames marchèrent long-temps les pieds nus; les Egyptiens exigèrent de leurs femmes qu'elles gardassent cette mode, pour leur faire comprendre qu'elles doivent rester dans l'intérieur de la maison. Peu à peu elles adoptèrent la chaussure de leurs maris, qui était laite de papyrus. Les Grecques et les Romaines portaient des sandales de cuir, d'écorces, de fer, d'or, d'argent, d'airain ; les Espagnoles, de geaèt tissé; les Indiens et les Chinois, de jonc, de soie, de lois,
Ce fut à Rome qu'on inventa les souliers à talon ; Auguste en porta pour rehausser sa petite taille ; les prêtres en portaient les jours de sacrifice, et les femmes de distinction les jours de fête. Les Romaines avaient des chaussures blanches ou rouges.
Les Françaises ont eu presque toujours une chaussure uniforme , leurs robes longues et traînantes les ont empêchées de partager les ridicules de la chaussure des hommes et d'adopter leurs souliers à la poulains.
Sous Philippe-le-Bel , les femmes bourgeoises étaient chaussées de gris, de la même couleur dont était leur vêtement, ce qui leur avait fait donner le nom de grisettes, qui s'applique maintenant à une autre classe de femmes.
Le pape Zacharie défendit la danse sous peine d'excommunication, et un de ses successeurs accorda des indulgences plénières à celles qui porteraient une espèce de chaussure assez haute et assez épaisse pour les empêcher de danser.
Sous François I01', la mode des talons hauts nous vint d'Espagne; elle se répandit, et fut surtout en usage sous les règnes suivans jusqu'à la Révolution. C'est pour reposer le pied de cette mode fatigante que l'on inventa alors les mules et les pantoufles dont on ne servait que chez soi.
Les femmes turques portent des babouches : ce sont des souliers très découverts, doubles de satin blanc et ornés de pierreries et de broderies d'or.
Les Chinois compriment avec des bandes les pieds des petites filles et leur recourbent les orteils sous le pied, de sorte qu'il ne prend aucun accroissement. Lorsque les Chinoises marchent, elles chancellent et se fatiguent après quelques pas.
Les dames portent maintenant en France des souliers dont la forme est toujour-5 à peu près la même. La finesse et la souplesse du cuir qu'on emploie à cet usage en font une chaussure fort commode ; mais les souliers ne doivent jamais servir indifféremment pour les deux côtés; le fabricant doit prendre le dessin de la plante du pied posée à plat sur le sol, et faire la semelle toujours plus longue ; la chaussure y gagnera en élégance et en commodité. Pendant les mauvais temps les dames mettent par-dessus leur chaussure un second soulier nommé claque, qui les préserve de l'humidité; c'est une excellente précaution. Les socques avec leurs semelles de bois étaient beaucoup moins susceptibles de se mouiller, mais ils rendaient la marche très fatigante; la hauteur et l'étroitesse de leurs talons causaient souvent des entorses en le faisant poser à faux, et la partie articulée se brisait souvent.
On peut donner aux claques toutes les qualités désirables, en rendant le cuir imperméable au moyen de préparations connues, et en couvrant la première semelle et les coutures de plusieurs couches d'une solution épaisse de caout-chouc dans l'huile de pétrole.
Les dames ont adopté aussi depuis quelques années l'usage des bottines lacées; lorsqu'elles sont bien faites et qu'on n'en serre pas trop la partie supérieure, elles n'ont aucun inconvénient; dans le cas contraire, elles causent des engourdissemens du pied fort douloureux.
Je recommanderai aussi beaucoup aux dames qui sortent d'un bal , eu hiver, d'user de bottes fourrées ou de brodequins en satin piqué, destinés à cet usage; elles s'éviteront ainsi beaucoup de rhumes et d'autres maladies.
Pendant fort longtemps, les femmes ont eu les jambes nues; les bandelette; qui attachaient les sandales se croisaient plusieurs fois sur la jambe.
Mali lorsque l'art de tricoter fut découvert, chaque femme fit des bas à son mari, ou bien s'en procura chez les bonnetiers, mais ils coûtaient fort cher.
Henri II fut le premier, en France, qui porta des bas de soie; ce fut à l'occasion du mariage de sa sœur avec Emmanuel Philibert de Savoie,
Sous Louis XIV, les dames portaient des bas verts avec des coins couleur de rose.
Sous Louis XV, les bas des femmes étaient de la couleur de leur robe.
Ils ne sont devenus communs que depuis l'invention de la machine a taire des bas.
Un ouvrier serrurier, de Basse-Normandie, remit a Colbert une paire de bas de soie faite au métier pour la présenter a Louis \1V. Les bonnetiers, alarmés de celte découverte, gagnèrent un valet de chambre qui donna plusieurs coups de ciseau dans les mailles, de sorte que, le roi chaussant ces lias . les mailles coupées firent autant de trous , ce qui lui lit rejeter l'invention L'ouvrier rebute se rendit eu Angleterre, où il tut très bien accueilli.
De la on les importa eu France, puis la machine à tisser elle-même. I.a première manufacture de basau métier tut établie, en 1656, au bois de Boulogne, dans le château de Madrid. On peut voir [dus haut, a propos du tissu des vétemens , l'influence que peuvent avoir sur la saute les bas de coton, de lil, de laine, de soie, etc. Le tricot est une étoffe qui reunit la solidité a la souplesse rien ne pourrait le remplacer.
Quant aux jarretières, elles doivent toujours être ires élastiques et placées au dessus du genou. Les jarretières trop serrées tout toujours .
Il parait que i'; sage d la B .lit que
iu rhamai
Les Grées portaient toujours l'anneau conjugal au quatrième d la main gauche, parce qu'ils croyaient qu'il contenait un petit nerf qui allait droit au ercur : c'est pour cela qu'on a appelé ce doigt annulaire; plus tard on porta des bagues à tous les doigts.
Lorsque Rome devint maîtresse du monde, le luxe des anneaux au nienta: ou les fit en or, et l'on grava sur le chaton différens emblèmespour s'en servir comme cachet.
En France autrefois les amaus qu'on obligeait de se marier, ble, le faisaient à Paris dans l'église de Sainte-Marine ; on leor mettait au doigt un anneau de jonc ou de paille.
1 - l ''mines turques portent des bagues a tous les doigts des pieds ; celle mode était en vogue chez les Romaines, sous Auguste. Lu Amérique, les femmes aborigènes portent des anneaux au ne/., aux lèvres et aux oreilles.
'tu vendait autrefois des bagues aimantées pour guérir la migraine. Mais il est impossible d'aimanter un anneau; si ce moyen a guéri des maladies, il faut sans doute L'attribuer aux effets extraordinaires de l'iil ion.
Les bagues trop droites font grossir les doigts en gênant la circulation du sang.
L'usage des corsets est très ancien; les Grecques et les Romaines se '••iraient la taille avec des bandelettes qui passaient sur les Beins pour les empêcher de trop se développer nais les Bayadères sont les femmes de tout l'univers qui o ' a lopté la mo le la plus convenable .1 la soi 0 générale et a la beauté des seins. Leur taille est soutenue par une ceinture, et leurs Beins sont Recouverts d'une espèce de tissu élastique, transparent et rose, qui, les emboitanl exactement, v,i s'attacher derrière le dos Elles ne quittent presque jamais ce vêtement, pas même la nuit, et elles conservent ainsi la délicatesse des tonnes jusqu'à un âge avancé.
Montaigne dit que les femmes de son temps se serraient la taille avec de bois, ce qui rendait la peau rude et calleuse, l'eu après cette époque, ta devinrent de véritables cuirasses armées de ba-
leines et de plaques de 1er. et l'usage s'en répandit dans toute l'Europe lors (pie l'empereur Joseph II rendit une loi par laquelle il défendait l'usage des corsets ferrés et baleinés dans ton'. - li s maisons consacrées a l'éducation des Mlles, et ordonnait .pie toutes les femmes con damnées a une peine Infamante porteraient désormais on corse) et des paniers. Cette loi fut inutile, la mode continua; et ce que n'avait pu
l'aire toute sa puissance, la raison l'a tait aujourd'hui ; les corsets actuels, lorsqu'ils ne sont pas trop serres, peuvent ne pas nuire a la santé ; niais il ne faudrait jamais en faire porter aux jeunes personnes; ou n'a pas besoin de leur former la taille, elle ne devient jamais si belle que lorsqu'elle n'a pas été comprimée; cl d'ailleurs une des causes les plus fréquentes de la déviation de la taille chez les jeunes tilles, est sans contredit la compression prématurée du corset. La gêne qu'il leur cause leur fait toujours soulever l'épaule droite pour la soustraire à la pression. Llle prend alors plus de développement que l'autre. Le corset doit soutenir la taille seulement et ne jamais comprimer les seins.
Les tailles trop minces sont disgracieuses, et les femmes qui ont le malheur d'être conformées ainsi doivent porter leurs vétemens fort lâches, et faire beaucoup d'exercice au grand air pour que les organes m teneurs puissent se développer d'une manière suffisante a l'entretien de la santé; la plupart des jeunes personnes qui ont naturellement la taille si monstrueusement fine, ou celles qui la rendent telle a force de compression, meurent d'une maladie de poitrine ou d'estomac.
V, Raymond