SI
leurs erreurs et les rigueurs du garde municipal. En attendant qu'on les mette en liberté, elles se livrent à une conversation qui nous a paru beaucoup trop grivoise. 1 ne ronde de débardeurs chantée avec accom-
pagm ut de guitare, de pincettes et de débris d'assiettes a obtenu les
honneurs de la pièce; le parterre a crié bis et il a fallu lui obéir. Cepen. daut il est à croire que le publie se fatiguera promptement d'une pasquinade propre à effaroucher des oreilles même peu délicates; il faut même l'espérer. A. D.
Tin itiie de l. v P0B.TE-SaINT-MaB.TIN. — Les Farfadets, ballet en trois actes et quatre parties, par MM. Cogniabd frères et Lvi ni \< on, musique de M. Pilati. — M. Gribouillet, vaudeville en un acte, par MM. l'vt i de Rock et Li BIZE. — Deux nouveautés en un jour! (l'est assurément la preuve d'une activité louable, mais c'est presque toujours en même temps l'indice d'une certaine faiblesse. Il est rare que chacune d'elles n'ait pas besoin d'un aide naturel. Cette fois pourtant, nous ne comprenons pas de quel secours pouvait être au ballet, le mince vaudeville qui marchait avant lui, à moins qu'on ne l'ait destine à lui servir de contraste. M. Gribouillet, quoique représente par le unis Philippe, est si peu de chose qu'il échappe complètement à l'analyse. I n sot que l'on prend pour un savant, une assemblcde 'actionnaires qui se laissent mystifier, selon l'usage, un maire de village crédule, et dont la femme est cajolée par M. Gribouillet, voilà tout ce que nous avons pu saisir de cet imbroglio excessivement obscur. Du reste Philippe est toujours cet
acteur jovial, ce brûleur que vous savez, et les couplets de facture it
pas cessé de trouver en lui un héroïque interprète.
Passons au \ Farfadets, ici mon embarras redouble. Comment vous donner une idée d'une intrigue qui ne s'exprime qu'en pirouettes, en glissades et en ronds de jambe ? Dans un ballet, chaque scène est une énigme dont on s'évertue à deviner le sens, bien souvent en pure perte. Essayons cependant de raconter celui-ci sans le secours du livret, qui ne se fabrique pas ici comme à l'opéra, le jour même de la première représentation.
Les farfadets m'ont tout l'air de petits L'énies enjoués et taquins, qui se font un plaisir de tourmenter tout ce qui leur tombe sous la main. Nous sommes en Espagne ; on nous annonce un combat de taureaux couleur locale); l'amoureux, tirant sa bonne épée, jure de revenir vainqueur et de déposer ses lauriers aux pieds de sa Dulcinée. Mais le sort ou plutôt un taureau en décide autrement; il revient vaincu et blessé, et des ce moment, le brave homme de fermier qui a donné le jour a la dame de ses pensées, lui préfère une espèce d'hidalgo niais et prétentieux. Bien plus, pour rendre vaines les poursuites du jeune tauréador, il fait ses paquets, confie sa fille à l'hidalgo déjà armé d'un grand fusil, part avec eux pendant la nuit, et marchant le premier, se met en devoir de leur montrer le chemin, à l'aide de sa lanterne. C'est alors qu'apparaissent les farfadets qui soufflent la lanterne du bonhomme, et qui en remplacent la lumière par un petit fanal que l'un d'eux porte sur sa tête. L'hidalgo et sa fiancée suivent tout naturellement cette Gamme fantastique, qui les cL'.'ire, et qui les jette au milieu d'une quantité d'aventures plus ou moins amusantes, jusqu'à ce que la jeune fille retrouve enfin son tauréador sous le froc et son père sur la grande route; après quoi, les farfadets qui sont sans doute satisfaits de leurs malices, transportent tout le monde dans un palais aérien, ou chacun se livre à une foule de plaisirs innocens,
En somme, la mise en scène des Farfad'/s racheté complètement le vide d'action qui distingue ce ballet un peu long peut-être pour son cadre.
De charmans décors , d'élégans costumes , et , pour dernier tableau, un candélabre humain d'une invention neuve et piquante, en voila plus qu'il n'en tant pour servir de prétexte a des pas gracieux, dessines avec goût, et exécutes avec talent par de jeunes et jolies lem-
mes telles que : .M ■■■'• Koblet, Guichard, Laurençon et Féli. N'oublions pas que M. Pilati, dont le nom est attaché a de charmantes publh itlons musicales, a trouvé pour toutes cesdanses, des inspirations dignes d'une
autre scène. On assure que les Farfadets ne sont offerts au public que pour faire attendre et pour accompagner modestement un grand drame de M. Félix l'vat dont on dit beaucoup de bien. L'accueil favorable fait ii ce ballet devrait peut-être engager les directeurs de la Porte- Saint-Martin à attacher plus d'importance à un genre si généralement aime, et qui n'a plus aujourd'hui d'autre asile, après l'opéra.
MODES
Les chaleurs, qui se font si vivement sentir, ont nécessité une nouvelle forme de manches dont notre gravure de ce jour donne le dessin. Toutefois nous devons dire que l'on p ut couvrir le bras d'une demi-manche lame cette dernière est quelquefois partagée au dessus du coude par un poignet. Nous conseillons surtout ces manches avec les corsages froncés à la gerbe ou a l'enfant, décolletés en cœur, a la vierge ou à l'orme carrée Les ceintures à longs pans terminent agréablement ces corsages: on en porte qui sont en rubans larges et à bouts frangés.
Souvent les robes blanches reposent sur des par-dessous de couleurs, roses, bleus, jaunes, lilas; dans ce cas la couleur du ruban doit être eu harmonie avec celle du par-dessous
A peu d'exceptions près, on n'emploie plus guère les volans pour la garniture des robes; les plis, les biais, disposés de mille manières les remplacent avec avantage dans cette saison qui est le temps des voyages. On n'a point encore renonce a l'usage tics franges et des passementeries pour accompagner les garnitures de robes. Cependant ces ornemens Sont d'un aspect trop lourd : on recherche maintenant ce qui est frais et léger. — Nous conseillons donc d'abandonner les boutons, les olives, les glands, les effilés, pour les dentelles, les entre-deux et les guirlandes de broderies.
Les i icharpes en mousselines entourées de dentelles sont d'un effet charmant, surtout quand la dentelle est une haute et belle .Malines. On porte aussi des écharpes tout en guipure qui s'ajustent parfaitement avec de riches robes de soie. Dans les reunions du soir on voit quelques écharpes en tissu de l'Inde, brochées de soie de diverses couleurs, relevées d'or et d'argent et garnies de franges de même matière. .Mais leur prix élevé et le peu d'occasions que l'on a de s'en servir ne nous permettent d'en parler que pour mémoire.
Les canezous, qui ont remplace les spencers, sont susceptibles de tant de modifications, cl se prêtent si bien par leurs tonnes toujours gracieuses a une élégante simplicité comme a une grande richesse de détails, qu'on ne peut guère aujourd'hui se dispenser de les adopter pour pour toute sorte de toilettes
Parmi les créations nouvelles de nos artistes en fait de modes, nous Signalerons d'une part les capotes en point doublées de soie de < ouleur et 'jaunes de roses du bcnuale, et d'autre part celles qui sont faites en crêpe lisse et garnies de Meurs en même étoffe, Nous ne terminerons pas cet article suis taire l'élog lit i| eaux de paille d'Italie cousue, que
l'on garnit de guirlandes d'herbe entremêlée de pâquerettes, de boutons d'or et de bluets.
On bs porte à la campagne avec une redingote en batiste cerne ou en nankin, garnie sur le devant et au bas de la jupe, de guirlandes de broderies en laine de couleur. Ces guirlandes se retrouvent aussi autour du corsage et aux divers poignets des manches
TABLETTES DES CINQ JOURS
Fait» divers.
ni mai. — La connu d'or que la ville de Cherbourg a fait déposer
le •» ni. n sur le cercueil de Napoléon, porte l'inscription suivante: A Napoléon-le-Grand, la ville dt < herbourg reconnaissante. — Une de nos lionnes les plus riches, veuve depuis plusieurs années,
a annoncé récemment à ses nombreux prétendans qu'elle était décidée à convoler en secondes noces. La déclaration fut faite au tir de Lepage, ou cette dame se rend chaque jour en habit boutonné pour tirer quelques balles. Aussitôt les soupirons de se mettre à la file, en implorant la douce préférence; mais leur zèle parut se ralentir un peu, lorsque la jeune veuve anuonça qu'elle donnerait sa main à celui qui voudrait bien tenir sa montre à trente pas de distance pour se la voir briser d'un coup de pistolet. M. de F..., le plus intrépide on le plus amoureux, consentit seul à la proposition. 11 se plaça à trente pas de la dame, mit sa montre au vent et essuva bravement le l'eu : la montre fut brisée et le mariage conclu.
M. Mulot doit, dit-on, commencer dans quinze jours la pose du
tube en cuivre destine à diriger l'ascension des eaux du puits de Grenelle. Ce tube sera étamée intérieurement et extérieurement.
On donne comme positif qu'on nouveau puits sera foré au Jardin des Plantes par M. Mulot lils, et cette fois, on descendrait suffisamment pour trouver l'eau à trente et un degrés.
— Les journaux anglais contiennent l'extrait suivant d'une lettre de ] long-Hong, 27 janvier :
« Une entrevue entre le plénipotentiaire] Elliot et le commissaire impérial chinois Kesben a eu lieu à la 2° barre de la rivière de Canton. Le plénipotentaire Elliot était a bord du bateau à vapeur Nêmêsis; son excellence a été saluée par l'artillerie des forts de Bogue. L'orchestre des vaisseaux anglais exécutait au même instant des fanfares. Son excellence a débarqué sur un chemin en planches qui avait été construit et conduisait à la tente du commissaire impérial. Kesben s'est avancé à la rencontre du capitaine Elliot; il a reçu très gracieusement le plénipotentiaire anglais, et, remarquant dans la suite un mousse de douze ans environ, il a dit: « Voilà un enfant qui ferait mieux d'étudier dans les livres que d'apprendre l'art de la guerre. •• Après la conférence, un repas sur place a été servi.
« Les tables étaient couvertes de mets de toute espèce, des perdrix grillées, de la soupe de nids d'oiseaux, des œufs de pluviers apprêtés avec des champignons, des canards à la sauce tomate. Les vins étaient délicieux. Kesben ayant désiré voir de près nos marins, on lui a amené deux vigoureux gaillards dont il a successivement examiné toutes les armes; puis il a palpé leurs bras pour voir s'ils n'étaient pas rembourres de coton, et il a manifesté son étonnement de sentir que c'était tout muscle. On avait choisi deux hommes d'une stature herculéenne. En présence de cinquante à soixante mille hommes Tartares et Chinois, nos troupes de marine ont fait des évolutions qui ont paru charmer et intéresser Kesben. Le commissaire impérial est un très bel homme, d'une corpulence un peu épaisse : il a près de six pieds ; il est affable et poli. Les troupes anglaises s'attendent, maintenant que la guerre est terminée, à recevoir l'ordre de retourner bientôt au Bengale. »
11. — Mma Lafarge s'est pourvue en cassation contre le jugement du tribunal correctionnel de Tulle, du 3 courant.